mardi 12 novembre 2013

Pas d’armistice dans la fronde contre François Hollande


Olivier Perrein (Le Temps et le Soir)


Jamais un président français ne s’était fait chahuter pendant la commémoration de l’armistice de 1918. En se faisant prendre à partie par de nombreux manifestants durant les célébrations du 11-Novembre, il inaugure une exception à la règle. En témoignent les médias, souvent catastrophés

Les sifflets contre François Hollande et les incidents qui ont émaillé les cérémonies du 11-Novembre en France, à Paris, puis à Oyonnax, commémorant l’armistice signé entre les Alliés et l’Allemagne en 1918 dans une clairière de la forêt de Compiègne, scandalisent la presse, qui se montre mardi très préoccupée par cette «France au bord de l’explosion sociale». Et les politiques aussi, comme Michèle Delaunay (@micheledelaunay), ministre déléguée aux Personnes âgées et à l’Autonomie, qui a twitté: «Honte à qui ose siffler pendant la sonnerie aux morts. Pour les siècles des siècles.»

«Hollande privé d’armistice» (Libération), «Le président des sifflets» (20 minutes), «ça craque de partout» (L’Opinion), «La fronde se généralise» (Le Figaro), «La pression monte sur Hollande» (Les Echos). Les titres des quotidiens ne vont pas raviver le moral d’un exécutif en pleine tourmente et encourager la poursuite de la vogue du French bashing. 

Les éditorialistes condamnent fermement les huées contre le chef de l’Etat pendant les cérémonies du 11-Novembre. C’est «une bêtise antipatriotique» pour Ouest France: «Le Souvenir, avec un «S» majuscule, sert précisément à comprendre ce qui fait qu’à un moment donné on passe de l’argument aux armes, de la civilisation à la fureur. Commémorer, pour un président, ce n’est pas défendre une idée partisane, mais incarner les valeurs de la République tirées de l’histoire. Ceux qui ne l’ont pas compris sont incapables de dissocier l’homme, François Hollande, de la fonction. Si on a quelque chose à lui dire sur ses choix, ce n’est surtout pas le moment, ni le lieu ni la méthode.»

Quant à L’Humanité, elle fustige les «nouveaux factieux», «comme des bulles venant d’un fond gluant», qui «éclatent à la surface». Et d’ajouter: «Ce terreau-là ressuscite les pires vents de l’histoire».

Le sondage express mené par Le Parisien auprès de ses internautes, répondant à la question «Etes-vous choqué par les sifflets contre François Hollande pendant les commémorations?», 40% répondent «oui», contre 60% de «non».

Un indigné de ce 11-Novembre est intervenu en disant: «On commémore la Grande Guerre. C’est une honte, ce n’est pas le jour. Quand on est républicain, on se tait et on fait silence. […] Vous n’avez pas le droit d’instrumentaliser le 11-Novembre. C’est vous, la honte de la France. […] Vous salissez la mémoire des soldats.» «Qui est cet homme? Il s’appelle Thibault, a 25 ans, agrégé et prof d’histoire, actuellement en cours de rédaction d’une thèse sur l’histoire de la révolution française, et ajoute-t-il «par honnêteté intellectuelle», socialiste. «Je ne suis pas intervenu pour défendre François Hollande, mais en tant qu’enseignant d’histoire. Je suis révolté par l’instrumentalisation, quelle qu’elle soit. J’ai eu deux arrière-grands-pères gazés et blessés. On peut critiquer l’action du gouvernement, mais pas ce jour, pas à ce moment.»

Reste que «nul n’est capable de prédire l’issue de ce qui apparaît comme autrement plus grave qu’un chahut passager, qu’une manifestation de mauvaise humeur», estime pour sa part Le Figaro. Mais «n’importe qui peut, en revanche, désigner le responsable de cette sale ambiance», ajoute l’éditorialiste du quotidien. Qui avait un envoyé spécial à Oyonnax, pour qui, tout de même, ces sifflets auront «achevé de décrire la tournure que prend désormais le quinquennat de François Hollande».

Cette tournure, c’est «une défiance généralisée à l’égard du pouvoir, d’une contestation qui s’affiche ouvertement sur le passage du chef de l’Etat, sans même respecter ces moments de trêve républicaine que représentaient jusqu’alors les cérémonies d’hommage aux morts pour la nation».

De fait, les critiques fusent contre le chef de l’Etat de toutes parts, et bien au-delà de la seule presse de droite. «Elu pour apaiser une société électrisée par le sarkozysme, il l’inquiète par un optimisme décalé et une absence apparente d’autorité», analyse Sud-Ouest. Et l’on a affaire à «un cercle pervers dans lequel s’est enfermé le pouvoir: la peur d’être impopulaire – alors même qu’il l’est déjà […] – freine dangereusement l’action politique et autorise tous les débordements», ajoute La Dépêche du Midi.

UNE ALTERNATIVE, UNE SEULE

«Soit François Hollande est sûr de ses choix et il les assume pleinement. Soit il s’est trompé et il assume tout aussi simplement un changement politique majeur, comme l’avait fait Mitterrand. Faute de quoi, la déstabilisation du pays ne pourra que prospérer.» Choix cornélien.

 


COMENTAIRE DE DIVERCITY

LA FRANCE NOUS FAIT PEUR



La France renoue avec ses démons des années trente, quand la cagoule marchait dans la rue de Paris.

La Cagoule est le surnom donné à l'« Organisation secrète d'action révolutionnaire nationale » Anticommuniste, antisémite et antirépublicain, ce mouvement est de tendance fasciste. À partir de 1935, ce groupe entreprit des actions de déstabilisation de la République. Ceux qui ont sifflé le président et perturbé les cérémonies sont de ce bord-là. 

D’autres ont sifflé la Marseillaise au stade de France. C’est pas les mêmes, mais c’est pas beaucoup mieux.

La France bascule doucement mais dangereusement dans le chaos.

Il reste une solution, pourtant !

Dissoudre l’Assemblée, provoquer des élections législatives et organiser une cohabitation comme du temps de Mitterrand-Chirac : mouiller la droite jusqu’au maillot, gouverner au centre et faire la nique à Marine. Et surtout prendre l’initiative en faveur d’un vrai fédéralisme européen.

Utopique?  C’est exactement ce que fait la Belgique de Di Rupo et que se prépare à faire Merkel en faisant coalition avec le SPD.

MG

 

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