mardi 15 octobre 2013

Clerfayt: «Di Rupo anesthésie la Belgique»


Patricia Labar Le Soir

Ce mardi après-midi, Elio Di Rupo va prononcer sa déclaration gouvernementale devant la Chambre et le Sénat. Pour Bernard Clerfayt, député FDF, le Premier nous fait croire que tout va bien alors que ce n’est pas le cas.

Le député FDF Bernard Clerfayt, l’invité de Bel RTL, s’est montré sévère à l’égard du Premier ministre Elio Di Rupo qui va prononcer sa dernière déclaration gouvernementale avant les élections de mai prochain .

« Elio Di Rupo nous fait croire que tout va bien, il anesthésie la Belgique alors que sur le plan économique les problèmes sont loin d’être résolus », a déclaré Bernard Clerfayt au micro de Bel RTL.

« Le chômage est plus élevé que lorsqu’il est arrivé comme Premier ministre. Le nombre de faillites d’entreprises est record en Belgique. La compétitivité de la Belgique ne s’améliore pas, elle se dégrade encore par rapport à l’Allemagne et les Pays-Bas. Autrement dit, on n’y fait croire que tout va bien. Heureusement qu’il y a les Diables Rouges pour mettre un petit peu d’optimisme dans tout ça. Sur le fond je ne suis pas certain que la Belgique aille beaucoup mieux », a commenté le député FDF.

Dans son discours, Elio Di Rupo va chercher à endormir tout le monde cet après-midi, ajoute Bernard Clerfayt,« en disant tout va bien Madame la marquise, tout va bien, pas de problème ». Et d’ajouter, « Elio Di Rupo va nous raconter que la superbe réforme de l’État va résoudre toutes les tensions politiques ».

Mais pour le député FDF, « la réforme de l’État est un programme d’austérité budgétaire qui va être imposée aux Régions et aux Communautés qui vont recevoir des compétences importantes et pas l’intégralité des moyens pour les financer. Pendant les années qui viennent, les Régions et les Communautés vont devoir faire de l’austérité budgétaire et le gouvernement fédéral pourra dire. C’est pas moi, c’est eux ».



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

ELIO DI RUPO DISCIPLE  DE POTEMKINE


L'ennui c'est que Bart De Wever a beau être en baisse dans les sondages, il dit à peu près la même chose que Clerfayt sur le plan socio-économique. Et il est économiste de formation, lui!

Elio Di Rupo est un hypnotiseur supérieur. Sa méthode endort ses collègues ministres, la classe journalistique francophone et une partie de l'opinion publique. L'homme est extrêmement habile et récupère tout ce qui bouge: la royauté, les diables rouges, le folklore montois et que sais-je encore. Mais tout cela c'est des leurres Potemkine, ce que Kroll, lucide comme toujours a parfaitement compris. L'expression « villages Potemkine » désigne, on le sait,un trompe-l'œil à des fins de propagande. Selon une légende historique, de luxueuses façades avaient été érigées à base de carton-pâte, à la demande du ministre russe Potemkine, afin de masquer la pauvreté des villages lors de la visite de l'impératrice Catherine II en Crimée en 1787.

Bous avez dit 1787? Deux ans avant 1789!

MG


 

UN BILAN OBJECTIVEMENT POSITIF

Véronique Lamquin

Le Soir

Dans 222 jours, les Belges iront aux urnes. Il reste donc un peu plus de sept mois d’existence au gouvernement fédéral. Pourtant, l’heure des bilans a déjà sonné. Parce que, cet après-midi, le Premier ministre lira sa dernière déclaration de politique générale de la législature. Parce que, voici une semaine, l’équipe DiRupo a bouclé son dernier budget. Parce que la campagne démarrera au Nouvel An, et non à Pâques, tous les partis sont pour l’heure plongés dans la confection des listes.

Ce bilan est positif. En moins de deux ans, l’équipe fédérale a concrétisé pour une large part l’accord de gouvernement. Cela n’avait pourtant rien d’une sinécure. Il fallait, notamment, appliquer la réforme des pensions, organiser la dégressivité des allocations de chômage, assainir les finances publiques… Autant de défis qui, avec bien d’autres, ont été relevés par les six partis de lacoalition fédérale. La plupart des 170 pages du programme gouvernemental ont été traduites en projets et propositions de loi ; ne manque à l’appel, comme pièce maîtresse, que la réforme du secteur bancaire.

La tripartite traditionnelle, que l’on disait, à ses débuts, si fragile, a aussi sorti le pays de la crise. Institutionnelle, d’abord. Certes, la réforme de l’État était largement négociée avant la prestation de serment, mais les derniers détails ont été réglés sans heurts. Sur le plan économique ensuite, le pays est sorti de la récession et, surtout, la Belgique a quitté le club des pays que surveillent de près les agences de notation. En deux ans, le climat politique s’est apaisé. La preuve par l’indice de confiance du gouvernement, qui évolue à la hausse de sondage en sondage. Dans l’enquête publiée par le Standaard, samedi, la coalition fédérale récoltait, en Flandre, 52 % d’opinions favorables. Encore plus spectaculaire, la cote d’Elio Di Rupo : 60 %, contre 53 % en mai dernier. Si le travail abattu ces 22 derniers mois est d’abord une œuvre collective, une partie du mérite en revient au Premier ministre, à titre personnel. Parce qu’il a su garder le cap qu’il a donné, dès le début, à son frêle esquif, malgré les vents mauvais. C’est du reste peut-être le plus grand reproche que l’on pourra formuler à cette équipe fédérale : soudée par l’accord gouvernemental, elle n’en a jamais dévié. Par peur, sans doute, de faire resurgir les dissensions communautaires ou idéologiques. Dommage : la Belgique avait besoin de stabilité mais, aussi, d’une vision, par exemple en matière de fiscalité ou de réforme des retraites.

 

 

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