jeudi 5 décembre 2013

Mais que fait-on en classe prépa ?


Par Arnaud Gonzague Nouvel Obs

En France, la classe préparatoire est un haut lieu de fantasmes : usine à formater les esprits pour les uns, enfer pédagogique pour les autres... L’enquête de la sociologue Muriel Darmon remet quelques pendules à l’heure.

La classe préparatoire vise plutôt la bonne stratégie que l'excellence académique.



 (PHOTOPQR/NICE MATIN/MaxPPP)

Au moment où les professeurs de classes préparatoires, habituellement si discrets, s'opposent à une réforme de leur rétribution, il n’est pas inutile de se poser la question : au fait, qu’est-ce qu’on apprend dans les classes prépa françaises ? Qu’est-ce que ceux qui incarnent l’élite de l’Education nationale (7% des premiers cycles universitaires) et qui vont, en priorité, rejoindre les grandes écoles de commerce, d’ingénieurs ou les Ecoles normales supérieures, ont appris au cours de leurs deux (ou trois) années passées à trimer en prépa ?

 

Pour beaucoup de contempteurs de la prépa, pas grand-chose. Les "taupins" (élèves de prépas scientifiques) et "khâgneux" (leurs comparses littéraires) seraient gavés comme des oies de connaissances stériles, formatés intellectuellement pour en faire des "bêtes à concours" tout juste capables de répéter ad nauseam les mêmes exercices.

 

"MAÎTRES DU TEMPS"

 

La sociologue Muriel Darmon, directrice de recherche au CNRS, a choisi de conduire une enquête* de terrain pour répondre à la question, et son  travail d’autant plus intéressant que cette scientifique n’est ni une défenseure de ce vivier d’élite qui n’a jamais réussi à s’ouvrir socialement, ni une opposante farouche.

 

Sa réponse tient en trois mots : organisation, pragmatisme et esprit scientifique. En prépa, on apprend à devenir un "maître du temps", car la surcharge de travail et la difficulté des cours sont telles que personne de normalement constitué ne peut en venir à bout : il convient donc d’apprendre à s’organiser, plutôt que d’être absolument exhaustif.

 

Et la sociologue de rappeler que, de ce qu’on en sait, toutes les catégories sociales ne sont pas aussi expertes du chronomètre : les enfants de cadres qui ont vu leurs parents jongler avec des emplois du temps acrobatiques et qui, eux-mêmes, ont souvent cumulés les activités extra-scolaires, sont mieux armés naturellement que les enfants de milieux modestes. Donc, probablement aussi à la "panique temporelle" permanente, qui pourrait se résumer au syndrome du lapin d'"Alice au pays des merveilles" ("Je suis en retard ! Je suis en retard !’’), autrement dit, le stress.

 

PARENTS SADIQUES

 

La meilleure organisation n’est pas tout : la prépa oblige aussi ses poulains à devenir "pragmatiques", c’est-à-dire à élaborer des stratégies pour axer leur travail sur ce qui va "payer" au concours plutôt que de viser l’excellence académique abstraite. Cela n’empêche pas les préparationnaires de développer un véritable esprit scientifique, un raisonnement suffisamment élaboré pour leur permettre de se poser les bonnes questions plutôt que de régurgiter des savoirs pré-mâchés. C’est la fameuse "méthode prépa" qui, paraît-il, vous suit toute une vie.

 

Et c’est là que la notion de "jeunesse dominante" développée par l’auteure, prend tout son sens. Car malgré l’intensité de la pression qu’elles exercent, les prépas ne sont nullement des établissements imaginés par des parents sadiques pour "dresser" leur progéniture. C’est une structure passablement violente, certes, mais qui permet aux classes dirigeantes de garantir à leurs enfants qu'ils leur succéderont aux plus hautes fonctions. Un instrument de reproduction sociale donc, politiquement et moralement contestable, mais diablement efficace.

 

* Classes préparatoires, la fabrique d’une jeunesse dominante, La Découverte, 328 p., 24 euros



 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

METHODE DE TRAVAIL, ESPRIT CRITIQUE ET GESTION DU TEMPS

 

Mais attention on oublie l’essentiel : la sélection à l’entrée. Les classes de prépas sont des classes homogènes où se retrouvent les meilleurs et non le tout venant. On y entre sur base d’un dossier attestant de la valeur scolaire du candidat. C’est ce qui permet une émulation sans merci entre les meilleurs cerveaux quelle que soit leur origine. Il se trouve, bien sûr, que les filles et fils de cadres qui s’y retrouvent nombreux sont très avantagés par rapport aux élèves issus de l’immigration pour des raisons expliquées dans l’article. En prépa, on apprend à devenir un "maître du temps", car la surcharge de travail et la difficulté des cours sont telles que personne de normalement constitué ne peut en venir à bout : il convient donc d’apprendre à s’organiser, plutôt que d’être absolument exhaustif : organisation, pragmatisme et esprit scientifique. »

Elles n’existent pas chez nous, du moins théoriquement, car en pratique ce rôle est joué par les lycées et athénées dit élitaires que les décrets inscriptions veulent dénaturer on leur ouvrant largement l’accès à une population mixte. Selon nous c’est un leurre. C’est en amont qu’il faut agir et non en aval quand les jeux sont faits. En amont c’est-à-dire en classe maternelle qu’il faut rendre obligatoire et où il faut installer les meilleures froebéliennes, qui auront été spécialement formées à cet effet. On ne constate pas qu’un quelconque effort soit envisagé dans cette direction. Un grand nombre de froebéliennes sortent en effet de 7ème professionnelle, qui n’est pas connue pour être un vivier d’excellence. Quand comprendra-t-on qu’ils font vraiment mettre le paquet en début de scolarité pour vaincre l’échec dans le secondaire et ensuite. C’est un travail et un investissement cyclopéens. Si on le néglige on ira droit au déclin et à l’islamisme de l’Europe en une génération.

Ce n’est pas de classes prépas que nous avons besoin en priorité mais d’un enseignement interculturel qui « prépare» de fait les jeunes issus de l’immigration à s’insérer et à s’intégrer dans notre système d’enseignement et partant dans notre système socio-culturel. Une manière également d’ouvrir nos élèves autochtones au respect des  valeurs de l’autre et au dialogue.

Est-ce si difficile à comprendre ?

MG




“Het PISA-rapport zadelt ons ook op met een schaamtevol dieptepunt: nergens in Europa is de resultaatskloof tussen kinderen met een migratieachtergrond en de andere zo grootals bij ons.

Ons onderwijssysteem blijkt eerder een rem op participatie tezijn dan een emancipatorisch hulpmiddel. Het vergroot en verdiept de kloof in een nochtans steeds onvermijdelijk diverser samenleving. In tegenstelling tot alle andere Europese landen, die stuk voor stuk beter scoren dan wij op dit punt, blijven we nu al jaren ter plaatse trappelen. Veel te laat hebben we ons aangepast aan een nieuwe demografie, zijn we blijven vasthangen aan een definitief voorbij verleden.

Het is een schuldig verzuim, dat een levensgrote handicap zal blijken te zijn voor de toekomst van Vlaanderen, en waar we volledig zelf voor verantwoordelijk zijn, en niemand anders de schuld voor kunnen geven. Yves Desmedt

 


RESULTAATSKLOOF TUSSEN KINDEREN MET MIGRATIEACHTERGROND EN ANDERE IS SCHAAMTEVOL

Yves Desmedt De Morgen

Laten we beginnen met het goede nieuws: we zitten bij de absolute Europese top inzake wiskundeonderwijs, bij de subtop in leesvaardigheid en als middenmoter in wetenschappen hoeven we ons ook niet te schamen. Dat blijkt uit de grote PISA-onderwijsstudie van de OESO, waarvoor in ons land alleen al zesduizend vijftienjarigen aan de testen meededen.

Maar tegelijk leert de studie ook dat ondanks die goede scores, de kwaliteit van ons onderwijs er de voorbije tien jaar toch is op achteruitgegaan. Dat we in wiskunde op de eerste plaats prijken, heeft te maken met het gegeven dat het in andere Europese landen nog sneller ging met de neerwaartse trend dan bij ons. Tussen haakjes, en ook redelijk significant: het trotse Europa moet in de test Oost-Azië als haar absolute meerdere erkennen, met Shanghai, Singapore en Hongkong als ongenaakbare top drie.

Noch slechter nieuws. De neerwaartse trend doet zich echt overal voor - in alle onderwijstypes, bij alle leerlingen, de goede zowel als de slechte als de middenmoters. Het lijkt wel of we daar in een glijbaan zitten. Dat is een argument voor de verdedigers van een doordachte hervorming van het middelbaar onderwijs, iets waar deze Vlaamse regering wegens totale interne verdeeldheid niet aan toekwam, en die ze in de grote principes voor zich uitschoof naar de volgende bestuursploeg.

Of die daar al dan niet verplicht werk van zal moeten/kunnen maken, is sindsdien voer voor een semantische discussie, waarin alle partijen de overwinning van hun visie opeisen.

Nochtans verdient het aanbeveling om daar niet al te veel tijd meer te verliezen, want het PISA-rapport zadelt ons ook op met een schaamtevol dieptepunt: nergens in Europa is de resultaatskloof tussen kinderen met een migratieachtergrond en de andere zo groot als bij ons.

 

Ons onderwijssysteem blijkt eerder een rem op participatie tezijn dan een emancipatorisch hulpmiddel. Het vergroot en verdiept de kloof in een nochtans steeds onvermijdelijk diverser samenleving. In tegenstelling tot alle andere Europese landen, die stuk voor stuk beter scoren dan wij op dit punt, blijven we nu al jaren ter plaatse trappelen. Veel te laat hebben we ons aangepast aan een nieuwe demografie, zijn we blijven vasthangen aan een definitief voorbij verleden.

 

Het is een schuldig verzuim, dat een levensgrote handicap zal blijken te zijn voor de toekomst van Vlaanderen, en waar we volledig zelf voor verantwoordelijk zijn, en niemand anders de schuld voor kunnen geven.

 

Yves Desmet

Hoofdredacteur

 

  

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