mercredi 4 décembre 2013

Un Bruxelles à (re)découvrir


CHRISTIAN LAPORTE La Libre Belgique

Une belle découverte historique de la Région-capitale



Les jolis albums de photos sur Bruxelles ne manquent pas. Pourtant il en éclôt encore. Parfois plusieurs, bon an mal an, et chaque nouvelle initiative surprend par la qualité de l’iconographie. Comme si les auteurs voulaient toujours aller un peu plus loin dans la quête du Beau. Et nous montrer que notre capitale n’a rien à envier aux autres grandes cités européennes et même mondiales.

 

A cet égard, "Bruxelles, son histoire et son patrimoine", l’ouvrage proposé depuis peu par l’éditeur chestrolais Weyrich, a fait très fort, à la fois par la qualité des photos mais aussi par le texte d’expert, d’historien donc, qui l’accompagne.

 

On a beau se dire blasé de sa capitale, de sa région et, en même temps, un brin fâché face au laisser-aller organisationnel qui semble la caractériser - "Jamais vu une ville aussi sale et aussi puante…" (sic) - dans cette nouvelle parution, Nicolas Carlier nous amène à revoir un tant soit peu notre vision négative.

D’abord, parce qu’on a sans doute tendance à vouloir se focaliser sur les points négatifs alors que Bruxelles a évolué au fil des siècles. La "bruxellisation", vilain mot générique adopté et utilisé jusqu’à plus soif dans le monde des urbanistes pour caractériser une modernisation un peu ratée dans l’après-Seconde Guerre, puisqu’on a sacrifié beaucoup de belles traces du patrimoine d’hier sur l’autel du Dieu Voiture mais aussi parce qu’il s’imposait de gagner le défi de l’Expo universelle de 1958, a été alors une réalité. Mais en même temps, force est de reconnaître qu’on a pu sauver les meubles et même rectifier le tir. Qui plus est, l’histoire de Bruxelles est passionnante. Nicolas Carlier a opté pour une pièce en six actes. Bruxelles la Médiévale, la Millénaire se devait d’ouvrir l’évocation, suivie de sa période espagnole et de l’ère néo-classique qui ont largement façonné son centre… historique. Le Bruxelles de la Belgique contemporaine, lui, ne cesse d’évoluer : la capitale n’a cessé de s’européaniser et de se mondialiser.

 

Nicolas Carlier ne se contente pas de dresser le joli portrait, il met aussi en garde pour l’avenir. Avec un rare réalisme. Par exemple, lorsqu’à l’instar des observateurs de la société civile bruxelloise, il épingle sa multiculturalité. "Celle-ci pourrait jouer un rôle non négligeable dans l’avenir d’une région qui, grâce à elle, serait de moins en moins exclusivement tiraillée entre les deux communautés nationales. Il est permis de rêver…" Et d’aligner une série de priorités qui devraient figurer en bonne place dans les programmes de ceux qui se présenteront tout à l’heure aux élections régionales…

 

 

 

"Bruxelles, son Histoire et son patrimoine", éditions Weyrich(195 pp., env. 32 €).

 

 

 

OMMENTAIRE DE DIVERCITY

L’AVENIR DE BRUXELLES CEST L’INTERCULTUREL IL N’Y EN A PAS DAUTRE


« Nicolas Carlier ne se contente pas de dresser le joli portrait, il met aussi en garde pour l’avenir. Avec un rare réalisme. Par exemple, lorsqu’à l’instar des observateurs de la société civile bruxelloise, il épingle sa multiculturalité. Celle-ci pourrait jouer un rôle non négligeable dans l’avenir d’une région qui, grâce à elle, serait de moins en moins exclusivement tiraillée entre les deux communautés nationales. Il est permis de rêver »

Rêver ? Mais enfin, c’est bien sûr, il faut absolument changer de politique, renoncer à toute forme de communautarisme multiculturel et privilégier hardiment une dynamique interculturelle de respect mutuel et de dialogue.  C’est difficile, cela ne va pas de soi, cela exige de chacun un énorme effort, un changement de mentalité. Cela prendra dix ans, vingt peut-être, Rome ne fut pas construite en un jour. Bruxelles a mille ans, Bruxelles interculturelle et son corollaire, Bruxelles cosmopolite est le meilleur projet socio-culturel possible pour la capitale de l’Europe et sans doute aussi pour l’Europe tout entière, minée par les courants néo-nationalistes. Marine Le Pen veut un retour au Franc et que propose De Wever aux Bruxellois ? Le choix entre la sous-nationalité flamande ou wallonne. Quant au parti de Elio, il veut nous Bruxello-walloniser.  C’est se moquer des Bruxellois. Quand le peuple de Bruxelles, (nouveaux et vieux Belges, sans oublier les expats) va-t-il prendre enfin son destin en main ? Que proposent concrètement Onkelinx et Reynders , les nouveaux patrons des plus grosses fédérations bruxelloises, en matière d’inreculturalité?

MG

 

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