samedi 30 novembre 2013

Un ange blond au service de la N-VA


Le Soir Béatrice Delvaux Editorialiste en chef

 


Annick De Ridder s’était surtout fait remarquer par son opposition au droit de vote accordé aux étrangers. © Belga.

 

Le transfert qui a secoué la Flandre cette semaine est  politique. C’est une femme qui en est l’actrice principale. Annick De Ridder, jolie blonde de 34 ans, a en effet célébré le congrès de l’Open VLD du dimanche de façon très particulière, en annonçant le lendemain qu’elle quittait ce parti où elle officiait depuis 15 ans. Et cela – le plus dur pour Gwendoline Rutten, sa présidente, était à venir – pour rejoindre, mais oui, vous avez bien deviné : la N-VA. Annick De Ridder s’expliquait sur son choix évidemment le soir même sur le plateau de Ter Zake.

Vous ne connaissez vraisemblablement pas celle qui siégeait au Parlement flamand depuis 2004 – un siège qu’elle conservera jusqu’au 25 mai 2014. Par contre, si vous suivez régulièrement ces Visas pour la Flandre vous connaissez déjà son actuel patron, ou en tout cas l’homme d’affaires pour lequel elle réalise des projets et de la consultance depuis plusieurs années. Il s’agit de Fernand Huts, patron de KatoenNatie, cette très grosse firme de logistique installée à différents endroits du monde et qui opère depuis Anvers – un homme qui dit depuis plusieurs semaines tout le bien qu’il pense de De Wever bourgmestre et président de parti. C’est lui qui dans De Standaard mardi explicitait le choix d’Annick DeRidder, ayant vu, dit-il, son insatisfaction croître au fil du temps : «  Son travail de consultante dans le secteur privé l’a mise en contact avec nombre de chefs d’entreprise qui lui ont mis les points qui fâchent sous les yeux : les bonus de liquidation, les sociétés de management, la fiscalité des voitures de société.  » Toutes ces mesures ont été prises par le gouvernement Di Rupo et autant de couleuvres, commente la principale intéressée, que l’Open VLD avale au fil des mois, ce qu’elle ne peut plus supporter. «  Je pensais être le grand gagnant de son malaise, poursuit Huts, j’espérais qu’elle pourrait davantage travailler pour nous, mais De Wever nous a pris de vitesse.  »

 

«  Quel a été l’impact de l’Open VLD dans le gouvernement Di Rupo ? Très faible  », explique la nouvelle perle séduite par la N-VA, qui ajoute ne plus se reconnaître dans la manière dont son ex-parti applique le libéralisme. Et de raconter que lorsqu’elle a lu les propositions et le programme économiques dévoilés par la N-VA récemment, elle s’y est parfaitement reconnue : «  Le seul parti qui peut et veut agir sur l’actuel malaise économique, c’est la N-VA.  » Le confédéralisme de De Wever & Co ? «  Vous ne pouvez pas faire de réformes économiques fondamentales sans changer la structure du pays.  » Nationaliste flamande ? «  Si vous me demandez si je suis une Flamande qui souhaite une réforme structurelle de fond, la réponse est oui. Pour le reste, la N-VA est un parti qui est partisan d’une évolution, pas d’une révolution. »

L’Open VLD l’a joué très bref : la liberté est une de ses valeurs fondamentales, et donc pas question pour eux de remettre en cause les choix personnels de tout un chacun. En coulisses, ils soulignent cependant qu’ils étaient déçus les derniers temps du manque d’activisme de leur blonde parlementaire. Son fait d’armes remonte au congrès où les libéraux se sont déchirés sur le droit de vote aux étrangers et dont elle était l’un des fers de lance. Mais depuis, finalement, disent ses anciens collègues, peu d’éclats et peu d’initiatives seraient venus de son côté.

Le coup de poignard est signé Hugo Camps, le billettiste à la plume acérée, du Morgen. Son encadré quotidien à la une du journal s’intitulait sobrement « Annick ». Mais le reste n’était qu’assassin, pour celle qu’il décrit comme une apparition toujours rafraîchissante, un air de printemps avec du Prada sur le cul (sic), un ange bleu. Mais… «  je n’aime pas les gens qui passent d’un camp à l’autre. On les a dans toutes les langues et les couleurs mais ces derniers temps, surtout en dialecte anversois  ».

Reste que le coup est très beau pour la N-VA qui devait se frotter les mains d’avoir ainsi pu torpiller d’un coup les effets d’annonce et les prévisions de ciel bleu proférées par Gwendoline Rutten. Après le transfert de Johan VanOvertveldt, rédacteur en chef de Trends, l’arrivée à la N-VA d’Annick De Ridder, donne un message fort également vers l’extérieur du parti. Ces deux spécialistes des questions socioéconomiques, au contact régulier du monde des affaires, trouvent le programme économique du parti nationaliste séduisant, extrêmement crédible, et en tout cas bien plus que celui de ceux qui s’en étaient fait jusque-là une spécialité, comme l’Open VLD. Ajoutons à ce plus, les réseaux que ces deux personnes influentes amènent avec elles dans leur escarcelle, mais aussi leurs compétences dans un secteur clé et central de conquête du parti nationaliste, loin de posséder ces atouts en interne. Par ailleurs, l’effet d’image est cette foispositif, bien loin de celui généré par les transfuges venus pour les élections communales, du Vlaams Belang et qui avaient suscité, eux, des remous en interne et des dégâts vers l’externe. Rien à dire : bien joué, Bart !



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

BIEN JOUE BART !


Attention danger. De Wever vient de se payer deux jokers coup sur coup au détriment du VLD.

C’est de toute évidence un coup bas et un coup de maître, Béatrice Delvaux,  comme si souvent a raison. Hélas. Il semble bien que l’actualité belge tourne de plus en plus autour de deux hommes politiques antinomiques : Bart et Elio. Tout se passe comme si le reste du personnel politique de ce pays était composé de simples figurants. Quant au troisième personnage phare Guy Verhofstadt qui pourrait remettre les pendules à l’heure, il mise désormais tout sur l’Europe.

Le « malaise » de BDW, banalisé par son parti, fut vite balayé.

Notre Achille serait-il fragile du talon ?

 MG

 

 

 

 

 

Aucun commentaire: