samedi 14 décembre 2013

Bruxelles: Yvan Mayeur a prêté serment comme bourgmestre de la Ville de Bruxelles

Le Soir


Le socialiste Yvan Mayeur a prêté serment de bourgmestre entre les mains du ministre-président bruxellois Rudi Vervoort, vendredi après-midi, au siège du gouvernement régional. Il succède comme annoncé à Freddy Thielemans, son colistier, qui a remis sa démission. Mais l’arrêté de nomination prévoit qu’il ne deviendra bourgmestre effectif que dimanche soir à minuit.

 


Rudi Vervoort, ministre-président bruxellois et Yvan Mayeur, nouveau bourgmestre de la Ville de Bruxelles. © IMAGEGLOBE

Âgé de 53 ans, cet assistant social de formation, qui a fait ses premiers pas dans la vie à Etterbeek, a grandi dans les Marolles. Il fait partie des murs, de longue date, à la Ville de Bruxelles où il occupe la fonction de président du CPAS depuis 1996. C’est dans cette fonction, comme dans celle de député fédéral qu’il a jusqu’à présent imprimé sa marque de fabrique en politique : le combat pour plus de justice sociale, presque au sens propre et en tout cas au sens figuré. En témoigne la force avec laquelle il estime devoir défendre cet objectif, au profit des plus démunis, mais aussi au nom de son parti, le PS. Son arrivée à la tête du CPAS de Bruxelles en 1995 a coïncidé avec la mise en place d’un vaste plan de restructuration des finances des hôpitaux bruxellois dont le déficit atteignait une profondeur presque abyssale et aux rangs desquels figurait l’hôpital Saint-Pierre. Sous sa férule, la modernisation de la gestion de cette entité hospitalière a eu pour corollaire celle du CPAS de la Ville qui a amplifié son rayon d’action social notamment dans le domaine de l’emploi, et du logement en en faisant un pilier du plan communal de création de 1000 nouveaux logements au cours des dernières années. Ce choix lui a parfois été reproché par certains conseillers communaux, mais lui-même l’assume ouvertement, jugeant que le patrimoine immobilier de cette institution permet d’y poursuivre ses objectifs sociaux en pesant à la baisse sur les prix du marché locatif dans une commune qui héberge des couches sociales défavorisées dont d’autres ne veulent pas forcément assumer la présence. C’est sous son impulsion aussi, et dans ce contexte, qu’a été créé le Samusocial, au centre d’une polémique politique au cours des dernières semaines, mais qui, en raison de son expertise, bénéficie toujours de subsides à la fois régionaux et fédéraux pour organiser l’accueil d’urgence de centaines de SDF durant l’hiver, au-delà de l’accueil d’urgence des sans-abri, durant toute l’année. Durant sa carrière, Yvan Mayeur a également occupé la présidence d’Iris, la structure faîtière des hôpitaux publics de la capitale, de 2005 à 2008. Pratiquant régulièrement le sport durant ses périodes de temps libre, Yvan Mayeur endosse une fonction de rassembleur après avoir assumé une fonction plus ciblée dans laquelle son style tranchait singulièrement avec celui, plus rond, de son prédécesseur au poste de bourgmestre. (Belga)


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

C’EST AU PIED DU MUR QU’ON JUGE LES QUALITÉS DU MAÇON.


Le Soir publie une carte blanche intéressante de Vander Taelen, un député groen qui prodigue quelques conseils au nouveau maïeur nommé Yvan. Comme souvent, le texte est malheureusement réservé seuls aux abonnés. Soit ! Retenons que Pascale Peraitason amie d’enfance qui était sous sa tutelle au CPAS, le demeurera à la tête de celui-ci : elle lui doit tout. « On le soupçonne de l’avoir couverte » (sic)Au sein du parti socialiste, « un réel malaise demeure ». 

Il a compris très tôt qu’il devait maîtriser l’appareil et convaincre, Laurette Onkelinx, la vraie cheffe à BruxellesEntre les deux, on parle d’« osmose ».

En coulisse, beaucoup affirment que c’est lui le patron du PS local. Freddy Thielemans n’ouvrait plus un dossier… « La question que je me suis posée,: « y en a-t-il un meilleur que moi dans mon camp pour le mayorat ? Je n’en voyais pas… »(Mayeur sur Mayeur)

Ben voyons ! En effet : « mauvais départ, mauvais signal. »

Constatons que les boys d’Onkelinx (Rudi Vervoort et Yvan Mayeur) ne sont pas des foudres de guerre, surtout, ils font peu de voix ; que sa campagne pour conquérir Schaerbeek, comme la campagne de Russie de Napoléon  s’est terminée en Bérézina. Décidément, la dame de fer au sourire carnassier qui succède à Philippe Moureaux à la tête du PS n’a pas le talent stratégique de l’homme mythique de Molenbeek.

Les  Bruxellois sont-ils bien conscient de l’importance du scrutin régional de 2014 ?

MG



MAUVAIS DÉPART, MAUVAIS SIGNAL

UN ÉDITO SIGNÉ VINCENT ROCOUR Le Vif

Un édito signé Vincent Rocour.

 

On pourrait gloser à l’infini sur le salaire - environ 4 500 euros nets mensuels - que gagnait Pascale Peraita lorsqu’elle était directrice du Samu social de Bruxelles. Il y a fort à parier que de nombreux éducateurs qui ont manifesté hier à Namur le jugeront fort élevé. Mais il y a sûrement un tas d’arguments pour en justifier le montant. Celui avancé par Yvan Mayeur, le nouveau bourgmestre de Bruxelles et président du Samu social, laisse cependant songeur. Pour lui, le salaire de 4 500 euros nets - "un revenu moyen" selon lui ! - du responsable du Samu social se justifie par l’importance du secteur social, trop peu rémunérateur par rapport au secteur bancaire où " on devrait gagner moins ".

A ce compte-là, on va pouvoir justifier un grand nombre de hausse de salaires. Car des professionnels qui estiment remplir une fonction plus noble que les "banquiers", il y en a un paquet.

On sait d’ailleurs très bien que la marche forcée vers le retour à l’équilibre des finances publiques rend impossible une amélioration du salaire de toutes les personnes qui œuvrent dans le social et dépendent dès lors largement de subsides publics. Une marche forcée à laquelle participe d’ailleurs courageusement le parti de M. Mayeur. On a dès lors le désagréable sentiment que le nouveau maître de la capitale utilise un argument à portée collective pour couvrir la promotion de quelques copains.

On aurait de loin préféré qu’Yvan Mayeur dise vouloir s’engager à établir des règles de rémunérations plus transparentes dans les institutions sur lesquelles il a une prise. Au lieu de cela, il délivre un bien mauvais signal qui entache son entrée en fonction.



COMMENT YVAN MAYEUR A PRIS LE POUVOIR À BRUXELLES

 Soraya Ghali Le Soir


En quelques années, le nouveau bourgmestre de la Ville de Bruxelles a pris l’ascendant sur le parti, a effacé ses concurrents et s’est rendu indispensable. Enquête.

C’était le 4 décembre dernier. Yvan Mayeur nous disait : « Je fais l’unanimité. Tout le monde est content de me voir arriver. » Il est souriant, léger, heureux : chemise blanche, pantalon noir parfaitement ajusté, smartphone et iPad à portée de main, un peu Michel Field, les kilos en moins. « Notre équipe est très soudée », insiste-t-il. Le soir même, à la section locale du PS, il sera élu au poste de bourgmestre de Bruxelles-Ville. Pourtant, Mayeur est éclaboussé par « l’affaire Peraita » : le manque de transparence dans la gestion du Samusocial, pointé par un rapport de l’Inspection des finances, et les avantages (haut salaire et logement public ayant bénéficié d’un subside régional pour « rénovation ») dont bénéficie Pascale Peraita, l’ex-directrice de l’ASBL qui a pour vocation de venir en aide aux personnes en grande précarité. Le hic : Pascale Peraita, amie d’enfance d’Yvan Mayeur, est sous la tutelle du CPAS, donc d’Yvan Mayeur.. Début décembre, au sein du parti socialiste, « un réel malaise demeure ».

La passation de pouvoir semble bien difficile à Bruxelles. Alors que son prédécesseur, Freddy Thielemans, rate sa sortie – on l’accuse de s’être présenté à l’électeur en sachant qu’il n’irait pas au bout de son mandat –, Yvan Mayeur loupe son entrée. L’un a 69 ans et cède sa place après douze années de mayorat ; l’autre, à 53 ans, s’installe à l’hôtel de ville, entaché de soupçons. « Non, conquérir Bruxelles n’était pas mon rêve. Je me destinais à une carrière fédérale », assure-t-il. Selon ses proches, ces propos voileraient une vieille blessure. En mars 2008, Elio Di Rupo, président du PS, veut nommer un secrétaire d’Etat à la Lutte contre la pauvreté. Yvan Mayeur attend l’appel du président. Député fédéral et président du plus grand CPAS du pays, il connait le terrain et estime avoir le meilleur profil pour le poste. Il l’espère. Elio Di Rupo lui préfèrera un illustre inconnu : Frédéric Laloux, échevin jugé peu convaincant par ses pairs et qui démissionnera un mois plus tard… Pour Mayeur, des années d’efforts pour devenir « l’un des hommes les plus prometteurs de la gauche » sont réduites à néant. A quoi bon travailler dans l’ombre, se démarquer du rang des parlementaires, si c’est pour « se faire doubler par une klet » ? Philippe Moureaux, patron du PS bruxellois, montera alors au créneau pour demander à son président de rattraper cette « erreur de casting ». En vain. Seconde déception : Frédéric Laloux out, Di Rupo choisira le Namurois Jean-Marc Delizée, parlementaire fédéral. « Mayeur s’est construit sur le regret de ne pas avoir eu sa chance en 2008 », analyse un ténor socialiste.

Pour être investi candidat à la Ville de Bruxelles, son score électoral ne lui a été d’aucune utilité – jusqu’ici, en tout cas,l’homme n’est pas une machine à voix. Mais il a compris très tôt qu’il devait maîtriser l’appareil. Ceux qu’il devait convaincre, c’est Laurette Onkelinx, la vraie cheffe à Bruxelles, et les adhérents du PS local. Il réussira ainsi à minoriser l’autre clan actif à Bruxelles constitué autour de Philippe Close, échevin, ex-chef de cabinet de Freddy Thielemans et ancien porte-parole d’Elio Di Rupo, et de Karine Lalieux, échevine et députée fédérale. « On ne peut pas décoder l’ascension de Yvan Mayeur sans évoquer les liens qui l’unissent à Laurette Onkelinx », glisse un PS bruxellois. Entre les deux, il y a une relation d’amitié forte, une relation personnelle. On parle d’« osmose ».

 

Mayeur se rend indispensable. Rien de ce qui se passe à Bruxelles ne lui échappe. En coulisse, beaucoup affirment que c’est lui le patron du PS local. Que c’est lui le véritable bourgmestre de la ville, avec Philippe Close, depuis plusieurs années. Sur le ton de la confidence, les mauvaises langues affirment que Freddy Thielemans n’ouvrait plus un dossier…« La question que je me suis posée, confie-t-il à des proches, c’est : y en a-t-il un meilleur que moi dans mon camp pour le mayorat ? Je n’en voyais pas… »

 

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