dimanche 22 septembre 2013

Robert et Elisabeth Badinter faits docteurs honoris causa d l’ULB

Le Soir


Les insignes de docteurs honoris causa ont été remis vendredi soir à Robert et Elisabeth Badinter, lors de la 180e rentrée académique à l’Université Libre de Bruxelles (ULB). Robert Badinter, ancien Garde des sceaux et sénateur français, est principalement connu pour son combat contre la peine de mort, dont il obtient l’abolition en France le 9 octobre 1981. Son épouse, Elisabeth, philosophe et écrivain, est surtout connue pour ses réflexions sur les rapports entre les sexes.

Le recteur de l’ULB Didier Viviers a tenu, dans son discours sur Condorcet, a réactualiser sa vision de l’enseignement sous le prisme économique. Il défend qu’il serait regrettable que le refinancement de l’enseignement supérieur soit négligé, car l’impact d’une telle décision est mésestimée.

Elisabeth Badinter a discouru sur l’Europe des Lumières et a averti d’« une guerre souterraine » à l’encontre de cette pensée. Ce courant est, selon elle, confronté à « une démolition en règle de ces fondements au nom de la liberté ». En faisant le parallèle entre la considération des théories de Darwin et de Copernic, elle protège la différenciation entre le sacré et profane : « La raison universelle elle-même n’a plus sa place dans la philosophie multiculturaliste qui domine ». Elle est revenue sur l’implication de Condorcet dans l’émancipation des femmes.

Robert Badinter s’est, quant à lui, concentré sur l’avenir de l’Europe en réaffirmant sa foi dans les droits de l’homme. Il demande de ne pas trahir la confiance des peuples en ces valeurs, en leur refusant aide et asile. « Je crois au rayonnement de l’Union européenne dans le monde qui fait contraste au pessimisme que je rencontre », a-t-il conclu. « Nous devons renforcer l’Union européenne et non céder à la frilosité ou à l’égoïsme de certains de ses membres. »


Robert Badinter: «Aujourd’hui c’est l’homophobie qui me révolte»

Béatrice Delvaux
Le Soir

L’homme qui a fait abolir la peine de mort en France « n’accepte pas » les violences à caractère homophobe. « Cela me révolte parce qu’il s’agit d’une négation de sa qualité d’être humain avec la dignité qu’on doit reconnaître à l’autre », confie-t-il au Grand Oral La Première Le Soir.      

  

A propos de l’abolition de la peine de mort : « C’est rare de vivre un tel moment dans une vie d’homme »

«  La justice française cesse d’être une justice qui tue, c’est un changement radical de nature, avec une portée morale que chacun peut mesurer. Y être associé, avoir été partie prenante, à ce grand combat, je trouve que j’ai eu beaucoup de chance.

 

RETABLIR LA PEINE DE MORT?

«  Si vous parlez du retour de la peine de mort en Europe, c’est encore une fois l’exploitation démagogique de l’impossible. L’Europe est tout entière réunie sous le signe de l’abolition. Alors dire qu’on va rétablir la peine de mort c’est dire ‘ah et bien on va rétablir la monarchie absolue’. On peut toujours dire des sottises, mais quand on sait qu’on exploite ce faisant des passions qui, elles, sont éternelles, l’homme est un animal qui tue, voilà, je ne suis pas optimiste sur l’être humain, j’ai trop vu ce qu’il est capable de faire. Quand on exploite ces passions-là, cet instinct de mort à des fins, quoi ? De succès électoral ? D’avoir plus de voix ? De travailler sur l’irrationnel et la peur chez les êtres humains sachant que la peine de mort n’est pas la réponse, qu’elle ne l’a jamais été et que partout où on l’a abolie, partout, il n’y a pas eu de hausse de la criminalité sanglante et souvent même une régression. Alors je dis que c’est de la démagogie à l’état pur. Ceux qui font ça mentent et ils mentent parce qu’ils jouent sur cette peur, qui est inscrite dans chaque être humain, de la mort, la mort qu’on lui donne avec la pulsion de mort ensuite au nom de la justice qu’on donne à l’autre. »

 

 

A PROPOS DE L’HOMOPHOBIE : « JE SUIS REVOLTE »

«  Je n’accepte pas, et ça me révolte, les violences à caractère raciste ou homophobe ou antisémite, tout ce qui est agression de l’autre pour ce qu’il est, ça, ça me révolte parce que c’est une négation de sa qualité d’être humain avec la dignité qu’on doit reconnaître à l’autre. Cela me révolte. Le fait que dans certaines sociétés, aujourd’hui encore, on condamne, à mort ou à des peines de prison très lourdes, des adultes parce qu’ils ont des relations homosexuelles. Là, je suis révolté parce que c’est le droit de disposer librement de son corps. Vous êtes adulte, un autre adulte connaît avec vous des plaisirs qui leur conviennent à tous les deux, dans l’intimité de leur vie privée. Nul ne saurait y voir à redire. Mais, en plus, le transformer en délit voire en crime, punir ce qui n’est rien d’autre que la libre disposition de son corps, de peines d’emprisonnement, de supplices corporels voire de mort, oui ça me révolte.  »

 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

L’HOMME EST UN ANIMAL QUI TUE

Pas un seul journaliste ne plaidera un retour à la peine de mort. La presse francophone de Belgique ( et toutes les autres presses européennes) pratique sans remise en cause le politiquement correct. En revanche le retour à la peine de mort est largement plaidé sur les forums des journaux y compris -et surtout- sur les forums des quotidiens de qualité. Pareil pour l'homophobie et l'islamophobie.C'est un phénomène extrêmement préoccupant. Il est l'expression de l'exaspération d'un lectorat de plus en plus frustré et réactionnaire face à l'hypocrisie du politique et des médias. Le médiatiquement correct met le couvercle sur cette ébullition mais prenons garde que la marmite ne nous explose très bientôt à la figure.

Autre exemple: la mobilité. La médiacratie (y compris le minuscule DiverCity) plaide pour une mobilité automobile réduite en faveur du vélo (éventuellement électrique) quand les forumeurs dans leur grande majorité défendent à tout crin leur sacro-sainte bagnole qui tue.

Je me suis heurté hier à la vindicte d'une amie intelligente et parfaitement saine d'esprit que ces journées sans voiture insupportent totalement et qui refuse mordicus d'aller voir comment cela se passe à Gand.

MG

 

 


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