jeudi 28 novembre 2013

Prisons: "Il faut développer les points forts des détenus"

BELGA 



"Nous pouvons travailler de manière constructive avec les détenus, travailler sur leur estime de soi, leur faire confiance et leur donner des possibilités de réussir."

Hans Meurisse, directeur général des établissements pénitentiaires belges, a plaidé mercredi pour "un revirement culturel" et "un changement dans la gestion du détenu et de sa détention", dans un discours à Bruxelles lors de la Conférence des Directeurs d'administration pénitentiaire, organisée par le Conseil de l'Europe. Il y a en Belgique, selon lui, une forte tendance à se focaliser sur les aspects négatifs. "La gestion du détenu est basée sur des risques et l'analyse de son dossier sur ce qui ne va pas. Nous envisageons la réinsertion sous l'angle des erreurs commises par le détenu dans le passé. Nous travaillons principalement dans le passé."

 

"Il existe pourtant une autre approche plus positive. Nous pouvons aussi nous focaliser sur l'avenir et développer les points forts des détenus. Nous pouvons travailler de manière constructive avec eux, travailler sur leur estime de soi, leur faire confiance et leur donner des possibilités de réussir. Cela implique un revirement culturel et un changement dans la façon de gérer le détenu et sa détention."

 

Concernant ces changements et le fait de se tourner vers l'avenir, la Belgique se situe "entre les deux". "Nous sommes confrontés à l'héritage du passé et aux obstacles qui en découlent. Je parle surtout de la surpopulation et de la qualité des infrastructures, mais aussi de l'héritage culturel et de l'obsession du 'risque zéro', qui est un frein aux nouvelles initiatives."

 

Hans Meurisse voit cependant des opportunités se dresser, notamment "dans l'utilisation des nouvelles technologies". Selon lui, ces changements n'en sont qu'à un stade initial, avec par exemple la nouvelle prison à Haren, dont l'ouverture en "2016-2017" constituera "un tournant".


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LA PRISON AUTREMENT


La privation de liberté est pour un être pensant responsable, la pire des punitions.

Parler d’une prison qui ressemble à un « centre de vacances » est une provocation.

La prison est l’expression de l’échec d’une société qui n’a pas su intégrer ses sujets dans son tissu social pour en faire des citoyens responsables. C’est aussi un échec de la famille et de l’enseignement, une responsabilité collective.  Est-il envisageable de transformer cet échec en autre chose et de reconvertir les détenus, ces « losers » asociaux, en futurs « winners » ?  Certes, mais cela exige un immense investissement pédagogique. Assurément, il y a une proportion d’incurables qu’aucun système ne saurait amender. Mais soyons persuadés que tous les détenus ne le sont pas.

Une resocialisation est possible pour beaucoup d’entre eux.

Ce n’est certainement pas en laissant croupir les délinquants dans des conditions de vies insalubres qu’ils s’amenderont. Investir dans un système pénitenciaire à visage humain, c’est comme investir dans l’enseignement. Victor Hugo disait : Chaque fois qu’on ouvre une école, on ferme une prison.

Gageons que construire des prisons à visage humain avec un projet éducatif c’est un peu comme ouvrir de nouvelles écoles.

Les anciennes  écoles bruxelloises du 19 siècle n’avaient-elles pas, dans leur structure quelque chose du plan des maisons carcérales de cette époque.

Il ne suffit pas de croire qu’il suffit d’un bon architecte pour rénover le système carcéral.

Il faut un vrai projet et celui esquissé ici est séduisant :

"Il existe une approche plus positive, focalisée sur l'avenir qui entend développer les points forts des détenus. Il convient detravailler de manière constructive avec eux, travailler sur leur estime de soi, leur faire confiance et leur donner des possibilités de réussir. Cela implique un revirement culturel et un changement dans la façon de gérer le détenu et sa détention."

Mais comment n’y a-t-on songé plus tôt ?

MG


HAREN : UN PROJET DE PRISON QUI RESSEMBLE À UN CENTRE DE VACANCES

DH



La nouvelle prison que le gouvernement fédéral souhaite construire dans l'entité bruxelloise de Haren a des airs de camp de vacances. Les détenus auront notamment accès à des terrains de sports et des espaces verts.

En terme de confort, la prison de Haren sera à 1000 lieues des établissements pénitentiaires existant actuellement. "Une prison-paradis", décrit même Het Laatste Nieuws qui a découvert les premières images du projet.

 

Le projet de prison du gouvernement fédéral a de quoi faire saliver les directeurs d'écoles et d'internats. Dans l'établissement qui devrait sortir de terre à partir de 2015, il y aura un terrain de football, un terrain de basket, des allées larges, des aires de pique-nique et même des jeux pour les enfants des détenus.

L'objectif est de construire une prison "plus humaine". Les barreaux aux fenêtres des cellules seront ainsi remplacées par un vitrage haute sécurité. La construction de la prison, estimée à 330 millions, devrait être terminée en 2017.

 

Avec 1.200 places disponibles, Haren deviendra l'une des plus grosses prisons d'Europe. Mais ce ne sera pas suffisant pour accueillir les 1.548 détenus que comptent actuellement les trois prisons surpeuplées de Bruxelles.

 

La fin des conditions d'incarcération inhumaines et dégradantes n'est donc pas pour tout de suite...

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