vendredi 13 décembre 2013

Les immigrés? Une charge pour la sécurité sociale disent les Wallons


TASSIN STÉPHANE La Libre Belgique



Une immigration mal perçue...

Un des volets du baromètre social de la Wallonie interroge les valeurs des citoyens, leur degré d’ouverture ou de tolérance. C’est notamment la première fois que la question relative au poids de l’immigration est posée dans ce genre d’enquête au niveau d’une région.

Et manifestement, le poids de l’immigration n’est pas perçu correctement. A la question qui leur a été posée : "En Wallonie, si vous deviez estimer le pourcentage de la population immigrée (il s’agit des personnes nées en dehors de la Belgique), à combien s’élèverait ce chiffre ? (en %)", les citoyens estiment en moyenne à 26 % le pourcentage de la population immigrée. Deux personnes sur cinq (43 %) estiment que le pourcentage d’immigrés est supérieur à 25 %, une personne sur trois (32 %) le situe entre 13 et 25 % et une personne sur quatre considère qu’il est inférieur à 13 %. A titre d’illustration, on relèvera qu’1 Wallon sur 12 estime que les immigrés représentent plus de 50 % de la population wallonne résidente.

 

Plus les citoyens ont une représentation importante de la proportion des immigrés en Wallonie, plus leur attitude défavorable par rapport à l’immigration s’accentue. A titre d’exemple, en Wallonie en 2012, 68 % des citoyens estiment (plutôt d’accord à tout à fait d’accord) que les immigrés sont une charge pour la sécurité sociale du pays. Lorsque les citoyens ont une représentation du pourcentage d’immigrés qui est proche de la réalité (moins de 13 % d’immigrés en Wallonie), on constate alors que leur perception à l’égard des immigrés est moins défavorable : de 68 %, ils sont 48 % à considérer que les immigrés sont une charge pour la sécurité sociale du pays. "Certains ont l’image de vagues complètes d’immigration qui les envahissent. Beaucoup confondent immigration et personne d’origine étrangère. La perception wallonne n’est pas une exception, c’est comme cela partout en Europe", conclut Sébastien Brunet.

 


"CERTAINS ONT L’IMAGE DE VAGUES D’IMMIGRATION QUI LES ENVAHISSENT.

C’EST COMME CELA PARTOUT EN EUROPE


Cet article a suscité 48 commentaires ! C’est dire combien il reflète une préoccupation majeure et profonde des Wallons. Et on ne parle pas ici des Bruxellois.

Il faut se souvenir que dans les années vingt et trente tandis que la crise économique faisait rage et que le taux de chômage atteignait des taux faramineux en Europe, les réfugiés, on disait les apatrides, affluaient par milliers dans les démocraties impuissantes. Ils venaient de l’est et fuyaient les pogroms. Ils n’étaient bienvenus nulle part. On connait la suite. Il y a actuellement dans le monde des millions d’apatrides, sans papiers, sans identités, sans défense.

Ce sont des hommes de femmes comme nous, des enfants. Ils viennent de partout de l’est européen autrefois communiste, d’Afrique, autrefois colonisée attirés par notre prospérité et la générosité de notre système social. Les autochtones ne les aiment pas, craignant pour leur confort. C’est ce qui explique l’immense popularité de Maggie Deblock qui pousse de tout son poids sur la pédale de frein.

« L'immigration est trop souvent abordée sous l'angle "il y a trop d'étrangers et on paie trop de taxes" un angle vain et bien trop facile à récupérer par des populistes qui sont contrés par des tribuns des partis en place. Des habitués des plateaux de télévision. Reste à trouver des moyens et des responsables politiques qui oseront prendre des mesures efficaces pour défendre notre civilisation car c'est de ça qu'il s'agit. »Autrefois, les pères blancs, les bons pasteurs et les troupes coloniales, sans oublier les colons s’en allaient répandre la civilisation parmi les sauvages, les primitifs et les barbares d’Afrique. Le flux se serait-il inversé ?

« La doxa est et doit rester que l'immigration est une richesse pour l'Europe, la Belgique etc .... et pour cela il faut bien entendu endoctriner les gens ..... et cela se fait aussi avec ce genre de sondages et la répercussion qu'ils ont dans la presse. »  

Propos du café du commerce ? Certes oui, les forums des grands quotidiens ne sont généralement que cela : ils se lisent comme un long lamento des frustrations des retraités aigris qui ont le temps de déverser leur bile et leurs rancoeurs amères. Le climat est délétère les tensions montent.

Un exemple qui résume cela assez synthétiquement :

« Les prisons débordent, malgré qu'on ne "preste" plus en dessous de 3 ans

Il manque des dizaines de milliers de logements sociaux

Les tribunaux sont encombrés

Il faut construire dans l'urgence de nouvelles écoles

Les autorités font face à un cauchemar sécuritaire

Le nombre de chômeurs bat de nouveaux records

et, et, le "fond de viellissement" est toujours à ZERO

Et ça c'est après des décades d'années fastes, faut pas demander ce que ça va être après des décades difficiles. (…) Bruxelles est le fourre-tout du pays en matière d'immigration et "d'accueil" de personnes en situation irrégulière. C'est un des rares secteurs où Flamands et Wallons s'entendent... en toute discrétion. »

Se lamenter est une chose mais que faire, concrètement ?

Inlassablement nous plaidons pour une mobilisation majeure et prioritaire sur le front de l’enseignement. Il est temps d’agir, tant qu’il reste quelqu ’argent à dépenser, demain il sera trop tard.  La balle est dans le camp des politiques tellement obsédés par leur réélection en mai 2014 qu’ils négligent toute réflexion à moyen terme.

Au dix-neuvième siècle, quand la révolution industrielle transforma l’Europe en une gigantesque fabrique on eut soudain besoin d’une main d’œuvre qualifiée et instruite. La scolarité devint obligatoire et le défi de l’alphabétisation des masses autrefois rurales, mais concentrées désormais dans les villes, fut réussi. On se trouve aujourd’hui confronté à un défi du même genre pour intégrer les millions d’apatrides-le plus souvent ruraux-qui peuplent nos grandes villes et se crispent dans un repli identitaire et religieux. C’est de la nitroglycérine 

 MG

 

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