jeudi 17 octobre 2013

Où vont-ils habiter, les 500 000 nouveaux Wallons en 30 ans ?


PAUL PIRET  la Libre


Le nouveau Sder, c’est bien plus concret et lourd qu’il n’y paraît !

Peut-être, sans doute, le gouvernement wallon va s’accorder sur le projet de nouveau Sder. Comprenez : le Schéma général d’orientations pour l’espace wallon. L’actuel remonte à 1999 ; novateur en son temps, il s’avère aujourd’hui dépassé et peu opérationnel.

Le Sder, c’est la stratégie. Le document d’orientations générales de la politique à venir de l’aménagement du territoire en Wallonie. Un Schéma qui a été ramassé en quatre "piliers", en juillet 2012, par le gouvernement Olivier : répondre aux besoins démographiques ; soutenir une économie créatrice d’emplois ; développer des transports durables ; protéger et valoriser les ressources et le patrimoine.

LA DISPERSION, ÇA SUFFIT

Tout cela ne vous dit rien ? Ne fuyez pas; ramassons l’affaire en une question fondamentale, autrement plus concrète, qui domine toutes les cogitations : où la Wallonie va-t-elle "avaler" plus de 125 000 logements d’ici 2020, et dans les 350 000 d’ici 2040 ? Car tel est le défi qui se dégage de prévisions du Bureau du Plan selon lesquelles la population wallonne aura augmenté de quelque 220 000 habitants en 2020 et 585 000 en 2040.

Le défi ne s’arrête pas là. La question se prolonge d’une autre, qui a tout l’air d’être en opposition avec la première : comment intégrer ces nouveaux besoins sur le territoire alors même que l’on voudrait, dans le même temps, lutter contre l’émiettement, contre la dispersion de l’habitat qui sévit depuis quatre ou cinq décennies sur un territoire wallon de plus en plus occupé ?

DES TERRITOIRES CENTRAUX

C’est devenu un enjeu capital de toute politique territoriale : contrer l’étalement urbain dont les coûts environnementaux, énergétiques, en mobilité… et les dégâts paysagers ne sont plus à décrire. Un enjeu qui ne se pose pas seulement dans les périphéries défigurées en cités-dortoirs, mais aussi dans des campagnes de moins en moins campagnardes…

Or, si l’on s’accorde aujourd’hui largement sur ce principe, sa concrétisation sur le terrain est autrement difficile et polémique. On touche ici au nœud des discussions qui agitent le Landerneau régional depuis des mois : où définir les lieux de centralité ? Autrement dit, comment densifier d’abord ce qui est déjà dense ? Avec quelles carottes pour inciter à s’y installer, ou avec quels bâtons hors de ces lieux ? Des lieux appelés aujourd’hui "territoires de centralité", préférés à des "noyaux d’habitat" qui, existant pourtant dans le Code wallon du logement, ont très mal passé le cap des premières consultations informelles des communes...

QUELLE CONTRAINTE JURIDIQUE ?

Le Sder de 1999 focalisait la politique de développement territorial sur de grands pôles. L’encore hypothétique nouveau Schéma "complétera ce maillage du territoire avec des bourgs et des villages-centres", résume Philippe Henry, le ministre (Ecolo) en charge du sujet. En gros, chaque commune, urbaine comme rurale, "devra disposer d’au moins un territoire central, dont le développement préférentiel permettra le maintien et le développement de services - poste, librairies, commerces, etc. - au bénéfice de tous les villages et hameaux".

Le levier n’est pas exactement juridique, dès lors que l’on ne touche pas aux plans de secteur. Il serait plutôt financier, budgétaire… Pourtant, on sent des velléités plus dirigistes à donner quelque portée tout de même réglementaire au nouveau Sder. C’est encore la difficulté du moment entre ministres, en articulation ou pas avec le projet de nouveau code.

Si (si !) le gouvernement s’accorde, la partie ne sera pas encore finie. Le projet de Sder sera soumis à enquête publique de 45 jours, suivie des avis d’organes de consultation et des conseils communaux qui auront 45 jours aussi. Avant décision finale par le gouvernement, tandis que le CoDT poursuit son parcourslégistique dans un timing devenu très, très serré.



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

ILS NOUS COCHONNENT LA WALLONIE


Les  internautes commentent:

"Notre pays s'effondre sous les méfaits de la surp-opula-tionsurp-opulat-ion due uniquement à l'im-migra-tion. Il y a une réelle volonté de nous dét-ru-ire."


"Il n'y aura jamais cela si on ferme l'arrivée massive de pas utiles
mais cela arrange certains de prédire cela pour avoir des fonds a mal investir"

"Où vont-ils habiter, les 500 000 nouveaux Wallons dans les 30 ans qui viennent?"
On savait que la démographie bruxelloise était en train d'exploser. Pas un mot sur la Wallonie. Et voilà qu'on apprend qu'on attend 500.000 nouveaux Wallons d'ici 2040.

C'est énorme! Qui sont ces nouveaux Wallons? Des immigrants?

Assurément. Le rapport Sauvy de 1962 (lire article ci-après) préconisait clairement une politique d'immigration sans frein.

Soixante ans plus tard on en mesure les conséquences de cette stratégie.

La Wallonie conserve sur la Flandre un immense avantage: l'étendue de son territoire et la relative beauté de ses paysages ruraux. La Flandre est une campagne urbanisée, bétonnée déshumanisée. Beaucoup de Flamands artistes et retraités vont s'installer dans la verte Wallonie. Verte pour combien de temps encore?  Dans chaque village, pittoresque ou non, on construit à tour de bras des maisons laides la plupart du temps qui déparent des paysages vierges et exquis.

On me dira que cela crée de l'activité et de l'emploi. Je réponds que c'est du court terme et qu'à moyen terme l'avenir de la Wallonie c'est le tourisme rural, l'artisanat haut de gamme et l'agriculture bio de très haute qualité.


Les Ardennes et la haute Meuse avec ses vallées secondaires pittoresques (Lesse, Semois, Molignée, Samson) sont des perles aux pourceaux (campings médiocres, horeca bas de gamme, hordes de motards au comportements barbaresetc). On y voit proliférer un urbanisme bas de gamme qui dénature rapidementles plus charmants paysages. Les friteries et les zonings commerciaux hideux y sortent de terre comme champignons sous la voûte. Il est urgent d'agir de manière draconienne pour arrêter le massacre. Qui s'en préoccupe? Les politiciens?


J'ai longtemps cru comme beaucoup de naïfs que la conservation était l'objectif premier des écologistes. Je déchante complètement en observant la détérioration rapide de l'environnement wallon.

Un gardien forestier de Saint Hubert amoureux des ses arbres m'a répondu: les politiciens ne s'intéressent qu'au court terme électoral, leur horizon ne dépasse pas quatre ans.

Wallobrux? Quelle blague! Ce n'est bon ni pour la Wallonie ni pour Bruxelles. Les Français, les Allemands qui résident chez nous tombent tous amoureux de cet étrange pays, patrie du surréalisme et microcosme européen.  Le personnel politique n'en a cure.


Pour beaucoup, la politique est un fromage qui nourrit son homme et ses proches. Où sont les visionnaires, hommes et femmes d'Etat préoccupés par le bien public et l'intérêt général?

Qu'ils sortent du bois, qu'ils sortent du lot est s'exposent au lieu de quémander les voix de leurs concitoyens comme ces désespérés qui font la manche.


 


Dans le dernier quart du XIXe siècle, la Wallonie abritait quelque 2,7 millions d’habitants, soit un peu plus de 42% de la population de la Belgique. En 1995, cette proportion est tombée à son minimum historique de 32,6% et ce, malgré un accroissement considérable de son effectif (un peu plus de 3,3 millions). En fait, c’est principalement dans le courant du siècle dernier que la population wallonne a connu son expansion la plus forte; le nombre de Wallons a doublé en un siècle, passant de 1.485.449 en 1830 à 3.001.479 habitants en 1930. Depuis lors, la croissance a été faible, plus faible encore qu’en Flandre et à Bruxelles, de sorte que le processus de "minorisation" politique wallonne au sein de la Belgique n’a cessé de s’accentuer au fil des ans. La grande crise économique de 1929, un solde migratoire externe moins favorable jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, la guerre elle-même – la captivité des soldats wallons –, une mortalité relativement plus élevée et une natalité plus faible sont autant de facteurs qui expliquent cette minorisation de la Wallonie, malgré un taux de natalité un peu plus élevé pendant les quinze années qui suivirent la fin de la guerre (baby-boom) et un apport massif de population étrangère venue travailler dans les mines et les carrières.


Alors qu’auparavant l’on avait de préférence recours à l’immigration de jeunes hommes célibataires pour les besoins des charbonnages, de la métallurgie et des travaux publics, un tournant sera pris dans les années soixante. C’est en effet en raison de la structure d’âge vieillie de la population wallonne – et le rapport établi à ce sujet par Alfred Sauvy fera l’effet d’un choc – qu’une préoccupation démographique, à savoir le rajeunissement de la population, se greffera aux mobiles économiques de l’immigration. Désormais les regroupements familiaux seront encouragés et les immigrés seront aussi diversifiés par sexe et âge. On voit donc bien comment les facteurs économiques et démographiques se sont conjugués pour faire de l’immigration un phénomène spécifiquement wallon et ouvrier, avant qu’elle ne se diversifie sur le plan régional, en s’étendant vers Bruxelles et la Flandre et, sur le plan des activités, vers d’autres secteurs que celui de l’industrie lourde.

 

Le rapport Sauvy

L’originalité du "Rapport Sauvy" fut d’abord de considérer le problème démographique selon les régions linguistiques, car Du moment qu’il y a dualité, il faut que chacune des deux parties ait sa vie propre convenablement assurée. Il serait certes facile de montrer que chaque partie a intérêt à la vie de l’autre, car tout déséquilibre trop accentué pourrait entraîner une crise aiguë menaçant l’existence de l’ensemble.

Le premier objectif est l’arrêt du vieillissement tant au sommet qu’à la base et le second, l’alignement sur les populations les plus vieillies. Pour les atteindre, l’éminent démographe français Alfred Sauvy préconise une politique de soutien des naissances, en développant une série de mesures s’inspirant du modèle français, en accroissant notablement l’aide accordée aux deuxième et troisième enfants, en prévoyant aussi des mesures d’aide indirecte en recommandant trois orientations principales:

• 

étude et formation professionnelle;

• 

logement et service militaire;

• 

dégrèvements en matière fiscale.

En outre, il montre qu’une politique de soutien des naissances, même réalisée dans un cadre régional, donnerait des résultats insuffisants à moyen terme, dégageant ainsi la nécessité de prévoir une politique d’immigration à effectifs importants, à caractéristique familiale. Cette proposition constitua la seconde originalité du "Rapport Sauvy". Véritable électrochoc, le rapport Sauvy fit prendre conscience de sa minorisation à la société wallonne mais aucune mesure ne fut réellement prise. Sans l’immigration massive en provenance de l’étranger (Italie, Espagne, Grèce, Maroc...), le présent démographique de la Wallonie conjuguerait déclin et sur-vieillissement.


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