mercredi 18 septembre 2013

Miss America stuit op racistische commentaren

De Morgenbron  − The Guardian

  BELGA

                 
     © getty

De 24-jarige Nina Davuluri werd gisteren in Atlantic City de eerste Miss America van Indiase afkomst. De vrouw wil haar prijzengeld, zo'n 28.000 euro, besteden aan haar studie om dokter te worden, zoals haar vader. Meteen na haar kroning wemelde het op sociale media van de racistische commentaren. "Ikmoet me daar boven stellen. Ik heb mezelf altijd in de eerste plaats als Amerikaan beschouwd", reageert Davuluri.

"Ik ben zo blij dat deze organisatie de diversiteit omhelst", verklaarde Davuluri tijdens haar eerste persconferentie. "Ik ben dankbaar dat er nu kinderen kijken die zich kunnen identificeren met een nieuwe Miss America". 


Kort nadat ze tot Miss America was gekroond, werd ze het doelwit van racistische opmerkingen. "Als je Miss America bent, moet he toch Amerikaanse zijn", luidde het op Twitter. En ook: "Wanneer wordt een blanke vrouw nog eens Miss America? Ooit?". 

Miss America had 53 deelneemsters, één uit elke staat plus Washington DC,Puerto Rico en de Amerikaanse Maagdeneilanden. De meisjes moesten paraderen in badpak, in galajurk en moesten hun verbale talenten tonen.Davuluri voerde een op Bollywood geïnspireerde dansroutine uit.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

IL CROYAIT ATTEINDRE L'INDE, IL DECOUVRIT L'AMERIQUE.

 

Le rêve, très américain, de cette superbe indienne de 24 ans est d'être docteur comme son père qu'on imagine médecin.

Mais le rêve, très vite, se transforme en cauchemar car l'élection de la belle n'est pas du goût de tous les Américains qui lui reprochent de ne pas être WASP (white, anglo-saxon, protestant).

Mais attention, la population américaine se latinise et les élites intellectuelles et scientifiques sont le plus souvent d'origine asiatique.

Mais ceci vaut aussi pour l'Europe, la France et la Belgique et Bruxelles en particulier.

MG


Achille Mbembe brillant visionnaire d'origine camerounaise déclare dans Le Monde du 13 septembre:

 "LA REALITE EST QUE LE VISAGE DE LA SOCIETE FRANÇAISE IRA SE METAMORPHOSANT, SE PLURALISANT."


"D'un point de vue culturel et démographique, la France de demain sera une mosaïque humaine. Ce processus historique est sans retour. Le mieux que l'on puisse faire, c'est de s'y préparer tranquillement, sans remuer la boue. 

Quant aux jeunes Français issus de l'immigration, ils gagnent à prendre leur place pleine et entière dans la société et dans la culture non en s'isolant dans des ghettos, mais en inventant de nouvelles manières d'être français dans un monde désormais défini par la multiplicité des appartenances. Dans le futur proche, les républiques les plus dynamiques seront celles qui sauront instituer le partage de la multiplicité.

L'archive européenne, c'est-à-dire l'ensemble des pensées que l'Europe a léguées, a été indispensable à la construction de notre monde. Mais cette archive est en voie d'épuisement. L'Europe aurait pu articuler une "pensée monde" à l'époque des grandes découvertes, quand elle a été mise en contact avec l'Afrique et les Amériques. Mais, à cause de son incroyable capacité de déni, elle n'a pas pu reconnaître qu'il existait des histoires parallèles du monde. Elle les a considérées comme des notes de bas de page de sa propre histoire.

Elle a voulu exercer sur le reste de la planète une sorte de capitanat autoproclamé. Elle s'est donc privée de la possibilité d'articuler une pensée monde. Aujourd'hui, le centre de gravité du monde s'est déplacé en de multiples autres points de la planète. Ce déplacement est à l'origine d'une crise dans la conscience et la politique européenne. Toutes les tensions autour de l'immigration, du port du voile, de l'islam, voire les nouvelles guerres d'occupation, sont des symptômes de ce malaise. Il faut redonner vie à cette archive européenne, mais sa réanimation sera le résultat de la confrontation avec d'autres univers de pensées et d'argumentations.

L'Europe n'est plus le centre de gravité du globe. Que l'on s'en félicite ou que l'on s'en désole, cet événement ouvre des possibilités – mais est aussi porteur de risques – pour la pensée.

Sans cette possibilité de circulation et de rencontre d'intelligibilités différentes, il n'y a pas de pensée monde

Je ne suis pas un exilé, je ne suis pas un nomade. Je suis un passant. Je cherche àassumer une condition de vie dans le monde qui fait de la traversée et de la circulation le motif essentiel de la pratique intellectuelle et artistique et d'une esthétique de l'existence.

Rares sont les pays qui se sont véritablement affranchis du fardeau de la race et ont pu se reconstruire sur la base d'une idée simple : tous les hommes et les femmes sont égaux.

La démocratie moderne n'est pas parvenue à résoudre la question de la race, contrairement à la question ouvrière, centrale après l'industrialisation, ou, dans une autre mesure, celle du genre, avec l'accession de la femme au droit de vote. C'est ce projet d'égalité et de mutualité qui sous-tend l'expérience sud-africaine contemporaine. Et c'est un projet dont la signification est universelle.

L'Afrique du Sud est le seul endroit au monde où l'on assiste à un démantèlement systématique de l'arsenal racial qui aura permis de déposséder, en son nom et ce pendant trois siècles et demi, une partie importante de lapopulation. Cette déconstruction de la race va de pair avec une philosophie de la réparation, inséparable d'une conception élargie de la justice et de la responsabilité. Cette philosophie de la réparation est aussi une éthique du partage et de la réciprocité. Elle considère qu'il est impossible d'attenter à la dignité d'autrui sans que cela cause en nous-mêmes d'importants dommages.

ACHILLE MBEMBE



Né au Cameroun en 1957, théoricien de la "post-colonie", Achille Mbembe est professeur d'histoire et de science politique à l'université du Witwatersrand à Johannesburg en Afrique du Sud et enseigne au département de français de l'université Duke aux Etats-Unis.

Auteur de nombreux articles et ouvrages collectifs consacrés à la politique africaine au rayonnement mondial, il a publié récemment "Sortir de la grande nuit. Essai sur l'Afrique décolonisée" (La Découverte, 2010). Son prochain ouvrage, "Critique de la raison nègre", paraîtra aux éditions de La Découverte en octobre

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