mardi 1 octobre 2013

Vers le rétablissement de l’esclavage au Brésil ?

Le Brésil a aboli l’esclavage tardivement, en 1888. Mais à en juger par le nombre d’affaires découvertes ces derniers temps, on dirait que des Brésiliens songent à rétablir le régime honni. Fin septembre, sur le chantier de l’aéroport international de São Paulo, à Guarulhos, les autorités ont affranchi 111 travailleurs soumis « à des conditions analogues à l’esclavage », selon la terminologie juridique en vigueur.

          


Ces « esclaves » provenaient du Nordeste du Brésil, réservoir traditionnel de migrants vers le Sud prospère. Parmi eux, il y avait six Indiens Pankararu de l’Etat du Pernambouc. Ils avaient tous été amenés à São Paulo avec la promesse d’avoir un poste. Ils se sont trouvés dans une sorte de « volet de réserve », à attendre indéfiniment. Il leur a fallu improviser des baraquements précaires pouvant abriter une dizaine de personnes, sans le minimum d’hygiène.

Ce n’est pas un petit patron qui les surexploitait ainsi, mais un géant du BTP, l’entreprise brésilienne OAS. Et ce n’est pas la première infraction imputée à l’OAS. Le ministère brésilien du travail lui avait déjà dressé 25 procès verbaux pour violation de la législation. Dans le cas de Guarulhos, le recrutement irrégulier dans la région d’origine des travailleurs, leur transfert et ensuite leur maintien dans l’incertitude, sans hébergement digne, dans une absolue dépendance, configurent une situation analogue à l’esclavage, estime le ministère du travail.

LA DISSEMINATION DU TRAVAIL FORCE

Une loi de l’Etat de São Paulo, adoptée en mai 2013, prévoit l’annulation de la licence des entreprises qui utilisent ou bénéficient du travail esclave, directement ou indirectement. Toutefois, l’Etat de Sao Paulo (44 millions d’habitants, plus que l’Argentine) « compte à peine trois inspecteurs du travail pour surveiller le respect des normes légales », affirme Roque Pattussi, du Centre d’appui au migrant (CAMI), lié aux Eglises.

A Guarulhos, c’est le syndicat du bâtiment qui a porté plainte. Les syndicalistes se demandent si ce n’est pas la pointe de l’iceberg. Pressés de finir les travaux avant la Coupe mondiale de football de 2014, le BTP enfreint les normes et s’autorise tous les dépassements budgétaires. Outre des stades et des installations sportives en vue des Jeux olympiques de 2016, l’Etat et le secteur privé tentent de pallier les immenses carences en infrastructure qui freinent le développement du pays.

Pendant longtemps, les cas de travail forcé semblaient confinés aux régions déshéritées et oubliées des autorités, comme l’Amazonie. Maintenant, c’est le cœur du Brésil moderne qui est touché. De nombreuses affaires montrent la prolifération d’ateliers clandestins de couture employant des immigrés boliviens dans la ville de São Paulo.

La Commission pour l’éradication du travail esclave de São Paulo constate une dissémination des cas vers d’autres villes de l’Etat. Outre l’industrie textile, sont concernés le bâtiment, l’agrobusiness, l’industrie de la viande et des chantiers publics.

Le secrétariat à la justice et à la défense des citoyens de l’Etat de São Paulo a enregistré 181 victimes de travail esclave secourues entre 2008 et 2012 (dernier chiffre disponible). Les affaires traitées avaient été multipliées par trois au cours de cette période. Autant dire que celle de l’aéroport de Guarulhos va faire exploser ces statistiques, qui concernent uniquement les cas dévoilées par des autorités complètement démunies de moyens, si ce n’est de volonté.

L’émergence du Brésil, son insertion dans une économie globalisée et dans les chaînes de valeur mondiales, sont incompatibles sans le respect des normes de l’Organisation internationale du travail contre l’esclavage moderne.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LES ESCLAVES SONT PARTOUT

Les quatre jeunes femmes qui mendient aux quatre feux rouges, les africains illégaux qui font la plonge dans les restaurants chics et moins chics de la capitale; les asiatiques sans papiers entassés dans des ateliers clandestins de confection, les nettoyeuses et nettoyeurs de nuit qui pour un salaire de misère entretiennent les bureaux, les filles de joies importées massivement de l'Est européen, les "djihadistes su sexe" ou esclaves sexuelles des combattants d'Allah, les"mandaï" qui démontent minutieusement les carcasses des bagnoles accidentées pour le compte de ferrailleurs récupérateurs sans scrupules ne sont-ils pas l'équivalent des esclaves de l'antiquité ou des cerfs du moyen âge?  Ou, plus près de chez nous, les boys des coloniaux et tout le personnel de maison des colonisateurs. Les filles au pair latino, converties en véritables esclaves domestiques des beaux quartiers etc. etc.

Certes dans nos démocraties civilisées l'esclavage et le servage sont regardés comme des pratiques strictement illégales. Mais cela c'est la théorie. Qu'est-ce que ceci à avoir avec l'interculturel?

Simplement le fait que les "esclaves" de nos sociétés modernes sont majoritairement issus d'ethnies venues et venant d'ailleurs.

Il ne faut pas chercher bien loin pour observer les ravages de l'esclavage moderne. La preuve? Lisez l'article de Pascal Lorent

MG


ET VOUS, COMBIEN D’ESCLAVES TRAVAILLENT POUR VOTRE CONFORT?

Pascal Lorent Le Soir

Un site vous propose de calculer combien de personnes exploitées travaillent pour satisfaire notre consommation. Un parcours numérique qui fait réfléchir.


C’est un site amusant, en anglais. On y répond à des questions : pays où l’on vit, âge, sexe, nombre d’enfants, description de la maison, alimentation, garde-robe, high-tech, etc. La fin, elle, prête moins à rire : après avoir dépeint notre mode de consommation, le chiffre tombe : « vous utilisez autant d’esclaves »

Notre mode de vie si confortable se construit sur le dos d’adultes et d’enfants qui, dans différents coins de la planète, travaillent. Ce site est l’œuvre du « Committed to building a free world », dont on sait peu : les liens vers les pages d’information sur cette ONG sont inaccessibles. Mais ce parcours numérique fait réfléchir.

 

DES TUNISIENNES «DJIHADISTES DU SEXE» EN SYRIE

 


Le ministre de l’Intérieur tunisien Lotfi ben Jeddou a confirmé, lors d’une audition devant les députés, que des Tunisiennes sont parties en Syrie pour faire «le jihad du sexe» et y assouvir les besoins sexuels des combattants.

L’information avait d’abord été démentie cet été. Mais jeudi, le ministre de l’Intérieur tunisien Lotfi ben Jeddou a confirmé, lors d’une audition devant les députés, que des Tunisiennes étaient parties en Syrie pour faire «le jihad du sexe» et y assouvir les besoins sexuels des combattants.

«Elles ont des relations sexuelles avec 20, 30, 100 jihadistes», a-t-il déclaré à la tribune de l’Assemblée nationale constituante (ANC), sans préciser si ces chiffres correspondaient à des actes quotidiens.

Et d’ajouter: «après ces rapports sexuels qu’elles ont au nom du jihad al-nikah(NDLR: la guerre sainte du sexe), elles reviennent enceintes». Le ministre tunisien ne dit pas combien de Tunisiennes sont rentrées de Syrie dans cet état et dans quelles conditions elles avaient été prises en charge. Il ne précise pas, non plus, le nombre de jeunes femmes qui sont ou ont été en Syrie à cette fin, alors que la presse évoque des centaines de cas de ce type tout comme des centaines d’hommes sont partis combattre les troupes du président syrien Bachar al-Assad. Il a cependant estimé que depuis sa prise de fonction en mars, «6 000 de nos jeunes ont été empêchés d’aller là-bas».

Le jihad al-nikah, permettant des rapports sexuels hors mariage avec des partenaires multiples, est considéré par certains dignitaires salafistes comme une forme légitime de guerre sainte. Le ministère de l’Intérieur a récemment admis avoir renforcé les contrôles dans les aéroports pour empêcher le départ de femmes et d’hommes suspectés de vouloir rejoindre la Syrie.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

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