lundi 14 octobre 2013

Édito: les Diables, un symbole, pas un ciment




Un édito de Jean-Claude Matgen  La Libre.

La brillante campagne de qualification des Diables rouges pour le Mondial brésilien de football a suscité, en Belgique, une liesse populaire comme on n’en avait plus vue depuis des années. Faut-il en conclure, comme le font certains, non sans arrière-pensées, que la population aspire à retrouver le chemin de l’unité de la Belgique et que ces démonstrations de joie illustrent un impérieux besoin de cohésion, qui transcenderait nos différences et enverrait la N-VA de Bart De Wever dans les cordes ?

La Belgique traverse une période de morosité sociale, économique et politique. Le discours de ses dirigeants est rarement porteur d’espoir et la brutalité de certains événements (les fermetures de Ford-Genk et d’ArcelorMittal, par exemple) a fait très mal.

Les succès des Diables ont valeur symbolique de baume au cœur. Nos footballeurs démontrent qu’en Belgique, on peut avoir du talent, se serrer les coudes, battre des adversaires réputés plus forts. C’est leur mérite.

Attribuer d’autres vertus à leurs victoires serait illusoire. Voire dangereux car si l’avenir de nos institutions devait dépendre de la conversion d’un penalty par Eden Hazard ou d’une bourde de Thibaut Courtois, c’est que la Belgique serait arrivée au dernier degré de son délitement.

En grands communicateurs qu’ils sont, Elio Di Rupo, Didier Reynders & cosurfent sur la vague d’engouement qui déferle sur le nord comme sur le sud du pays. Mais ils seraient mal avisés de croire qu’elle suffira à éloigner toutes les menaces qui rôdent autour de la Belgique. Si le sport changeait le cours de l’Histoire, ça se saurait.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

SI LE SPORT CHANGEAIT LE COURS DE L’HISTOIRE, ÇA SE SAURAIT

Les démocraties populaires, autrement dit les dictatures communistes, investissaient lourdement dans les sports de haute compétition pour damner le pion aux puissances capitalistes. C'était une manière de poursuivre la guerre par d'autres moyens, comme aurait dit Clausewitz. Autrement dit c'était un puissant levier de propagande, un opium pour calmer les souffrances de leurs peuples opprimés. L'empire romain en plein déclin se prolongea grâce aux jeux que finançait le trésor impérial pour apaiser le peuple affamé. Panis et circences. Après l'euphorie la gueule de bois.

On aimerait connaître la composition sociale et "ethnique" des dix mille supporters qui se sont massés sur les gradins du stade Baudouin. Vous avez dit Baudouin, quel symbole!

Qu'attend l'Europe pour se doter d'une équipe de foot dont les onze joueurs seraient issus de l'ensemble des nations qui la composent?

 

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