jeudi 12 décembre 2013

Magnette: "Le PS est républicain par idéal"


FRÉDÉRIC CHARDON ET RAPHAËL MEULDERS La Libre Belgique




Les présidents du PS et du SP.A font le point sur l’idée socialiste.

La "Libre" et le "Standaard" ont réuni les présidents du PS et du SP.A, au Monk, un café typique situé à deux pas de la place Sainte-Catherine, à Bruxelles. Pourquoi ? Paul Magnette etBruno Tobback donneront mercredi midi à l’ULB (Campus duSolbosch) une conférence sur ce que c’est que d’être socialiste, aujourd’hui, en Belgique.

 

LE SP.A SE DÉFINIT SOUVENT COMME UN PARTI SOCIAL-DÉMOCRATE. AVEZ-VOUS LA MÊME VISION DU SOCIALISME QUE LE PS, LES MÊMES SOURCES D’INSPIRATION INTELLECTUELLE ?

 

Paul Magnette (PM) : Socialiste ou social-démocrate, la différence est sémantique. On a eu des sensibilités différentes, notamment lors du pacte de génération. Tony Blair a aussi perturbé le socialisme européen avec cette idée de troisième voie. Le PS francophone a toujours été anti-Blairiste tandis qu’au SP.A, certains ont adhéré à ces idées. Mais on est revenu tous les deux aux fondamentaux du socialisme. Pour le SP.A dire, à une certaine époque, qu’on était des associés de certaines grandes figures du PS - que je ne citerai pas - n’était pas facile à porter. La nouvelle génération rend le PS plus fréquentable en Flandre.

 

Bruno Tobback (BT) : Certains partis en Flandre seront toujours opposés au PS : ils le dépeignent de manière caricaturale, tout comme la Wallonie. L’idée d’être social-démocrate doit encore faire son chemin en Flandre. Et c’est vrai que nous nous identifions difficilement avec le PS d’il y a dix ans, tant sur la façon de faire de la politique que sur une partie des idées. Je m’inspire des penseurs francophones, comme Jean Jaurès, Léon Blum. Mais, dans la pratique, nous sommes un parti social-démocrate car je ne prône pas la révolution, ni la nationalisation des secteurs clés. Cela n’existe plus.

 

IL Y A TOUT DE MÊME DES DIFFÉRENCES D’APPROCHE SUR CERTAINS SUJETS ENTRE LES DEUX PARTIS.

 

PM : Le SP.A est en pointe sur la lutte contre la fraude fiscale et sociale. Des thèmes qui sont très populaires… en Wallonie, contrairement à ce que certains veulent faire croire. JohnCrombez (secrétaire d’Etat SP.A en charge de la lutte contre la fraude) est devenu une star dans le sud du pays. Avant, on construisait l’égalité, maintenant, on en revient au socialisme originel : on lutte contre les privilèges, contre ce sentiment que certains sont au-dessus de la loi. C’est ce qu’attend l’électorat populaire du PS.

 

BT : Je n’ai rien contre les riches, mais j’ai un problème avec les égoïstes. Nous sommes un parti "anti-foefelaars", anti-fraudeurs et profiteurs. Que ce soit au niveau social ou fiscal, il y a une minorité, qui nuit au "vivre ensemble" de la grande majorité. On veut arrêter cela, mais nous ne sommes plus dans ce combat éternel pour une vraie égalité qui, selon moi, n’existe pas.

 

ACCEPTERIEZ-VOUS D’ALLER DANS UN GOUVERNEMENT L’UN SANS L’AUTRE ?

 

PM : Moi je préfère toujours aller avec le parti frère.

 

BT : Par principe, je ne fais pas campagne pour une coalition. Je plaide aussi pour un gouvernement John Crombez I.

 

PM : Je souhaite un jour que John Crombez soit Premier ministre, mais plus tard. Il est encore très jeune.

 

Il y a un dossier qui vous différencie, c’est la monarchie… Le PS est plus prudent que le SP.A sur la question.

 

PM : On a quand même modernisé la monarchie sous cette législature comme jamais on ne l’avait fait.

 

CONTRAINTS ET FORCÉS…

 

PM : Un peu aidés par les événements, plutôt que contraints et forcés. La monarchie est ce qu’elle est en Belgique par la configuration politique actuelle. Il y a un rôle aujourd’hui pour la monarchie : choisir qui, au lendemain des élections, va mener les négociations. Le Roi est celui qui a encore l’impartialité la plus grande pour le faire aujourd’hui en Belgique. Pour le reste, pour la signature des lois, etc., le PS est ouvert à une nouvelle modernisation de la monarchie.

 

BT : Depuis Albert II, on a une monarchie quasi protocolaire de toute façon. Mais, pour moi, la monarchie est d’abord un héritage de l’Ancien Régime. Donc, en principe, je suis républicain. Mais puisqu’elle fonctionne comme c’est le cas maintenant, je n’ai pas de problème.

 

ET AU PS ? VOUS ÊTES AUSSI RÉPUBLICAINS ?

 

PM : On est tous républicains par idéal. Mais, après, la meilleure manière de faire que la monarchie n’ait pas de rôle politique, c’est qu’il n’y ait pas de crise politique… Le PS est républicain par idéal, nous ne nous en sommes jamais cachés. Mais il y a la réalité politique, la réalité des institutions, l’histoire… Vous savez, dans l’idéal je suis aussi pour la suppression de l’impôt sur le revenu et qu’on ne taxe que le capital et les comportements nuisibles.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

ET L’INTERCULTUREL, BORDEL?


Tout ceci est un fort intéressant.

Républicain par idéal et monarchiste par nécessité.

Et l’interculturel ? Pas un mot, comme d’hab. C’est que le PS et le SPa sont profondément communautaristes et misent sur des personnalités issues de l’immigration qui font des voix-stemkanonnen- comme disent les Flamands-sans trop se soucier des idées auxquelles adhèrent ces messieurs-dames à qui il arrive d’être de tendance franchement islamiste.

Jamais ou presque, les élus socialistes (à l’exception de Bert Anciaux) ne plaident pour une approche citoyenne interculturelle. Pourquoi ? Parce qu’ils la considèrent, me semble-t-il, comme un élitisme « non représentatif ». C’est dire qu’ils optent pour un multiculturalisme à l’anglaise qui accepte les accommodements, même les moins raisonnables.

Mais attention, les autres partis, y compris le MR ne plaident pas davantage en faveur de la dynamique interculturelle qu’incarnèrent si brillamment et généreusement des génies visionnaires comme Gandhi et Mandela.

MG

 

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