mercredi 2 octobre 2013

Et si la classe unique était la solution?

 Le Soir

 


Et si la solution d’avenir se trouvait dans le passé? Autrefois, dans le monde rural, l’instituteur enseignait à l’ensemble des enfants du village, quel que soit leur âge. On appelait ça la classe unique – ou verticale. Le maître avait devant lui un groupe rassemblant des enfants de 1e, 2e, 3e, 4e, 5e et 6e. Ceci existe encore (un peu). Sur les 19.762 classes que l’on recense en Communauté française, 98 sont des classes uniques. Pour l’instituteur, cela suppose une grande organisation et une charge de travail énorme. Mais le système a des vertus.

Les enfants apprennent à être autonomes et à s’entraider – ils prennent souvent le relais du prof occupé à autre chose et aident un camarade en difficulté.

Globalement, dit-on au cabinet de l’Éducation, les enfants scolarisés dans ce système présentent un taux de réussite élevé et les acquis sont solides. Notamment parce que l’enfant jeune entend (déjà) les cours dispensés aux plus âgés et parce que l’enfant de 5e réentend la leçon de 3e qu’il avait mal comprise (au pire, il se rafraîchit la mémoire.)

Aussi, dans ce système, redoubler n’a pas de sens. Si un élève présente des faiblesses en fin d’année, l’instituteur le reprend en main à la rentrée, en sachant déjà ce qu’il faudra retravailler, sans qu’il faille le faire redoubler.

On peut d’ailleurs se dire que ce qui génère l’échec scolaire, c’est d’abord, et largement, le découpage de la scolarité en tranches d’un an et l’obligation faite aux élèves d’atteindre tel niveau à telle échéance précise – ceci suppose que tous peuvent apprendre au même rythme, ce qui est une vue de l’esprit.

On ne peut (bien sûr) pas généraliser la classe unique mais c’est un modèle dont des écoles s’inspirent, et depuis longtemps. Par exemple en formant un même groupe avec deux années (ou plus) pour tous les cours (ou une partie.) Ou en faisant suivre une classe pendant 2ans (ou plus) par le même adulte. Au minimum, ce système fait-il gagner du temps – le prof connaît ses élèves, sait (forcément) ce qui a été vu l’année avant et ne perd pas son temps, en début d’année, en tests et révisions.

Pierre Bouillon

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LA CLASSE UNIQUE

On a fermé des dizaines, des centaines d'écoles rurales à classe unique. On veut y revenir aujourd'hui, à raison. La classe unique permettait au plus faibles d'être soutenus par les forts et à ceux-là de passer un ou deux ans et de filer plus tôt en secondaire en ayant vu l'essentiel des programmes. C'est qu'en ces temps-là l'élite de la classe ouvrière et de la classe paysanne choisissait d'être instit. Aujourd'hui,  ce sont des septièmes professionnelles qui se retrouvent sur l'estrade. Et on s'étonne qu'il y ait une crise de l'enseignement.

MG

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