jeudi 26 septembre 2013

Le retour franco-allemand


BERNARD GUETTA (LIBÉRATION)

Si la gauche allemande, comme c’est le plus probable mais nullement certain, devient codécisionnaire à Berlin, les choses en seront plus sûres pour l’Europe. Les sociaux-démocrates veulent faire avancer et approfondir l’unité européenne. Ils veulent une Europe qui, tout en gardant le cap de la rigueur, se soucie beaucoup plus de croissance, de lutte contre le chômage et de réindustrialisation. Ils ne veulent pas étrangler ceux des pays qui, comme la Grèce, l’Espagne ou le Portugal, souffrent déjà tant du rétablissement de leurs comptes publics.

Une grande coalition gauche-droite en Allemagne permettrait cela...


APRES AVOIR LAMINE SES CONCURRENTS, ANGELA MERKEL CHERCHE UN PARTENAIRE

LE MONDE 

 "Après la victoire de Merkel, le SPD a le choix entre deux mauvaises solutions"

 LE SPD SEMBLE EN ÉTAT D'APESANTEUR

(...)Le parti semble obsédé par une question : faut-il ou non entrer dans une grande coalition avec la CDU, et à quelles conditions ? Lundi, Angela Merkel a fait savoir qu'elle avait téléphoné dans la matinée à Sigmar Gabriel. Celui-ci lui a dit qu'il ne pouvait rien lui répondre avant que le parti réunisse une convention – un petit congrès – vendredi 27 septembre. "Cela se comprend tout à fait", a répondu la chancelière, tout sucre tout miel.

En fait, le SPD n'a le choix qu'entre de mauvaises solutions. Comme il l'a expérimenté de 2005 à 2009 et comme le déclin du FDP le confirme, être le partenaire minoritaire d'une coalition dirigée par Angela Merkel est suicidaire. Soit la coalition fonctionne bien (2005-2009) et Angela Merkel en tire politiquement profit, soit elle ne fonctionne pas et le partenaire minoritaire est accusé de privilégier ses intérêts partisans au détriment des intérêts nationaux.

 (...)Mais ne pas s'associer à Angela Merkel est également risqué. Soit celle-ci s'allie aux Verts et risque de marginaliser le SPD, soit elle provoque de nouvelles élections et le SPD sera accusé d'avoir déclenché une crise politique pour défendre ses intérêts partisans.

 LES ALLEMANDS RECHERCHENT PAR-DESSUS TOUT LA STABILITÉ POLITIQUE

Traumatisés par la République de Weimar, les Allemands recherchent par-dessustout la stabilité politique. Et il est clair depuis dimanche soir qu'ils veulent que leur pays soit dirigé par Angela Merkel. Lundi, voulant d'autant moins s'avancer que son avenir à la tête du parti est peut-être compromis, Sigmar Gabriel a néanmoins envoyé quelques signaux : "L'Allemagne a besoin d'un gouvernement stable."Décryptage : pas question d'avoir un gouvernement minoritaire."Dimanche, un tremblement de terre s'est produit. Un parti populiste antieuropéen a fait son apparition sur la scène politique." Décryptage : les vrais démocrates doivent serassembler.

Tout cela laisse penser que la direction du SPD veut préparer ses militants à une grande coalition, même si, officiellement, "la balle est dans le camp d'Angela Merkel. C'est elle qui a besoin d'une majorité", et si, bien sûr, tout sera "une question de contenu".

 



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

CE SONT LES VIEUX QUI ONT VOTE MERKEL

Qu'on le veuille ou non, le SPD n'a guère intérêt à prêter main forte à Angela Merkel dans le contexte actuel.

Le SPD a besoin de sang neuf pour galvaniser la jeunesse allemande et stimuler le projet européen qui a du plomb dans l'aile.

Avec vingt ans de moins Helmut Schmidt (93 ans) l'aurait remporté haut la main contre Angelina comme l'appelait Nicolas l'Agité.

C'est tragique car, bien conduit, le SPD serait le parti rêvé pour relancer avec Hollande la machine européenne complètement embourbée.

Une vraie cure d'opposition dure lui ferait le plus grand bien.

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