mardi 8 octobre 2013

Politique européenne de l'immigration globale

Les événements de Lampedusa "soulignent tragiquement la nécessité d'une politique européenne de l'immigration globale, solidaire et équilibrée, le contrôle des frontières extérieures ne constituant qu'un des éléments de cette politique", a indiqué samedi le ministre des Affaires étrangères Didier Reyndersdans un communiqué.


Didier Reynders (MR). © Image Globe

Exprimant sa profonde tristesse, le vice-premier ministre belge a ajouté que l'Union devait "prévenir la répétition de tels drames notamment en luttant plus fermement contre les réseaux criminels qui exploitent la détresse des migrants, en développant des programmes permettant d'améliorer les conditions de vie dans les régions d'origine, et en renforçant son dialogue et sa coopération avec les pays d'origine et de transit". 

Les pays européens doivent "vite" se réunir pour trouver la "bonne réponse" après le dramatique naufrage, a estimé pour sa part le Premier ministre français, Jean-Marc Ayrault 

Selon le chef du gouvernement français, "c'est un drame terrible, qui ne peut que soulever notre compassion, notre solidarité, mais au-delà des mots, je crois qu'il est important que l'Europe se préoccupe de cette situation particulièrement dramatique". 

Parti des côtes libyennes, un bateau clandestin chargé de 450 à 500 migrants en majorité érythréens a coulé après un incendie accidentel jeudi à l'aube, non loin des côtes de Lampedusa. Les secouristes n'ont réussi à sauver que 155 personnes, ce qui ferait de ce naufrage le pire drame de l'immigration des dernières années. 

Le Premier ministre italien Enrico Letta a demandé à l'Union européenne "d'accroître son niveau d'intervention" alors que l'Italie a connu un afflux de 30.000 migrants et réfugiés sur ses côtes depuis le début de l'année. 

Le ministre italien de l'Intérieur Angelino Alfano a, lui, appelé à changer les règles européennes qui "font trop peser sur les pays d'entrée le fardeau de l'immigration clandestine" et à surveiller davantage les côtes de Tunisie et de Libye d'où partent les clandestins.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

AGIR POUR VAINCRE LA DICTATURE DE L'EMOTIONNEL

 

Trois cent morts, quatre cent peut-être...

Les medias sont sous le choc et induisent chez les Européens un sentiment de culpabilité en jouant sur l'émotion. Dangereux!

"La bonne politique serait" écrit un internaute "d'empêcher les départs et d´aider ces gens chez eux." Certes, on connaît le couplet de Mao: ne pas offrir un poisson mais le manuel du bon pêcheur. L'ennui c'est que les Chinois ne pratiquent pas aujourd'hui ce qu'ils prêchèrent autrefois.

"Quelle belle hypocrisie que cette Europe! Larmes de crocodile!"

" Les accueillir chez nous ne sert à rien, c'est les éduquer sur place qui est la meilleure solution pour leur avenir ... si les dictateurs africains  n'étaient pas été aussi cupides et vénaux, ce pays avec l'incroyable richesse de son sous-sol aurait pu être une seconde Arabie-Saoudite"


Et chez nous, elle-est efficace, l'éducation? Elle génère, dans certaines communes bruxelloises 40% de chômeurs non qualifiés et à peu près analphabètes.

"Ne pas se faire d'illusions, l'Europe, devient un désert économique avec de plus en plus de chômeurs. Faut-il accepter encore plus d' immigrants pour ajouter de la misère à la misère?"

Pour Isabelle Durant, il faut ouvrir larges les portes de l'immigration. "Le pays ne doit pas opter seulement pour l'immigration choisie, mais organiser aussi une immigration légale et "circulaire", selon elle."

Affirmer cela, c'est accélérer volontairement un phénomène qui globalement paraît irréversible: le remplacement des populations européennes fatiguées qui vieillissent et se renouvellent peu par des populations musulmanes et du sub Sahara.  Est-ce cela que nous voulons?

Une autre solution serait de parier sur l'interculturel et d'encourager les métissages pour générer un nouveau peuple cosmopolite. Cela a largement fonctionné en Amérique latine et assez lamentablement échoué aux Etats Unis.

Il semble bien qu'en Europe ce processus qui est en route prendra des générations.

Dans un ouvrage publié il y a près de 60 ans, "L'Afrique noire est mal partie", René Dumont nous faisait remarquer que "L’Afrique est globalement riche. Son sous-sol recèle tous les métaux précieux dont les pays industrialisés ont tant besoin, et du pétrole en abondance par-dessus le marché. Ses forêts, si elles étaient bien gérées, pourraient assurer aux populations concernées des revenus confortables pendant des siècles. Son agriculture aussi pourrait au moins nourrir mieux sa population." Mais ajoutait-il, " On peut se demander si l’homme ne pourrait pas faire mieux."

L'homme? Quel homme? L'homme mondialisé, solidaire et organisé.

Il est grand temps de poser et surtout de se poser les bonnes questions. A qui profite la mondialisation?


A une minorité d'exploiteurs qui bénéficient de la dérégulation pour réaliser des fortunes sur les démunis de la terre. C'est un peu réducteur comme formule mais loin d'être faux. Voyez le phénomène d'Aldi: première fortune d'Allemagne sur le dos des démunis.

Accueillir toute la misère de l'Afrique chez nous comme le propose Durant avec son regard implorant de cocker affamé n'est pas, du moins selon nous, la solution. Même si cela soulage la mauvaise conscience madame Durant ,qui prêche la miséricorde à la façon d'un curé de campagne pour faire oublier sonsalaire mirobolant de député européen (vice Présidente de l'Assemblée). Avec un tel salaire on pourrait faire vivre plusieurs grandes familles sénégalaises ou ghanéennes. Ce que propose Isabelle Durant, c'est une colonisation à l'envers: la migration de toute la misère africaine en Europe.

Il faut faire exactement l'inverse: aider les Africains à se gérer en toute autonomie et à se gouverner mieux ce qui aurait pu ou dû être le fait de la décolonisation. Comment? Par exemple par un service civil de coopération d'un an en Afrique. Ce serait un excellent moyen humanitaire, pour nos étudiants de contribuer à "remercier" l'Etat d'avoir financé leurs études qui chez nous, hormis un minerval minimum, sont gratuites. Par exemple en simplifiant les procédures d'adoption de jeunes orphelins africains par des familles européennes...

Les Chinois ont pris la place des Européens en Afrique. L'exploitation de la population noire par les jaunes ne vaut guère mieux que celles des blancs qui se sont retirés.  La Chine est en train de piller à son tour et à son seul bénéfice le sous sol gorgé de richesses de l'Afrique.

A quand un ordre mondial équitable qui rendra à chacun ce qui lui est dû? Que l'on décrète un jour de deuil national en Italie ou le deuil européen dans les 28 Etats de la Communauté Européenne ne changera rien à l'affaire.

 MG


« POURQUOI TANT DE MISERE EN AFRIQUE ? »

 

"Pourquoi un continent bénéficiaire d’un tel potentiel ne connaît-il pas la prospérité?  L’Afrique est pillée par une caste de profiteurs incompétents et elle voit fuir sa jeunesse. Les responsables? Les Bokassa, Mobutu, Idi Amin Dada, et Mugabe pour n’en citer que quelques-uns. Quand Ian Smith l’ancien Premier Ministre ségrégationniste d’une Rhodésie dominée par les blancs lui remet le pouvoir après un bras de fer de treize ans avec la Grande-Bretagne, nul ne doute que ce pays très riche, en pleine croissance économique, devenu le Zimbabwe, va être la Suisse de l’Afrique australe. Las ! Après 30 ans de dictature c’est l’un des pays les plus pauvres du monde."



 

Rien de surprenant, dans ces conditions, que la jeunesse rêve d’une vie meilleure ailleurs. Comment ne pas vouloir échapper aux persécutions religieuses et ethniques, aux guerres civiles d’Angola, du Soudan, d’Erythrée, du Rwanda, du Zaïre, du Nigéria ? Comment ne pas vouloir échapper aux famines, à l’anarchie, à la corruption des fonctionnaires, à la criminalité incroyable qui s’est abattue sur l’Afrique du Sud et bien d’autres pays ?

De tous temps, des phénomènes migratoires ont servi de soupape aux pays pauvres ou en crise.

On ne peut donc blâmer les jeunes africains qui veulent tenter leur chance en Europe. D’ailleurs l’Europe a besoin de main d’œuvre à cause d’une grave crise démographique, comme le soulignait Jacques Attali il y a peu.

Les immigrés sont-ils les esclaves modernes?  Assurément dans les pays qui ont recours à une main d’œuvre surexploitée en provenance de l’Afrique subsaharienne. La main d’œuvre africaine est, le plus souvent, logée dans des conditions indignes et sous-payée, (surtout lorsqu’il s’agit de sans-papiers). On continue à croire à Bangui ou à Dakar que l'Europe est un eldorado où il faut se rendre quitte à risquer sa vie.

Assurément, un centrafricain smicard à Paris peut, par ses seuls mandats, faire vivre toute une famille au pays, mais au prix de quels sacrifices ? Ces jeunes qui viennent travailler chez nous vont bientôt manquer à l’Afrique qui va vite se rendre compte « qu’il n’est de richesse que d’hommes », d’autant plus que le regroupement familial n’incite pas les immigrés à retourner mettre leur expérience et leurs économies au service de leur pays d’origine qui en a tant besoin. Un enfant éduqué en France refusera, devenu adulte, de s’installer dans un pays pauvre qu’il ne connaît pas.

On se demandera sûrement un jour si ces migrations n’ont pas été aussi préjudiciables à l’Afrique que la traite négrière au 18e siècle. Osons regarder les chiffres en face: 2/3 des étudiants africains envoyés étudier en Europe ou en Amérique ne reviennent pas au pays, 1/3 des cadres africains vivent et travaillent sur un autre continent, 23 000 diplômés quittent l’Afrique chaque année, ainsi que 50 000 cadres d’entreprises, 97% des médecins béninois et 80% des médecins ghanéens n’exercent pas en Afrique. Cette fuite des élites est un drame. Comment ce continent peut-il s’en sortir sans ses forces vives ? Et même le manœuvre burkinabé qui donne les économies de sa famille à des passeurs et qui est assez entreprenant pour s’engager dans une aventure qui lui fera parcourir des milliers de kilomètres dans des conditions périlleuses manquera aussi un jour à son pays natal. Il faudrait faire preuve d’imagination pour rendre attractif le retour au pays des moins qualifiés qui, après avoir acquis ailleurs savoir faire et pécule, seront un atout énorme pour les pays émergents.

Si dans le même temps on cessait de gaspiller l’aide au tiers monde en ne la donnant plus, sans contreparties, à une élite sociale locale avide de luxe et de pouvoir mais en la consacrant au développement durable. Enfin, on acceptait de payer au juste prix les denrées exportées par l’Afrique, on ferait plus pour ce continent malheureux que tous les plans de développement et beaux discours rarement suivis d’effets."

d'après:



LAMPEDUSA : LA BELGIQUE "DOIT ACCUEILLIR PLUS DE REFUGIES"

Le Vif

La Belgique doit accueillir plus plus de réfugiés, a affirmé l'eurodéputée Ecolo Isabelle Durant sur le plateau de Mise au Point, lors d'un débat consacré au drame de Lampedusa.


Isabelle Durant, eurodéputée Ecolo. © Image Globe

Les représentants des différents partis politiques invités au débat dominical de la RTBF ont réitéré leurs appels à une politique européenne d'asile et d'immigration, sans toutefois donner beaucoup de précisions sur la forme qu'elle pourrait prendre. "L'Europe devrait obliger les Etats membres à augmenter la coopération au développement", a affirmé Jacqueline Galant (MR). 

Mme Durant a appelé les Etats à prendre leurs responsabilités en matière d'accueil. La Belgique, estime-t-elle, doit accueillir plus de réfugiés issus de pays en crise, notamment dans le cadre du régime européen de protection temporaire. Le pays ne doit pas opter seulement pour l'immigration choisie, mais organiser aussi une immigration légale et "circulaire", selon elle. 

Elle a été soutenue par le PS Rachid Madrane. Face à une Méditerranée qui devient "un cimetière à ciel ouvert", "chacun doit prendre sa part", a-t-il dit. 

Le propos n'est par contre pas partagé par Jacqueline Galant. "Dire qu'on ne fait rien, je trouve ça fort", a répliqué cette dernière, d'après qui la Belgique accueille déjà beaucoup de réfugiés. 

Le centriste Carlo Di Antonio estime pour sa part que "nous pourrions être plus ouverts que nous le sommes aujourd'hui", mais "en accueillant plus ou moins le même nombre de personnes". 

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