mardi 12 novembre 2013

Les classes moyennes disparaissent de Bruxelles

Mathieu Colleyn   La Libre Belgique



Belgique Depuis dix ans, environ 10.000 ménages ont quitté une capitale où l'érosion des classes moyennes semble inexorable. Zoom sur un exode urbain lancé à toute allure.

Tous les indicateurs convergent vers un même constat : les classes moyennes subissent une érosion inexorable à Bruxelles. Fin 2012 déjà, l’Institut bruxellois de statistiques (IBSA) pointait un chiffre interpellant. Alors qu’entre 1988 et 1998, la proportion de ménages contributifs à l’impôt s’était maintenue à 40 %, celle-ci a chuté à 34 % durant les dix années suivantes. Cette tendance est préoccupante à plusieurs égards. Elle tend à confirmer un accroissement de la pauvreté et met en lumière l’exode urbain auquel le monde politique assiste sans pouvoir l’arrêter.

Depuis 2003, on estime à 10 000 le nombre de ménages (souvent à deux revenus) qui quittent la capitale pour s’installer en Flandre ou en Wallonie. Dans le même temps, Bruxelles est caractérisée par un solde migratoire international positif de plus de 24 000 personnes (dont 65 % viennent de l’Union européenne). Nombre d’entre elles y trouvent l’assurance d’un emploi sans systématiquement contribuer à l’impôt en Belgique. Aucune région ne peut se permettre de se voir amputer structurellement de recettes fiscales indispensables à la poursuite de politiques visant justement à améliorer la vie en ville. Cet enjeu sera au cœur de la campagne électorale qui s’annonce.

DES CHIFFRES DÉFAVORABLES

 

Pour l’heure, on n’entend guère que le CDH et le FDF se positionner sur cette question. Député de l’opposition FDF, Emmanuel De Bock apporte, aujourd’hui, sa contribution au débat. Il vient de boucler une étude comparative sur les revenus des Bruxellois depuis 1990. Ses conclusions, opportunément présentées comme le bilan de la majorité Olivier en place depuis 2004, sont sans appel : la population de la capitale souffre d’un différentiel de plus en plus alarmant avec les deux autres régions. Se basant sur les données statistiques issues du SPF Economie et de la Région de Bruxelles-Capitale, Emmanuel De Bock propose trois modes de calcul.

Le revenu moyen des Bruxellois est en chute libre. En 2010, le revenu moyen par habitant s’est établi à 12 593 euros. Pour 16 599 euros en Flandre et 14 763 euros en Wallonie. Les revenus bruxellois accusent une croissance sensiblement plus faible. "La Wallonie rattrape lentement son retard sur la Flandre, alors que le Bruxellois s’enfonce toujours plus, déplore Emmanuel De Bock qui constate que cette tendance s’est amplifiée durant les cinq dernières années (voir graphique). En 2010, ses revenus augmentent moins vite que l’inflation. Cette situation est catastrophique, alors que les Bruxellois doivent faire face à un prix du logement bien plus élevé qu’en Flandre et en Wallonie". Pour le député, ceci se manifeste par un déficit de pouvoir d’achat par rapport à la Flandre de plus de 4 000 euros.

 

Le revenu moyen par déclaration fiscale permet d’atténuer les effets du boom démographique. Malgré la croissance, ce revenu enregistre une baisse de 1,4 % entre 2001 et 2010, alors qu’il grimpait de 10 % en Wallonie et de près de 16 % en Flandre. A titre indicatif, en 2010, ce revenu était en Flandre de 21 980 euros et de 17 296 euros à Bruxelles. Le différentiel dépasse les 4 900 euros. "Le revenu moyen du déclarant, en 2010, est inférieur à celui de 2001", s’étonne le député De Bock.

 

Le revenu médian par déclaration fiscale est celui qui divise le groupe étudié en deux parts égales. En d’autres termes, 50 % de la population dispose de revenus supérieurs et 50 % de revenus inférieurs. A Bruxelles (avec 17 296 euros en 2009), celui-ci n’a augmenté que de 1,1 % entre 1999 et 2009, alors qu’il grimpait de 16,5 % en Flandre (21 980 euros) et de 11,2 % en Wallonie (19 265 euros). Conclusion : "Le Bruxellois s’est considérablement appauvri." "Bruxelles est entraînée dans un cercle vicieux où, plus elle s’appauvrira, moins elle rapportera d’impôt sur le travail, plus elle devra compenser en augmentant la fiscalité régionale et communale pour compenser ces pertes, estime Emmanuel De Bock. La classe moyenne contributive est de plus en plus sous pression. C’est elle qui quitte inexorablement la capitale, faisant peser l’effort sur ceux qui restent".

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

 

Emmanuel De Bock est l’un des premiers, à avoir sonné l’alarme du boom démographique. Il persiste et signe en analysant la conséquence logique de ce boom : la fuite des classes moyennes loin des 19 communes. A Paris les ghettos sont situés dans les banlieues périphériques. A Bruxelles c’est l’inverse !

Il est éclairant de prendre connaissance de tous les commentaires des forumeursbruxellois. Certes ilscomprennent une majorité  de râleurs séniles dignes desdeux pépés du muppet show. Il n’empêche qu’il y a abondance de vérités cruesdans leurs posts généralement très éloignés du « politiquement correct » des médias et de la « langue de bois » des politiciens « progressistes »

A lire leurs arguments, il ne m’étonnerait pas que si De Wever devait faire un tabac aux élections de mai prochain, obligeant les Bruxellois à choisir une sous nationalité, beaucoup, sous l’impulsion du portefeuille, opteraient pour le paquet flamand (moins d’impôts, une meilleure sécu, moins de droits de successions etc.)

Voyons cela de plus près :

« Tous les parkings des grandes surfaces de la périphérie sont squattés par les navetteurs au point qu'il devient difficile d'y trouver place en journée. » 

« Le parking en rue devient un vrai hold-up payant. »

« 65 % des immigrés viennent de l'Union Européenne : une partie d'entre eux ne payent pas d'impôts ici. Plus clairement : une partie du problème, non négligeable, vient, non pas d'immigrés qui viennent d'ailleurs que d'Europe, mais bien de fonctionnaires européens qui ne contribuent pas assez à l'impôt ! »

« Depuis 10 ans, cela correspond avec la prise de pouvoir de l'Olivier à la région. Lsamu social a un bel avenir » 

« 19 communes, 19 façons différentes de gérer un territoire aussi petit. Si ces 19 façons convergeaient, cela passerait… Absence de concertation pour les travaux. »

« Permis d'urbanisme? Certaines communes acceptent de nouvelles constructions de type "cages-à-poules" et  refusent des constructions de "standing".

« Pour ce qui est de la mobilitéil n'existe aucune alternative sérieuse à la voiture. »

« Pourquoi ne pas être imposé sur son lieu de travail et pas son lieu de résidencecomme à Berlin? »

« Ce que cette étude n’aborde  pas cest la disparité entre les communes !  Une étude de l ULB scanne via de très nombreux critères toutes les communes de BXL : m2 par habitant, m2 espaces vert, revenu moyen, niveau d'éducation, ... la plupart sont en faveur des communes du croissant vert ! Comment comparer une commune comme Watermael avec 1700 habitant au km2 avec Molenbeek SaintJean avec 25000 habitants au km2 ? »

«  De très nombreux français continuent à payer l’impôt sur le revenu en France tout résidant à bxl. Ce phénomène de grands écarts entre des quartiers de plus en plus riches et d’autres de plus en plus pauvres est inquiétant.»

« Système bien connu en physique, celui des vases communicants... plus les uns débarquent plus les autres s'éclipsent »

« A force de dégoutter l'automobiliste de rouler à Bruxelles où l'on s'y déplace plus difficilement qu'à Londres ou Paris - et de ne pas y trouver des places de parking en dehors des grandes surfaces, c'est les commerce de proximité qui a disparu et donc un pan entier d'une économie qui était riche et typiquement générée par les classes moyennes. » 

« Ajoutez-y la volonté politique d'un déplacement des chalands automobilistes vers les centre commerciaux situés en périphérie le plus souvent Flamande. »

« Même chose pour les surfaces de bureaux qui poussent comme des champignons de l'autre côté du ring. Il y a d'ailleurs fort à parier que sur les coté du ring Flamand bientôt élargi viendront se greffer des zoning de bureaux. »

« Saupoudrez le tout de taxes et de droits de succession plus élevé à Bruxelles par rapport à la Flandre et vous comprendrez comment la Région de Bruxelles creuse elle-même sa tombe. »

 

« D'un côté, il y a les immigrants qui ne trouvent pas de travail et de l'autre les riches qui vivent de leurs rentes et ne paient pas d'impôts , cherchez l'erreur.... »

« Les ménages partent mais continuent à travailler à Bruxelles, vampirisée par les navetteurs... Une solution pour Bruxelles serait d'appliquer le principe de Berlin: impôts sont payés là où la valeur ajoutée est créée: le lieu de travail... Cette solution est hélas utopique : jamais le Nord et le Sud ne l'accepteront.CONCLUSION: Bruxelles est condamné à rester "un pot de miel" dans lequel viennent se goinfrer les Flamands et les Wallons... » 

« Les classes moyennes s'en vont peut-être, mais les loyers des logements privés (de même que le prix d'achat des maisons et appartements) n'ont jamais été aussi élevés en Région bruxelloise. Cherchez l'erreur... » 

« Le PS jubile : sa politique marche, il gagne de plus en plus d'électeurs. »

« Le prix d l'immobilier à Bruxelles met la classe moyenne dehors enfin dans certains quartiers du nord cela va encore mais personne n'a envie d'y vivre et encore moins d'y élever une famille ! » 

« Les classes moyennes disparaissent... Et c'est bien d'une volonté politique dont il s'agit. » 

« Le pire est à venir pour Bruxelles qui ne "bruxelle" plus »

 

« J'ai quitté Bruxelles en 2005 pour rejoindre la Wallonie d'où je suis originaire.L'immobilier à Bxls est plus cher pour moins d'espace, une maison avec jardin est impayable, l'enseignement est un nivellement par le bas, le décret inscription quand on habite au nord de Bxls est la cerise sur le gâteau, obliger des familles à mettre ses enfants dans des écoles ghettos. » 

« Quand le portefeuille commence à faire mal, certains principes, certaines politiques, certaines velléité sont mises à mal.

C'est peut-être le commencement de la perception, chez les politiques, de ce qui nous exaspère depuis si longtemps ! »

« J'ai vécu à Bruxelles pendant quelques années et suis heureux de l'avoir quittée. Grace aux mouvements de population que la gauche affectionne, les grandes villes sont condamnées à devenir des ghettos.»

 

« Il ne faut pas chercher bien loin pour trouver la raison de cet exode: crasse, insécurité, bouchons, trafic de plus en plus congestionné, aménagements routiers aberrants, rage taxatoire de ceux qui travaillent pour renflouer les caisses toujours vides des CPAS et autres pourvoyeurs d'allocs sans discernement,...

19 communes sans la moindre politique cohérente pour quoi que ce soit, et une ghettoïsation galopante par rues, par quartiers entiers.

Alors, ceux qui en ont marre d'une promiscuité qu'on veut leur imposer contre leur gré, ceux qui travaillent et qui, eux, contribuent à la santé financière de la ville, ceux-là finissent par en avoir leur claque, et vont s'installer là où ils peuvent encore, pour un certain temps, vivre comme ils l'entendent, chez eux! »

« Le décret inscription forçant les parents à mettre leurs enfants dans des écoles coupe gorges est également une des grandes cause de cet exode »

« Quand on se complait dans le déni de réalité, celle-ci vous revient, tel un boomerang, en pleine tronche! »

« Des chiffres tout a fait révélateurs de la substitution de population en cours, ce qui reste de la population autochtone est en train de fuir cette ville dangereuse, sale et de plus en plus mal fréquentée.  Il s'agit rien de moins que d'une épuration ethnique en douce ! » 

 

« N'oublions pas non plus que les Bruxellois eux-mêmes favorisent l'engorgement de la ville en utilisant leur voiture pour quasiment tous leurs trajets, mêmes les plus courts. De nouveau la qualité de l'offre publique doit être améliorée... »

« Enfin il y a évidemment, comme pour énormément de dossiers, une incurie politique couplée ici à une volonté flamingante d'asphyxier économiquement Bruxelles (qui offrent pourtant tant d'emplois aux flamands) pour mieux la contrôler » 

 

Conclusion : Il est évident que la politique suivie depuis une dizaine d’année par l’Olivier élargi (PS-CDH-les verts groen et CD&V etVld ) a contribué à renforcer fortement l’exode des classes moyennes bruxelloises amorcé au début des années soixante, il y a plus de cinquante ans. « Paris connaît exactement le phénomène inverse...Les ghettos sont en périphérie, le centre étant prisé...

Pour ma part, je continue de penser que la qualité de vie à Bruxelles demeure excellente : parcs et espaces verts, offre culturelle incomparable, qualité de l’horéca (restos, bistrots, terrasses).

Certes la circulation automobile est infernale, sauf les jours congés et de vacances, quand les navetteurs n’envahissent pas la ville et que les parents d’élèves ne la parcourent pas pour déposer leurs mioches dans les écoles de leur choix.

« Il faut que les gens changent leurs habitudes et utilisent les transports en commun...Acquérir une bicoque quatre façades en province implique de faire 5km pour aller chercher un pain, 10 km pour trouver une grande surface, etc...Quand on habite Bruxelles, on peut quasiment tout faire à pied, à vélo en métro ou en taxi et on trouve TOUT...Tout n'est ps si noir mais il faudrait que les gens réfléchissent un peu à leur choix de vie ! Le jour où on supprime les voitures de société (aberration écologique uniquement pour des raisons fiscales), vous allez voir la classe moyenne revenir vers les villes (en général) et Bruxelles (en particulier) »


Seule la création d’une véritable communauté urbaine métropolitaine regroupant l’ensemble de l’ancienne province de Brabant serait de nature à sauver la capitale d’un inexorable déclin.

En somme, la troisième région, pour être vivable et prospère devrait s’étendre sur l’ensemble du territoire des deux Brabants actuels et des 19 communes.

 

MG

 

 

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