samedi 21 décembre 2013

Bruxelles lance un "Service citoyen"

MATHIEU COLLEYN

La Libre



Un tiers des chômeurs belges ont moins de 25 ans

Un effort sans précédent pour la formation des jeunes en décrochage.

La Belgique figure parmi les Etats les moins bien lotis en Europe quant au chômage des moins de 25 ans ("La Libre" de mercredi). Ce n’est évidemment pas à Bruxelles que cette situation peu enviable étonnera. Dans la capitale, le taux de chômage de cette catégorie d’âge atteignait 36,4 % en 2012, au taux largement au-dessus de la moyenne européenne fixée à 22,9 %. Partant du principe que c’est le niveau de formation de cette jeunesse qui l’empêche de rentrer dans un marché de l’emploi de plus en plus exigeant (en termes d’expérience requise ou de connaissance linguistique) et marqué par des phénomènes de discrimination à l’embauche, les autorités régionales ont décidé de mettre le paquet.

 

Au total, près de 39 millions d’euros seront affectés en 2014 et 2015 à des politiques de remise à l’emploi destinées à la jeunesse. Une manne provenant à la fois de la Communauté française (Cocof), de la Région et de l’Union européenne qui soutient des projets structurels allant de ce sens.

 

Rachid Madrane, ministre bruxellois en charge de la formation professionnelle a fait adopter hier le dispositif qu’il entend mettre en place pour les 3 000 Bruxellois qui constituent le "noyau dur" du chômage des jeunes. "Ce sont des jeunes en décrochage scolaire, sans emploi et sans aucune formation, précise-t-il. Je parle d’une population qu’on a du mal à ramener vers les filières de formation parce qu’elle n’a pas le niveau suffisant. Si on ne prend pas ces jeunes par la main, ils n’ont aucune chance."

 

Concrètement, le plan du ministre prévoit d’organiser 3000 formations supplémentaires dès 2014. Elles seront préqualifiantes ou qualifiantes dans des secteurs en manque de main-d’œuvre comme la construction durable, l’industrie, l’Horeca ou les métiers de la ville. L’accompagnement des jeunes en lien avec le monde du travail sera renforcé. Et un gros effort sera consenti en matière d’information de ces jeunes qui "perdent" parfois plusieurs années avant de revenir vers la formation professionnelle. Via un espace d’orientation spécifique mais également une démarche vers le public concerné et leurs parents. "Le but est de s’appuyer sur le tissu associatif et les acteurs de terrain afin d’aller véritablement rechercher ces jeunes", explique Rachid Madrane.

Une ampleur inédite

Le ministre lancera également un projet expérimental de "service citoyen", une sorte de service civil. "Je ne suis pas militariste mais il faut imaginer une formule qui permette à certains jeunes de reconstruire un projet de vie, de leur réapprendre à se lever le matin pour travailler avec les autres, avoir des responsabilités et retrouver un rôle", justifie le socialiste. Les soixante jeunes qui seront engagés dans ce projet pilote seront rémunérés à hauteur de 200 euros par semaine pour travailler dans des maisons d’accueil de l’enfance, de demandeurs d’asile, des organismes comme la Croix-Rouge ou les CPAS. Objectif : faire naître des vocations. "Si cela marche, le système pourra être étendu", indique Rachid Madrane.

 

Autre mesure originale : la mise en place d’une offre de formation "de la seconde chance" : "Il s’agit d’aider ceux qui souhaitent avoir un diplôme mais ont complètement décroché". Le projet prévoit des accords avec l’enseignement de promotion sociale et des interventions financières pour payer les frais d’inscription ou encore les frais de garde d’enfants pour les jeunes mères célibataires. "Il s’agit d’enlever toutes les barrières qui se dressent devant ces personnes", estime Rachid Madrane. Son projet est, selon lui, à la fois transversal, novateur et d’une ampleur inédite. Reste à voir s’il sera efficace.



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

ENFIN CA BOUGE MAIS CA BOUGE A PEINE

TROP PEU , TROP TARD


Mais que n’a-t-on mis en place de telles mesurettes ( offre de formation "de la seconde chance", formations pré-qualifiantes ou qualifiantes dans des secteurs en manque de main-d’œuvre comme la construction durable, l’industrie, l’Horeca ; accords avec l’enseignement de promotion sociale ;projet expérimental de "service citoyen ) bien avant que la fièvre électorale ne s’empare des responsables socialistes aux manettes, soudain très soucieux de leur réélection?

Mais attention l’effort consenti ne concerne que 3.000 Bruxellois qui constituent le "noyau dur" du chômage des jeunes : des jeunes en décrochage scolaire, sans emploi et sans aucune formation.

Il s’agit de cette « population qu’on a du mal à ramener vers les filières de formation parce qu’elle n’a pas le niveau suffisant. Si on ne prend pas ces jeunes par la main, ils n’ont aucune chance." Il s’agit "de leur réapprendre à se lever le matin pour travailler avec les autres, avoir des responsabilités et retrouver un rôle",

Pire ils ont toutes les chances d’atterrir dans les filets des mafias de rue ou, ce qui n’est guère mieux, dans les pièges des islamistes de tendance salafiste.

Initiative louable mais partisane : "Le but est de s’appuyer sur le tissu associatif et les acteurs de terrain afin d’aller véritablement rechercher ces jeunes". Il s’agit donc bien d’arroser de subsides les asbl proches du PS, pour concrétiser cette nouvelle volonté politique.

MG

 

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