jeudi 12 décembre 2013

‘Snowden is een verrader

Dominique Deckmyn De Standaard


Nee, u kunt uw gegevens niét veilig houden op het internet.Dat zegt de Russische veiligheidsspecialist en ondernemerEugene Kaspersky. Overheidsspionage is aangewakkerd toteen orkaan en alle internationale vertrouwen is zoek.

‘SNOWDEN IS EEN VERRADER’



Eugene Kaspersky: ‘In cyberspace bestaat geen gentlemen’s agreement, dat is het Wilde Westen.’ imageglobe


Eugene Kaspersky (48) is in Brussel om een internationaleconferentie toe te spreken over de cybergevaren die EuropabedreigenHij is een wat controversieel figuurEenwiskundige die in de jaren 80 een opleiding cryptografievolgde aan een instituut dat mee gefinancierd werd door degeheime dienst KGB, en die zich vervolgens ontpopte totgeslaagd ondernemerZijn beveiligingsbedrijf Kaspersky Labmaakte naam met antivirussoftware, maar heeft nu ook eensterke reputatie in het opsporen van de malware die overhedenontwikkelenZo ontdekte Kaspersky Lab vorig jaar het Flame-virus, dat waarschijnlijk door de Amerikanen en de Israeli’s werd ontworpen om gegevens te stelen in Iran. Kaspersky wordt er echter ook wel eens van beschuldigd ergdicht bij de Russische machthebbers te staan. Maar dat ontkenthij, en hij zegt dat zijn bedrijf naar totale transparantie streeftom elke schaduw van twijfel weg te halen.

 

Kaspersky waarschuwt vaak voor de gevaren vancyberterrorisme en cyberoorlogHij vreest aanslagen dieenergiecentrales en andere essentiële infrastructuur lamleggen.‘Elk land is kwetsbaar voor dergelijke aanvallen’, zegt hij.Internationale samenwerking is volgens hem de enige manierom die gevaren te bedwingen. Maar voor die samenwerking isvertrouwen nodig, en dat bleek in 2013 plots zoekVooral nade onthullingen van Edward Snowden over de verregaandespionage van Amerika en Groot-Brittannië op het internet.

 

Spionage heeft altijd bestaan en zal altijd blijven bestaan’,zegt Kaspersky. ‘Zoals de wind ook altijd waait. En dat is prima, tenzij het een orkaan wordtIk vrees dat het momenteeleen orkaan is. (extrait)



 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

TOTALITARISME SOFT ET INDOLORE


Nous sommes, c’est évident, à la croisée des chemins. La démocratie est attaquée de toutes parts et elle se défend avec difficulté face à l’ampleur de la crise que traverse notre civilisation et qui est de nature économique, sociale mais aussi culturelle et surtout morale. Désormaispour des raisons de sécurité face à la grande menace terroriste, la république américaine dispose, via la NSA d’un pouvoir d’investigation et de surveillance sans limite de l’ensemble des citoyens, plus puissant que celui qu’exercèrent jamais la gestapo, la Stasi ou le NKVD. Nos GSM, nos cartes de banques, nos GPS sans parler de nos PC gardent à jamais la trace de tout ce que nous disons, pensons, choisissons. Une carte de lecteur de bibliothèque publique donne accès à la liste des titres empruntés, autrement dit, elle permet de visiter nos cerveaux à l’insu de notre plein gré.

Kaspersky se trompe de cible en blâmant Snowden qui est un vrai héros de notre temps.

Ils sont huit, emmenés par Google et Microsoft, à s'insurger face aux pratiques de la NSA, qui ont poussé les citoyens à se méfier de leurs technologies.

« Huit grandes sociétés américaines actives dans le secteur techno lancent une campagne. La coalition, emmenée par Google et Microsoft, voudrait que les Etats-Unis donnent le "bon exemple". Selon ces sociétés, l'Etat doit protéger les citoyens. » Mais les documents mis à jour grâce à Edward Snowden montrent que la balance penche, dans de nombreux pays, du côté de l'Etat et non des droits des individus. Les huit signataires "exhortent les États-Unis à prendre l'initiative et à engager des réformes pour que les efforts de surveillance de la part du gouvernement soient clairement encadrés par la loi, proportionnels aux risques, transparents et l'objet d'une surveillance indépendante".

Barack Obama a annoncé son intention de proposer une réforme de l'Agence nationale de sécurité (NSA) afin de rassurer les Américains sur le fait que leur droit à la vie privée était respecté.  Ceci est-il de nature à nous rassurer ?

Lucide, comme toujours, Jacques Attali considère que :« Demain, ces moyens de surveillance vont être démultipliés, par l’internet des objets, qui permettra de suivre en permanence nos rapports aux marchandises ; puis par les progrès des méthodes de diagnostic médical, de validation permanente des compétences professionnelles ou de surveillance policière. » Autrement dit :  « Le droit à une  vie privée risque de n’avoir été qu’une parenthèse dans l’histoire de l’humanité. »

« Les conséquences de cette dictature de la transparence seront considérables »

Le  droit à la vie privée fut « la grande revendication de la classe moyenne. Il est clair qu’aujourd’hui, il est de nouveau en train de disparaître. »

De l’équilibre nouveau à trouver dépendra la survie de la démocratie ou son élimination au profit dun nouveau totalitarisme plus ou moins indolore.

Selon Hannah Arendt : le « mal radical » est apparu dans les systèmes totalitaires dans lesquels l’homme, la vie humaine sont devenus superflus soit pour des motifs raciaux soit pour des motifs  sociaux. »

Le vrai danger selon Hannah, c’est que la terrible logique  « des fabriques de cadavres nazies et des oubliettes staliniennes » pourraient connaître une funeste renaissance avec  "l'accroissement démographique généralisé, avec le nombre toujours croissant d’hommes sans feu ni lieu, les masses de gens constamment réduites à devenir superflues, si nous nous obstinons à concevoir notre monde en termes utilitaires. Les nazis et le bolcheviques peuvent en être sûrs : leurs entreprises d’anéantissement, qui proposent la solution la plus rapide au problème de la surpopulation, au problème de ses masses humaines  économiquement superflues et socialement déracinées, attirent autant qu’elles mettent en garde.  Les solutions totalitaires peuvent fort bien survivre à la chute des régimes totalitaires, sous la forme de tentations fortes qui surgiront chaque fois qu’il semblera impossible de soulager la misère politique, sociale et économique d’une manière qui soit digne de l’homme.

Les régimes totalitaires , nés de la crise des années trente, ne doivent-ils pas leur existence à la faillite déplorable, mais peut-être accidentelle, des forces politiques traditionnelles-libérales ou conservatrice, nationales ou socialistes, républicaines ou monarchistes, autoritaires ou démocratiques ?»  

« L’explosion démographique de notre époque coïncide avec la découverte de techniques qui, grâce à l’automation, rendront « superflue » ne serait-ce que sur le plan du travail, une grande partie de la population. Cette effarante coïncidence pourrait entrainer la « solution » de ce double « problème » par l’utilisation d’armes nucléaires auprès desquelles les chambres à gaz de Hitler n’étaient que des jeux d’enfants. »

Cela seul devrait suffire à nous faire trembler.

« Puisque ces régimes totalitaires ne sont pas tombés du ciel, le processus de COMPREHENSION est manifestement et sans doute prioritairement une démarche de compréhension de nous-mêmes »

L’activité de compréhension est nécessaire. Notre lutte contre le totalitarisme représente un combat pour la liberté. »



Nous laissons le soin au lecteur de méditer ces réflexions de Hannah Arendt qui datent des années soixante du siècle dernier et qui reprennent soudain une saisissante actualité.

Comment combattre aujourd’hui de nouvelles tentations totalitaires ? Comment réagir pour éviter qu’une nouvelle forme de totalitarisme, qu’il soit de nature dictatoriale, comme entend l’être le front national et ses partis frères en Europe, ou de nature vaguement religieuse comme entend l’être Sharia 4 Europe, qui veut faire de l’Europe une nouvelle dictature islamiste sur le modèle de celle qui règne sans partage en Iran et qui bien a failli, avec les frères musulmans  transformer l’Egypte en République islamiste ? D’abord par un devoir de lucidité et d’information qui doit nous inciter à tenter de comprendre ce qu’il advient de nos démocraties et de nous-mêmes en qualité de citoyen. Appelons cela le devoir de compréhension.

Mais diagnostiquer et dénoncer les dysfonctionnements est une chose, proposer des solutions en est une autre. C’est à cette dernière tâche que tente, avec des résultats divers, qu’entend s’atteler ce blog qui a pour seule ambition de maintenir en éveil l’esprit critique.

C’est à cela, selon nous, que nous nous attelons depuis 2008 quotidiennement et sans relâcher notre vigilance.

Le lecteur citoyen jugera avec son libre arbitre dans quelle mesure nous y parvenons.

MG

 

 


LA TYRANNIE DE LA TRANSPARENCE

Paru dans L'Express

Le père d’internet, Vint Cerf, vient de faire scandale en rappelant, d’une phrase choc, les conséquences de  la dictature de la transparence,  que semblent installer les nouveaux réseaux. Pour lui,  le droit à une vie privée risque de n’avoir été qu’une parenthèse dans l’histoire de l’humanité.

 

Même si la réalité est beaucoup plus complexe, comme le montraient par exemple les études de Philippe Ariès, la thèse est globalement exacte.  Presque personne, dans les peuples premiers,  n’avait de vie privée. Plus tard, le droit à la vie privée est apparu comme  un privilège des puissants, des prêtres, des seigneurs, puis des marchands et des bourgeois ;  jusqu’à devenir, au 20eme siècle, la grande revendication de  la classe moyenne.

Il est clair qu’aujourd’hui, il est de nouveau en train de disparaître.

D’abord parce que, de façon volontaire, chacun de nous étale de plus en plus d’éléments de sa vie privée sur les réseaux sociaux. Pour exister, pour se faire connaître. De même, personne, ou presque, n’est hostile à l’idée de fournir des informations,  statistiques ou  identifiables,  aux administrations ou aux assurances  pour être protégé,  soigné,  assuré .

De plus,  les informations qu’on communique ainsi à d’autres ont une grande valeur et peuvent être utilisées à notre insu. Ainsi   des informations qu’on laisse  aux opérateurs téléphoniques, aux moteurs de recherche, aux sites d’achat en ligne. Ainsi aussi des informations sur chacun de nous  que nos relations trouvent utiles de  faire connaitre  aux autres, sur leur propre blog,   dans les réseaux sociaux ou sur des sites spécialisés,  tel  Lulu ( www.onlulu.com) , qui permet depuis peu aux femmes  américaines de noter les  hommes qu’elles ont connu ou connaissent.

Demain, ces moyens de surveillance vont être démultipliés, par l’internet des objets, qui permettra de suivre en permanence nos rapports aux marchandises ; puis par les progrès des méthodes de diagnostic médical, de validation permanente des compétences professionnelles ou de surveillance policière.

Après-demain, certaines applications mettront toutes nos données personnelles en libre accès,  par exemple en  équipant des lunettes  d’un logiciel de reconnaissance morphologique et d’une connexion à toutes les bases de données.

Les conséquences de cette dictature de la transparence seront considérables : il  sera de plus en plus difficile de cacher aux autres ce qu’on pense d’eux.  Transparence et sincérité iront de pair. L’une forçant à l’autre. La liberté individuelle ne sera plus celle de ne rien dire de soi, mais de tout dire des autres.   On connaitra tous des opinions et des amours de chacun et de tous. Peu de relations, peu de secrets, peu de confidence, résisteront à cette dictature de la transparence.

Si l’on veut encore éviter ce monde, et ce qu’il a d’invivable, sans doute est-il urgent d’établir une charte considérant la vie privée comme un élément de la personne, interdisant à qui que ce soit d’en faire usage sans son accord ou celui d’autorités judiciaires.  D’établir une réglementation, au moins  européenne,  instituant et approfondissant  le « droit à l’oubli numérique », c’est à dire la possibilité pour les internautes de faire effacer leur données de façon permanente.  Cela ne suffira pas. Et en reviendra alors aux questions les plus anciennes des démocrates, inquiets des pouvoirs de l’Etat, de Thoreau à Tocqueville. Et aujourd’hui, il faut ajouter aux Etats des entités privées bien plus envahissantes.

Alors, comme ils le recommandaient, la meilleure défense restera de se débrancher ;  le grand luxe sera la déconnexion,  l’isolement, l’anonymat.  La clandestinité sera le privilège des puissants et des criminels. Et on développera des logiciels permettant de ne résider  que furtivement dans les réseaux, d’utiliser des avatars changeants et aléatoires.

De l’équilibre nouveau à trouver dépendra  la survie de la démocratie.

j@attali.com

 

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