dimanche 20 octobre 2013

Absentéisme scolaire: les propos de Willemarck choquent le monde politique

La Libre  (AVEC BELGA) 


Un nombre d'emplois trop important restent vacants par manque de formation des jeunes Bruxellois.

Le nouveau président du Beci (Chambre de Commerce & Union des Entreprises de Bruxelles), Thierry Willemarck, estime vendredi dans une interview donnée à l'Echo qu'il faudrait pouvoir suspendre les allocations familiales pour lutter contre l'absentéisme dans les écoles bruxelloises.

D'après lui, le laxisme est trop important vis-à-vis des jeunes, en particulier d'origine maghrébine. "Il y a un trop grand laxisme vis-à-vis des jeunes. Il faut forcer la présence à l'école. Et ce n'est pas le rôle des professeurs mais des parents. Si cela ne s'améliore pas, il faut un pouvoir coercitif, par exemple suspendre les allocations familiales. Vous verriez les pères de famille reprendre les choses en main et obliger leur fils ou leur fille à aller à l'école", affirme-t-il.

"Il ne faut pas tourner autour du pot, on a toute une population d'origine maghrébine. Ces enfants sont nés en Belgique, souvent d'une deuxième génération. On ne peut pas les qualifier comme des étrangers. Ce sont des Belges. Mais ils sont issus d'une culture différente et ils sont dans un environnement où - excusez-moi l'expression - il manque le coup de pied au cul", déclare M. Willemarck.

Le président du Beci reconnaît toutefois qu'il est dangereux de stigmatiser une catégorie de population et précise que le problème est plus général. "L'échec à l'école est plus fréquent en Région bruxelloise que dans d'autres Régions du pays. On doit en débattre certainement."

D'après M. Willemarck, un nombre d'emplois trop important restent vacants par manque de formation des jeunes Bruxellois. Il a donc décidé d'interpeller le monde politique à ce sujet.

EXCUSES 

Thierry Willemarck s'est excusé au micro de Télé Bruxelles pour ces propos qui ont soulevé une vive polémique: "Si j'ai vexé des gens, je m'en excuse... Personnellement, je suis un chef d'entreprise qui aime que les choses bougent. J'ai reçu quand j'étais jeune des coups de pied au cul et je remercie ceux qui me les ont donnés."

Le président de BECI a également tenu à s'excuser par l'intermédiaire d'un communiqué dans lequel il regrette que les propos qu'il a tenus dans le cadre d'une interview accordée au journal L'Echo aient pu choquer certaines sensibilités. "Ce n'était certainement pas mon intention. Ceux qui me connaissent le savent: je n'ai aucunement voulu stigmatiser une communauté. Ce qui m'interpelle, c'est le réel problème d'absentéisme, qui mène au décrochage scolaire puis au chômage, qui est un poids pour la société. C'est cela le débat. Que peut-on faire pour aider des enfants en difficulté scolaire ? Quels sont les leviers dont on dispose en Région bruxelloise pour le résoudre,a-t-il déclaré.

Thierry Willemarck a par ailleurs affirmé sa volonté de soutenir, en tant que président, les actions de BECI et de ses membres pour remédier aux problématiques du décrochage scolaire et du chômage.

Il a souligné que BECI qui a proposé la Charte de la diversité dans l'Entreprise, dont il a lui-même été un des premiers signataires, en tant que CEO de Touring.

 

FRANÇOISE BERTIAUX (MR) PLUTOT NUANCEE 

Du côté du MR, on condamne la stigmatisation inacceptable dans les propos tenus, mais le porte-parole du parti précise qu'il s'agit là d'un "vrai débat". Fred Cauderlier indique à LaLibre.be: "C'est une question qu'on peut poser, mais il n'est pas question de supprimer les allocations du jour au lendemain, de stigmatiser une communauté en particulier et encore moins de sanctionner l'enfant qui y a droit". 

Dans une interview croisée à découvrir ce samedi dans La Libre Belgique, Françoise Bertiaux, la chef de groupe MR au Parlement FWB, précise notamment: "Symboliquement, c’est une bonne mesure. Mais, pratiquement, c’est assez difficile à mettre en œuvre. L’allocation familiale est en fait un droit de l’enfant pour son éducation. Et si vous avez des parents qui n’y veillent pas assez, et que du coup, vous “leur” supprimez cette allocation, vous sanctionnez deux fois l’enfant. Il faut y aller par gradation."

 

"DES PROPOS STIGMATISANTS, PEU NUANCES ET SIMPLISTES", SELON MILQUET

La proposition du nouveau président de Beci vise une population ciblée alors que la problématique est générale, a déclaré vendredi la ministre de l'Egalité des chances Joëlle Milquet à l'Agence Belga.

Joëlle Milquet qualifie ces propos de "totalement stigmatisants, peu nuancés et simplistes". La ministre souligne que de nombreux jeunes sont diplômés et invite le président de Beci à la prestation de serment des médecins du Brabant wallon qui comptent de nombreux d'origine maghrébine.

Si la ministre soulève une série d'obstacles, comme de langues pour les primo-arrivants, socio-économiques et de discrimination à l'embauche, elle évoque également une augmentation des moyens pour l'excellence dans l'enseignement, la remédiation, etc.

"Ce n'est pas en stigmatisant de manière simpliste, qu'un père n'exerce pas son autorité, qu'on va s'en sortir", déclare Joëlle Milquet. "Le problème du chômage est collectif", ajoute-t-elle en rappelant les améliorations actuellement en cours, notamment pour l'accompagnement des chômeurs.

 

LA PROPOSITION DU PRESIDENT DE BECI EST "STIGMATISANTE ET INEFFICACE", SELON HUYTEBROECK

La proposition du nouveau président de Beci est "stigmatisante et inefficace et à la limite du racisme", a jugé vendredi la ministre bruxelloise de la Jeunesse Evelyne Huytebroeck.

"En tant que ministre de la Jeunesse, je ne peux accepter ce type de caricature et de raccourcis qui jette le discrédit sur des jeunes bruxellois et leurs familles", a déclaré Evelyne Huytebroeck. Pour cette dernière, cette proposition risque de pénaliser davantage des familles déjà confrontées à des difficultés.

La ministre souligne qu'elle attend autre chose du patron des patrons de la Région. "En tant que représentant des entreprises bruxelloises, nous attendons du président de Beci qu'il jette des ponts entre le monde du travail, de la formation et de l'école plutôt que de stigmatiser grossièrement une catégorie de jeunes et par là les exclure", estime Evelyne Huytebroeck. Cette dernière prône une mobilisation collective contre le décrochage scolaire.

 

"M. WILLEMARCK NOUS A FAIT PART DU TREFONDS DE SA PENSEE"

Toujours du côté d'Ecolo, Alain Maron , député au Parlement bruxellois, et Zakia Khattabi, sénatrice ont également réagi par communiqué. "M.Thierry Willemarck nous a fait part du tréfonds de sa pensée. Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il aurait mieux fait de s'abstenir", soutiennent-ils. "Nous ne reviendrons pas sur les aspects stigmatisant, paternalistes et insidieusement racistes de ces propos. Mais simplement sur le fait qu'ils illustrent une méconnaissance de quelques éléments factuels déterminants. Et que dès lors, ils sont avant tout stupides, à côté de la plaque."

Les deux membres d'Ecolo soulignent quelques problèmes inhérents à Bruxelles : boom démographique, accès aux infrastructures de petite enfance et aux écoles fondamentales. Ils pointent également "combien l'enseignement en Belgique est basé sur un système de ségrégation, reproducteur des clivages sociaux et culturels. Pour être clair, si vous êtes un enfant issu d'une famille pauvre et immigrée, vous avez bien moins de chances de réussir vos études ou encore d'accéder à l'enseignement supérieur. Et cela n'a rien à voir avec la motivation des parents ou des enfants".

Ils demandent dès lors que les investissements continuent pour "améliorer l'accès à un enseignement de qualité pour toutes les familles, de toutes les origines sociales et culturelles (...) Mais faire porter la responsabilité sur les familles elles-mêmes, ce n'est rien de moins pour les décideurs qu'un moyen de se défausser de leurs propres responsabilités. Et BECI, organisation puissante à Bruxelles, fait partie des cercles de décideurs".

 

VERVOORT "INDIGNE" PAR DES PROPOS "INADMISSIBLES"



Le ministre-président bruxellois, Rudi Vervoort, s'est déclaré "indigné" par les propos "inadmissibles" de Thierry Willemarck. "Rudi Vervoort rappelle à Monsieur Willemarck que, tout comme le gouvernement bruxellois, le patron des patrons a un rôle à jouer dans le développement économique et la lutte contre le chômage notamment en luttant contre toutes les formes de discriminations et en encourageant l'accès à l'emploi de toutes les catégories de populations quelles qu'elles soient", selon un communiqué.

S'il "ne nie pas certaines réalités ou problématiques", le ministre-président "s'insurge et ne partage absolument pas les propos simplistes et dangereux du président de Beci".

"On ne construit pas une société en opposant les uns aux autres. Notre société a besoin de personnalités qui développent une vision fédératrice et positive qui donne de l'espoir à toute notre population et en particulier à notre jeunesse", ajoute-t-il.

"Les acteurs publics ont fait plus que leur part pour la mise en place de dispositifs de stages pour les jeunes demandeurs d'emploi, c'est maintenant du côté des employeurs qu'un effort est attendu, pour présenter ces places", souligne encore Rudi Vervoort.

 

FREMAULT DEPLORE LES PROPOS "PLUS QUE MALADROITS" DU PRESIDENT DE BECI

La ministre bruxelloise de l'Emploi, Céline Fremault, a critiqué vendredi les propos tenus par le patron des patrons de la Région, Thierry Willemarck. Elle le rencontrera ce vendredi pour "clarifier" la situation.

Mme Fremault "déplore ces propos plus que maladroits, qu'elle espère sortis du contexte d'une discussion générale sur l'ensemble des défis bruxellois en termes d'éducation et d'emploi", selon un communiqué adressé à Belga.

"Les allocations familiales sont juridiquement un droit des enfants, un soutien automatique et sans condition pour permettre aux familles de subvenir à leurs besoins matériels", souligne-t-elle. Dès lors, "jouer sur le montant des allocations familiales selon tel ou tel critère est donc en totale contradiction avec le principe universel des allocations familiales et serait intolérable, à Bruxelles ou ailleurs".

Elle rappelle par ailleurs "qu'il n'existe pas de statistiques différenciées entre fréquentation scolaire en fonction de l'origine des élèves". D'après elle, "les raisons du décrochage scolaire sont multiples et essentiellement liées géographiquement à des zones précarisées où les taux de chômage sont encore trop élevés. C'est à ce problème qu'il faut s'attaquer en priorité. La collaboration du monde de l'entreprise est indispensable pour parvenir à relever ce défi".



Commentaires lecteurs:


« Tout comprendre rend très indulgent » Ce qui veut dire aussi que si quelqu'un n'est pas indulgent c'est qu'il n'y comprend rien... Je vous dit cela parce que je sais que cette citation est de Mme de Staël, que j'ai un bon sens de la dialectique et que je connais la signification de ce terme... Pour vous dire que moi aussi je suis instruit et que durant mes études on m'a aussi appris à mépriser ceux qui l'étaient moins que moi... Je déteste cette part de mon éducation, mais si vous trouvez mes propos méprisants ... Ce n'est pas donc par goût du mépris mais simplement parce que vous êtes méprisable..."

"Si les allocations familiales étaient déjà plafonnées au troisième enfant, beaucoup dans les milieux défavorisés mettraient le holà et seraient beaucoup plus à même d'élever correctement leur marmaille !!!"

 "La vraie verité, ça dérange

Je suis entierement de son avis"

"Qu'est ce qui est le plus choquant? La situation dénoncée et les propos tenu? Bruxelles par son laxisme forme les 40% de chômeurs que la région connaitra dans 10 ans."

 "1) comment discriminer à l'embauche les jeunes qui n'ont même pas une formation scolaire?

2) les seuls politiciens à réagir sont justement ceux qui sont responsables de la situation et qui laissent aller une situation qui n'aide personne, les jeunes concernés encore moins.
Allez comprendre!"

"Jetez un petit coup d'oeil au passif hors-bilan lié au systeme de pension actuel + impact croissant du chomage (une population immigree sous-qualifiee et augmentation de la productivite) + agmentation des frais de santé d'une population vieillissante.
Je vous laisse devnier ce qu'il restera pour payer votre pension." 
"Le systeme actuel est en faillite virtuelle. Le contrat des generations est une illusion et ma generation ne verra jamais en retour des montants comparables ace qu'elle va contribuer. Vous verrez cela dans les 10-20 annees a venir avec l'erosion progressive des pension en valeur reelle. Bonne chance si vous faites confiance au "Contrat"

""Cela doit être d'un pénible de partager la vie de Milquet. Elle est d'un prévisible....
Elle a trois mots dans la bouche : stigmatiser, amalgame et contrôle. Vous dites un mot et elle en associe un des trois."

 "Que nos politiques en finissent avec leurs outrages de facade et qu'ils se remettent en question !

C'est vrai, bon nombre de jeunes auraient besoin d'un bon coup de pied au cul !! Et bon nombre de nos politiques aussi !! A commencer par ces derniers d'ailleurs !
C'est bien eux qui legiferent et creent les conditions propices a la crise, comment peut-on encore creer des emplois en Belgique ?? C'est inabordable et d'unecomplexite sans nom. Meme les riches multinationales s'en vont, et je sais de quoi je parle, mon employeur delocalise !!! 
Ce qui est clair, c'est que si je suis mis a la porte, je ne suis pas pres de retravailler en Belgique, une fois mes droits epuises, adieu !!


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LES BONNES QUESTIONS ET LES MAUVAISES FORMULATIONS


Tempête dans un verre d'eau!

Cette polémique serait à mourir de rire si elle ne touchait pas une vérité essentielle: le décrochage scolaire massif des élèves issus des classes sociales les moins favorisées dans la Région bruxelloise.

Stigmatiser le discours rude et sans nuance du nouveau président de la BECI et lui remonter les brettelles  pour dérapage verbal ne ramènera pas les élèves en classe et ne les fera pas réussir. Avec ses propos dignes du café du commerce mais aussi de certaines salles des profs et de réunions de familles bien pensantes ou de services clubs réacs, Thierry Willemarck s'est fait l'écho du discours de l'homme de la rue lequel lui donne raison sur les forums d'internautes où l'on distribue volontiers les coups de pieds au cul.  Le choc médiatique provoqué par ses paroles a entraîné une riposte non graduée qui prouve que la campagne électorale a vraiment commencé, plus de deux cent jours avant les élections, ce qui selon Paul Magnette est prématuré.

Mais attention, qu'on prenne garde à ne pas passer, au nom du médiatiquement correct, à côté du vrai problème qui est celui du chômage à Bruxelles (22% et40% chez les jeunes d'origine immigrée, il faut oser l'écrire, nous le disons depuis des mois). Il a des causes indéniables: le laxisme des parents, la méconnaissance du français, le déni des valeurs occidentales, la crise identitaire musulmane mais surtout la médiocre qualité de l'enseignement en Communauté française, singulièrement à Bruxelles. Coinséquences: un absentéisme sauvage mal contrôlé et peu sanctionné, souvent couvert par des cerificats de convenance et de connivence. Crier haro sur le langage de corps de garde du nouveau président du BECI en soulagera plus d'un mais ne résoudra rien. Autant casser le thermomètre pour faire tomber la température. La fièvre ne tombera pas pour autant. Alors que faire concrètement?

Supprimer les alloc comme disait Sarko? C'est une mesure brutale et anti sociale mais plaidée dans les milieux populistes et réactionnaires.

Voyons les choses objectivement et à froid.

Haro sur les parents? Ce sont des assistés sociaux quelquefois, ils ne croient pas ou plus dans l'école contrairement aux célèbres "mamans juives" et aux moins célèbres mais tout aussi efficaces "mamans polonaises". Des clichés? Oui mais des réalités de terrain qu'on ne saurait ignorer tout à fait et plus longtemps. On se lève difficilement le matin dans ces milieux et les enfants partent souvent à l'école le ventre vide.

Un directeur d'école primaire schaerbeekois a pris l'initiative d'organiser et de financer des petits déj avec les parents, suivis de cours d'alphabétisation des mamans. Bingo! Chute de l'absentéisme!

Enseignement maternel obligatoire? Une autre mesure consisterait à rendre l'enseignement maternel obligatoire dès trois ans et d'en faire un bain de langage, une immersion totale dans la langue de l'école qui n'est pas celle du foyer dans laquelle très souvent un des deux parents vient tout droit du pays d'origine. Attention, c'est là qu'il faut placer les enseignants les plus expérimentés, les mieux formés. Il n'y a pas meilleur investissement. Cela a un coût, mais un return évident.

Enseigner le français autrement? Autre chose serait de repenser l'enseignement de la langue de base pour enseigner désormais du "français langue étrangère" selon l'excellente pédagogie mise au point par le grand romaniste de l'UCL Luc Collès. (allez vérifier sur internet)

Coaching individualiséIl faut instaurer du coaching individualisé pour ses élèves qui ne sont pas inintelligents mais peu socialisés et mal scolarisés, assez naturellement violents et plutôt indisciplinés: ils manquent de caractère et de maîtrise de soi. Ce coaching a un prix il doit être pratiqué notamment de 15h30 quand les enseignants du primaire quittent l'école à 18h30 quand les parents viennent les rechercher. Cela exigerait de recruter des maîtres spéciaux dit d'adaptation. Sur quels budgets les financer? Notamment en supprimant le saupoudrage de subsides à des écoles de devoirs organisées par des asbl rarement contrôlées à qui il arrive de faire du grand n'importe quoi.

Coaching de groupe. Certains appelleront cela des centres de(re)socialisation nous parlerons plutôt de centres de (rescolarisation pour les jeunes en décrochage lourd. Il conviendrait de mettre en place des centres de ce type pour de brefs séjours en interne. On y ()apprendrait les bases du calcul et des math avec l'aide de formateurs d'élites disposant d'un matériel informatique performant, on y organiserait des programmes accélérés mais intensifs de revalidation et d'entrainement des connaissances et des savoir faire, des ateliers d'expression et d'écriture et du sport beaucoup de sport pour forger et tremper le caractère, l'esprit de groupe, la solidarité, le respect d' l'autre.Il s'agirait d'une manière originale, élégante et motivante de remettre les égarés, envers et contre tout, dans le circuit scolaire. Comment procéder concrètement?  La plupart des communes disposent de centre aérés sous-utilisés où s'organisent des classes vertes et des camps de vacances fréquentés par les démunis. Ces lieux existent mais sont sous-équipés, il faut y investir dans du matériel didactique performant et engager des formateurs d'élite bien rémunérés. Les nombreux centreadeps peuvent également être équipés de salles dotées d'outils pédagogiques informatisés.

Tous ces lieux sous-occupés pendant les congés scolaires pourraient faire merveille. On y enverrait les jeunes en décrochage plutôt que de leur imposer des examens de passage ou des redoublements contre-productifs.

Il s'agit là d'une série de coup de pieds au cul qui correctement appliqués doivent réveiller la torpeur d'une génération de gamins et de gamines en déshérence que les salafistes guettent avec des yeux de vautours.

MG

 

ÉDITO: DES COUPS DE PIED AU C…

La Libre



Un édito de Francis Van de Woestyne.

Selon une étude de la Vlerick Business School, les patrons belges sont très recherchés. Non seulement ils ont une classe naturelle, mais ils ont aussi le sens du compromis. En fait, ils rejoignent la définition du citoyen belge, entendue ces derniers jours à Paris : "Un Belge, c’est un Français qui ne râle pas, un Néerlandais qui n’est pas arrogant, un Allemand qui n’est pas rigide." Cocorico, donc.

Il y a quand même, parfois, des exceptions. Ainsi, la déclaration à "L’Echo" de Thierry Willemarck, le nouveau président de la Chambre de Commerce de Bruxelles, ne traduit pas cette classe naturelle. Qu’a-t-il dit ? Il a suggéré de suspendre les allocations familiales pour lutter contre l’absentéisme scolaire à Bruxelles qui sévirait surtout dans les familles d’origine maghrébine.

Il est normal que, dans sa nouvelle fonction, M. Willemarck se soucie de l’emploi à Bruxelles. Beaucoup de places restent vacantes parce que les jeunes ne sont pas suffisamment formés. M. Willemarck pointe aussi un problème réel dont souffrent certaines écoles : l’absentéisme et l’échec scolaire. Il serait idiot de méconnaître ces difficultés.

Mais rien, aucune statistique, ne permet d’affirmer, comme il le fait, que ces problèmes sont liés à l’origine des jeunes, l’origine maghrébine en l’occurrence. Son propos est stigmatisant et simpliste. Bref, inacceptable.

Que faire alors ? "Donner des coups de pied au cul !" comme le propose M.Willemarck… ? Il faut surtout améliorer l’accès à un enseignement de qualité; investir, encore et encore, dans la formation. Il faut aussi des actions concertées, des ponts tangibles entre l’enseignement et les entreprises. On ajoutera : apprendre le sens de la mesure et des réalités. A tout âge. A tous les niveaux.

 

 

COMMENT LUTTER CONTRE L’ABSENTEISME SCOLAIRE?

ENTRETIENS: JEAN-PAUL DUCHÂTEAU ET CHARLES VAN DIEVORT LA LIBRE

 


Le patron des patrons bruxellois prône la suspension des allocations familiales pour les parents qui ne s’assurent pas du suivi scolaire de leurs enfants. Ses propos ont suscité une bruyante polémique. FrançoiseBertiaux et Faouzia Hariche donnent leur avis sur cette épineuse question de l'absentéisme scolaire.

 

Françoise Bertieaux

Chef de groupe MR au parlement de la Communauté française


Le nouveau président de BECI (patrons bruxellois), ThierryWillemark, s’inquiète de l’augmentation de l’absentéisme scolaire, particulièrement à Bruxelles, et de ses conséquences sur la formation des jeunes, trop peu qualifiés pour intégrer un emploi. Partagez-vous ce constat ?

L’absentéisme menant à l’abandon scolaire est plus élevé à Bruxelles que dans le reste de la Communauté française et aboutit à un pourcentage effrayant de jeunes, au-delà de 30 %, qui n’obtiennent pas leur diplôme de l’enseignement secondaire. Si un gosse brosse, très vite il est largué et il devient vite incapable de rattraper ce qu’il a raté. Et donc, de toute façon, il va redécrocher, et même abandonner.

CETTE QUESTION SE POSE-T-ELLE AVEC PLUS D’ACUITE POUR LES JEUNES, SOUVENT BELGES, ISSUS DES COMMUNAUTES D’ORIGINE ETRANGERE ?

Effectivement. C’est parfois dû au fait que ces jeunes n’avaient pas la maîtrise du français au niveau primaire, et qu’ils ont déjà eu de grosses difficultés au début de leur apprentissage. Toutes origines confondues, ces jeunes, confrontés à l’échec scolaire en début des études secondaires, ont été orientés dans des filières qualifiantes sans que cela soit de leur part un choix positif.

DANS CET ABSENTEISME ET CE DECROCHAGE, LES PARENTS ONT-ILS LEUR PART DE RESPONSABILITE ?

Bien sûr, et toutes communautés confondues. A un moment donné, les parents ne sont pas assez stricts pour le suivi scolaire de leurs enfants. Ils ne surveillent pas leur présence ou non à l’école, ni leurs journaux de classe ou les bulletins. Ils contribuent ainsi au décrochage. Mais il ne faut pas les considérer comme seuls responsables. Ainsi, nous envoulons à certaines législations au niveau de la Communauté française. Il y en a une, particulièrement, que nous appelons "la prime à la brosse". Outre les congés normaux et ceux de force majeure (maladie, grève des bus, etc.), les enfants ont droit à un certain nombre de demi-jours d’absence qu’ils ne doivent pas justifier et dont souvent, les parents ne sont pas informés. Nous avons déposé une proposition pour supprimer carrément cette mesure.

POUR RESPONSABILISER DAVANTAGE LES PARENTS DEFAILLANTS DONT VOUS PARLIEZ, PENSEZ-VOUS QU’UNE SUSPENSION PROVISOIRE DES ALLOCATIONS FAMILIALES POURRAIT ETRE, EN DERNIER RESSORT, LEGITIME ET EFFICACE ?

Symboliquement, c’est une bonne mesure. Mais, pratiquement, c’est assez difficile à mettre en œuvre. L’allocation familiale est en fait un droit de l’enfant pour son éducation. Et si vous avez des parents qui n’y veillent pas assez, et que du coup, vous "leur" supprimez cette allocation, vous sanctionnez deux fois l’enfant.

QUELLES AUTRES MESURES PRONEZ-VOUS POUR ATTEINDRE LE MEME RESULTAT ?

Il faut y aller par gradation. Je l’ai dit, il s’agit parfois d’un problème d’orientation. Si l’enseignement qualifiant était modernisé et valorisé, avec une bien meilleure coordination entre l’enseignement et le monde de l’entreprise, ce serait déjà quelque chose de préventif de l’abandon.Deuxième stade, j’en ai parlé aussi, c’est de supprimer la "prime à la brosse". Enfin, pour les plus récalcitrants, nous avons aussi au MR un dispositif proposé à l’époque par Pierre Hazette, que tout le monde a brocardé, injustement à mes yeux. Pour les jeunes, en décrochage lourd, il faut mettre en place des centres de resocialisation et derescolarisation pour essayer de les remettre, envers et contre tout, dans le circuit scolaire avec alors une décision d’autorité.

A CE PROPOS, CERTAINS DISENT QUE LES PARENTS, ET LA SOCIETE, SONT BEAUCOUP TROP LAXISTES A L’EGARD DES ENFANTS, ET QU’ON TROUVE LA LA CAUSE PRINCIPALE DE BEAUCOUP TROP DE MAUX. VOTRE AVIS ?

Il y a en effet quelque chose d’extrêmement préoccupant, c’est le règne de l’enfant-roi, à qui on n’interdit jamais rien, et on retrouve cela dans toutes les couches de la société, favorisées ou non. A l’adolescence, ces enfants ne savent pas que des limites existent. L’enfant-roi est un adolescent à problèmes en prévision.

 

FAOUZIA HARICHE

ÉCHEVINE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE, DE LA JEUNESSE ET DE LA PETITE ENFANCE A LA VILLE DE BRUXELLES


DANS UN ENTRETIEN ACCORDE A LA PRESSE, THIERRY WILLEMARCK, LE NOUVEAU PRESIDENT DE BECI (PATRONAT BRUXELLOIS), PROPOSE DE SUSPENDRE LES ALLOCATIONS FAMILIALES EN CAS D’ABSENTEISME SCOLAIRE. IL POINTE EGALEMENT DU DOIGT LA COMMUNAUTE MAGHREBINE. COMMENT REAGISSEZ-VOUS ? 

Ces propos sont affligeants… Il n’y a pas d’autre mot. Si on ne connaissait pas le nom de la personne qui les a tenus, on pourrait penser qu’ils sont le fait d’un membre de l’extrême droite. Je le dis très clairement, même si Thierry Willemarck essaye de relativiser son propos en disant que les enfants dont il parle sont nés en Belgique, je pense que ce sont des propos racistes et bien entendu stigmatisants puisqu’ils visent une communauté en particulier. Je trouve par ailleurs que la solution proposée est lamentable. Franchement, je n’imagine pas qu’une personne de cette intelligence puisse réellement penser ce qu’il a dit. Ces propos sont tellement excessifs qu’ils n’ont aucun intérêt. Ils ne résoudront absolument pas le problème que nous connaissons en Région bruxelloise. 

EN QUOI LA SOLUTION AVANCEE EST-ELLE INEFFICACE ? 

Si les coups de pied au cul et les coups sur la tête étaient de véritables solutions, ça se saurait. Or, on sait très bien que ça ne marche pas de cette manière-là. Je pense que ce monsieur confond à peu près tout et ne tient pas compte du contexte dans lequel vivent les jeunes en Région bruxelloise. Je ne crois pas qu’il faut combattre les jeunes et certainement pas les parents via ce type de sanctions. Ce qu’il fautcombattre, c’est la précarité et les difficultés sociales et économiques que la plupart des familles rencontrent en Région bruxelloise. L’amalgame entre une communauté et l’échec scolaire, n’est pas dû au fait que les personnes sont d’origine maghrébine. C’est tout simplement parce qu’elles sont issues de milieux précarisés. Si les entreprises bruxelloises faisaient un effort pour offrir de l’emploi à cette catégorie de la population, il y aurait moins de précarité et donc moins de difficultés. 

LA QUESTION DU DECROCHAGE SCOLAIRE ET DE L’ABSENTEISME A L’ECOLE, C’EST UNE REALITE A BRUXELLES ? 

Oui, c’est effectivement un problème qui existe et qu’il ne faut pas nier. Mais on peut y répondre en formant davantage et mieux les enseignants à la réalité sociale dans laquelle nous vivons. La société bruxelloise a fortement changé et nous devons adapter nos pédagogies pour répondre au mieux à l’attente et aux besoins de la population. Ce qui ne veut pas dire qu’on remette en question le degré d’exigence ! C’est d’ailleurs ce que nous faisons à la Ville de Bruxelles pour les écoles qui sont sous notre responsabilité en tant que pouvoir organisateur. Et les résultats sont plutôt bons. Nous n’avons pas une diminution du taux de réussite et nous ne connaissons absolument pas une augmentation du décrochage scolaire. Il y a toute une série d’actions de prévention qui sont menées pour éviter, à l’approche de l’adolescence, le redoublement. Je prends l’exemple du Lycée Henriette Dachsbeck. Il a développé un projet autour du bien-être parce qu’on sait que la plupart du temps, quand les jeunes décrochent, c’est lié au chamboulement hormonal qu’ils connaissent. Ce changement entraîne des difficultés scolaires de nature à diminuer l’estime de soi et cela peut conduire au décrochage. Ce projet est mené depuis quatre ans et donne des résultats extraordinaires. On est passé d’une cinquantaine de non-réinscriptions d’élèves pour des raisons de comportement à seulement trois l’an dernier. 

QU’EN EST-IL DES PARENTS ? FAUT-IL EGALEMENT LES IMPLIQUER DANS LE PROCESSUS POUR EVITER LE DECROCHAGE ET DONC L’ABSENTEISME ? 

Les parents sont des partenaires de l’école. Il faut qu’ils travaillent en bonne intelligence avec les équipes éducatives et je dois reconnaître que dans la très grande majorité des cas c’est ce qui se fait. Au sein de la Ville de Bruxelles, nous favorisons la création d’associations de parents et toutes les écoles ont un conseil de participation. Lorsque les parents s’investissent dans la scolarité de leur enfant dès l’enseignement maternel et primaire, il y a beaucoup de chances pour que ça puisse continuer par après. On peut mettre fin au décrochage et àl’absentéisme scolaire et cela ne demande pas forcément beaucoup de moyens.

 

Aucun commentaire: