lundi 28 octobre 2013

"Le nom propre de l’islam, c’est la paix"

ANNICK HOVINE  la Libre



La Foire musulmane de Bruxelles bat son plein à Tour & Taxis. Un événement qui se veut festif, familial, convivial, culturel... Une fenêtre ouverte sur les musulmans de Belgique et leur diversité.

Un thé vert à la menthe, sucré - presque liquoreux - brûlant, délicieux, comme là-bas. Sauf qu’on est ici, en plein Bruxelles, au bord du canal. Ali, 46 ans, attend le client sur son stand où il propose des aliments, des cosmétiques, des articles cadeaux et ménagers. Samedi, ce gérant d’une chaîne de magasins à Bruxelles a surtout vendu des dattes - "elles viennent d’Algérie et de Turquie" - des graines d’argan et des bonbons.

S’il est venu exposer à la Foire musulmane de Bruxelles, c’est pour faire découvrir sa culture, qu’il vit au cœur de la capitale européenne. "La Belgique, c’est un pays très agréable et qui laisse vivre les gens ensemble. Il y a un respect de toutes les cultures." Alors, bien sûr, il y a parfois des frictions, des tensions, entre musulmans et non-musulmans, "comme entre les Flamands et les Wallons". Mais, analyse-t-il, sur ces questions, "ce sont surtout les médias qui gonflent la tête des gens". Le nom propre de l’islam, c’est la paix, pas la guerre,insiste-t-il.

"CE SONT DES GENS TRES CROYANTS"

Un jeune couple s’arrête, accepte un gobelet de thé. "On est venus ici par curiosité, pour un peu mieux approcher l’islam", explique Laurent, 33 ans. Sa première impression, après avoir traversé la Foire ? "Ce sont des gens très croyants, plus que les catholiques. Cela se voit : il y a énormément de références à la religion." Il habite aujourd’hui à Woluwe après avoir longtemps vécu dans un quartier très populaire de Schaerbeek, où se concentre une importante communauté musulmane. "Si je devais comparer avec ce qu’on entend ailleurs, cela ne se passe pas trop mal chez nous. Peut-être que des gens se sentent choqués parce que des femmes portent le voile. Mais si c’est par choix, pourquoi pas ?"

TAPIS, HUILE D’ARGAN, LOUKOUMS, FOULARDS…

Nezha, 51 ans, elle, ne porte pas le voile. D’origine marocaine, elle a grandi en Belgique. "L’islam, ce n’est pas le foulard, il faut voir derrière", dit-elle, un peu agacée par le cliché. Cette foire, "dont le titre fait peut-être fuir les gens", est très variée, très intéressante, juge-t-elle. "On sent qu’il y a toute une vie associative qui bouge et qui est imprégnée par la Belgique. Ces mêmes gens, vous les mettez au Maroc : ils n’y sont pas chez eux. On sent l’empreinte belge." Nezha est d’ailleurs contente de "voir aussi des têtes blondes"qui se baladent de stand en stand. Elle regrette, elle aussi, que les médias se focalisent sur les "mauvais musulmans", à qui ils donnent trop souvent la parole. "Les premiers choqués par les agissements de Sharia4Belgium, c’est nous !"

On peut quasi tout acheter dans les allées de la Foire : des exemplaires du Coran ; des tapis de prière avec boussole (deux pour 10 euros) ; des djellabas ; des foulards ; des glaces ; des loukoums ; des caftans ; un jeu de cubes pour enfants : "Amuse-toi à découvrir les 5 piliers de l’islam" (32,50 euros) ; un jeu de l’oie pour gamins : "Sur les pas de Mohammed", pour découvrir la vie du Prophète (29,50 euros)…

Ladies Only

Foulard rose fuchsia, veste de sport noire, Sanae fait de la publicité pour un club de fitness exclusivement réservé aux femmes. "Je faisais du sport dans des clubs mixtes. Mais j’étais gênée par le fait qu’il y ait des hommes pour faire certains mouvements, certains gestes. Je n’étais pas à l’aise. Un homme dans une salle de sport, il est plus là pour regarder la femme que pour faire du sport", assène-t-elle.

Mohssin, gérant de l’"Espace Wellness Gym" estampillé "Ladies only" intervient : "Les femmes sont contentes de se retrouver entre elles, c’est plus cosy, plus détendant. Elles sont plus à l’aise quand il n’y a pas d’hommes". Tout le personnel est féminin : moniteurs, coaches, profs de zumba… "Les clubs réservés aux femmes, c’est d’abord une histoire de femmes, pas de religion. Nos membres sont d’ailleurs de toutes origines", assure encore le gérant du club qui a ouvert ses portes en 2007. En sept ans, il affiche 5 000 membres actifs, dont 60 % de femmes de confession musulmane et 40 % d’autres religions.

PRENDRE LE BON DE CHAQUE COTE

A l’entrée de Tour & Taxis, une grande phrase se répète au-dessus des bureaux d’accueil. "Soyez les bienvenus". A chaque stand, les exposants prennent le temps d’expliquer leur démarche, s’assurent d’avoir été bien compris. Nihad, 19 ans, étudiante en sciences humaines à l’ULB, détaille ainsi les actions de la Ligue d’entraide musulmane, qu’elle fréquente depuis son plus jeune âge. "On développe toutes sortes de projets d’aide aux démunis, comme les détenus, les sans-abri… Mais on ne fait pas de différence entre les musulmans et les non-musulmans", assure la jeune fille en jeans, baskets et foulard. "Se sentir musulman tout en étant belge, prendre le bon de chaque côté, concilier ces deux choses pour en faire une", résume la jeune fille, dont les grands-parents sont venus du Maroc au début des années 70. Elle est née ici, belge et musulmane.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

FOIRE ISLAMIQUE OU ISLAMISTE?

Ne m'étant pas rendu à la seconde édition de cette foire devenue annuelle je ne saurais répondre à cette question au demeurant essentielle pour l'avenir du vivre ensemble entre musulmans et non musulmans.

Je me contenterai donc de mettre en exergue quelques déclarations rassurantes:

"La Belgique, c’est un pays très agréable et qui laisse vivre les gens ensemble. Il y a un respect de toutes les cultures." Alors, bien sûr, il y a parfois des frictions, des tensions, entre musulmans et non-musulmans, "comme entre les Flamands et les Wallons". Mais, analyse-t-il, sur ces questions, ce sont surtout les médias qui gonflent la tête des gens". Le nom propre de l’islam, c’est la paix, pas la guerre.

Cela ne se passe pas trop mal chez nous.

"On sent qu’il y a toute une vie associative qui bouge et qui est imprégnée par la Belgique. Ces mêmes gens, vous les mettez au Maroc : ils n’y sont pas chez eux. On sent l’empreinte belge. "Les premiers choqués par les agissements de Sharia4Belgium, c’est nous !"

"Se sentir musulman tout en étant belge, prendre le bon de chaque côté, concilier ces deux choses pour en faire une"

Pour le reste: wait and see.

MG

 

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