vendredi 6 septembre 2013

Hébergement d'urgence : la situation clermontoise peut-elle se reproduire ailleurs en France ?

Le Monde

              


Place de Jaude, à Clermont-Ferrand, jeudi 5 septembre. | AFP/THIERRY ZOCCOLAN

"La situation de l'hébergement d'urgence n'a jamais été aussi dure que cette année." Pour Florent Guegen, le directeur de la Fédération nationale des associations de réinsertion sociale (Fnars), le 115, dispositif d'appel d'urgence pour les sans-abri, est en grand danger. "S'il n'y a pas de réponse budgétaire, il peut y avoir d'autres 'Clermont-Ferrand'", prévient-il, en faisant allusion aux 300 personnes qui se sont retrouvées à la rue lundi 2 septembre – elles étaient encore 200 jeudi après-midi. L'association, qui gère sur place le 115, avait décidé de ne plus payer les hôteliers assurant l'hébergement d'urgence, faute de financement suffisant de l'Etat.

Pour la Fnars, qui fédère 870 associations d'accueil et de réinsertion sociale, le cas clermontois pourrait être le premier "d'une longue liste". Florent Guegen met en avant une "forte explosion" des demandes d'hébergement d'urgence au 115 (+ 30 % en un an) et rappelle que, cet été, 76 % d'entre elles n'ont pas trouvé de réponse. En Rhône-Alpes, en Aquitaine, en Mayenne, dans le Nord - Pas-de-Calais, des structures semblables à celles de Clermont rencontrent actuellement des difficultés financières. Dans son communiqué publié mercredi, la Fnars disaitcraindre "une crise sanitaire de grande ampleur si ce maillon social venait à lâcher".(...)

Pour expliquer la hausse des demandes, la Fnars pointe aussi bien la crise économique que les "dysfonctionnements" de l'accueil des demandeurs d'asile qui devraient normalement bénéficier de places en Centre d'accueil pour les demandeurs d'asile(CADA). Avec 21 000 places, ceux-ci n'accueillent que 30 % des demandes. Les demandeurs qui n'obtiennent pas de places se tournent alors vers le dispositif déjà saturé des centres d'hébergement d'urgence pour sans-abri.

"SYSTÈME FRANÇAIS À BOUT DE SOUFFLE"

"La Fnars a raison de s'inquiéter d'un effet boule de neige car le système français est à bout de souffle, au bord de l'explosion", assure Julien Damon, professeur associé à Sciences Po et auteur de La question SDF. Mais le chercheur défend une solution à rebours de celles que préconisent les associations d'aide aux sans-abri. "Ces phénomènes ne s'accentuent pas en raison d'une baisse des crédits de l'Etat, ceux-ci ont quasiment doublé depuis 2007", dit-il.

Pour lui, le problème est lié à une trop grande attractivité des centres d'accueil français pour les demandeurs d'asile : "Les villes françaises sont plus ouvertes et plus généreuses que les autres villes européennes, ça commence à se savoir." Il en conclut que le problème n'est pas traité "à la bonne échelle" et qu'"il faudrait soit fermer nos frontières, soit approfondir la construction européenne et que la France présente par exemple la facture au fonds social européen."

La Fnars, qui a rappelé en juillet le principe de "l'inconditionnalité de l'accueil", regrette, elle, les retards de paiement de l'Etat, l'insuffisance des crédits et un pilotage de l'hébergement d'urgence "inefficace".

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

ET EN BELGIQUE?

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