jeudi 31 octobre 2013

La N-VA veut supprimer la Région bruxelloise


Bernard Demonty

Le programme communautaire de la N-VA prévoir la suppression de la Région-Capitale. Les habitants devraient se déclarer Flamands ou Wallons.



Il ne resterait plus que deux Régions dans la Belgique confédérale imaginée par la N-VA. La Belgique perdrait la Région bruxelloise

Selon les vœux de la N-VA, les communes de Bruxelles, la région de Bruxelles-Capitale, l’agglomération bruxelloise, les zones de police et les CPAS sont transformées en une entité administrative : Bruxelles-Capitale.

Elle reçoit son propre gouvernement, mais elle ne garde que les compétences liées au sol (économie, emploi et travaux publics). La sécurité sociale, les allocations, l’impôt des personnes physiques sont des compétences de la Flandre et de la Wallonie.

Les Bruxellois devraient se déclarer Flamands ou Wallons via le « choix bruxellois ».

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

VLAAMSOBRUX?

Après Wallobrux la N-VA annonce la naissance de Vlaamsobrux. Il s'agit d'une opération médiatico politique visant à annexer Bruxelles en la détachant définitivement de la Wallonie et en lui enlevant toutes ses compétences et son indépendance.

Autrement dit c'est une énormité et une incongruité. "Bruxelles reçoit son propre gouvernement, mais elle ne garde que les compétences liées au sol (économie, emploi et travaux publics). La sécurité sociale, les allocations, l’impôt des personnes physiques sont des compétences de la Flandre et de la Wallonie."

"Het confederalisme van N-VA is namelijk utopisch. Staatspartijen kunnen niet meegaan in een demente slapstick die de burgers van de hoofdstad degradeert tot statelozen.

Tot appendix van de democratie." (Hugo Camps)

Dans les années cinquante du siècle dernier, le slogan des Wallons et des Flamands était "dégraisser Bruxelles!"  On peut dire, soixante ans après qu'ils sont parvenus à leurs fins.

 

MG

HET CONFEDERALISME VAN N-VA IS DEMENTE SLAPSTICK

DM CAMPS



© Stephan Vanfleteren.

Politicologen koesteren het conflictmodel - het is hun broodwinning. Over het gezapige België/La Belgique waren ze uitgepraat. En onttakeling scherpt intellectuele ijver.

Vandaar die milde grondhouding voor de fratsen van N-VA.

Ook gisteren weer.

Het N-VA-geblèr over confederalisme heette quasi unaniem "interessant". Allicht: onrust en animositeit verzekerd. Iedereen die dit tricolore curiosum dichter bij een bananenrepubliek brengt, mag rekenen op applaus van universitaire exegeten.

Op knielgedrag.

Bij de gedachte aan een land zonder premier, land zonder bevoegdheden, land zonder verkozen parlement - dát N-VA-land dus - worden de heren smulpapen. Terloops, waar blijven de opiniestukken van vrouwelijke politicologen? Ik zou ze graag lezen, want zij denken wellicht toch iets genuanceerder dan de relnichten die we dagelijks in de media tegenkomen.

Meer gevoel voor binding.

Enfin, ook zonder tegengif voor gestook van Vlaamse politicologen houdt België nog wel een tijdje stand. Het confederalisme van N-VA is namelijk utopisch. Staatspartijen kunnen niet meegaan in een demente slapstick die de burgers van de hoofdstad degradeert tot statelozen.

Tot appendix van de democratie.

Geruststellend is dat De Wever zichzelf heeft uitgeschakeld als kandidaat-premier. Hij kan nu met enig fatsoen niet meer willen resideren in een bloempot, genaamd Wetstraat 16.

Consequent zou pas zijn als hij helemáál wegblijft uit Brussel.

Uit dat verfoeide kerkhof zonder chrysanten?

Hugo Camps

 

 

 Idrissi: 'N-VA wil van Brussel tweede Sarajevo maken'

© tvbrussel

De verplichte gemeenschapskeuze die N-VA wil invoeren in Brussel zal de stad hopeloos verdelen, zegt onder meer Vlaams parlementslid Yamila Idrissi (SP.A). 

De teksten van N-VA hebben het voordeel van de duidelijkheid: ze willen van Brussel een tweede Sarajevo maken", zegt Idrissi aan tvbrussel. "Het is eigenlijk een georganiseerde stammentwist. De Nederlanstaligen moeten zich bekeren tot de Vlaamse gemeenschap en de Franstaligen tot de Franse gemeenschap."

mercredi 30 octobre 2013

Le programme de démantèlement de la N-VA? "Excessif, provocateur et inacceptable!"

BELGA ET LA LIBRE



Le parti nationaliste propose notamment de supprimer le poste de Premier ministre.

La N-VA a présenté, lors d'une conférence de presse, ses propositions pour un démantèlement quasi complet de la Belgique fédérale. Le document de référence - que doit approuver un congrès fin janvier - a déjà été éventé dans plusieurs médias. Le parti nationaliste veut notamment obliger les Bruxellois à choisir entre la Flandre et la Wallonie pour leur système électoral et leur sécurité sociale. La N-VA propose un chamboulement total des institutions belges. La Chambre et le Sénat seraient supprimés et remplacés par un unique parlement belge, composé de 50 membres provenant pour moitié des parlements flamand et wallon. Un mécanisme permettrait d'assurer la représentation d'élus du parlement bruxellois.

PLUS DE PREMIER!

Le gouvernement belge perdait son Premier ministre: il serait composé de trois flamands et de trois francophones (deux présentés par leurs parlements respectifs et un membre du gouvernement régional).

Inspirée par le "Conseil européen" des chefs d'Etat et de gouvernements, la N-VA propose un "Conseil belge", réunissant les ministres-présidents wallon et flamand, rejoints le cas échéant des ministres-présidents bruxellois et germanophone. Il y aurait aussi des conseils des ministres sectoriels, permettant aux deux régions de coopérer par thème.

La plupart des compétences seraient transférées au niveau régional, à l'exception de quelques domaines résiduels, comme la défense, l'asile, ou la dette.

Sur ce dernier point, la N-VA propose de démanteler la dette publique fédérale sur une période de 25 ans. Quant à la défense, elle rêve d'une force armée européenne, mais juge plus réaliste une armée du Benelux.

UN REMODELAGE INTEGRAL DE BRUXELLES

La région bruxelloise serait complètement remodelée. Un parlement de 70 membres serait élu directement, avec une représentation garantie de 15 Flamands. Le gouvernement serait composé de façon paritaire. La région et les 19 communes seraient fusionnées en un seul niveau de pouvoir. Les zones de police et les CPAS seraient également fusionnés.

Les citoyens bruxellois seraient obligés de choisir entre la Flandre et la Wallonie pour leur sécurité sociale et pour leur système électoral. Ce choix ("Brusselkeuze") ne serait "pas nécessairement définitif": la N-VA imagine un droit de rétractation de trois ans.

Les propositions de la N-VA vont jusqu'à un certain niveau de détail. Dans sa tentative de défédéraliser les grandes institutions culturelles de la capitale, elle suggère de déménager les collections d'oeuvres d'art au Palais de justice, qui deviendrait "notre Louvre bruxellois".

Au-delà des arrangements institutionnels, le parti présente quelques unes des politiques qu'il voudrait mener dans une Flandre devenue totalement autonome, notamment en matière fiscale. La fiscalité semble d'ailleurs être l'un des ressorts principaux de la réforme, si l'on en croit le mot d'introduction de Ben Weyts, député fédéral et président du Congrès. "Nous payons actuellement des impôts vertigineux, mais ne recevons pas en retour de service efficace", écrit-il, comme en écho aux récents propos similaires du patron du Voka, Jo Libeer.

La N-VA propose de faire bénéficier une très large part de la classe moyenne du taux d'imposition de 40%, en supprimant la tranche à 45%. Elle veut aussi supprimer les intérêts notionnels en échange d'une baisse du taux de l'impôt des sociétés. La TVA et les accises resteraient perçues par le niveau fédéral pour financer la dette publique et le budget de l'Union européenne.

La N-VA précise au passage son positionnement européen. S'écartant de l'idée selon laquelle la Belgique est appelée à se dissoudre entre une Flandre et une Europe toujours plus fortes, la N-VA rejette clairement désormais le projet d'Etats-Unis d'Europe. Elle affiche aussi sa solidarité avec les autres régions indépendantistes (Catalogne, Pays basque), en plaidant pour un "élargissement interne" de l'Union à des nouveaux Etats membres. Elle est plus réticente pour l'élargissement aux pays extérieurs.

Le document présenté mercredi servira de base à une discussion entre les membres du parti. Ceux-ci peuvent présenter des amendements, qui seront soumis au vote lors d'un grand congrès le week-end des 31 janvier et 1er février à Anvers.

 

LES REACTIONS

De Wever: "C'est notre image idéale"

"C'est notre image idéale, ce à quoi devrait ressembler le monde selon nous". Ainsi décrit le président de la N-VA, Bart De Wever, les propositions institutionnelles de son parti, qui ont déjà suscité de vives critiques du côté francophone. "Le confédéralisme est un instrument pour conserver et améliorer notre niveau de vie et notre bien-être", a affirmé M. Weyts. "Nous sommes à un moment charnière. Nous sommes convaincus que le confédéralisme est nécessaire et utile".

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MILQUET (CDH): "DES PROPOSITIONS INACCEPTABLES QUI NE MERITENT PAS DE DEVELOPPEMENTS..."

Pour Joëlle Milquet, les propositions institutionnelles de la N-VA, notamment concernant Bruxelles, sont bien évidemment, et sans surprise, totalement inacceptables et elles ne méritent pas de longs communiqués de presse ni de développements vu leur caractère totalement excessif et provocateur, assure la chef de file du cdH bruxellois dans un communiqué.

A l'heure où le pays se redresse, retrouve un avenir pacifié et serein et où Bruxelles se développe comme une Région à part entière ouverte à tous, l’heure n’est pas au retour de combats d'un autre âge, poursuit encore Joëlle Milquetdans son communiqué.

 

"Un Parti Infréquentable", Selon Picqué (PS)

Le bourgmestre de Saint-Gilles et ex-ministre-président bruxellois CharlesPicqué (PS) a critiqué à son tour mercredi les propositions de réformes institutionnelles de la N-VA, un parti selon lui "infréquentable". "Les déclarations de la NVA indiquent qu'il n'y aura pas de répit institutionnel si elle remporte les prochaines élections et si elle est capable de se trouver des alliés dans d'autres partis flamands", souligne-t-il dans un communiqué.

"L'attaque frontale contre Bruxelles et ses habitants s'inscrit dans une logique de destruction du pays car Bruxelles reste un élément important de la stabilité institutionnelle de la Belgique et un trait d'union indispensable entre le Nord et le Sud du pays", ajoute M. Picqué.

Les propositions relatives à Bruxelles "sont tout bonnement imbuvables, en particulier le concept de sous-nationalité et la négation de son statut de 3ème Région".

"Ceci démontre que la N-VA est un parti infréquentable pour quiconque est soucieux de l'intérêt des Bruxellois et de la stabilité du pays, condition pourtant indispensable pour affronter les effets de la crise socio-économique", conclut-il.

 

ONKELINX (PS): "LA N-VA REND TOUT DIALOGUE IMPOSSIBLE AVEC ELLE SUR L’AVENIR DE BRUXELLES"

Dans un communiqué, Laurette Onkelinx, la Présidente de la Fédération bruxelloise du PS, fustige les propositions du parti nationaliste flamand: "La N-VA n’aime décidément ni Bruxelles, ni les Bruxellois…. pas plus que la Belgique d’ailleurs ! Bart de Wever décline le séparatisme dans une forme de moins en moins masquée, et refuse même aux Bruxellois leur identité propre. Le rattachement forcé qu’il leur propose, soit à la Wallonie, soit à la Flandre, fait des Bruxellois des apatrides du confédéralisme ! L’histoire fourmille d’exemples de retours de balancier qui ont frappé ceux qui ont méprisé l’identité de populations dont ils voulaient régler le sort. Le PS bruxellois constate que la N-VA rend tout dialogue impossible avec elle sur l’avenir de Bruxelles."

 

VERVOORT (PS): "UN PARTI QUI NE RECONNAIT NI LA BELGIQUE NI BRUXELLES"

Le ministre-président bruxellois, Rudi Vervoort (PS) n'a pas tardé à réagir au projet confédéraliste de la N-VA qui prévoit ni plus ni moins que la soumission de la région-capitale aux deux autres régions. Voici son bref commentaire: "Mon combat, ça a été, c'est et ça sera toujours la reconnaissance de Bruxelles, Région à part entière et solidaire de la Flandre et de la Wallonie. Tout qui remet cela en cause remet fondamentalement la Belgique en cause. A cet égard, les masques tombent. La N-VA a démontré ce qu'elle est vraiment : un parti qui ne reconnaît ni la Belgique ni Bruxelles. En voulant supprimer la Région bruxelloise, « Région capitale » du pays, la N-VA insulte les 1.150.000 de Bruxellois(es) et met à jour son véritable dessein: torpiller notre pays, ses talents, sa créativité, son génie.Nous ne l'accepterons jamais. Et je me demande d'ailleurs à cet égard quels francophones seraient prêts à mettre cela en œuvre avec la N-VA ??? Nous, jamais !"

 

CEREXHE (CDH): "PRENDRE SES DISTANCES PAR RAPPORT A CE PARTI BELGO-BRUXELLICIDE"

Le chef du groupe cdH au Parlement bruxellois, Benoît Cerexhe, a découvert "sans surprise mais avec consternation" le programme communautaire de la NVA relatif à l'avenir des institutions bruxelloises. Il "en appelle aux autres formations politiques bruxelloises, essentiellement flamandes, mais aussi le MR côté francophone, pour qu'elles prennent définitivement leurs distances vis-à-vis d'une formation politique belgo-bruxellicide", selon un communiqué.

Les propositions de la NVA sur Bruxelles "sont 'préhistoriques' parce qu'elles ne font que reprendre la litanie usée défendue depuis des décennies, bien avant la création de la Région bruxelloise, par un Mouvement flamand qui ne voit dans Bruxelles qu'un territoire où les habitants n'ont d'autre droit que de choisir de se faire acheter ou non par les deniers flamands et d'accepter de se faire cogérer, dans un premier temps, par la Flandre et la Wallonie, pour dans un deuxième temps abandonner toute prérogative à la seule Région flamande", estime M.Cerexhe.

Elles "confirment les options défendues depuis longtemps par la N-VA, à savoir celles de la négation totale de la Région bruxelloise, de la création de sous-nationalités sur le territoire des 19 communes, de la conflictualisation des relations intercommunautaires", selon lui.

 

DE WOLF (MR): "GARDONS CONFIANCE DANS LES ELECTEURS"

"Nous gardons confiance dans les électeurs de ne pas s'associer à cette négation de Bruxelles", a affirmé le chef du groupe MR au parlement bruxellois Vincent De Wolf. "Il est regrettable de constater que la N-VA refuse en fait le seul vrai 'choix bruxellois', celui de construire une région à part entière, libre de se gérer elle-même dans l'intérêt des Francophones et des Flamands de Bruxelles et travaillant aux vraies priorités que sont l'emploi, la formation, l'enseignement ou son essor économique", fait-il valoir dans un communiqué.

"La N-VA espère sans doute séduire les électeurs néerlandophones de Bruxelles et de Flandre par de belles propositions socio-économiques sciemment élaborées afin de mieux faire avaler la pilule de ses visées communautaires", ajoute-t-il.

"Nous gardons confiance dans les électeurs de ne pas s'associer à cette négation de Bruxelles, comme de vouloir mettre en présence, au lendemain des prochaines élections, des formations politiques capables de travailler ensemble à l'avenir et au bien-être des habitants du pays et de ses trois régions", conclut le député libéral.

 

Clerfayt (FDF): "Aucune Ville Au Monde Ne Peut Fonctionner Avec Un Système D'apartheid"

Le député-bourgmestre FDF de Schaerbeek, Bernard Clerfayt, a vivement dénoncé mercredi les propositions de réformes institutionnelles dévoilées par la N-VA. "Aucune ville au monde ne peut fonctionner avec un système d'apartheid aussi pernicieusement organisé", lance-t-il dans un communiqué, en référence au "choix" proposé par le parti nationaliste aux citoyens de la capitale. "C'est un manque de respect total pour tous les citoyens et spécifiquement tous les habitants, francophones ou flamands, de la Région bruxelloise", affirme-t-il.

"Outre le choix scandaleux laissé au Bruxellois entre la Wallonie et la Flandre et la suppression de la Région centrale du pays, la N-VA ne prévoit qu'un siège garanti pour les Bruxellois au Parlement fédéral. Autant dire que les Bruxellois, qui représentent pourtant 10% de la population, n'auraient même plus leur mot à dire au sein du Parlement. Ce faisant, la N-VA attaque les Bruxellois de manière frontale", selon lui.

"Les FDF ne pourront jamais entrer dans une logique où l'on renie la Belgique, la Région bruxelloise et où l'on tente de faire des Bruxellois des citoyens de seconde zone. Je me demande d'ailleurs quel parti francophone pourrait s'asseoir autour d'une table avec ce parti pour négocier un accord de gestion du pays ou de la Région bruxelloise", note encore M. Clerfayt.

Soulignant les difficultés de la N-VA dans les sondages, il voit dans sespropositions les "cris d'un animal blessé". Elles sont pour lui "ignobles et 'onbespreekbaar'".

 

"NEFASTE", SELON GROEN; "NAÏF" POUR LE VLAAMS BELANG

Seuls Groen et le Vlaams Belang, parmi les partis flamands, avaient réagi mercredi en fin d'après-midi aux dernières propositions institutionnelles de la N-VA. Le parti écologiste critique "une révolution néfaste pour les Flamands, les Wallons et les Bruxellois", tandis que le Vlaams Belang ironise sur "un attachement naïf à la Belgique". Le chef de groupe de Groen à la Chambre,Stefaan Van Hecke, se montre très inquiet des dernières propositions de la N-VA. "Elle appelle ça du confédéralisme, mais c'est en fait du séparatisme. Aucun autre parti ne voudra négocier sur ces réformes car elles signifieront, pour nos citoyens et entreprises, que nous serons embarqués dans des années de réformes institutionnelles", selon lui.

Quant au choix proposé pour les Bruxellois, M. Van Hecke y voit "un cauchemar administratif".

A l'opposé, le Vlaams Belang trouve que les propositions de la N-VA ne vont pas assez loin. "Malgré quelques propositions ambitieuses", la N-VA raisonne encore dans le modèle belge, déplore le parti extrémiste.

 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LA GRANDE PANIQUE DE BART WEVER


"Dixit De Wever qui en homme intelligent, voit déjà que son parti a été trop loin."
"De Wever perd de plus en plus le contrôle de son parti.
Ceux qui croient de ces propositions vont doper la NVA électoralement se trompent profondément."

 "J'ai du mal à comprendre comment on peut arriver à faire rentrer tout et son contraire dans un parti, et que les gens continuent à croire à ces sornettes ..."

"Mai 2014....les élections ça va être chaud....et la formation d'un gouvernement risque fort d'encore battre des records planétaires de durée.....

C'est clair. La N-VA ne veut plus du vivre ensemble. Mais la vraie question, c'est de savoir si la N-VA et son président regardent encore dans la même direction.  On a l'impression que non!

Bart De Wever et Siegrfried Braecke tirent le parti à hue et à dia tandis que le ban et l'arrière ban du parti pousse à la séparation.

Le congrès de la N-VA sera un moment à suivre de près. Un scénario d'implosion n'est pas à exclure.

Selon Dave Sinardet, "pour le confédéralisme, il va falloir des années, une majorité des deux tiers et une majorité dans les deux groupes linguistiques, ce qui veut dire qu’il faudra que les socialistes soient d’accord. Or, ces derniers mois, la N-VA a martelé qu’elle voulait se passer du PS… C’est donc loin d’être gagné pour la N-VA"

"Il sera très difficile de trouver une majorité en son sein qui accepterait d’entrer dans un gouvernement fédéral sans aucune avancée communautaire."

Il semble bien qu'on fonce tout droit vers la crise de régime en juin 2014 avec, pour arbitrer les conflits, un nouveau roi totalement inexpérimenté.

Ce sera le moment le plus dangereux de l'après-guerre.

Plus personne n'en doute et le compte à rebours a commencé. "Les masques tombent. La N-VA a démontré ce qu'elle est vraiment : un parti qui ne reconnaît ni la Belgique ni Bruxelles." (RV)

Difficile de démentir cela!

MG

 

 

DAVE SINARDET: «LA N-VA PROPOSE UNE SCISSION QUI NE DIT PAS SON NOM»

Propos recueillis par Corentin Di Prima
Le Soir

 

Dans son programme, la N-VA ne parle pas d’indépendance de la Flandre, mais de « Confédération Belgique ». Mais dans les faits, analyse le politologue de la VUB, on se dirigerait vers deux Etats indépendants.

    


Photo Belga

Dans son programme, la N-VA ne parle pas d’indépendance de la Flandre mais de « Confédération Belgique ». Mais peut-on encore parler de Belgique, vu les options affichées par le parti nationaliste pour l’avenir du pays ?

On ne peut en tout cas plus parler d’Etat fédéral, ça, c’est clair. On n’est pas tout à fait non plus dans une Confédération, au sens juridique du terme : officiellement une Confédération, ce sont des Etats indépendants qui à travers un traité forment une Confédération. Mais le programme de la N-VA s’en approche fortement : les entités fédérées, Wallonie et Flandre, auraient tous les pouvoirs, le parlement confédéral n’est plus élu directement mais est issu des deux Etats, idem pour le gouvernement confédéral.

« DEUX ETATS », SELON VOUS…

Juridiquement pas. Mais dans les faits, ça ressemble fort à deux Etats indépendants, dans le sens où Wallonie et Flandre auraient presque toutes les compétences. C’est en quelque sorte une scission qui ne dit pas son nom.

UNE SCISSION CANADA DRY ?

On peut dire ça. Le problème de la N-VA est que le vrai séparatisme est impossible à vendre à l’opinion flamande et donc elle préfère parler de « confédéralisme ». Elle garde un roi belge, pour la même raison : abolir la monarchie n’est pas forcément populaire.

POUR LA N-VA, BRUXELLES NE DOIT PLUS EXISTER SUR LE PLAN POLITIQUE ?

Bruxelles aurait toujours une sorte de gouvernement, qui gérerait les compétences liées au territoire (travaux publics, mobilité…), qui sont un peu les compétences actuelles. Pour tout ce qui concerne les matières liées aux personnes, donc la sécurité sociale et la fiscalité personnelle, les Bruxellois devraient choisir entre la Wallonie et la Flandre. C’est politiquement irréaliste. Les francophones n’accepteront jamais cela. Ce sera vu comme une tentative deflamandisation de Bruxelles parce que des francophones pourraient être tentés d’opter pour le système flamand, qui devrait logiquement être plus intéressant (pensions plus élevées, taxes plus faibles), comme on le voit déjà avec l’enseignement à Bruxelles. C’est un risque que ne voudront jamais prendre les partis francophones.

QUELLE IMPRESSION GENERALE VOUS LAISSE CE PROGRAMME ?

A court-terme, cela va être difficile pour la N-VA de trouver des partenaires. Il s’agit de textes de congrès. En politique, il faut définir des priorités. Ces dernières semaines, la N-VA a laissé entendre qu’elle pourrait participer à un gouvernement fédéral même sans garantie sur le confédéralisme. En 2014, la N-VA devra choisir entre les deux. Pour le confédéralisme, il va falloir des années, une majorité des deux tiers et une majorité dans les deux groupes linguistiques, ce qui veut dire qu’il faudra que les socialistes soient d’accord. Or, ces derniers mois, la N-VA a martelé qu’elle voulait se passer du PS… C’est donc loin d’être gagné pour la N-VA. Elle devra choisir. A ce stade, elle n’est pas claire sur ses intentions. Parce que l’équation n’est pas simple pour elle : il sera très difficile de trouver une majorité en son sein qui accepterait d’entrer dans un gouvernement fédéral sans aucune avancée communautaire. Or, si c’était le cas, certains partis seraient partants, y compris francophones. A l’inverse, si elle persiste dans ses exigences communautaires, cela risque bien de l’exclure auprès des autres partis, qui n’ont pas envie de nouvelles discussions institutionnelles.

 

mardi 29 octobre 2013

Horeca in 'Cheval Marin' na 15 jaar leegstand


© brusselnieuws.be

In de Cheval Marin, het gebouw op de hoek van de Baksteenkaai en de Varkensmarkt dat al bijna vijftien jaar leegstaat, zouden binnenkort een horecazaak en appartementen kunnen komen. De eigenaar heeft daar eenvergunning voor aangevraagd.


De Cheval Marin of Zeepaard, geklasseerd maar verwaarloosd (© erf-goed.be)

In het voorjaar klaagde stadsvereniging Arau de situatie nog aan: het gebouwCheval Marin, of het Zeepaard, is volledig in verval geraakt. De bomen groeien zelfs uit de ramen van het voormalige restaurant op de hoek van de Varkensmarkt en de Baksteenkaai. Een doorn in het oog van bewoners en bezoekers van de Sint-Katelijnewijk.

Daar komt binnenkort mogelijk verandering in. De eigenaar van het gebouw heeft bij het Gewest een dossier ingediend om er een horecazaak en woningen in onder te brengen. De horecazaak zou de kelder, het gelijkvloers en de eerste verdieping beslaan, op de twee bovenste verdiepingen moeten appartementen met twee kamers komen.

LEEGSTANDSTAKS: 49.000 EURO PER JAAR
Er wordt al jaren geprobeerd om de stadskanker aan te pakken. In eerste instantie was een renovatie van het Zeepaard opgenomen in het wijkcontract De Kaaien, maar dat ging uiteindelijk niet door. “Het was van in het begin duidelijk dat dat een moeilijke operatie zou worden”, zegt Sven Bousset, woordvoerder van bevoegd schepen Ans Persoons (SP.A).

“Het gebouw is in privéhanden, en zou dus eerst onteigend moeten worden, wat misschien niet zou lukken. Ten tweede gaat het om een beschermd monument, wat de kostprijs van een renovatie enorm doet oplopen. Toch is de operatie opgenomen in de eerste versie van het basisdossier, om extra druk te zetten op de eigenaar om iets te ondernemen.”

De eigenaar, een firma, leek inderdaad actie te gaan ondernemen, maar deed dat uiteindelijk niet. De Stad legt wel leegstandsboetes op; die komen op 49.000 euro per jaar.

Nu is er dus een bouwvergunning aangevraagd die het gebouw moet reanimeren. Maar “het is natuurlijk onduidelijk of alles in orde is om een vergunning af te leveren en of – eens de vergunning zou zijn afgeleverd – de eigenaar ook effectief tot de werken overgaat”, waarschuwt Bousset. “Onder meer de Gewestelijke Commissie Monumenten en Landschappen moet nog advies geven.” Het gaat immers om een geklasseerd gebouw.

KAPITEINSWONING
Het Zeepaard was in de zeventiende eeuw de verblijfplaats van de kapitein van de Brusselse haven. Daarna werd het een "uiterst voorspoedige herberg", aldus het klasseringsdocument. Mensen konden er kaartjes kopen voor de boot naar Mechelen of Antwerpen.

In de tweede helft van de twintigste eeuw was Au Cheval Marin een gastronomisch restaurant. Sinds het faillissement in 1999 staat het gebouw leeg.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

UN HAUT LIEU GOURMAND DE BRUXELLES

Magnifiquement situé, le Cheval Marin, s'il est géré convenablement deviendra un haut lieu de la gastronomie bruxelloise sis dans l'un des quartiers les plus "gourmands" de la capitale.

Il devrait rejoindre le club des bonnes vieilles maisons bruxelloises, telles que les Armes de Bruxelles, chez Vincent, la Taverne du Passage, le Pré Salé, le Vollegas, chez Jacques ou friture René, 't Spinnekopke...

MG

 

L’extension de la mosquée en discussion


LISA SAOUL La Libre



Les responsables de la mosquée répondent aux inquiétudes des riverains.

Saint-Gilles

Au centre culturel El Mouhsinine de la rue de Suède, la salle de prière ne peut accueillir tous les fidèles, lors des jours de fête ou de la grande prière du vendredi. "Chaque jeudi soir, nous sommes contraints de déplacer tout le mobilier dans les salles de classe à l’étage, pour ne laisser personne dehors", explique Touhami Elaasri, le vice-président du centre religieux. Lorsque les responsables apprennent que le bâtiment voisin est en vente, ils souhaitent donc l’acheter pour mettre un terme à la situation contraignante.

Mais la commune active son droit de préemption et acquiert le bâtiment, avec l’idée d’y installer le charroi communal. Elle accepte tout de même que la mosquée puisse utiliser un espace de 376 m2, avec une porte donnant sur la rue de Hollande.

Les responsables du centre islamique El Mouhsinine font alors une demande de permis pour casser la cloison et agrandir l’espace de prière.

Mais le projet n’est pas du goût de Fatoumata Sidibé, chef de groupe FDF au Parlement francophone bruxellois : "C’est déjà très difficile de circuler et de trouver une place de parking pour se garer dans le quartier. Les vendredis, ils se garent en double file, bloquent la rue. S’ils agrandissent la mosquée, ce sera encore plus complexe", se plaint l’élue, qui évoque aussi le nombre important de lieux de culte musulmans dans le quartier : "Est-ce opportun d’agrandir l’espace alors qu’il y a déjà deux mosquées - celle de l’avenue Fonsny et celle de la rue Joseph - dans un rayon de trois kilomètres ?" Fatoumata Sidibé assure qu’elle n’est pas la seule à partager ce point de vue, différents riverains lui auraient fait part de leurs inquiétudes.

Pour les responsables de la mosquée, la députée FDF au Parlement bruxellois se trompe sur toute la ligne : "Ces aménagements n’ont pas pour but d’augmenter la capacité d’accueil des fidèles. Il s’agit seulement d’éviter de les accueillir dans les salles de classe", répond l’un des conseillers, Hallouch Arbib.

Pour les responsables, ces nouveaux aménagements permettront, au contraire, de fluidifier le trafic dans le quartier : "Les travaux permettront de créer une nouvelle entrée donnant sur la rue de Hollande. Cette porte permettra de répondre aux normes de sécurité. Elle permettra également aux fidèles d’entrer et de sortir des deux côtés, et donc de réduire les problèmes de circulation", ajoute Touhami Elaasri, le vice-président du centre.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

EGLISES VIDES ET MOSQUEES PLEINES


L'Europe, terre chrétienne pendant des millénaires se sécularisa en deux siècles, à la vitesse des Lumières. Il y a pléthore d'églises et carence de prêtres, surtout de fidèles. En revanche, ceux qu'on appela très longtemps les infidèles sont légions à prier dans les espaces publics, dans les écoles, les usines, les ateliers...De centaines de garages, d'ateliers, d'usines furent convertis en mosquées tandis que, désacralisées, les églises deviennent tantôt librairies (la plus belle est à Maastricht), tantôt centres de séminaires ou carrément bars à danser, carrément. Mais quand comprendra-t-on,dans ce royaume en sursis, qu'il faut former les imams dans nos universités?

MG


Commentaires de lecteurs

"Qu'on leur construise des mosquées cela va de soi, à condition que cela ne trouble pas l'ordre publique et la circulation. Ne nous rabaissons pas au niveau des gouvernements égyptiens successifs qui interdisent tout construction ou rénovation d'églises dans ce pays qui était d'abord chrétien avant d'être musulman."

"Par contre, qu'on contrôle ce qui est dit dans ces mosquées, la formation et la désignation des imams,... afin d'éviter que les mosquées ne deviennent des lieux où l'on incite à la haine, au rejet de l'autre,....

"Cela évitera les mosquées clandestines et les soi-disant 'imams' qui ne sont rien d'autres que de dangereux agitateurs radicaux."

 

"Il n'y a rien à interdire... Si le nombre de croyants croît, ils ont le droit de disposer d'un lieu de culte adapté.
C'est en amont qu'il faut se poser des questions.
Pourquoi de plus en plus de musulmans, pourquoi de moins en moins de chrétiens ?
Mais je pense que tout le monde connaît la réponse, non ?"

 

 

lundi 28 octobre 2013

"Je ne crois pas à la démocratie dans le monde arabo-musulman"


Le Vif

L’écrivain algérien Boualem Sansal fait sensation avec un essai tonitruant révélant les origines, les tabous et les méfaits de l’islamisation qui poursuit sa propagation mondiale.


Boualem Sansal © Image Globe

LE VIF/L’EXPRESS : QUEL ECLAIRAGE APPORTE UN ECRIVAIN EN « REGARDANT UN SUJET DE MANIERE LITTERAIRE » ? 

BOUALEM SANSAL : Je précise d’emblée que je ne suis pas un spécialiste de l’islam pour pouvoir parler librement. On a besoin d’auteurs de toutes sortes, mais je m’intéresse aux phénomènes de société de notre époque. C’est pourquoi j’aimerais retrouver l’engagement des écrivains d’antan. Telle une caste détachée, ils restent absents du débat public, au lieu d’en être des acteurs. Lorsqu’on est confronté à une question aussi menaçante pour la société que l’islamisation, on doit se comporter en militant. Écrire ne suffit pas pour faire avancer les choses. Ce livre vise à dépasser le simple discours politique pour examiner les mécanismes profonds. J’espère vivement qu’il provoquera un vrai débat. 

COMMENT EXPLIQUEZ-VOUS LE SILENCE DES INTELLECTUELS ARABES, QUE VOUS QUALIFIEZ DE « VECTEUR D’ISLAMISME » ? 

Ce qui me frappe, c’est que ce silence a existé de tout temps, quels que soient les sujets qui traversent l’ensemble des sociétés (le divorce, l’homosexualité ou la crise économique). C’est lié à la structure même de la société arabo-musulmane, dictatoriale ou féodale. Au mieux, les intellos sont des troubadours répétant le discours officiel. Ceux qui vivent en Occident demeurent également muets. Comment les réveiller ? Le mouvement Ecrivains pour la Paix − que j’ai fondé avec l’écrivain israélien David Grossman − a le plus grand mal à les mobiliser car ils redoutent d’être excommuniés ou assassinés. Or le propre de l’intellectuel est de dépasser la crainte, sinon il devient soldat. 

EN TANT QU’ALGERIEN, DE QUOI ETES-VOUS LE TEMOIN ? 

J’ai vu l’islamisme arriver sous mes fenêtres. En quelques années, il a détruit des familles, une culture, une économie et des vies, tout en se répandant partout. On ne peut pas rester indifférent face à ce phénomène qui risque d’arriver aussi chez vous. Au lieu de se comporter en militants, les gens regardent la télé sans broncher. Voyez Hollande qui n’a jamais désigné l’ennemi lors de sa visite au Mali. Ne pas nommer les islamistes revient à les protéger ! 

L’UNE DES CLES EST DE DISTINGUER ISLAM ET ISLAMISME. 

Ce livre rappelle que l’islamisme est né de l’islam par un glissement progressif. Où commence le premier ? Dans la volonté agressive de domination et dans celle de vouloir imposer une idéologie au plus grand nombre. Elle est alimentée par certains musulmans radicaux, mais l’islam a rarement été tranquille. Prônant le prosélytisme, il s’est souvent imposé par le glaive et les armes. 

POURQUOI CE RETOUR DU RELIGIEUX, COMME L’AVAIT PREDIT MALRAUX ? 

L’humanité a pour but le bonheur. Tous les moyens sont bons pour vivre en paix, mais en raison de la démographie, les ressources s’amenuisent. Il faut un système performant, donc totalitaire. Or que ce soit le communisme ou le capitalisme, tous les modèles échouent. Avant, on se tournait vers l’ésotérisme, maintenant c’est l’islam dont la vitesse de propagation est prodigieuse. Les pays musulmans n’ont pas beaucoup de choix. Etriqués, ils n’ont point accès à la modernité. D’autant que certains d’entre eux estiment avoir connu des siècles d’humiliation avec la colonisation occidentale. L’envie de retrouver un islam conquérant explique le succès des Frères musulmans, qui veulent « laver l’affront ». Une vengeance mobilisatrice, décuplée par l’obligation de répandre la parole de Dieu et de convertir un maximum de gens. 

« ISLAMISER LE MONDE, PAS SEULEMENT LES PAYS MUSULMANS. » QU’EST-CE QUI EXPLIQUE CET ENGOUEMENT EN EUROPE, QUE CE SOIT AUPRES DES JEUNES MUSULMANS OU DES CONVERTIS ? 

La régression de l’Occident y est particulièrement propice. Les Européens ne croient plus en l’avenir de l’Europe, qui n’a ni armée ni diplomatie et se montre incapable de coordonner la gestion de la crise économique. Ceux qui aspirent à la domination mondiale se portent bien, grâce au pétrole ou à une croissance à deux chiffres. Alors autant profiter de l’affaiblissement pour achever la bête ! Je suis effrayé par l’évolution foudroyante de l’islamisme européen en moins de dix ans. Quand on est fatigué, on attrape toutes les maladies... Autre cause : la crise identitaire. Non seulement l’identité européenne n’émerge pas, mais en plus elle fissure le système en place. Ceux qui ne sont pas de cette culture, ne peuvent pas et ne veulent plus s’intégrer. D’ailleurs, les « pays d’origine » font tout pour contrebalancer une intégration réussie. Ils craignent que si les communautés maghrébines se francisent ou se belgicisent, elles « pervertiront » leur culture. C’est ce qui explique la toile d’araignée que constitue l’ouverture d’innombrables mosquées, de cours d’arabe ou de L’Amicale des Algériens en Europe. Les communautés immigrées sont instrumentalisées, or les gouvernements participent à ce double jeu, qui consiste à recruter des imams alors que ces pays se disent laïques. Résultat ? Les jeunes ne se sentent plus Belges, Français ou Allemands, bien que cette troisième génération soit née en Europe. Quel échec ! 

VOUS DENONCEZ AINSI FERMEMENT L’HYPOCRISIE DES POLITIQUES QUI AGGRAVENT LA SITUATION. 

S’il y a un responsable de la situation dramatique en Europe, ce sont les politiques. Ils représentent un danger car, à force d’aller de compromis en compromis, ils vont de compromission en compromission. Ce cynisme les pousse à s’allier avec n’importe qui, comme Kadhafi reçu à l’Elysée en échange de contrats mirobolants. Les pays arabes incarnent un grand marché, avec lequel il ne faudrait pas se fâcher. Idem pour le « Printemps arabe », perçu par les observateurs occidentaux comme un mouvement révolutionnaire, alors qu’il s’agit d’une colère spontanée, aussitôt récupérée par les islamistes. Aveuglés, les politiques préfèrent prôner « une stabilité » de la région, afin de poursuivre les affaires. Tant en Europe que dans les pays arabes, il existe des moyens financiers et organisationnels colossaux pour diffuser les idées islamistes (la distribution d’exemplaires gratuits du Coran par exemple). L’Arabie saoudite, le Qatar, l’Iran et de riches mécènes américains ou français y contribuent largement. Ils offrent ainsi des bourses pour former des ingénieurs et des atomistes, afin d’asseoir leur pouvoir. Contrairement à Obama, ces pays n’ont pas de contrainte d’argent. Les islamistes sont forts dans de nombreux de domaines : la gestion de la finance internationale, le monde politico-économique, le commerce halal, les mouvements sociaux, les œuvres soi-disantcaritatives (l’une des forces des Frères musulmans) ou les médias. Bravo, ils ont tout infiltré ! Même Internet et les médias, comme Al-Jazeera, qui n’hésite pas à corrompre des ministres, des intellectuels et des journalistes pour prêcher l’islam de façon évangéliste. La presse occidentale est également touchée, puisqu’ils payent des reporters dans le but de donner une autre vision de l’islam. Il faudrait dénoncer ces derniers et encourager les journalistes d’investigation à se pencher par exemple sur la littérature islamique en Belgique. Ils seraient surpris... 

« UN NOUVEAU VIVRE ENSEMBLE » VOUS SEMBLE-T-IL ENVISAGEABLE ? 

Pas trop... Ce serait un travail de longue haleine. Il faudrait au minimum qu’il y ait la paix dans les pays arabo-musulmans, y compris entre communautés laïques et musulmanes, mais ça ne pousse pas tout seul. Le vivre ensemble sera viable s’il est pourvu d’un cadre juridique, or beaucoup de gens feront tout pour l’entraver. Je ne crois pas à la démocratie dans le monde arabo-musulman. Elle ne verra le jour que lorsque les intellectuels se mobiliseront massivement ou travailleront ensemble pour transformer la société et les partis politiques. C’est là que réside mon espoir. 

Entretien : Kerenn Elkaïm

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

"JE SUIS EFFRAYE PAR L’EVOLUTION FOUDROYANTE DE L’ISLAMISME EUROPEEN EN MOINS DE DIX ANS."


"Lorsqu’on est confronté à une question aussi menaçante pour la société que l’islamisation, on doit se comporter en militant."

"Le silence a existé de tout temps, quels que soient les sujets qui traversent l’ensemble des sociétés (le divorce, l’homosexualité ou la crise économique). C’est lié à la structure même de la société arabo-musulmane, dictatoriale ou féodale."

" Ceux qui vivent en Occident demeurent également muets. Comment les réveiller ? Le mouvement Ecrivains pour la Paix − que j’ai fondé avec l’écrivain israélien David Grossman − a le plus grand mal à les mobiliser car ils redoutent d’être excommuniés ou assassinés. Or le propre de l’intellectuel est de dépasser la crainte, sinon il devient soldat."
"J’ai vu l’islamisme arriver sous mes fenêtres."

" On ne peut pas rester indifférent face à ce phénomène qui risque d’arriver aussi chez vous."

"Ne pas nommer les islamistes revient à les protéger !"

Il est grand temps de regarder les choses en face, d'avoir les yeux en face des trous. Pour qui ne se voile pas la face, il est certain qu'on assiste bel et bien à l'islamisation de la modernité et point à la modernisation de l'islam.

Quand 120 gamins nés en Belgique s'en vont rejoindre les djihadistes en Syrie, ils nous reviennent sinon sérieusement perturbés, du moins totalement gagnés à la cause salafiste. Idem pour la grande majorité des convertis de fraîche date.  On sait peu ce qui se prêche dans les mosquées garages qui graduellement se transforment en mosquées vitrines. Ce qui est sûr, c'est que tandis que beaucoup de garages se dont transformés en mosquées, beaucoup d'églises furent convertis en bars ou en centres de séminaires pour gens d'affaire, autrement dit en temples du veau d'or.

Pourtant il y aurait un moyen efficace d'enrayer cette très inquiétante progression : confier la formation des imams essentiellement à nos universités belges. Les partis hésitent, tergiversent et finalement ne font rien pour empêcher nos jeunes Belges de confession musulmane d'être la proie du salafisme. Cette attitude attentiste est carrément suicidaire.

 "Ce livre rappelle que l’islamisme est né de l’islam par un glissement progressif vers une volonté agressive de domination et dans celle de vouloir imposer une idéologie au plus grand nombre. Elle est alimentée par certains musulmans radicaux, mais l’islam a rarement été tranquille. Prônant le prosélytisme, il s’est souvent imposé par le glaive et les armes. "

"L’humanité a pour but le bonheur. Tous les moyens sont bons pour vivre en paix, mais en raison de la démographie, les ressources s’amenuisent. Il faut un système performant, donc totalitaire. Or que ce soit le communisme ou le capitalisme, tous les modèles échouent. Avant, on se tournait vers l’ésotérisme, maintenant c’est l’islam dont la vitesse de propagation est prodigieuse. Les pays musulmans n’ont pas beaucoup de choix. Etriqués, ils n’ont point accès à la modernité."

"La régression de l’Occident y est particulièrement propice. Les Européens ne croient plus en l’avenir de l’Europe, qui n’a ni armée ni diplomatie et se montre incapable de coordonner la gestion de la crise économique." "Alors autant profiter de l’affaiblissement pour achever la bête ! Je suis effrayé par l’évolution foudroyante de l’islamisme européen en moins de dix ans."

"Autre cause : la crise identitaire. Non seulement l’identité européenne n’émerge pas, mais en plus elle fissure le système en place. Ceux qui ne sont pas de cette culture, ne peuvent pas et ne veulent plus s’intégrer. D’ailleurs, les « pays d’origine » font tout pour contrebalancer une intégration réussie. Ils craignent que si les communautés maghrébines se francisent ou se belgicisent, elles « pervertiront » leur culture. C’est ce qui explique la toile d’araignée que constitue l’ouverture d’innombrables mosquées, de cours d’arabe ou de L’Amicale des Algériens en Europe. Les communautés immigrées sont instrumentalisées, or les gouvernements participent à ce double jeu, qui consiste à recruter des imams alors que ces pays se disent laïques. Résultat ? Les jeunes ne se sentent plus Belges, Français ou Allemands, bien que cette troisième génération soit née en Europe. Quel échec !"

Et cet échec,  Boualem Sansal l'attribue à la sphère politique des pays d'accueil: "S’il y a un responsable de la situation dramatique en Europe, ce sont les politiques. Ils représentent un danger car, à force d’aller de compromis en compromis, ils vont de compromission en compromission." Et ceci vaut également pour le « Printemps arabe », perçu par les observateurs occidentaux comme un mouvement révolutionnaire, alors qu’il s’agit d’une colère spontanée, aussitôt récupérée par les islamistes."

" Les islamistes sont forts dans de nombreux de domaines : la gestion de la finance internationale, le monde politico-économique, le commerce halal, les mouvements sociaux, les œuvres soi-disant caritatives (l’une des forces des Frères musulmans) ou les médias. Bravo, ils ont tout infiltré ! Même Internet et les médias, comme Al-Jazeera, qui n’hésite pas à corrompre des ministres, des intellectuels et des journalistes pour prêcher l’islam de façon évangéliste. La presse occidentale est également touchée, puisqu’ils payent des reporters dans le but de donner une autre vision de l’islam. Il faudrait dénoncer ces derniers et encourager les journalistes d’investigation à se pencher par exemple sur la littérature islamique en Belgique. Ils seraient surpris... "

« UN NOUVEAU VIVRE ENSEMBLE ?» 

"Ce serait un travail de longue haleine. Il faudrait au minimum qu’il y ait la paix dans les pays arabo-musulmans, y compris entre communautés laïques et musulmanes, mais ça ne pousse pas tout seul. Le vivre ensemble sera viable s’il est pourvu d’un cadre juridique, or beaucoup de gens feront tout pour l’entraver. Je ne crois pas à la démocratie dans le monde arabo-musulman. Elle ne verra le jour que lorsque les intellectuels se mobiliseront massivement ou travailleront ensemble pour transformer la société et les partis politiques. C’est là que réside mon espoir." 


La lecture de cette interview m'a plongé dans un abîme de perplexité. "Il faudrait que l'Islam  retrouve sa spiritualité, sa force première. Il faut libérer, décoloniser, socialiser l'islam »

Comment ne pas être d'accord avec cela?

MG


 

Gouverner au nom d’Allah – Islamisation et soif de pouvoir dans le monde arabe, par Boualem Sansal, éd. Gallimard, 156 p.


BOUALEM SANSAL

Boualem Sansal est lauréat du grand prix   RTL-Lire 2008 pour son roman Le Village de l'Allemand sorti en janvier 2008, roman qui est censuré en Algérie, car il fait le parallèle entre islamisme et nazisme. Le livre raconte l'histoire du SS Hans Schiller, qui fuit en Égypte après la défaite allemande, et se retrouve ensuite à aider l'armée de libération algérienne, pour finalement devenir un héros de guerre et se retirer dans un petit village perdu. Le livre s'inspire d'un destin réel, découvert par la presse dans les années 1980.

En 2007, il reçoit le prix Édouard-Glissant, destiné à honorer une œuvre artistique marquante de notre temps selon les valeurs poétiques et politiques du philosophe et écrivain Édouard Glissant : ce prix récompense les œuvres développant une réflexion sur le métissage et toutes les formes d’émancipation, celle des imaginaires, des langues et des cultures.

Le 9 juin 2011, il remporte le prix de la Paix des libraires allemands, pour la manière dont il « critique ouvertement la situation politique et sociale de son pays ». En mars 2008, il choisit de se rendre au Salon du livre de Paris, malgré la polémique soulevée dans le monde arabe quant au choix d'Israël comme invité d'honneur et l'appel au boycott venant des pays arabes et de certains intellectuels. Il s'en explique par la formule : « Je fais de la littérature, pas la guerre », et en ajoutant : « La littérature n'est pas juive arabe ou américaine, elle raconte des histoires qui s'adressent à tout le monde. » Ce choix aggrave sa situation en Algérie.

En 2011, il publie un nouveau roman, Rue Darwin, l'histoire d'une famille prise dans la guerre d'Algérie. C'est un livre très personnel, écrit trois mois après la mort de sa mère. Le personnage de Yaz ressemble beaucoup à Boualem Sansal ; par ailleurs, la rue Darwin est une rue où l'auteur a vécu dans son enfance, à cent mètres de la maison d'Albert Camus.

Boualem Sansal est également connu pour ses propos critiques envers toute forme de religion, et l'islam en particulier : « La religion me paraît très dangereuse par son côté brutal, totalitaire. L'islam est devenu une loi terrifiante, qui n'édicte que des interdits, bannit le doute, et dont les zélateurs sont de plus en plus violents. Il faudrait qu'il retrouve sa spiritualité, sa force première. Il faut libérer, décoloniser, socialiser l'islam »

En mai 2012, il participe à la troisième édition du Festival international des écrivains à Jérusalem, suscitant de nombreuses critiques dans le monde arabe.

En juin 2012, il reçoit le prix du Roman arabe pour son livre Rue Darwin, avec l'opposition des ambassadeurs arabes qui financent le prix. Le 13 juin 2013 l'Académie française lui décerne le grand prix de la Francophonie, doté de 20 000 euros. Ce prix est « destiné à “couronner l’œuvre d’une personne physique francophone qui, dans son pays ou à l’échelle internationale, aura contribué de façon éminente au maintien et à l’illustration de la langue française” ».

Il habite près d'Alger, dans la ville de Boumerdès6.

Citations

 

« Vinrent les guerres, toutes les guerres, les mouvements de population, les holocaustes, les famines, les déclarations solennelles, les liesses propices aux mensonges, les longues attentes sur le qui-vive, puis les guerres reprirent, les clivages de fer, les vieilles haines ressuscitées, les exils, les exodes, et encore les mots qui blessent, les mots qui tuent, les mots qui nient. Mais toujours, inchangée dans la guerre ou la paix de l'entre-deux, marchant en tête, discourant à perte de vue, pontifiante et grossière : la bêtise souveraine » (Dis-moi le paradis, 2003)12.
« La vérité se tient mieux dans le silence » (Dis-moi le paradis, 2003)13.
« Dieu appartient à qui s'approprie son message » (Dis-moi le paradis, 2003)14.
« Bouteflika est un autocrate de la pire espèce [...] C'est pourtant lui que les grandes démocraties occidentales soutiennent et à leur tête la France  »
« Je pense souvent à l'exil mais où, chez Bush, chez Sarkozy ou Hollande ? Remplacer un malheur par un autre n'est pas ce qu'on peut appeler une bonne décision. »