mardi 24 décembre 2013

Le christianisme n'a plus les moyens d'être violent, il se fait donc pacifiste


ENTRETIEN : BOSCO D'OTREPPE, La Libre Belgique

Cette Église qui veut vous reconquérir

 

INTERNATIONAL Philosophe-citoyen et prolixe, chantre d'un athéisme volontaire et post-chrétien, Michel Onfray ne peut se contenter de la désertification des paroisses.

Il n'y a plus de chrétiens (ou trop peu) nous dit en substance le philosophe Michel Onfray. Le christianisme, par contre, demeure bien trop présent.

Philosophe-citoyen et prolixe, chantre d'un athéisme volontaire etpost-chrétien, Michel Onfray ne peut se contenter de la désertification des paroisses. Qu'importe qu'elles se vident, semble-t-il nous dire, si dans nos mœurs, nos habitudes, nos hôpitaux, nos regards et nos écoles son schéma religieux continue de s'imposer. Car ce schéma « qui nous pousse à ressembler à une fiction (Jésus), à un cadavre (le Christ), ou à une mère restée vierge (Marie), crée un certain nombre de tensions au niveau du schéma corporel ». C'est-à-dire ? C'est-à-dire que le christianisme a induit en nous la vision « d'un corps souffrant et doloriste, la notion de culpabilité, la célébration de la souffrance et la conviction que nous serions libres, donc responsables, donc coupables ; conviction qui justifie aujourd'hui encore nos dispositifs sécuritaires, pénitentiaires, judiciaires, pédagogiques, épistémologiques, médicaux... »

 

Hédoniste, si ce n'est à une table rase, c'est à une réflexion radicale et à un changement rigoureux que nous invite donc Michel Onfray. « Il y a l'athéisme qui consiste à nier l'existence de Dieu tout en gardant les valeurs et la morale associées au christianisme, mais il y a aussi l'athéisme post-chrétien qui souhaite dépasser la morale chrétienne et qui est celui que je défends » nous explique-t-il.

 

ÉLOIGNER LA MORT POUR RETROUVER LA VIE

 

Mais avec quel dénominateur commun faudrait-il alors repenser et refonder notre société ? « Avec la pulsion de vie », répond le philosophe. « Il nous faut instituer des communautés dans lesquelles la pulsion de vie fasse plus la loi que la pulsion de mort » qu'il associe aux religions.

« On peut aujourd'hui proposer les pleins pouvoirs à la sagesse et à la philosophie, et sortir des plans théologiques qui nous ont structurés assez longtemps. Que la religion devienne quelque chose de privé si l'on veut, mais qu'elle ne soit plus collective ou communautaire ; on ne peut pas construire une communauté sur la religion. Aujourd'hui encore, beaucoup de philosophes pré-chrétiens tels qu'Épicure, Sénèque ou Marc-Aurèle, nous aident à construire une existence dans laquelle on laisse toute la place à la vie pour reculer le pouvoir et la puissance de la mort. On doit pouvoir repartir de l'épicurisme, car on peut être épicurien aujourd'hui sans être la caricature d'un hédoniste, mais un philosophe sage qui aura réalisé ce qu'Épicure appelait l'ataraxie, c'est-à-dire l'absence de trouble. » 

 

LES CHRÉTIENS DU DIMANCHE

 

ET QUE PENSER ALORS DE CETTE NOUVELLE ÉVANGÉLISATION, DES CHRÉTIENS QUI SE MONTRENT PLUS IDENTIFIABLES SUR LA PLACE PUBLIQUE, DES JEUNES PRÊTRES QUI RETROUVENT LE COL ROMAIN OU LA SOUTANE ? CELA PARTICIPERAIT-IL À L'ENRICHISSEMENT DU DÉBAT, OU CELA SE RÉVÈLERAIT-IL DANGEREUX POUR LA SAUVEGARDE D'UN PLURALISME DANS NOS SOCIÉTÉS ?

 

« Dangereux n'exagérons rien, répond le philosophe, je ne pense pas que le christianisme d'aujourd'hui ait les pouvoirs qui ont été les siens. Quand le christianisme avait le pouvoir de nuire, il nuisait. Pensez à l'inquisition, aux croisades, à l'index, aux buchers, aux condamnations de philosophes. Maintenant, il n'est plus très en forme, il n'a plus les moyens d'être violents, donc il se fait pacifiste. Par contre, que des gens défendent leurs idées, je trouve cela très bien, surtout si ce ne sont pas les miennes. Vous savez, si les chrétiens étaient des chrétiens, moi, cela ne me gênerait pas. Mais ce que je reproche aux chrétiens c'est de l'être si peu, d'aller à la messe le dimanche matin et de dénigrer son voisin le dimanche après-midi, de ne pas partager, de consommer... d'être très loin d'une spiritualité chrétienne. S'il s'agit pour les chrétiens non pas de remettre une soutane pour montrer qui ils sont, mais de montrer l'effet du christianisme dans la vie quotidienne, je serais le plus heureux des hommes. Je croirai vraiment le pape quand il vendra le Vatican pour arrêter la faim dans le monde. Ce jour-là, je me dirai que le pape a vraiment changé. »

 

 

 

(1) Michel Onfray (http://mo.michelonfray.fr/) a à son actif plusieurs dizaines d'ouvrages sur des sujets de philosophie très variés. Concernant l'athéisme, nous mentionnerons ici son Traité d'athéologie. Véritable succès de librairie à sa sortie en 2005, il pose de légitimes questions quant à la prégnance du schéma religieux et de la théocratie, et propose notamment de manière argumentée les bases de l'athéologie. Concernant le christianisme, si sa vision de Jésus vu comme un « personnage conceptuel » est loin de contenter tout le monde, nous regretterons que le portrait qu'il donne de ce monothéisme se borne bien souvent à un ensemble de préceptes moraux, ce qui, selon nous, le fait passer à côté de ce qu'est l'essence et la spécificité même du christianisme pour le croyant : une rencontre personnelle avec un Dieu miséricordieux.

 

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

PROPOSER LES PLEINS POUVOIRS À LA SAGESSE ET À LA PHILOSOPHIE

LA SOCIÉTÉ CHANGERA QUAND LA MORALE ET L’ÉTHIQUE INVESTIRONT NOTRE RÉFLEXION

Pierre Rabhi

 

" ... Mais ce que je reproche aux chrétiens c'est de l'être si peu, d'aller à la messe le dimanche matin et de dénigrer son voisin le dimanche après-midi, de ne pas partager, de consommer... d'être très loin d'une spiritualité chrétienne. ... "

On peut du reste faire le même reproche aux musulmans, singulièrement à toute la mouvance islamiste, ces fous de Dieu, ces égarés obsédés par la lettre qui s’éloignent de l’esprit du texte fondateur  et de l’éthique coranique du Bel Agir.

Mais surtout, et pas qu’en occident, le matérialisme, l’égoïsme et le relativisme sont devenus les trois piliers d’une civilisation qui ne semble plus vivre que pour le pain et les jeux et les arbres de Noël  dégoulinants d’inutiles cadeaux . Une époque aveuglée par ses dogmes, son sectarisme, ses lugubres modes médiatiques et une intolérance rare.

Mais il reste ici et là des sages et des justes qui sont le sel de l’humanité. Pierre Rabhi est de ceux là.

 



PIERRE RABHI : L’ETHIQUE DE LA SOBRIETE HEUREUSE AU NOM DE LA TERRE


Il est parmi nous, à côté des nouveaux curetons sexys à cols romains et autres papistes François aux petits pieds, des sages, des hommes et des femmes de bonne volonté, des Bel Agissants.

Pierre, Rabhi est de ceux-là. Ce fils spirituel de Gandhi est né en 1938 dans une oasis du Sud algérien d’un père forgeron contraint d’aller travailler dans la mine .

Le jeune orphelin de mère Pierre Rabhi sera confié à cinq ans à un couple d’Européens (elle est institutrice, lui est ingénieur). Il reçoit alors une éducation française, tout en préservant ses racines. Le voici donc devenu cosmopolite malgré lui, puisant le meilleur de sa culture d’origine ainsi que dans la culture française et républicaine un peu comme fit Gandhi et aussi, à sa manière Mandela.

Arrivé en France dans les années 50, ouvrier dans une usine de la capitale, Pierre Rahbi remet en cause les valeurs de productivisme et de compétition de la modernité et décide de s’installer avec sa famille sur une ferme ardéchoise. Après s’être heurté aux pratiques désastreuses de l’agriculture intensive, il se tourne vers des méthodes respectueuses de la nature. Fort de cette réussite, c’est en 1981, au Burkina Faso, qu’il commencera à transmettre son amour de la terre et son savoir-faire agroécologique…  

Transmission qu’il n’a cessé de poursuivre aux quatre coins du monde, cherchant à fertiliser les sols désertiques, à REDONNER LEUR AUTONOMIE ALIMENTAIRE AUX PLUS DÉMUNIS, À PROMOUVOIR UNE RÉCONCILIATION ENTRE LES HOMMES ET LA TERRE-MÈRE ET À INAUGURER UNE NOUVELLE ÉTHIQUE DE VIE VERS UNE "SOBRIÉTÉ HEUREUSE"…

Il est sollicité pour de nombreuses conférences dans le monde, et a publié chez Actes Sud son dernier livre "La sobriété heureuse".

Il faut vous précipiter le samedi 28 décembre à 17h30 à Flagey  pour voir ou revoir le magnifique film AU NOM DE LA TERRE.

Attention, il risque d’y avoir beaucoup de monde et du beau monde croyez-moi.

Ce sera une occasion de se rencontrer car j’y retournerai avec joie.

 MG




« Il faut se mettre dans une attitude de réceptivité, recevoir les dons et les beautés de la vie avec humilité, gratitude et jubilation. »

Pierre Rabhi

"La Terre... Combien sommes-nous à comprendre cette glèbe silencieuse que nous foulons toute notre vie ? Pourtant, c'est elle qui nous nourrit, elle à qui nous devons la vie et devrons irrévocablement la survie"

Pierre Rabhi

" Ne pouvant produire sans épuiser, détruire et polluer, le modèle dominant contient en fait les germes de sa propre destruction et nécessité d'urgence des alternatives fondées sur la dynamique du Vivant ".

Pierre Rabhi

 


COMMENT L'ÉGLISE VEUT VOUS RECONQUÉRIR

UN RÉCIT DE BOSCO D'OTREPPE DEPUIS LE VATICAN

COMMENT, AVEC QUEL UNIFORME, QUELLES ARMES, QUEL SOURIRE ET QUELLES PAROLES L'ARMÉE DES CATHOLIQUES EN MARCHE COMPTE-T-ELLE PROGRESSER ?

 

« Va, avance, surtout vers les yeux qui te regardent. Sois le virtuose du premier pas. Ton sourire te confère tous les droits. » Dans les méandres chauds de Marseille, le Père Zanotti se promène en soutane noire et bien cintrée, les souliers cirés et le visage net. Il fait partie de ces nombreux jeunes prêtres que l'on décrit comme le clergé ensoutané, ceux-là mêmes qui prônent une affirmation claire de soi et de la foi. Dans son livre « Au diable la tiédeur », il lance avec fougue de nombreux conseils à ses frères les prêtres, pour redorer les blasons des Églises. « Choisis la classe, le style, jamais la mode. Et du panache, s'il te plait, comme en ont les saints ! »


Ces dernières décennies, l'Église a bien souvent préféré se faire discrète au sein du monde : tel le levain caché dans la pâte pour la faire monter. Une frange plus large aujourd'hui du jeune clergé occidental revient à l'affirmation visible de soiDans la rue, dans les cafés, sur les réseaux sociaux, les voici qui s'avancent fiers de porter le col romain. Comme pour tout, on peut avoir des événements une double lecture. Si plusieurs défendent l'identité affirmée comme prémisse indispensable à toute rencontre, d'autres ont peur d'y lire une réelle crispation identitaire.

 

Quelles que soient les analyses, un nouveau vent d'évangélisation s'empare de l'Église aux côtés du Pape François. Les défis sont pourtant immenses et difficiles. Comment par exemple témoigner d'un message universel à une société particulière ? Rien que cette équation offre des cheveux gris aux plus grands vaticanistes. Mais le pape François donne l'impression de passer outre tous les consultants qui pourraient accourir aux portes de ses bureaux. « Avanti » lance-t-il enthousiaste et spontané, la bible sous les yeux, à une foule qui en redemande. « Allons aux périphéries, tournons-nous vers les plus démunis ». « Prêtres soyez des pasteurs pénétrés de l'odeur de vos brebis. »

 

Car la question du comment évangéliser est très pratique finalement. Le croyant doit replonger les mains dans le cambouis du monde semble dire le pape, se frotter à la réalité avec sa vie en étendard. Être chrétien, ce n'est en effet pas être le porte-parole d'une philosophie ou d'une doctrine. « C'est un mode de vie qui couvre l'existence de A à Z » explique un prêtre. Et si croire est une joie, alors croyants « soyez joyeux » a souvent répété le pape. Ne vous laissez pas aller à la « mélancolie », sous peine d'arborer une triste « face de piment au vinaigre ».

 

La liberté comme balise, la vérité comme fanion, la raison comme compagne

Malgré tout, l'évangélisation trouve d'abord sa source dans la prière. S'il y a autant de façon d'évangéliser qu'il y a de croyants, « la base universelle est la prière » nous explique le philosophe Martin Steffens, « tout comme le but ultime est la rencontre avec le Christ ». « Et n'oublions surtout pas que nous sommes dans une logique du partage, et non pas dans l'imposition d'une idée. » « Évangéliser, avant tout prosélytisme, c'est mettre l'évangile à la portée de tous » explique le Père et sociologue Nicolas de Brémond d'Ars.

 

Quoi qu'ait pu faire l'Église au cours de son histoire, « la liberté est une valeur non négociable si nous voulons que l'évangélisation soit véritable ». « De même que le Christ a voulu nous rendre libres, ne cherchons jamais à imposer quoi que ce soit » insiste Anne-Laure, jeune croyante.

 

« Pour autant, vient aussi un moment délicat où il faut affirmer clairement qu'être chrétien ce n'est pas qu'être gentil, mais que c'est un chemin au cours duquel nous sommes amenés à rencontrer le Christ qui est La Vérité » continue Martin Steffens. « Il y a toujours ce moment du ou bien, ou bien. Vais-je suivre le Christ jusqu'au bout ? Accepter qu'il soit cette Vérité ? C'est le moment où je dois choisir, et où intervient la foi en Dieu et en l'Église. »

 

Comme la foi nourrit la raison, la raison doit nourrir la foi précise en substance le Père Jacquinet membre du conseil pontifical pour les laïcs. L'un ne va pas sans l'autre, et trop d'expériences d'évangélisation oublient l'un de ces deux piliers.




L'ESPRIT-SAINT, L'ACCORDEUR DE CONSCIENCE

Sans que la vie soit un amas d'interdits (au contraire, le grand commandement qui se trouvait dans la besace du Christ était positif : aimez-vous les uns les autres, être catholique, nous en parlions plus haut, c'est d'abord agir en tant que catholique. De la librairie au restaurant, en passant par la machine à café. À travers son travail, sa famille, sa vie quotidienne et la vie qu'il mène, le croyant est donc appelé à « sanctifier » le monde. C'est à dire à tout faire selon les volontés de Dieu pour annoncer ce dernier, et contribuer à rendre, selon son point de vue, notre terre plus joyeuse.

 

Vous en conviendrez, la mission n'est pas simple, et demande une humilité exemplaire face à son propre intérêt, face à son orgueil et son égoïsme, face aux volontés de Dieu et face à la liberté de l'Autre, valeur capitale et essentielle que le catholique, pour agir en cohérence, se doit de respecter (répétons-le).

 

Mais soulignons-le aussi, il n'est pas seul le chevalier catholique. Il tient dans son coeur un allié de poids : l'incontournable Esprit Saint. L'Esprit Saint, c'est ce don de Dieu qui se donne à lui, pour qu'il puisse accorder son intelligence avec la volonté divine. En d'autres mots, c'est l'Esprit Saint qui éclaire l'homme à travers sa conscience, et lui fait comprendre ce que Dieu veut de et pour lui.

 

Au croyant dès lors, par son intelligence, par l'écoute de soi, de son ressenti, de se mettre avec humilité au diapason de sa conscience. « Aime, même avec maladresse, mais aime » recommanderait le PèreZanotti à Marseille. Il suffit souvent de quelques mots pour résumer les évangiles, et parler de l'évangélisation.

 

 

 

 

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