samedi 30 novembre 2013

Un ange blond au service de la N-VA


Le Soir Béatrice Delvaux Editorialiste en chef

 


Annick De Ridder s’était surtout fait remarquer par son opposition au droit de vote accordé aux étrangers. © Belga.

 

Le transfert qui a secoué la Flandre cette semaine est  politique. C’est une femme qui en est l’actrice principale. Annick De Ridder, jolie blonde de 34 ans, a en effet célébré le congrès de l’Open VLD du dimanche de façon très particulière, en annonçant le lendemain qu’elle quittait ce parti où elle officiait depuis 15 ans. Et cela – le plus dur pour Gwendoline Rutten, sa présidente, était à venir – pour rejoindre, mais oui, vous avez bien deviné : la N-VA. Annick De Ridder s’expliquait sur son choix évidemment le soir même sur le plateau de Ter Zake.

Vous ne connaissez vraisemblablement pas celle qui siégeait au Parlement flamand depuis 2004 – un siège qu’elle conservera jusqu’au 25 mai 2014. Par contre, si vous suivez régulièrement ces Visas pour la Flandre vous connaissez déjà son actuel patron, ou en tout cas l’homme d’affaires pour lequel elle réalise des projets et de la consultance depuis plusieurs années. Il s’agit de Fernand Huts, patron de KatoenNatie, cette très grosse firme de logistique installée à différents endroits du monde et qui opère depuis Anvers – un homme qui dit depuis plusieurs semaines tout le bien qu’il pense de De Wever bourgmestre et président de parti. C’est lui qui dans De Standaard mardi explicitait le choix d’Annick DeRidder, ayant vu, dit-il, son insatisfaction croître au fil du temps : «  Son travail de consultante dans le secteur privé l’a mise en contact avec nombre de chefs d’entreprise qui lui ont mis les points qui fâchent sous les yeux : les bonus de liquidation, les sociétés de management, la fiscalité des voitures de société.  » Toutes ces mesures ont été prises par le gouvernement Di Rupo et autant de couleuvres, commente la principale intéressée, que l’Open VLD avale au fil des mois, ce qu’elle ne peut plus supporter. «  Je pensais être le grand gagnant de son malaise, poursuit Huts, j’espérais qu’elle pourrait davantage travailler pour nous, mais De Wever nous a pris de vitesse.  »

 

«  Quel a été l’impact de l’Open VLD dans le gouvernement Di Rupo ? Très faible  », explique la nouvelle perle séduite par la N-VA, qui ajoute ne plus se reconnaître dans la manière dont son ex-parti applique le libéralisme. Et de raconter que lorsqu’elle a lu les propositions et le programme économiques dévoilés par la N-VA récemment, elle s’y est parfaitement reconnue : «  Le seul parti qui peut et veut agir sur l’actuel malaise économique, c’est la N-VA.  » Le confédéralisme de De Wever & Co ? «  Vous ne pouvez pas faire de réformes économiques fondamentales sans changer la structure du pays.  » Nationaliste flamande ? «  Si vous me demandez si je suis une Flamande qui souhaite une réforme structurelle de fond, la réponse est oui. Pour le reste, la N-VA est un parti qui est partisan d’une évolution, pas d’une révolution. »

L’Open VLD l’a joué très bref : la liberté est une de ses valeurs fondamentales, et donc pas question pour eux de remettre en cause les choix personnels de tout un chacun. En coulisses, ils soulignent cependant qu’ils étaient déçus les derniers temps du manque d’activisme de leur blonde parlementaire. Son fait d’armes remonte au congrès où les libéraux se sont déchirés sur le droit de vote aux étrangers et dont elle était l’un des fers de lance. Mais depuis, finalement, disent ses anciens collègues, peu d’éclats et peu d’initiatives seraient venus de son côté.

Le coup de poignard est signé Hugo Camps, le billettiste à la plume acérée, du Morgen. Son encadré quotidien à la une du journal s’intitulait sobrement « Annick ». Mais le reste n’était qu’assassin, pour celle qu’il décrit comme une apparition toujours rafraîchissante, un air de printemps avec du Prada sur le cul (sic), un ange bleu. Mais… «  je n’aime pas les gens qui passent d’un camp à l’autre. On les a dans toutes les langues et les couleurs mais ces derniers temps, surtout en dialecte anversois  ».

Reste que le coup est très beau pour la N-VA qui devait se frotter les mains d’avoir ainsi pu torpiller d’un coup les effets d’annonce et les prévisions de ciel bleu proférées par Gwendoline Rutten. Après le transfert de Johan VanOvertveldt, rédacteur en chef de Trends, l’arrivée à la N-VA d’Annick De Ridder, donne un message fort également vers l’extérieur du parti. Ces deux spécialistes des questions socioéconomiques, au contact régulier du monde des affaires, trouvent le programme économique du parti nationaliste séduisant, extrêmement crédible, et en tout cas bien plus que celui de ceux qui s’en étaient fait jusque-là une spécialité, comme l’Open VLD. Ajoutons à ce plus, les réseaux que ces deux personnes influentes amènent avec elles dans leur escarcelle, mais aussi leurs compétences dans un secteur clé et central de conquête du parti nationaliste, loin de posséder ces atouts en interne. Par ailleurs, l’effet d’image est cette foispositif, bien loin de celui généré par les transfuges venus pour les élections communales, du Vlaams Belang et qui avaient suscité, eux, des remous en interne et des dégâts vers l’externe. Rien à dire : bien joué, Bart !



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

BIEN JOUE BART !


Attention danger. De Wever vient de se payer deux jokers coup sur coup au détriment du VLD.

C’est de toute évidence un coup bas et un coup de maître, Béatrice Delvaux,  comme si souvent a raison. Hélas. Il semble bien que l’actualité belge tourne de plus en plus autour de deux hommes politiques antinomiques : Bart et Elio. Tout se passe comme si le reste du personnel politique de ce pays était composé de simples figurants. Quant au troisième personnage phare Guy Verhofstadt qui pourrait remettre les pendules à l’heure, il mise désormais tout sur l’Europe.

Le « malaise » de BDW, banalisé par son parti, fut vite balayé.

Notre Achille serait-il fragile du talon ?

 MG

 

 

 

 

 

jeudi 28 novembre 2013

Prisons: "Il faut développer les points forts des détenus"

BELGA 



"Nous pouvons travailler de manière constructive avec les détenus, travailler sur leur estime de soi, leur faire confiance et leur donner des possibilités de réussir."

Hans Meurisse, directeur général des établissements pénitentiaires belges, a plaidé mercredi pour "un revirement culturel" et "un changement dans la gestion du détenu et de sa détention", dans un discours à Bruxelles lors de la Conférence des Directeurs d'administration pénitentiaire, organisée par le Conseil de l'Europe. Il y a en Belgique, selon lui, une forte tendance à se focaliser sur les aspects négatifs. "La gestion du détenu est basée sur des risques et l'analyse de son dossier sur ce qui ne va pas. Nous envisageons la réinsertion sous l'angle des erreurs commises par le détenu dans le passé. Nous travaillons principalement dans le passé."

 

"Il existe pourtant une autre approche plus positive. Nous pouvons aussi nous focaliser sur l'avenir et développer les points forts des détenus. Nous pouvons travailler de manière constructive avec eux, travailler sur leur estime de soi, leur faire confiance et leur donner des possibilités de réussir. Cela implique un revirement culturel et un changement dans la façon de gérer le détenu et sa détention."

 

Concernant ces changements et le fait de se tourner vers l'avenir, la Belgique se situe "entre les deux". "Nous sommes confrontés à l'héritage du passé et aux obstacles qui en découlent. Je parle surtout de la surpopulation et de la qualité des infrastructures, mais aussi de l'héritage culturel et de l'obsession du 'risque zéro', qui est un frein aux nouvelles initiatives."

 

Hans Meurisse voit cependant des opportunités se dresser, notamment "dans l'utilisation des nouvelles technologies". Selon lui, ces changements n'en sont qu'à un stade initial, avec par exemple la nouvelle prison à Haren, dont l'ouverture en "2016-2017" constituera "un tournant".


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LA PRISON AUTREMENT


La privation de liberté est pour un être pensant responsable, la pire des punitions.

Parler d’une prison qui ressemble à un « centre de vacances » est une provocation.

La prison est l’expression de l’échec d’une société qui n’a pas su intégrer ses sujets dans son tissu social pour en faire des citoyens responsables. C’est aussi un échec de la famille et de l’enseignement, une responsabilité collective.  Est-il envisageable de transformer cet échec en autre chose et de reconvertir les détenus, ces « losers » asociaux, en futurs « winners » ?  Certes, mais cela exige un immense investissement pédagogique. Assurément, il y a une proportion d’incurables qu’aucun système ne saurait amender. Mais soyons persuadés que tous les détenus ne le sont pas.

Une resocialisation est possible pour beaucoup d’entre eux.

Ce n’est certainement pas en laissant croupir les délinquants dans des conditions de vies insalubres qu’ils s’amenderont. Investir dans un système pénitenciaire à visage humain, c’est comme investir dans l’enseignement. Victor Hugo disait : Chaque fois qu’on ouvre une école, on ferme une prison.

Gageons que construire des prisons à visage humain avec un projet éducatif c’est un peu comme ouvrir de nouvelles écoles.

Les anciennes  écoles bruxelloises du 19 siècle n’avaient-elles pas, dans leur structure quelque chose du plan des maisons carcérales de cette époque.

Il ne suffit pas de croire qu’il suffit d’un bon architecte pour rénover le système carcéral.

Il faut un vrai projet et celui esquissé ici est séduisant :

"Il existe une approche plus positive, focalisée sur l'avenir qui entend développer les points forts des détenus. Il convient detravailler de manière constructive avec eux, travailler sur leur estime de soi, leur faire confiance et leur donner des possibilités de réussir. Cela implique un revirement culturel et un changement dans la façon de gérer le détenu et sa détention."

Mais comment n’y a-t-on songé plus tôt ?

MG


HAREN : UN PROJET DE PRISON QUI RESSEMBLE À UN CENTRE DE VACANCES

DH



La nouvelle prison que le gouvernement fédéral souhaite construire dans l'entité bruxelloise de Haren a des airs de camp de vacances. Les détenus auront notamment accès à des terrains de sports et des espaces verts.

En terme de confort, la prison de Haren sera à 1000 lieues des établissements pénitentiaires existant actuellement. "Une prison-paradis", décrit même Het Laatste Nieuws qui a découvert les premières images du projet.

 

Le projet de prison du gouvernement fédéral a de quoi faire saliver les directeurs d'écoles et d'internats. Dans l'établissement qui devrait sortir de terre à partir de 2015, il y aura un terrain de football, un terrain de basket, des allées larges, des aires de pique-nique et même des jeux pour les enfants des détenus.

L'objectif est de construire une prison "plus humaine". Les barreaux aux fenêtres des cellules seront ainsi remplacées par un vitrage haute sécurité. La construction de la prison, estimée à 330 millions, devrait être terminée en 2017.

 

Avec 1.200 places disponibles, Haren deviendra l'une des plus grosses prisons d'Europe. Mais ce ne sera pas suffisant pour accueillir les 1.548 détenus que comptent actuellement les trois prisons surpeuplées de Bruxelles.

 

La fin des conditions d'incarcération inhumaines et dégradantes n'est donc pas pour tout de suite...

La moitié des Flamands n'aiment pas les immigrés


Le Vif



Selon une étude réalisée par le Moniteur flamand de Migration et d’Intégration et révélée par le quotidien De Morgen, près de la moitié des Flamands désirent côtoyer le moins possible de personnes d’origine étrangère malgré le fait que seule une minorité de répondants les fréquente régulièrement.

Le service d’étude du gouvernement flamand a interrogé des Flamands âgés de 18 à 85 ans sur la composition de leur quartier idéal. Quarante-cinq pour cent ont répondu vouloir vivre dans un quartier habité seulement de personnes d’origine belge. Trente-huit pour cent préfèrent un quartier peuplé de "plus de personnes d’origine belge qu’étrangère".

 

MENACE

47 pour cent des participants estiment que les immigrés "viennent profiter de notre sécurité sociale". Pour ce qui est des musulmans, 40 pour cent déclarent qu’ils "représentent une menace pour notre culture et nos usages". Cependant, la moitié des Flamands considèrent la présence de différentes cultures comme un enrichissement pour la société.

Plus de la moitié des Flamands (51%) n’ont jamais de contact avec les personnes d’origine étrangère de leur quartier. Moins de trois Flamands sur dix indiquent bavarder avec des personnes d’origine étrangère au moins une fois par mois.

"On n’aime que ce qu’on connaît" déclare Jozef De Witte, le directeur du Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme. Il impute l’origine du problème à l’échec de la politique de migration et d’intégration. "Au lieu d’accepter l’immigration et de l’encadrer, les Flamands se trouvent toujours dans une phase de déni. Nous nous trouvons supérieurs alors que nous n’avons jamais eu si peur de sombrer".

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

XENOPHOBIE FLAMINGANTE?


De  fait, les Flamands n’aiment pas vraiment la monarchie belgicaine, ni  les francophones du reste, surtout pas les francophones socialistes et leurs alliés de gauche qui protègent les migrants fragilisés, les sans papiers, les demandeurs d’asiles et toute le gente des gagne-petit et des assistés sociaux qui grèvent les finances du pays et vivent aux crochets de la classe moyenne laborieuse des Flandres. 

« Marokkanen, de Turken en een handvol Congolezen. En het is vooral met deze groep dat de helft van de Vlamingen liever niet gezien wil worden, niet in hun wijken, niet in hun scholen, niet op hun werk, niet in hun favoriete restaurant of café. Vlamingen sturen hun kinderen liever naar een blanke school met het argument 'hoe witter hoe slimmer'. »

Mais en revanche ces Flamands aiment les Flamands et  surtout Bart De Wever, autant que les Français aiment Marine Le Pen, qui implicitement leur laisse entendre qu’une fois indépendants et débarrassés de cet état-providence qui menace leur bien être matériel , il pourront se retrouver entre soi et renvoyer au-delà de la frontière (linguistique pour les Flamands) tous ces profiteurs du système  qui vivent à leurs crochets.

De fait, ils apprécient que Bart De Wever et son parti fassent montre d’une xénophobie soft et larvéeinspirée, sur le fond, de celle du Vlaams Belang mais qui s’efforce, très habilement,de mettre des gants en respectant les formes du politiquement correct c’est-à-dire en faisant un immense effort pour ne point choquer, précisément sur la forme.

C’est de bonne guerre, surtout de bonne stratégie électoraliste et c’est une mayonnaise qui prend. Il s’agit de feindre de se détacher le plus rapidement possible de la francophonie belge qui pompe la Flandre et l’empêche de devenir une Bavière prospère bordant la mer du Nord.

Faut-il rappeler que le régime nazi qui terrorisa les Allemands pendant douze ans et leur offrit en finale un suicide collectif rêvait de transformer l’Allemagne en un Reich qui fût « judenrein » c’est-à-dire ethniquement, racialement purifié.

Hannah Arendt analyse mieux que quiconque les ravages politiques, sociologiques et ethniques du règne sans partage de l’Etat totalitaire nazi. Inconsciemment, la soif nationaliste de De Wever et les siens s’abreuve aux mêmes sources.

De fait, comme le souligne un internaute, en Belgique« très peu de gens "aiment" les immigrés davantage que leurs compatriotes. C'est le contraire qui serait étonnant. » Et il ajoute : « les immigrés peuvent exiger qu'on les respecte et qu'on les traite avec fair-play, et je crois heureusement pour eux et pour nous, que c'est très généralement le cas. »

«  Bij een vriendin ontlokten deze cijfers de optimistische reactie dat dit het bewijs was dat iets meer dan de helft van de Vlamingen wel van migranten houdt. Bij haar is het glas altijd half vol. Het is een manier om deze alarmerende kop te benaderen. »

Un autre relève que« Les musulmans modérés sont infiltrés par des fondamentalistes qui font monter la pression. » (40 procent van de bevraagden vindt moslims 'een bedreiging voor onze cultuur en gebruiken).

Xénophobie devient donc, de plus en plus chez nous, synonyme d’islamophobie ce qui est pervers et dangereux, car cela évoque immanquablement le parallèle avec la montée de l’antisémitisme dans l’Europe d’avant-guerre. «  Vlamingen zouden bij voorkeur willen werken met blanken, uitgaan met blanken, trouwen met blanken, verzorgd worden in een ziekenhuis met alleen maar blanke dokters en verplegers en omringd worden door even bleke maar blanke patiënten.  »

« Hoe het nu verder moet met deze aanzienlijke groep van bange Vlamingen? Ik geloof namelijk dat zij diep ongelukkig zijn in hun buurt en in hun stad. De superdiversiteit die is er immers om te blijven, die gaat echt niet meer weg. Dat is een realiteit. En het zal nog een versnelling hoger gaan als je bedenkt dat een aantal Europese steden ondertussen zogenaamde majority-minority steden zijn geworden. Dat wil zeggen dat in die steden de zogenaamde autochtonen officieel een minderheid zijn geworden. Iets wat ook in de meeste Amerikaanse steden een feit is. »

De fait, le paysage ethnique de nos grandes villes se transforme, et pas seulement à Bruxelles mais aussi à Anvers, Gand et dans les villes moyennes Malines, Louvain, Halle

Amsterdam sinds 2011 officieel een majority-minority stad.Ik hoef geen genie te zijn om te voorspellen dat Antwerpen zeer binnenkort zal volgen. Kijk maar eens naar wie de jongeren zijn in de stad.”


Si on en croit cette nouvelle enquête, un Flamand sur deux a beaucoup de mal à accepter cette évolution pourtant inéluctable: celle de la transformation rapide d’un paysage urbain monoculturel en un environnement urbain pluriethnique et multiculturel. Ne nous voilons pas la face : les classes moyennes bruxelloises ont résolu le problème par un exode massif vers la périphérie brabançonne.

"Wat dit onderzoek vooral duidelijk maakt is dat Vlamingen in een zeer lang en pijnlijk rouwproces zitten. Het is pijnlijk afscheid te nemen van geïdealiseerde monoculturele Vlaamse samenleving, een samenleving die wellicht enkel in de collectieve verbeelding heeft bestaan. Dat rouwproces maakt het niet gemakkelijk om de onafwendbare toekomst te aanvaarden. En dus is een grote groep van Vlamingen volstrekt nog niet klaar voor die nieuwe toekomst."

Bref, pour une proportion non négligeable de la classe moyenne flamande, cette évolution est insupportable : « Het onderzoek legt bloot dat heel wat Vlamingen hun denken en attitude nog niet hebben aangepast aan deze realiteit. De realiteit dat er geen dominante meerderheidsgroep noch een dominante meerderheidscultuur is. »

La Flandre catholique et agricole fut, au 19 siècle, une terre d’émigration comme I’Irlande, la Sicile, la Bretagne ou le Palatinat (comme le montre le magnifique film die Neue Heimat). Elle est désormais terre d’immigration à même titre que les Etats-Unis, l’Australie ou le Canada. C’est, du reste le destin de l’Europe. Cette Europe en pleine mutation semble, comme la Flandre très tentée par le repli nationaliste ethnique et identitaire. C’est la pire des réponses.

Il y a une autre réponse mais elle est ardue et exige de tous un effort de volonté surhumain : c’est la voie du dialogue interculturel, inter ethnique et inter convictionnel.

Nous l’avons écrit souvent et nous en demeurons convaincu, l’Europe de la diversité sera cosmopolite ou elle ne sera pas.

MG

 


WIE MAAKT EEN EINDE AAN HET LANGE VLAAMSE ROUWPROCES?

De Morgen

"Het is pijnlijk afscheid te nemen van een samenleving die wellicht enkel in de verbeelding heeft bestaan", schrijft Rachida Lamrabet, auteur van 'Vrouwland', 'Een kind van God' en' De man die niet begraven wilde worden'.

De Vlamingen die nu te kennen geven dat ze die superdiversiteit niet willen, worden daarin ondersteund door een overheid die het wij-zij-denken cultiveert

Van de titel van De Morgen dat de helft van de Vlamingen niet van migranten houdt, werd ik niet bepaald vrolijk. De titel is een vertaling van de cijfers van de Vlaamse Migratie- en Integratiemonitor die aan Vlamingen tussen 18 en 85 jaar vroeg naar de samenstelling van hun ideale buurt. 45 procent antwoordde in een buurt te willen wonen met alleen personen van Belgische herkomst40 procent van de bevraagden vindt moslims 'een bedreiging voor onze cultuur en gebruiken'.

 

Bij een vriendin ontlokten deze cijfers de optimistische reactie dat dit het bewijs was dat iets meer dan de helft van de Vlamingen wel van migranten houdt. Bij haar is het glas altijd half vol. Het is een manier om deze alarmerende kop te benaderen.

 

Iemand anders probeerde op de radio uit te leggen over wie we het hebben wanneer we het over 'migranten' hebben. Blijkt dat ook daarover heel wat misverstanden bestaan. In de hoofden van de bevraagde Vlamingen zijn migranten mensen die van buiten Europa komen, diegene die niets te maken hebben met die zogenaamde Joods-Christelijke beschaving en die meestal helemaal onderaan de laagste trede van de socio-economische ladder bengelen. En dan praten we dus niet over de Nederlanders die in Baarle-Hertog wonen, noch over de Londenaar die in Brussel lobbyt.

 

NIEUWE MINDERHEID

Wie blijft er dan over in die grote vergaarbak van het migrantendom? Juist ja, de Marokkanen, de Turken en een handvol Congolezen. En het is vooral met deze groep dat de helft van de Vlamingen liever niet gezien wil worden, niet in hun wijken, niet in hun scholen, niet op hun werk, niet in hun favoriete restaurant of café. Vlamingen sturen hun kinderen liever naar een blanke school met het argument 'hoe witter hoe slimmer'.

 

Zo hoorde ik, een paar weken geleden, een schooldirecteur zonder verpinken verkondigen waarom hij een bepaalde categorie van leerlingen liever kwijt dan rijk was; hij had de grenzeloze ambitie om van zijn school een prachtige elitaire bollebozenschool te maken en vond deze categorie van leerlingen niet passen in zijn geweldige plannen. Een elitaire bollebozenschool, dat weet iedereen, kan je alleen maar maken met Vlaamse leerlingen die uit de middenklasse komen.

Vlamingen zouden bij voorkeur willen werken met blanken, uitgaan met blanken, trouwen met blanken, verzorgd worden in een ziekenhuis met alleen maar blanke dokters en verplegers en omringd worden door even bleke maar blanke patiënten. De vraag die ik nu zou kunnen stellen, heel naïef en een beetje gekwetst is: 'waarom houden jullie niet van ons?'

 

Maar het moet niet altijd over mij gaan, wat ik mij nu echt afvraag, is hoe het nu verder moet met deze aanzienlijke groep van bange Vlamingen? Ik geloof namelijk dat zij diep ongelukkig zijn in hun buurt en in hun stad. De superdiversiteit die is er immers om te blijven, die gaat echt niet meer weg. Dat is een realiteit. En het zal nog een versnelling hoger gaan als je bedenkt dat een aantal Europese steden ondertussen zogenaamde majority-minority steden zijn geworden. Dat wil zeggen dat in die steden de zogenaamde autochtonen officieel een minderheid zijn geworden. Iets wat ook in de meeste Amerikaanse steden een feit is.

 

Maar we hoeven het zelfs niet zo ver te zoeken, dichter bij huis is Amsterdam sinds 2011 officieel een majority-minority stad. Ik hoef geen genie te zijn om te voorspellen dat Antwerpen zeer binnenkort zal volgen. Kijk maar eens naar wie de jongeren zijn in de stad.

 

BINDENDE FACTOREN

Wat dit onderzoek vooral duidelijk maakt is dat Vlamingen in een zeer lang en pijnlijk rouwproces zitten. Het is pijnlijk afscheid te nemen van geïdealiseerde monoculturele Vlaamse samenleving, een samenleving die wellicht enkel in de collectieve verbeelding heeft bestaan. Dat rouwproces maakt het niet gemakkelijk om de onafwendbare toekomst te aanvaarden. En dus is een grote groep van Vlamingen volstrekt nog niet klaar voor die nieuwe toekomst.

 

Het onderzoek legt bloot dat heel wat Vlamingen hun denken en attitude nog niet hebben aangepast aan deze realiteit. De realiteit dat er geen dominante meerderheidsgroep noch een dominante meerderheidscultuur is. Begrijp ik dat dit voor sommigen beangstigend is? Natuurlijk wel, maar volgens mij wordt die angst alleen maar versterkt door het feit dat er geen enkel positief perspectief vooropgesteld wordt. Het enige wat ons wordt voorgeschoteld zijn doemscenario's waar de eneidentiteit moet ten ondergaan ten voordele van de andere identiteit.

Terwijl het volgens mij juist een opportuniteit is om los van ideologie, huidskleur en etnie op zoek te gaan naar een bindende factor. Hoe kunnen mensen die heel erg verschillen van elkaar toch een stad delen zonder elkaar naar het leven testaan? Is het denkbaar om onze verschillen ondergeschikt te maken aan een gemeenschappelijk project? Ik vraag het me luidop af.

 

Maatschappelijk of politiek engagement bijvoorbeeld, de wil en goesting om dingen ten goede te veranderen in de eigen wijk of stad. Ervan overtuigd zijn dat een stad of een wijk niet van jou alleen is, maar van iedereen die er woont of werkt. Dat impliceert ook dat de Vlamingen die bang zijn of niet willen leven naast 'migranten' een hele weg nog moeten afleggen in het loskoppelen van hun eigen Vlaams-christelijke cultuur en achtergrond als onlosmakelijk fundament van de gemeenschap.

 

Wie hier een heel belangrijke rol in te spelen heeft, is de overheid. Ze doen het belabberd slecht nu. Het zou al heel wat helpen indien ze zouden ophouden om mensen, die hun identiteit anders invullen, te stigmatiseren en te dwingen tot assimilatie. De Vlamingen die nu te kennen geven dat ze die superdiversiteit niet willen, worden daarin ondersteund door een overheid die het wij-zij-denken cultiveert en die het signaal geeft dat het een gerechtvaardigde houding is om mensen die er anders uitzien, die andere gewoontes hebben en andere opvattingen, om die uit te sluiten en van hen te eisen dat ze zich aanpassen aan het Vlaamse sjabloon, wat dat ook moge zijn.

 

JOUW MENING?

De Vlaming en het vlaming-zijn wordt systematisch in een slecht daglicht gesteld. Past voortreffelijk bij het nationalistisch België gevoel en het bashen van bepaalde vlaamse politieke partijen. In Frankrijk bvb komen ze voor hetzelfde ervanaf met "chauvinisme", andere landen of delen ervan die onafhankelijkheid willen worden hiervoor ernstig genomen en minstens met de nodige egards behandeld, niet zo hier.

 

Een aantal Vlamingen trachten de diversiteit te ontlopen door te streven naar een onafhankelijk VL. Dat ze daarin gesteund worden door het grootkapitaal, Vlaams en Duits: Sedert jaren de slogan: De Duitse Weg is een ander verhaal. De VL overheid deed/doet alles om het het wij-zij denken te bevorderen, gesteund door extreem rechtse media als Terzake en Knack. Dan veroveren de Vlamingen geen positie in een veranderende wereld, integendeel, dan zijn ze er het slachtoffer van: Ze trekken zich terug.

 

Vlaanderen en haar steden zijn super divers zelfs fluïde maar hebben net als alle EU staten grote problemen met grote groepen onaangepaste Marokkanen. . De groepsagressie en macho levenswijze met stevige ongelijkheid M/V hoeven we niet en is geenszins een verrijking. . Hoe komt het dat een kind (zwart Afrikaans meisje) van 7 zelf vraagt naar een school met minder allochtonen? Omdat ze wordt uitgescholden door Marokkanen voor zwarte Afrikaan!

Laten we wel wezen. Wanneer je een Vlaams bestuur hebt dat een onnatuurlijke angst heeft van zelfs een Franstalige, wat verwacht je dan dat ze doen met andere culturen? Niet alleen dit artikel deed me huiveren, ook het artikel over de gevangenis in Beveren. 12000 Franstaligen die willen werken krijgen een Vlaamse Nee. Morgen roepen ze weer dat Walen lui zijn, en dat ze moeten opleiden tot werk.. maar wel enkel als je Vlaming bent blijkbaar. Misselijk die IK cultuur die hier heerst.

 

 

dimanche 24 novembre 2013

Sexisme: le cerveau n'a pas de genre


Le Vif Source: L'Express

Catherine Vidal, directrice de recherche à l'Institut Pasteur, le répète: le cerveau humain n'a pas de genre.




LES CERVEAUX FÉMININ ET MASCULIN SONT-ILS DIFFÉRENTS?

 Non. Si vous regardez un cerveau, les sillons du cortex, ses circonvolutions sont uniques, vous n'avez aucun moyen de dire s'il s'agit d'un cerveau féminin ou masculin. La fabrication du cerveau est profondément marquée par l'histoire vécue propre à chaque individu. Deux femmes peuvent avoir des cerveaux bien plus différents qu'un homme et une femme.

 

VOUS VOULEZ DIRE QUE NOS EXPÉRIENCES PERSONNELLES MODIFIENT LA STRUCTURE DE NOTRE CERVEAU?

 Exactement. On appelle cela la plasticité cérébrale. Des études par IRM chez des pianistes montrent que les zones du cortex qui contrôlent les doigts et l'audition sont plus épaisses que chez la moyenne des êtres humains. Cet épaississement est même proportionnel à la durée de la pratique du piano pendant l'enfance.


LE CERVEAU N'EST DONC PAS UN PRODUIT FINI À LA NAISSANCE, IL SE STRUCTURE PENDANT L'ENFANCE... ... ET À L'ÂGE ADULTE.

 Le même type d'étude par IRM chez des chercheurs en mathématiques a montré un épaississement cortical proportionnel aux années de pratique dans les zones de représentation des nombres et de la géométrie.

 

A QUOI SONT DUS CES ÉPAISSISSEMENTS DU CORTEX?

Ils correspondent à une augmentation de connexions neuronales due à l'apprentissage. Par exemple, on a demandé à des étudiants d'apprendre à jongler. Il a suffi de trois mois pour observer un épaississement cortical des zones concernées. Cet épaississement se réduit si l'étudiant arrête de jongler. Le cerveau est bien plus malléable qu'on le croyait auparavant.

 

IL EXISTE POURTANT DES ÉTUDES MONTRANT DES DIFFÉRENCES ENTRE HOMMES ET FEMMES, NOTAMMENT DANS LES AIRES DU LANGAGE. SERAIENT-ELLES FAUSSES?

Elles sont surtout anciennes et contiennent des biais méthodologiques. En 1995, une première étude par IRM sur vingt personnes avait montré des différences entre les sexes. Depuis, des méta-analyses rassemblant les données de toutes les études par IRM sur le langage, soit plus de 2000 sujets, ont été réalisées. On observe des différences entre tous les individus et les traitements statistiques ne montrent pas de différences spécifiques entre les sexes.

 

OBSERVE-T-ON DES DIFFÉRENCES À LA NAISSANCE, QUAND LE CERVEAU N'A PAS ENCORE ÉTÉ SOUMIS À L'EXPÉRIENCE?

Il n'est pas réalisable, éthiquement, d'étudier des bébés dans par IRM! En revanche, on peut effectuer des études de comportement. Une méta-analyse du développement comportemental des bébés de la naissance à trois ans montre que les différences entre les sexes, en termes de préférence de jouet ou de vocalisation, apparaissent tardivement, à partir d'un an et demi. À cet âge, le comportement de l'enfant est largement influencé par l'environnement familial et social.

 

QUAND VIENT LA PUBERTÉ, LES HORMONES ENTRENT EN ACTION. ELLES AURAIENT DONC MOINS D'INFLUENCE QUE NOS EXPÉRIENCES VÉCUES?

Il existe énormément d'études sur les relations entre les hormones sexuelles et les capacités cognitives. Leurs résultats sont très contradictoires. Il y a des biais dans les interprétations, auxquels il faut être attentif. Le premier concerne le rôle attribué aux hormones. Des liens de corrélation, et pas de causalité, peuvent être établis, mais dans des conditions pathologiques qui sont éloignées des conditions physiologiques normales. Le deuxième biais est l'extrapolation à l'humain des études animales. Les comportements sexuels, comme le rut, sont déclenchés par les hormones chez les animaux, mais pas chez les humains. L'Homo sapiens a un cortex cérébral unique en son genre, qui instaure un "filtre culturel" de ses instincts. Ainsi, l'être l'humain est-il capable de faire une grève de la faim, en ignorant le déterminisme biologique basique de la faim.

 

Propos recueillis par Olivier Monod,



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LE COMPORTEMENT DE L'ENFANT EST LARGEMENT INFLUENCÉ PAR L'ENVIRONNEMENT FAMILIAL ET SOCIAL.


Voici donc une phrase à méditer en silence pour en tirer toutes les conséquences : «le comportement de l'enfant est largement influencé par l'environnement familial et social. »

Qu’est-ce à dire ?

Que l’identité sexuelle mais aussi sociale se forge dans la toute petite enfance.

C’est dire qu’un enfant élevé dans un milieu musulman est en porte à faux avec les valeurs que va lui imposer l’école qu’il fréquentera. Il s’en suivra, forcément un conflit de loyauté entre les valeurs du pays dit d’origine et celles du pays dit d’accueil.

Comment résoudre ce conflit ?

Il est bien certain que l’obligation scolaire dès trois ans peut l’atténuer, pourvu que les froebéliennes soient sensibilisées à la complexité de leur rôle, ce qui est très loin d’être le cas.

Cela, les religions l’ont compris depuis de millénaires. C’est la raison pour laquelle, les mosquées attirent les enfants dès le plus jeune âge dans les écoles coraniques du samedi matin où on leur inculque avec des méthodes très anciennes les valeurs d’une société islamique.

Il est clair que peu d’enseignants sont armés pour affronter ce type de confit de valeurs.

La réponse ne peut se faire que par le biais d’une pédagogie interculturelle qui ne cède rien sur les valeurs du pays d’accueil tout en respectant et en « accueillant » les valeurs des cultures d’origine des élèves issus de l’immigration.

Les américains y sont parvenus en proposant à tous l’American Dream.

Le drame c’est que « there is no such thing as a European dream ».

Non il n’y a pas l’équivalent d’un rêve européen et c’est peut-être le nœud du problème, celui qui induit un sentiment anti-européen accompagné d’une résurgence du nationalisme sous ses pires formes.

MG

 

 

 

SÉQUESTRÉES DE LONDRES : "L'ESCLAVAGE MODERNE SE PORTE BIEN"

Le Nouvel Observateur avec AFP




Trois femmes terrifiées et profondément traumatisées ont été libérées après avoir été retenues comme esclaves pendant plus de trente ans dans une banale maison du sud de Londres. "Du jamais vu", dit Scotland Yard qui a arrêté un couple de sexagénaires jeudi 21 novembre à l'aube.

Le couple, âgé de 67 ans, qui n'est pas de nationalité britannique, a été libéré sous caution jusqu'en janvier prochain dans l'attente d'informations complémentaires, a précisé Scotland Yard. Ils sont soupçonnés de travail forcé et d'esclavagisme, selon la police.

"On a eu des cas d'esclavage où des gens ont été retenus contre leur gré pendant dix ans, mais jamais rien d'une telle ampleur", a souligné le détective Kevin Hyland après l'annonce de la libération d'une Malaisienne de 69 ans, d'une Irlandaise de 57 ans et d'une Britannique de 30 ans.

"CES CAS NE SONT PAS RARES"

 

Au-delà de l'émotion, la Grande-Bretagne tentait de comprendre vendredi comment une telle chose était encore possible. "Comment est-ce possible ? On a tellement peu d'informations de la police", s'est interrogée la député travailliste Tessa Jowell qui dit s'être réveillée "trois fois dans la nuit" en pensant au sort de ces "pauvres femmes". "L'esclavage est un dossier que les gens pensaient consignéaux livres d'histoire. La triste réalité est que le problème est toujours là", a souligné le secrétaire d'Etat à l'Intérieur JamesBrokenshire.

 

"Les gens doivent comprendre que ces cas ne sont pas rares. L'esclavage moderne est une réalité et se porte bien en Grande-Bretagne", regrette de son côté Frank Field, vice-président de la Fondation contre le trafic des êtres humains.


"TOTALEMENT TERRIFIÉES PAR CES GENS"

 Les arrestations des deux sexagénaires ont eu lieu jeudi à 7h30 du matin mais les trois femmes ont été libérées dès "le 25 octobre", a précisé la police en fin d'après-midi. "Il y a eu un délai jusqu'aux arrestations parce qu'on a dû prendre le temps pour travailler avec des personnes très traumatisées et parce qu'il était très difficile d'établir les faits", a commenté le détective Kevin Hyland.

"On est sûr que toutes les trois se sont trouvées dans cette situation pendant trente ans au moins. On pense que la plus jeune n'a jamais été en contact avec le monde extérieur", a ajouté Kevin Hyland qui n'était pas en mesure de confirmer si la plus jeune des trois victimes était née en captivité. "Toutes les trois sont extrêmement traumatisées et ont été emmenées dans un endroit sûr où elles se trouvent toujours", a déclaré Scotland Yard.

"Les dames étaient totalement terrifiées par ces gens", a rapporté Aneeta Prem, fondatrice de Freedom Charity. L'association de lutte contre l'esclavage et les mariages forcés a alerté la police en octobre dernier, et a travaillé avec les autorités. Les trois femmes, qui ont pu sortir de la maison par leurs propres moyens, n'avaient, semble-t-il, pas été victimes de violences sexuelles, mais elle pense qu'elles ont subi des sévices physiques.

"CELA DÉFIE L'IMAGINATION"

L'association avait été directement contactée par l'une des victimes après que celle-ci a regardé un reportage sur les activités de Freedom Charity. L'association a été en contact avec la victime par téléphone pendant une semaine pour gagner sa confiance, avant d'alerter la police.

"Cela a été le catalyseur qui a conduit l'une des victimes à appeler au secours et qui a permis en définitive de les sauver", a souligné le détective Kevin Hyland, ajoutant que la police ne connaissait pas grand-chose, à ce stade, des conditions dans lesquelles vivaient les trois recluses, toujours trop traumatisées pour donner davantage de détails.

"Il semblerait qu'elles vivaient sous une forme de liberté contrôlée, mais nous sommes encore en train d'évaluer le degré de cette liberté. Leur existence a été fortement entravée et elles ont passé l'essentiel de leur temps dans la maison", aexplique le détective. "Cela défie l'imagination, c'est impossible d'imaginer qu'une chose pareille puisse arriver en Grande-Bretagne, à Londres, en 2013".

"Heureusement, elle a vu cette émission et était suffisamment confiante pour décrocher le téléphone", a encore déclaréAneeta Prem. "Je ne pense pas que les voisins savaient quoi que ce soit. C'était juste une maison ordinaire dans une rue ordinaire", à Lambeth, dans le sud de Londres. "J'espère", a-t-elle conclu, "que ces trois femmes auront des vies heureuses et épanouies une fois qu'elles auront surmonté le traumatisme, si jamais elles y arrivent un jour".

ENTRE 4.200 ET 4.600 ESCLAVES MODERNES AU ROYAUME-UNI

Aussi spectaculaire soit-elle, l'histoire des trois femmes séquestrées n'est de fait que le dernier épisode d'une série d'histoires sordides au Royaume-Uni, 183 ans après l'abolition de l'esclave dans l'Empire britannique. Le 23 octobre dernier encore, un octogénaire et son épouse ont été condamnés à des peines de respectivement treize et cinq ans de prison pour l'exploitation et le viol pendant près d'une décennie d'une jeune Pakistanaise sourde et muette, soumise "à une vie de misère et d'humiliation", selon le jugement.

L'histoire des trois femmes est "horrible" au regard de la durée de leur calvaire, a déclaré Andrew Wallis, président de l'association "Unseen" à la BBC. "Mais elle ne fait qu'illustrer un problème qui s'étend au Royaume Uni et dans le monde entier. Il y a 200 ans on avait recours aux chaînes de fer pour enfermer les esclaves. Aujourd'hui on utilise des entraves psychologiques pour contrôler ces personnes."

Le mois dernier, une ONG britannique a chiffré entre 4.200 et 4.600 le nombre de personnes victimes au Royaume-Uni d'esclavage moderne sous ses formes diverses, comme le travail forcé, le trafic d'êtres humains et les mariages forcés.

 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

RETOUR A CA CASE BARBARIE


Il s’agit bien d’un phénomène de dé civilisation et de retour à une forme pernicieuse de barbarie. « Il y a 200 ans on avait recours aux chaînes de fer pour enfermer les esclaves. Aujourd'hui on utilise des entraves psychologiques pour contrôler ces personnes. »

On se souviendra que Dutroux et consort agissaient un peu de la même manière.

Ce qui évidemment interpelle le plus, c’est le nombre de cas observés : « entre 4.200 et 4.600 le nombre de personnes victimes au Royaume-Uni d'esclavage moderne sous ses formes diverses, comme le travail forcé, le trafic d'êtreshumains et les mariages forcés. »

« Les gens doivent comprendre que ces cas ne sont pas rares. L'esclavage moderne est une réalité et se porte bien en Grande-Bretagne » 

Elisabeth Badinter a raison : il convient de défendre sans défaillance les principes et les valeurs de la laïcité, laquelle permet à chacun de vivre sa culture et sa religion mais non sans adhérer, obligatoirement aux valeurs communes à savoir la séparation religion et politique, l’égalité hommes femmes, les droits de l’Homme et le pluralisme démocratique. Et fi des accommodements divers et variés dans une société sécularisée où l’islam et l’islamisme tentent de planter leurs griffes en imposant leur Weltanschaung.

MG

 

 

 Esclavagisme en France

Alors que l'Angleterre n'avait jamais connu de cas d'esclavage d'une telle ampleur, la présidente du Comité contre l'esclavage moderne (CCEM), Sylvie O'Dy, fait le point sur la situation en France.

LE FIGARO - L'AFFAIRE DES TROIS FEMMES SÉQUESTRÉES DE LONDRES VOUS SURPREND-ELLE?

 

Elle est exceptionnelle par sa durée, puisqu'on parle d'une trentaine d'années d'enfermement. En France, les victimes d'esclavage le sont généralement entre deux et cinq ans, même si nous avons déjà aidé des personnes asservies pendant plus de dix ans.

Malheureusement, la nature de leur séquestration me surprend moins. Travail forcé, agressions sexuelles, violences physiques répétées, nous entendons des histoires similaires régulièrement. Entre 6 000 et 10 000 personnes seraient victimes d'exploitation sexuelle en France.

Sylvie O'Dy, présidente du CCEM


• À QUOI RESSEMBLE L'ESCLAVAGE DOMESTIQUE EN FRANCE AUJOURD'HUI?

 Les esclaves domestiques travaillent et vivent chez leur exploiteur. Des journées de 18 heures de travail, parfois, à laver du linge à la main pour économiser l'électricité, à nettoyer le même sol plusieurs fois par jour, à s'occuper des enfants... Sans parler des cas d'exploitation sexuelle. Epuisées par leur travail, souvent mal nourries, les victimes de servitude logent généralement dans des conditions indignes. Nous avons rencontré des jeunes filles qui dormaient sur le balcon de leur exploiteur, par terre dans la cuisine ou recroquevillées dans un placard.


• QUEL EST LE PROFIL DES VICTIMES?

 90% des personnes suivies par le CCEM sont des femmes, dont 30% de mineures. En 2010, 82% des victimes étaient d'origine africaine, notamment d'Afrique de l'ouest. Il y a aussi des femmes plus âgées venues des Philippines, du Sri-Lankaet d'Indonésie, qui sont attirées par la promesse, évidemment non tenue, de gagner assez d'argent pour aider leurs enfants.

Au départ, ce sont toujours des gens vulnérables financièrement. À cela s'ajoute une faiblesse psychologique, l'isolement linguistique et l'absence de papiers d'identité. Les exploiteurs en profitent pour manipuler leurs victimes, qui connaissent mal la loi et sont souvent terrorisées à l'idée de croiser un policier.


• QUAND DÉCIDENT-ELLES DE DIRE STOP?

 Il faut un déclic: un geste particulièrement violent, une tentative de viol par exemple. Les esclaves mettent fin à leur calvaire le jour où elles réalisent que leur vie est en danger.


• À LONDRES, LA POLICE BRITANNIQUE DIT AVOIR DU MAL À RECONSTITUER LES FAITS. CELA VOUS SURPREND-IL?

 Non, les victimes ont toujours beaucoup de mal à mettre des mots sur ce qu'elles ont vécu. Elles sont tétanisées de peur. Raconter leurs souffrances, c'est comme les revivre. Il nous faut parfois six mois de dialogue pour qu'une victime parle enfin librement. C'est particulièrement long quand il y a eu agression sexuelle. Les victimes n'en parlent souvent qu'après une dizaine de rendez-vous chez nous.

• LA SITUATION TEND-ELLE À S'AMÉLIORER EN FRANCE?

 Il y a quelques signes encourageants. Le 5 août dernier, la France a introduit la notion de servitude dans le Code pénal. La police et à la justice peuvent désormais nommer clairement les cas d'esclavage, qu'on réduisait trop souvent à du travail dissimulé ou à des séjours clandestins.

Mais la crise empêche que la situation s'améliore nettement. Nous accompagnons actuellement une centaine de personnes et suivons environ 80 affaires en justice, autant que les années précédentes. Je m'inquiète aussi du nombre croissant d'esclaves masculins, forcés de travailler dans des petitsentreprises du bâtiment par exemple. Je crains que ce nouveau phénomène prenne davantage d'ampleur ces prochaines années.



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

ET EN BELGIQUE ?


Encore une fois, il s’agit d’un phénomène qui touche l’Europe entière et qui exige forcément une réponse commune européenne.  Mais à l’évidence ce n’est pas l’avis de tout le monde puisqu’il est de bon ton de crier haro sur l’Europe.