samedi 28 septembre 2013

Stromae en flamand sur la Grand-Place

Camille Wernaers

Le Soir

De 6.000 à 7.000 personnes se sont rassemblées vendredi soir sur la Grand-Place de Bruxelles afin d’assister au concert « Rendez-Vous Grand Place », organisé à l’occasion de la fête de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB).


©Bruno Dalimonte - Le Soir

La fête de la Fédération Wallonie-Bruxelle a trouvé sa mascotte ce vendredi soir alors que Stromae a joué gratuitement à cette occasion sur la Grand-Place. Précédé de Suarez et de Puggy sur scène, celui-ci a tenu a s’exprimer uniquement en néerlandais pour souligner sa belgitude, avant d’entamer trois morceaux, les deux singles de son premier album Papaoutai, Formidable et Alors on danse, tube de son premier album.

Il faut y ajouter 2.000 à 3.000 autres personnes présentes autour des barrages policiers. Sur la place de l’Albertine enfin, où un écran géant avait été installé, la police de Bruxelles-Capitale-Ixelles a comptabilisé environ 6.000 fêtards. Au cours de la soirée, les policiers ont procédé à au moins 3 interventions mineures, parmi lesquelles une rébellion et des cas d’ivresse, a indiqué le commissaire Patrick Gistelinck.

Le concert de Stromae était suivi sur la RTBF du documentaire «  Stromae dans la cour des grands  », dans lequel on entrait un peu plus dans la vie et les pensées du chanteur. «  Oui ; je fais des clins d’œil à Brel dans ma gestuelle et mes intonations », avoue-t-il. Et de continuer : «  Ça m’énerve quand on me dit l’anglais sonne mieux que le français  »

«  Il a quelque chose de particulier que personne d’autre n’a en France ou en Belgique  », explique Elsa Fralon, journaliste pour Elle Belgique. «  Il est directement reconnaissable avec son mélange de dandy anglais et de sapes congolaises. c’est très intelligent ».

«  Il a un truc. C’est une pub ambulante pour le métissage, j’aimerais bien tourner avec lui comme comédien  » explique encore Jamel Debbouze, avant de laisser la parole à Arno : «  C’est un pur comme moi, un pur Belge. J’ai confiance en lui et je l’aime comme un chou à la crème  ».

 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

"C’EST UNE PUB AMBULANTE POUR LE METISSAGE" 

 

"La Fête de la Fédération - bazar complexe et sans réalité socio-culturelle - ,avait cette année une vraie fraîcheur, une réelle générosité, avec cette nouvelle scène belge. Un véritable esprit de tolérance aussi. Il faut vouloir que ce ne soit pas de la candeur, quand on voit comment le nord le rejette avec mépris."

Je n'y étais pas, trop occupé d'écouter le brame des cerfs dans la forêt de Saint Hubert envahie par des centaines de touristes tout ouïe. Je n'ai donc pas pu observer si le peuple bruxellois métissé constituait le gros du public. On peut l'imaginer mais j'ai quelque doute quand même. Seuls ceux qui y étaient ont la réponse à cette question. Le Soir n'en dit rien.

En s'adressant au public uniquement en flamand, Stromae s'est adressé aux medias plus qu'au public présent car, comme le remarque un forumeur: "Mise à part certains commerçants obligés de parler flamand pour servir les navetteurs venant à Bruxelles chercher la source de ses revenus et quelques bruxellois néerlandophones. Demandons nous dans combiens des foyers en parle flamand le soir à Bruxelles ?"

Et ajoutons avec une pointe de perfidie: combien de Belges d'origine étrangère?

Un autre: "Stromae, lui, est un vrai belge tandis que moi, en tant que francophone unilingue, je ne suis qu'un citoyen de seconde catégorie. Honte à moi !" Ce n'est franchement pas faux!

A moins que, comme le remarque un lecteur, "son histoire de ne parler qu'en flamand ne faisait partie que d'un plan marketing pour que les flamands achètent son album " Et d'ajouter: "je n'aime pas Stromae, mais chacun ses goûts. Par contre, plus moyen d'aller une radio, une télé, même de se balader sans voir sa tête placardée sur les murs, moi j'en ai ras-le-bol du matraquage médiatique, surtout qu'il existe plein d'autres artistes belges méconnus qui mériteraient d'avoir un peu l'attention des médias." Franchement je serais assez d'accord avec cela. 

Aimez-vous Brahms? demandait Sagan dans son célèbre roman. Certes, mais je lui préfère le brame des cerfs par une nuit étoilée dans les forêts d'Ardennes.

MG

 

 

 

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