samedi 19 octobre 2013

La fin du Père Fouettard?

G.GA. La Libre Belgique


 Le débat fait rage chez nos voisins du nord. Taxée de "relent de colonialisme", la figure du Zwarte Piet pourrait bientôt disparaitre des festivités de Saint-Nicolas.

Saint-Nicolas ne frappe pas encore aux portes des enfants sages et pourtant, il est déjà sur toutes les lèvres chez nos voisins du Nord. Enfin, pour être précis, c'est plutôt son inévitable acolyte qui anime les conversations les plus passionnées d'outre-MoerdijkZwarte Piet - le Père Fouettard en VF - est même devenu la vedette des éditoriaux de quotidiens comme le NRC Handelsblad ou le Volkskrant.

 

Les Pays-Bas sont divisés en deux factions dans ce débat qui, pour eux, n'a rien d'infantile: les détracteurs de Zwarte Piet veulent le bannir des festivités de la Saint-Nicolas et parlent de racisme, quand les autres défendent l'acolyte du grand saint, avec la tradition comme argument majeur. 

 

UNE TRADITION PREFABRIQUEE

 

Sauf que l'argument en question est loin d'être irréprochable, comme le racontent nos confrères duStandaard: à l'origine, Saint-Nicolas se la jouait en solo, et c'est seulement après la parution du livre Saint-Nicolas et son serviteur de Jan Schenkman en 1850 que Zwarte Piet a fait son apparition. Le petit aide de couleur est rapidement devenu le dépositaire d'une tâche aussi ingrate qu'importante de son "maitre": punir les vilains enfants. 

 

À l'origine, il n'y avait donc pas de Père Fouettard. Et à l'avenir, il n'y en aura peut-être plus non plus: la plupart des comités d'organisation néerlandais de Saint-Nicolas sont prêts à se passer du Père Fouettard pour les festivités à venir ou, du moins, à rendre son attirail "cheveux crêpus-grosses lèvres-boucles d'oreille-cirage noir" moins systématique et plus fin.

 

Une victoire pour l'artiste Quinsy Gario, originaire de Curaçao et pourfendeur du Zwarte Piet. À la télévision, il l'avait même qualifié de "vieux relent colonialiste", ajoutant que les communautés antillaises et surinamaises, très présentes chez nos voisins du nord, étaient soulagées lorsque les festivités de la Saint-Nicolas prenaient fin.

 

ET CHEZ NOUS?

 

Le débat fait donc rage, et les choses évoluent aux Pays-Bas. Chez nous, c'est beaucoup moins évident, comme le souligne Jozef De Witte, du centre pour l'égalité des chances et de lutte contre le aracisme, interrogé par le Standaard. Pour lui, le Père Fouettard a beaucoup perdu de sa fonction punitive: "Les enfants pensent qu'il est surtout là pour apporter des bonbons." De quoi dédramatiser les accusations de racisme, même si De Witte ajoute qu'il "est bon que la société repense des symboles qui lui semblent évidents."

 

De quelle manière? Jozef De Witte invite, par exemple, les associations qui organisent les fêtes de Saint-Nicolas à se montrer créatives avec la figure du Père Fouettard. "On pourrait en faire une femme blanche par exemple?", lui demande le Standaard"Pourquoi pas?", répond De Witte.

 

Pas sûr que les féministes soient du même avis...

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LA MERE FOUETARDE?

Accommodement?  Les européens sécularisés s'accommodent de tout, c'est bien en cela que réside leur capacité de résilience. Pas sûr que les non-Européens soient aussi résilients. Quoique? Certains veulent remplacer le mouton égorgé par des cadeaux, comme on a remplacé la Noël par un Boxing Day consumériste. Encore un sacrifice au dieu Veau d'or. A quoi bon inventer une mère fouetarde qui ferait éructer les féministes, quand l'enfant roi n'est plus fouetté par personne, ni même puni, d'ailleurs.

Progrès? Demandez aux enseignants qui en ont une vingtaine à instruire devant eux, ce qu'ils en pensent.

MG  

 

 

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