jeudi 19 décembre 2013

ET BRUXELLES, ON EN FAIT QUOI ?


Béatrice Delvaux Editorialiste en chef Le Soir



Le fossé s’agrandit entre la Flandre et Bruxelles, et même plus exactement entre les Flamands et Bruxelles. Les confirmations viennent de tous côtés.

 

C’est cette jeune professeur d’université, originaire d’Anvers, qui habite et travaille depuis plus de 20 ans à Bruxelles et qui nous confie que son frère toujours à Anvers, ne met quasi plus les pieds dans la capitale. C’est Jan Goossens, le directeur artistique du KVS, le Théâtre royal Flamand à Bruxelles qui, lorsqu’il reçoit le prix de la Citoyenneté, rappelle que son théâtre a fait un vrai choix pour cette ville, en essayant de contribuer à son avenir mais que « cela devient de plus en plus difficile d’expliquer cela en Flandre. » Il ajoute que, si 50% de son public vient toujours de la Région flamande, lorsqu’il propose aux grands journaux flamands, de faire un article sur « Toernee generale », le point fort de la collaboration du KVS avec le Théâtre National, « on nous répond que cela n’intéresse pas car 2% de leurs lecteurs seulement sont sur Bruxelles. C’est décourageant ».

 

Ce sont des amis et connaissances, habitants flamands de la périphérie et des premières communes qui entourent Bruxelles dont on se rend compte qu’ils ne se rendent jamais, ou très rarement dans la capitale, que ce soit pour aller au restaurant, boire un verre, s’y balader ou faire des courses. Bruxelles, ville et région si proches physiquement, mais mentalement si éloignées. Peur d’une insécurité supposée, souvenirs de mauvaises expériences de pratique du néerlandais, méconnaissance souvent de rues et de lieux qu’ils vont rarement explorer, au contraire de ce qu’ils font avec assiduité dans les villes de Wallonie.

 

Quel projet pour Bruxelles ? Sera-ce un des enjeux de la campagne électorale ? Cela devrait, mais ce n’est pourtant pas celui dont on parle plus en Flandre. Le Soir et De Standaard avaient réussi l’exploit en mai dernier, de réunir quelquesgros bras du nord du pays, aux côtés de ceux des partis francophones. Et c’est là qu’à la surprise (ravie) du camp francophone, Wouter Beke avait pris la défense de Bruxelles en défendant son statut de région, taclant la N-VA sur la menacé de la tache d’huile francophone qui y prendrait sa source. Beke avait été tranchant : « ce risque est derrière nous, depuis la scission de BHV ». Le président du CD&V relevait aussi des complexités anversoises qui n’avaient rien à envier à celles qu’on projette d’ordinaire sur la région capitale belge. Beke suivait en cela une position déjà esquissée par Kris Peeters qui, dans une interview au Soir, au début 2013.

 

La N-VA a rebattu les cartes en dévoilant son idée d’une disparition de la région en tant que telle, sa cogestion par la Flandre et la Wallonie et l’idée de pousser les Bruxellois d’aujourd’hui, à choisir entre être Flamand ou Wallon pour obtenir leur « kit » de droits et de devoirs.

 

Sera-ce la vision dominante ? Peut-elle être épousée par d’autres partis ? Depuis la sortie de Stefaan De Clerck sur la proximité génétique entre le CD&V et la N-VA, peut-on penser que les positions d’hier du parti social chrétien seront toujours celles de demain ? Quelle place pour Bruxelles (et pour quelle Belgique) dans le « confédéralisme » sauce CD&V ? Le sud du pays n’est désormais plus sur de rien.

Et si, avant de trancher, la Flandre repartait à la découverte de Bruxelles, faisait à nouveau connaissance avec cet espace qui n’est plus une addition de Wallons et Flamands. En 1990, Bruxelles comptait 270.000 étrangers ; ils sont aujourd’hui plus de 380.000, soit un tiers de la population. Au total, trois quarts des Bruxellois ont une origine étrangère. On y parle pas surtout français, mais français néerlandais, polonais, arabe, anglais, espagnol - soit quelques unes des 104 langues parlées « bien à excellemment » dans la RégionCette population cosmopolite se sent d’ailleurs d’abord bruxelloise avant d’être « belge » ou « de sa commune ». Il faut changer de lunettes désormais lorsqu’on regarde et évoque cette région.

 

Et les francophones dans tout ca ? Le meilleur service qu’ils rendront est d’être ambitieux et exigeant pour la région bruxelloise. C’est le message envoyé à Rudi Vervoort, le nouveau ministre président, comme récemment au nouveau bourgmestre de la ville, Yvan Mayeur. Il ne suffira pas de faire de la place DeBrouckere un Times Square. La commune de Bruxelles a besoin d’ambitions multiples, la région, elle, a besoin de réformes (nombre d’élus, de communes) de grands projets, culturels notamment, de formations et d’un très bon enseignement (les emplois, eux, sont là). Elle a surtout besoin qu’on arrête de se battre et de nier ce qu’elle est devenue, mais que Flamands et francophones s’allient pour au contraire ADAPTER LES STRUCTURES ET LES PROJETS BRUXELLOIS, À SA NOUVELLE RÉALITÉ ET À SES IDENTITÉS MULTIPLES.



 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

IL  FAUT FAIRE REVER LES BRUXELLOIS


Mais quel est donc le politicien ou la politicienne qui va enfin sortir du bois  et nous faire rêver, nous autres Bruxellois, désenchantés par 20 ans de gouvernance socialiste à la petite semaine ?

Bruxelles ne fait plus rêver personne hormis DiverCity (qui essaye)  Corijn, De Neve, Van Parys et leurs complices  universitaires.

Le bouquin du Flamand Marc Didden een «  gehucht in een moeras » dont nous avons parlé ici même se lit comme l’appel d’un Flamand de Bruxelles  à ses congénères de Flandre qui ignorent tout de leur capitale et la méprisent superbement..  Les indigènes avertis trouveront ce livre assez moyen à l’exception des deux derniers chapitres écrits à quatre mains avec le subtil Guido Fonteyne.

«  Il ne suffira pas de faire de la place De Brouckere un Times Square. La commune de Bruxelles a besoin d’ambitions multiples, la région, elle, a besoin de réformes (nombre d’élus, de communes) de grands projets, culturels notamment, de formations et d’un très bon enseignement (les emplois, eux, sont là). »  

Corrijn, De Neve et Van Parys l’on fait dire à un panel d’experts universitaires de haut vol. Nous partageons leur diagnostic, d’autres l’on fait avec moins de talent et un moindre luxe de détails.

Mais ce que personne n’a fait jusqu’ici, c’est d’expliquer comment procéder concrètement et pratiquement.

Didier Reynders vient de sortir un bouquin chez Racine avec l’aide du rédac chef de la Libre qui le promotionne sur le site de la Libre : un comble.  Un projo sur l’homme et ses incontestables qualités mais rien sur Bruxelles apparemment (je n’ai pas eu le bouquin en main)

Décidément, il y a vraiment un créneau à prendre !

A vos plumes candidats parlementaires bruxellois !

MG




 

EN GEHUCHT IN EEN MOERAS (ZOALS OP DE ACHTERKAFT)

 

In dit boek ontdekken we Brussel door de ogen van Marc DiddenDidden leeft

al sinds zijn jonge jeugd in de hoofdstadwoonde er in verschillende gemeentesen trok speciaal voor dit boek nog eens van Anderlecht tot Evere, van Sint-Gillis tot Schaarbeek en van de Marollen tot WatermaelBosvoordeHij vertelt

op zijn welbekende manier: geestiggoedgeïnformeerd en recht uit het hart.Persoonlijke anekdotes worden afgewisseld met scherpe observaties, subtieleliefdesverklaringenkritische beschouwingen en interessante weetjesEn met prachtige foto's van Johan Jacobs. Dit is een boek voor nzowel de verstokte Brusselfans als voor diegenen die de stad beter willen leren kennen.

 



Marc Didden (°1949) was in de jaren '70 journalist bij het weekblad Humo en werd nadien filmmaker en scenarist. Hij was docent Scenario aan de Hogeschool Sint-Lukas in Brussel en schreef scenario's voor verschillende tvseries.

Daarnaast publiceerde Didden talrijke columns, twee bundels persinterviews,een novelle en een homage aan Hugo Claus. Bij Luster verscheen van zijn hand

Het verdriet van de mediawatcher (2010) en Scenarioschrijven, over denoodzakelijkheid van zitvlees. De essentie (2011).

 

 


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