lundi 21 octobre 2013

"L'olivier a fait le choix de dégrader, et de niveler par le bas l'enseignement"

BELGA 



Si cela ne tient qu'à eux, les libéraux feront progressivement disparaître le décret inscription, et ils rehausseront le niveau du CEB pour qu'il colle plus près de la réalité de la sixième primaire et du passage au secondaire.

La président du MR Charles Michel s'en est pris dimanche aux gouvernements olivier qui se sont succédé à la fédération Wallonie-Bruxelles dans leur gestion de l'enseignement dans lequel "ils ont fait le choix de dégrader, et de niveler par le bas, confondant l'essentiel de l'accessoire". 

 

Le président du Mouvement Réformateur s'exprimait au terme des "Rendez-vous d'avenir de l'enseignement" organisés par son parti à Bruxelles sous forme d'ateliers et qui ont attiré, selon le porte-parole du MR, quelque 650 personnes. Le MR y a soumis le carnet "Bâtir l'avenir" de l'enseignement avec lequel il a confronté ses réflexions aux acteurs de l'enseignement depuis un an. 

 

Si cela ne tient qu'à eux, les libéraux feront progressivement disparaître le décret inscription, et ils rehausseront le niveau du CEB pour qu'il colle plus près de la réalité de la sixième primaire et du passage au secondaire. Ils entendent remettre en cause la possibilité pour les élèves de disposer de 30 demi-jours d'absence par an sans justification et renforcer les savoirs de base pour tous les élèves en organisant la remédiation de manière immédiate en cas de difficulté. 

 

Pas question pour eux d'abaisser le niveau d'exigence dans l'enseignement supérieur. Ces propositions et d'autres ont été explicitées par la cheffe du groupe MR au parlement de la fédération Wallonie-Bruxelles, Françoise Bertieaux. "Egalité des chances, travail, effort liberté et responsabilité sont les idées de départ sur lesquelles on construit une société plus forte et plus juste. Nous refusons un nivellement par le bas", a commenté dans ses conclusions Charles Michel. 

 

Parlant du "désastre des décrets inscriptions successifs partis d'une présomption de culpabilité des directeurs d'école à l'égard des outils pédagogiques", le président du MR a déploré "le tsunami réglementaire permanent induit par des personnes qui n'ont plus vu une classe depuis longtemps" et favorisé selon lui par un gouvernement de gauche "incapable de tenir ses promesses" en matière de bâtiments scolaires.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LES REFORMATEURS DU DIMANCHE MATIN

Les réformateurs du dimanche matin, étaient 650 personnes pour réfléchir à l'avenir de l'enseignement en communauté française et c'est encourageant.

D'autant plus que tous se sont présentés bien préparés à ce mini colloque, leur carnet scolaire à la main, dûment annoté et bourré de suggestions"enseignement: bâtir l'avenir".

Il y fut, semble-t-il, aussi beaucoup question de l'enseignement des fondamentaux et donc du français (qui est de moins en moins souvent la langue maternelle des élèves) mais enseigné comme une langue étrangère, ce qui exige une formation initiale et/ou continuée beaucoup plus poussée des enseignants.  Ils abordèrent les causes de l'échec de la politique de l'enseignement de l'olivier: le plus généreusement financé, le plus inégalitaire et le moins efficace de l'OCDE. Bilan: au global les élèves francophones accusent un retard de un an par rapport à leurs camarades flamands.

Comment éviter concrètement ce gâchis, avec un financement dont on sait qu'il est à son maximum et qu'il se rétrécira? Quels sont les leviers sur lesquels agir pour renverser la vapeur quand on sait que 95% du budget de la Communauté française est composé des salaires des enseignants? Le levier PO d'abord. Pourquoi ne pas réunir en un seul PO l'enseignement de Communauté française en en confiant la gestion aux communes avec un financement équivalent à celui dont il bénéficie actuellement?

Le levier "directions d'école" ensuite. Rien de tel qu'un excellent chef d'école pour stimuler les équipes pédagogiques et construire avec ses profs (de préférence recrutés par lui) un projet éducatif en adéquation avec le milieu socio culturel dont sont issus les élèves. On pourrait appeler cela l'effet directeur. D'où la nécessité de former, de motiver et soutenir les directeurs d'écoles que les PO ont de plus en plus de difficultés à recruter. En général, ce sont les moins bons enseignants qui présentent leur candidature.

Rien de tel que des enseignants heureux et responsables qui travaillent en toute autonomie autour d'un projet d'école négocié collectivement et porté par une équipe et son chef.

Cela suppose des maîtres bien (c'est-à-dire mieux) formés au départ et bénéficiant d'une formation permanente solide.

Il serait bon que les enseignants acceptent d'être évalués (ils ont horreur de cela)et le cas échéant de bénéficier de bonus de biennales s'ils se révèlent excellents.

Bref, il y aurait pas mal de choses à faire ne fût-ce que pour rattraper le niveau des élèves flamands, sans parler de celui des petits Finlandais. La recette est simple: revaloriser la carrière d'enseignant tant sur le plan de l'exigence de qualité que celui de la stimulation par des bonus de rémunérations aux meilleurs d'entre eux. Il s'agirait de promouvoir l'excellence et pas seulement l'archaïque ancienneté.

Alimentaire, mon cher Watson.

MG

 

 

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