jeudi 5 septembre 2013

"Philippe entend bien être le Roi de tous les Belges"


CHRISTIAN LAPORTE  La Libre Belgique


Une première biographie sérieuse du nouveau Roi révèle cette détermination.

En présentant mercredi matin "Koning Filip. De Biografie" au Musée BelVue accolé au Palais royal, les deux journalistes de VTM Barend Leyts et BrigitteBalfoort, cornaqués sur le plan historique par l’incontesté connaisseur qu’est le P r Mark Van den Wijngaert, ne contrevinrent en aucune manière au titre un tantinet orgueilleux de leur ouvrage. C’est non seulement la première biographie sur le nouveau Roi mais elle est particulièrement bien informée sur la fin du règne d’Albert II. Elle laisse de surcroît déjà augurer les grandes lignes de force du nouveau règne même si, comme nous le confia Mark Van den Wijngaert, on peut douter que le gouvernement actuel trouve encore du temps pour consacrer un débat à l’évolution des pouvoirs royaux.

Soyons de bon compte : les trois auteurs n’étaient pas "sans biscuits". La colonne vertébrale de leur biographie reprend pratiquement tout ce qu’ils avaient déjà pu recueillir avant 2007 lorsqu’ils sortirent un "Philippe, prince héritier" qui fut écoulé à 7 000 exemplaires en terres nordistes et à 11000 en Fédération Wallonie-Bruxelles. Particularité que rappela Barend Leyts : au fil deleurs nouvelles investigations, ils ont pu interroger quelque 92 interlocuteurs dont la moitié a accepté d’être citée. Mais nullement parce qu’ils avaient transmis des informations douteuses ; au contraire : les trois auteurs ont pu, dans une relation certes un peu schizophrénique, glaner des éléments intéressants, notamment sur l’abdication du roi Albert.

Si les auteurs admettent que depuis cinq ans, Albert II a à diverses reprises envoyé des signaux de la difficulté de pouvoir remplir de manière optimale sa fonction (NdlR : nos lecteurs se rappelleront qu’à la fin de la visite d’Etat en Inde en novembre 2008, il avait annoncé que ce serait son dernier grand voyage), ils situent le moment-clé vers l’abdication à la fin des négociations du gouvernement Papillon à l’automne 2011. Après la joie de l’accord communautaire, les partenaires s’enlisaient dans les difficultés budgétaires et Albert II n’y voyait plus d’issue, confiant sa lassitude à un important homme politique en lui disant qu’il avait face à lui "un soldat fatigué". Mais le devoir d’Etat s’imposa et Albert II resta finalement encore sur le trône. N’empêche qu’après les élections communales de 2012, sa volonté de retrait alla croissante, même si le monde politique continuait à le prier de ne pas se retirer avant "la mère de toutes les élections" en mai 2014. C’est aussi à ce moment-là que se situa un grand rapprochement entre Albert et Philippe qui fut, enfin, associé de plus près à la sensibilisation aux problèmes politiques.

Précision : Philippe connaissait bien la situation politique comme pourraient en attester le politologue gantois Carl Devos ou des journalistes avec qui il avait noué une relation de confiance.

PAS DE NOUVELLE DYARCHIE COMME EN 1950

Mais officiellement, comme l’écrivent les auteurs, avant le 3 juillet, l’héritier du trône avait été tenu à l’écart, sans doute moins pour l’isoler que pour le protéger. Une certitude comme on a pu le lire déjà au moment de l’abdication dans "La Libre" : pas question pour Albert d’être une "belle-mère royale" pour son fils : il n’a que trop vécu de près la dyarchie des années 1950 lorsque Léopold III resta à Laeken aux côtés du jeune roi Baudouin. A grand renfort de petits faits et de confidences se dégage du livre l’image d’un Prince qui était prêt à devenir Roi parce qu’il connaissait particulièrement les enjeux de sa prochaine fonction.

Et maintenant ? Pour Barend Leyts et ses coauteurs, le Palais a déjà indirectement envoyé un signal fort :"Pour nousPhilippe jouera pleinement le jeu politique et suivra le verdict des électeurs. Il entend très clairement ne pas apparaître comme le roi des francophones !" Et de conforter son assertion : "A trois sources différentes on m’a confirmé qu’en accord avec ses collaborateurs, le Roi veut entretenir des relations normales avec tous les partis démocratiques. En d’autres termes, pas question de différences de traitement entre les grandes familles politiques et la N-VA. Si cette dernière fait un tabac, il se mettra à l’écoute de ses responsables ; il entend vraiment rester au-delà de la mêlée…" Christian Laporte

"Koning Filip. De Biografie" est paru chez Houtekiet. Une traduction française est envisagée par l’éditeur Luc Pire selon son alter-ego flamand Leo De Haes.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

CITOYEN COBOURG

Le roi Albert est mort, vive le citoyen Cobourg!

Les Cobourg ont la réputation d'être têtus: songeons à l'entêtement de Léopold I à industrialiser sa Belgique; à celui de Léopold II à conquérir son Congo, à celui d'Albert de soutenir ses armées dans la boue des tranchées, à l'entêtement de Léopold III à affronter ses ministres et à pactiser avec l'occupant, celui de Baudouin à refuser de signer la loi sur l'avortement. Et maintenant l'obstination d'Allbert II, citoyen Cobourg à nier Delphine. Hormis Baudouin, le roi prêtre, tous nos souverains Cobourg ont été des lady killers et ont multiplié maîtresses et aventures.

Désormais, la monarchie, ultime ciment entre les Belges, est vraiment en danger. Le danger vient de Flandre, c'est évident. La baronne de Selys est instrumentalisée par les médias flamands soucieux de casser définitivement l'image de la monarchie. D'abord en doutant des capacités de Philippe: "hij kan het niet.

Oh yes he can, il a appris à marcher sur les oeufs et est affublé d'un chef cab flamand marqué CVP qui le cornaquera jusqu'à la chute finale. Delphine, on le sait est ruinée; ergo elle rêve d'hériter! Soyons de bons comptes!

Béatrice Delvaux a raison, une fois de plus. L'affaire est hautement politique.  Il faut en parler et bien voir surtout que tous les missiles dirigés vers Laeken viennent de Flandre qui ne reconnaît qu'un seul roi: Bart de Eerste.

Les dégâts collatéraux de l'affaire Delphine Boël sont considérables. Nous avons écrit in tempore non suspecto qu'elle était la première cause de l'abdication du roi, pour sauver la monarchie. Le passé conjugal chaotique d'Albert et Paola les rattrape. Oui, il y a bel et bien monacoïsation de notre monarchie.

Qu'on le veuille ou non ce vaudeville de boulevard fait les choux gras de la N-VA républicaine. Philippe Premier aura beau enfiler les plus jolis costumes, valoriser son capital Mathildejouer au papa modèle,  faire risette à la Flandre, parler néerlandais comme un flamand, affirmer qu'il ne taclera pas la N-VA, lui et son père, soudain démonétisé après avoir été adulé, ont d'un coup de baguette médiatique perdu toute crédibilité.

MG


"Tout va très bien, madame la Marquise 
Tout va très bien, tout va très bien 
Pourtant il faut, il faut que l'on vous dise 
On déplore un tout petit rien 
Un incident, une bêtise, 
Mais à part ça, Madame la Marquise 
Tout va très bien, tout va très bien !

 

 

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