jeudi 7 novembre 2013

C’est quoi être Bruxellois? Les réponses des partis francophones


 

Didier Gosuin (FDF), Vincent De Wolf (MR), EvelyneHuytebroeck (Ecolo), Rachid Madrane (PS) et CélineFrémault (CDH) ont répondu à vos questions sur la réalité bruxelloise, que la N-VA nie. Le résumé de nos chats.

LA N-VA VEUT FAIRE COGÉRER BRUXELLES PAR LA FLANDRE ET LA WALLONIE, IMPOSER AUX BRUXELLOIS DE CHOISIR LEUR CAMP. INACCEPTABLE, AVONS-NOUS ÉCRIT, CE MARDI. CE MERCREDI, LES TÉNORS POLITIQUES FRANCOPHONES ONT ÉGALEMENT DONNÉ LEUR AVIS.

VINCENT DE WOLF : la N-VA propose « un marché de dupe »

C’est quoi être Bruxellois ? « Etre Bruxellois en 2013, c’est pour moi, être conscient d’être citoyen d’une région qui a pris son devenir en main et qui est à l’aube de recevoir des compétences majeures. C’est aussi être vigilant contre la volonté de certains de voir disparaître Bruxelles qui a son histoire, son identité et son avenir ».

QUE PENSEZ-VOUS DE L’IDÉE DE DEVOIR CHOISIR VOTRE « SYSTÈME » SOCIAL SUR UNE BASE COMMUNAUTAIRE ?« Un tel choix est un marché de dupe à rejeter de la manière la plus ferme. La sécurité sociale est le ciment de notre pays et de la solidarité entre les citoyens des différentes régions ».

 

DIDIER GOSUIN : « Etre Bruxellois, c’est avoir le droit d’influer sur l’avenir de la Région »

C’est quoi être Bruxellois ? « Pour moi être Bruxellois, c’est vivre à Bruxelles et avoir le droit, comme citoyen, d’influer sur l’avenir de la Région ».

QUE PENSEZ-VOUS DE L’IDÉE DE DEVOIR CHOISIR VOTRE « SYSTÈME » SOCIAL SUR UNE BASE COMMUNAUTAIRE ? « Choisir son système social selon son appartenance communautaire, c’est accepter des droits différents sur un même territoire ce qui est la définition même de l’apartheid ».

 

CÉLINE FRÉMAULT : « Il ne faut pas de sous-citoyenneté à Bruxelles »

C’est quoi être Bruxellois ?« C’est avant toute une belle opportunité : celle de vivre dans une Région capitale d’un Etat fédéral mature, de l’Europe, dynamique et multiculturelle offrant de belles perspectives mais c’est aussi un défi pour ceux qui connaissent une situation plus difficile sur le plan personnel, économique ou social. Notre rôle politique : booster nos atouts et accompagner ceux qui sont en difficulté ».

 

QUE PENSEZ-VOUS DE L’IDÉE DE DEVOIR CHOISIR VOTRE « SYSTÈME » SOCIAL SUR UNE BASE COMMUNAUTAIRE ?« Ce n’est pas envisageable et c’est d’ailleurs contraire aux positions défendues par le CDH lors des dernières négociations institutionnelles. Il ne faut pas de sous-citoyenneté à Bruxelles mais encore plus de liens humains entre nos différentes communautés ».

 

RACHID MADRANE : « Bruxelles, un trait d’union entre les deux autres Régions »

C’est quoi être Bruxellois ?« Pour moi, être Bruxellois, c’est être citoyen d’une Région à part entière, une Région ouverte sur le monde. Une Région profondément multiculturelle et multilingue où chacun peut vivre sa diversité dans le respect des convictions et de la langue de chacun. C’est être citoyen d’une région qui est le trait d’union entre les deux autres Régions du pays.

 

QUE PENSEZ-VOUS DE L’IDÉE DE DEVOIR CHOISIR VOTRE « SYSTÈME » SOCIAL SUR UNE BASE COMMUNAUTAIRE ?« Choisir son système social selon la langue ou son appartenance communautaire, c’est accepter les sous-nationalités. C’est accepter aussi une forme de ségrégation qui assigne une identité figée à des individus. En ce qui me concerne, il est hors de question d’obliger les Bruxellois à choisir leur système social sur base communautaire ! »

 

EVELYNE HUYTEBROECK : « Ne pas ériger des frontières sociales entre Bruxellois »


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

ETRE OU NE PAS ETRE UN KETCHE DE BRUXELLES



« C´était au temps où Bruxelles rêvait

C´était au temps du cinéma muet

C´était au temps où Bruxelles chantait

C´était au temps où Bruxelles bruxellait »

Ce temps-là est révolu depuis longtemps. Freddy Thielemans nous a fait croire pendant douze ans qu’on pouvait encore incarner la zwanze et le parler Beulemans pour faire des voix à Bruxelles.

Et cela a marché.

Il vient de passer la main, pour de bon, à un Yvan Mayeur qui répugne à rejoindre la confrérie des buumdrogers et des gouailleurs réunis, mais dont les dents longues raclent néanmoins le parquet.

Terminus ; de flèche es afFreddy descend du tram et s’en va rejoindre Bossemans, Coppenolle, VDB, madame Chapeau et Charles Picqué dans le placard qui embaume la naphtaline.  Rudi Vervoort tente en vain d’emboucher, du bout des lèvres, la vieille trompette bosselée pour entonner des dontches à la façon de Lange Jojo avec des accents de terroir. Il s’égare. Il n’y a plus de public pour ces spectacles « ancienne Belgique ». Menneke pis n’intéresse plus que les touristes japonais.

Si vous voulez connaître la sociologie du nouveau peuple bruxellois, descendez dans une rame de métro ou montez dans un bus ou un tram 92 et faites la traversée de Bruxelles.

Vous n’y croiserez que de très rares enfants et petits enfants de Brel, car ils vivent exilés en périphérie depuis longtemps, et seul Toone VII alias José Géal natif de Liège cultive l’accent de Bruxelles - mamzelle, pour raisons purement professionnelles.

Le gros du peuple bruxellois n’est ni flamand, ni francophone mais il est zinneke. Zinneke hallal plus que zinneke lambik et cervelas.  Et ce bon peuple- là, placé devant le choix que veut lui imposer la N-VA tranchera en fonction des intérêts de son seul portefeuille. C’est bien en cela que le piège de Bart De Wever est redoutable.

 Un internaute extrapole : « Forcer les gens vivant à Bruxelles à se définir flamand ou wallon revient à créer de fait un apartheid qui produira inéluctablement un clivage entre ces 2 groupes conduisant à des tensions, des jalousies et toutes sortes d'abcès de fixation porteurs de querelles. La vie en commun sur le même territoire deviendra impossible et on ne peut exclure qu'un jour les tensions seront telles qu'il en résultera une guerre civile. Certains pays au sang plus chaud et placés dans des conditions analogues ont déjà fait l'expérience. La NVA et les nationalistes dans leur genre distillent le poison dans le coeur et l'esprit des gens. »

Bien vu, on a pu observer les conséquences  d’une telle zizanie tant à Belfast qu’à Beyrouth au siècle dernier. Les armes ont parlé et le sang a coulé.

Un forumeur s’indigne : « Je suis atterré par ces discours moralistes mous de nos politiques. La Belgique est un état fédéral composé de trois Régions. La "mise sous tutelle" de BXL revient à nier l'existence même de ce territoire en tant que région indépendante, c'est à dire ayant un pouvoir politique propre et égal à celui des deux autres régions. »

" La question est l'identité de Bruxellois voulant j'imagine poser l'identité de Bruxelles. Les identités des bruxellois sont par dizaines différentes par contre Bruxelles a une identité en lien avec un passé brabançon, un vrai passé »

Mais qui en a cure de ce passé, qui s’identifie à lui ? L’identité de la majorité des nouveaux Bruxellois est plurielle et plus religieuse, plus ethnique et communautariste que brabançonne.

D’où la nécessité de dépasser le multiculturalisme communautariste  par une dynamique interculturelle seule susceptible de démanteler les murs pour en faire des ponts.

Le nouveau  peuple bruxellois a d’autres urgences et d’autres préoccupations : survivre dans la jungle des communes pauvresdécrocher un emploi, obtenir un logement décent, conserver une dotation sociale, scolariser les enfants, de préférence en flamand, etc.

Mais alors qui se préoccupe vraiment de l’avenir de Bruxelles ? Qui développe une vision d’avenir pour les vingt ans qui viennent ? C’est quoi le Bruxelles 2030 des socialistes, des libéraux, des verts, du FDF ? On se le demande vraiment.

Quoi qu’il en soit on sait désormais à quelle sauce la N-VA, la Nieuwe Vlaamse Alliantie ou Arrogantie entend dévorer sa capitale.

MG

 

 

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