jeudi 10 octobre 2013

Sous les huées, Barroso juge que l'UE "ne peut pas se détourner" de Lampedusa

Le Vif

Arrivé à Lampedusa sous les huées d'habitants en colère, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a assuré mercredi que "l'Europe ne peut pas se détourner" après la tragédie qui a coûté la vie à plus de 300 immigrés.

Tombes anonymes dans le cimetière de Lampedusa. © Image Globe


"L'Europe est avec les habitants de Lampedusa. Le problème de l'un de nos pays, comme l'Italie, doit être perçu comme un problème de toute l'Europe. L'Europe ne peut pas détourner la tête", a déclaré M. Barroso au cours d'une conférence de presse conjointe avec le chef du gouvernement italien EnricoLetta sur la petite île sicilienne. 

Pour M. Barroso, "ce genre d'événements ne devrait pas se produire en Europe, il faut des efforts plus poussés, une plus grande coopération entre tous les Etats-membres".

"Ce drame est un drame européen", a renchéri M. Letta, en annonçant des funérailles nationales pour les victimes du naufrage de jeudi dernier qui a fait entre 300 et 390 morts. 

Sur l'île de moins de 6.000 habitants, la tension est à fleur de peau, tant chez les immigrés entassés dans un centre d'accueil surpeuplé -un millier de personnes pour 250 places-, que dans la population. 

"Honte!", "assassins!", a crié un petit groupe d'habitants venus attendre la délégation à l'aéroport en brandissant des photos de migrants. 

"On vit avec ça depuis 20 ans. Assez de morts! Elles pèsent sur la conscience des politiciens italiens et européens", a crié un manifestant. Les pêcheurs de Lampedusa ont fait résonner les sirènes de leurs navires, pour "faire entendre (leur) malaise". 

"Les conditions sont inacceptables, c'est une honte, il y a tant d'enfants. On essaie d'aider mais on n'a pas les moyens", a déclaré aux médias une habitante venue manifester à l'aéroport. 


La délégation s'est aussi recueillie devant les corps des migrants, en majoritéérythréens, repêchés en mer et alignés dans un hangar. "Ce sont des images que je n'oublierai jamais", a dit M. Barroso avec gravité. 

A ses côtés, la commissaire chargée des Affaires intérieures, CeciliaMalmström, a répété mercredi que les Etats membres de l'UE allaient mettre en place une vaste opération de "sécurité et de sauvetage" de migrants en Méditerranée. 

Pas question en revanche de revoir l'accord de Dublin, qui impose au pays d'arrivée de traiter les demandes. A cet égard, M. Barroso a rappelé aux Italiens que sur 100.000 demandes enregistrées en 2012, 70% sont traitées dans cinq pays -Allemagne, France, Suède, Royaume uni, Belgique. 

Pendant ce temps, les plongeurs italiens ont continué vendredi la récupération des corps. A ce jour, 296 ont été ramenés sur la terre ferme. Seuls 155 des quelque 500 passagers ont pu être sauvés. 

Selon le site Fortresse Europe, 6.825 sont morts noyés dans les eaux de Lampedusa depuis 1994, dont 2.352 dans la seule année 2011, le plus souvent dans l'indifférence générale.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

ERADIQUER LES CAUSES POUR EVITER LA REPETITION DES CONSEQUENCES

Huer Barroso est un non-sens! Crier haro sur la Commission est un leurre. On attend en revanche un vrai débat de fond au parlement européen.

Certes on peut comprendre la colère et l'exaspération des habitants de Lampedusa qui voient échouer des milliers des cadavres sur les leurs plages et des dizaines de milliers de migrants africains arriver sur leur île.

Mais comme le fait remarquer très justement un forumeur:"Ce drame est avant tout un drame africain. Les raisons en sont multiples et la responsabilité est partagée entre les dirigeants africains corrompus et les occidentaux qui déversent des fonds sans être capables ou soucieux de les canaliser pour améliorer l'économie locale et la situation des populations. Mais il y a aussi une responsabilité de ces populations elles-mêmes qui ne veulent pas comprendre qu'il est impératif de réduire une natalité suicidaire. D'ici 2050, la population du continent africain aura doublé, si rien ne change. Vertigineuse et effrayante perspective, à la fois pour ce continent lui-même et pour les pays "riches" qui seront encore davantage écartelés entre ce qu'il faudrait faire et ce qu'il est possible de faire pour les cohortes de miséreux qui chercheront chez eux une vie meilleure."

Certes, comme l'observe un autre internaute: "Il faut bloquer sévèrement l'immigration sauvage, illégale! Il faut le faire savoir sans équivoque possible dans les pays candidats. Il faut punir avec la plus grande des sévérités les passeurs, ils sont les assassins de ces populations. " Il faut, yaka...Facile à dire!

"Ce drame est un drame africain. Nos autorités politiques, européennes et nationales - ont trop souvent l’habitude de se focaliser sur les conséquences – généralement spectaculaires et tragiques - et non sur les causes d’événements comme celui de Lampedusa. Au lieu de se poser la question de savoir pourquoi ces pauvres réfugiés meurent en vue d’un rivage salutaire, nous ferions mieux de nous intéresser aux raisons pour lesquelles ils ont choisi de fuir leurs pays de misère."

" J'’accuse les Européens de ne pas faire ce qu’il faut pour éviter les départs vers notre continent. Europe forteresse? Cette tragédie est la preuve que ses murs se lézardent."

En effet, il nous faut un supplément d'Europe et non pas une vague de populisme nationaliste qui balaye le vieux continent avec des relents de néo-fascisme xénophobe.

Seule une Commission européenne dirigée par un président énergique, soutenu par un parlement européen engagé, c'est-à-dire l'inverse d'un  Barruso et d'un van Rompuy, serait de nature à induire une vraie politique migratoire commune.

On en est visiblement très loin. Ajoutons: hélas!

MG

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