jeudi 9 janvier 2014

Guy Verhofstadt sera la tête de liste européenne de l'Open Vld


BELGA




Guy Verhofstadt est actuellement chef de groupe des libéraux (ALDE) au Parlement européen.

La direction de l'Open Vld a unanimement désigné lundi l'ancien Premier ministre et actuel eurodéputé Guy Verhosftadt comme tête de liste du parti libéral flamand pour les élections européennes du 25 mai prochain, a annoncé la présidente du parti, Gwendolyn Rutten.

M. Verhofstadt est aussi actuellement chef de groupe des libéraux (ALDE) au Parlement européen. "Nous sommes en tant que parti des pro-Européens convaincus et nous choisissons une équipe européenne forte. Guy Verhofstadt a la conviction et le 'spirit' pour faire bouger les choses", a expliqué Mme Rutten, citée dans un communiqué diffusé par l'Open Vld. "Ce sera une campagne européenne tendue. Les eurosceptiques de toute l'Europe, également dans notre pays, se préparent à détricoter le projet européen, alors que nous précisément voulons faire l'inverse", a pour sa part affirmé M.Verhosftadt, dans le même communiqué. "Une coopération renforcée est absolument nécessaire pour relancer la croissance de l'économie européenne et pour faire jouer un rôle significatif à l'Europe dans le monde. Les Etats-nations ont eu dans le passé leurs mérites, mais notre avenir repose sur une Europe plus forte", a ajouté l'ex-Premier ministre (1999-2007).

Les deuxième et troisième places de la liste européenne de l'Open Vld n'ont pas encore été attribuées.

M. Verhofstadt et l'actuel commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, le Finlandais Olli Rehn, sont par ailleurs en lice comme candidats des libéraux européens en tant que potentiel président de la future Commission européenne.




COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LE DERNIER DES VOLONTARISTES EUROPEENS



Olli Rehn est commissaire, libéral et finlandais, la belle affaire. Cela fait-il de lui un Européen convaincu et par conséquent le remplaçant possible de Verhofstadt à la tête de la fraction parlementaire européenne ? Notre Guy national s’y déchaine comme un lion des Flandres rugissant et tempêtant en permanance et totalement allergique aux sursauts nationalistes à la Le Pen ou David Cameron et au middelmatisme à la De Wever.

Verhofstadt ne peut succéder qu’à Verhofstadt, lui qui a commis avec Cohn Bendit « Debout l’Europe », un pamphlet que beaucoup de libéraux eurosceptiques et la perfide Albion jamais ne lui pardonneront. Il refuse de faire profil bas comme le pâle Baruso, l’insipide Van Rompuy (a wet blanket) et la majorité des commissaires de l’impuissante Commission européenne. Mais, c’est que l’Europe, à l’instar de la révolution française, a tendance à dévorer ses enfants terribles.

Verhofstadt combien de divisions ? Le libéraux allemands sont au tapis, quant aux Français, on ne sait pas très bien qui est encore libéral, les Hollandais sont partagés avec un Bolkenstein hostile, gâteux mais influent.

Ce qu’on reproche au libéral belge ? D’être un vrai européen et de l’être jusqu’au bout des onglesLe comble des combles, c’est que son engagement flamboyant qui tellement déplait à Londres ne joue une fois de plus contre lui 

Il ne plaît pas à grand monde qu’il embouche résolument la trompette de l’unionisme face aux velléités nationalistes qui se multiplient comme champignon sous voûte. L’euroscepticisme a le vent en poupe et ses voiles sont gonflées à bloc.

« Seule l’union européenne, et non les pays européens en tant que tels pèsera dans le monde de de demain. Encore faut il tirer dans le même sens ou, au moins, arriver à parler d’une seule voix. »  

(Debout l’Europe p. 16)

L’Europe morcelée, dispersée contradictoire et divisée ne pèse plus très lourd dans le monde quand unie, elle pourrait être un agent majeur face à la montée en puissance puissances émergentes qui menacent jusqu’au leadership des Etats Unis.

« Peut-on inverser le cours des choses ? » se demande–il avec fougue. Et de répondre « C’est possible ! Si l’Europe se libère du carcan des nationalismes. Si l’Europe assume à nouveau le multiculturalisme qu’elle a toujours connu. Si l’ Europe s’ouvre à l’altérité pour revigorer son inventivité et son imagination. » p. 45

Plutôt que multiculturalisme nous aurions préféré « inter culturalisme » mais nous avons cherché en vain ce sésame dans ce petit pamphlet volontariste qui à  fait des vagues à défaut d’un vrai tabac. Dommage.

« Ne vous demandez pas ce que l’Europe  peut vous apporter mais ce que vous pouvez apporter à l’Europe. » (p. 58) La formule bien sûr est de Kennedy s’adressant en début de mandat (il fut hélas trop bref) à la jeunesse américaine qui l’adulait mais elle continue à faire mouche.

Surtout, Guy Verhofstadt et Daniel Cohn Bendit en appellent à une révolution, autrement dit un changement radical en faveur d’une vraie fédération européenne.

« L’Europe doit une fois pour toutes se défaire du nationalisme de ses Etats Nation. Une révolution radicale s’impose. Une révolution européenne de grande ampleur. Une union fédérale européenne doit voir le jour. » (p.67) 

 

« Il faut bâtir un Etat européen. S’il peut y avoir des Etats sans monnaie propre, il ne peut y avoir de monnaie sans Etat. »(p.78) La Palisse n’aurait pas dit autre choses mais, hélas il ne siège ni au Parlement ni à la Commission.

« L’Europe, ce n’est pas une question idéologique, c’est un enjeu de survie ! » (p. 84) 


De fait on ne sauvera ni notre Etat providence, ni l’euro par un retour massif aux réflexes nationalistes. On ne résoudra pas la crise sociale et on ne résistera pas à la tentation du déclin tant que les Etats souverains ne renonceront pas à une part de leur souveraineté pour faire front ensemble aux sept sceaux de l’apocalypse qui menacent de nous éclater à la figure : chômage, dérapages budgétaires, explosion démographique et immigration sauvage, dette et islamisme rampant, désindustrialisation, globalisation des marchés, disparité des revenus pour ne prendre que les fléaux les plus dévastateurs.

« Soit on continue à faire ce que l’on fait, c’est-à-dire une Europe des petits pas, des tâtonnements, des petits compromis, et on perd chaque jour davantage l’opinion publique. Soit on définit une vision beaucoup plus radicale afin de donner aux peuples une perspective politique. » 

Ce qui le plus manque à nos dirigeants à l’horizon court (maximum une législation), c’est une vision à long terme, une Weltanschauung, un grand dessein commun,  comme le furent le New Deal américain, le plan Marshal, les Droits de l’homme, la décolonisation ou encore, la résistance.

Le fédéralisme est le ciment et le levain qui manquentà une Europe qui se voudrait un élan cosmopolite, interculturel vers une fédération cosmopolitique (Kant : vers la paix éternelle)

« Le fédéralisme permet de faire cohabiter des ethnies, des religions, des langues différentes dans un même espace politique avec de la solidarité. » (p. 147)

Solidarité est devenu un mot tabou, un objectif contesté comme les transferts de Flandre vers la Wallonie ou ceux de l’Allemagne vers la Grèce ou l’Italie, sur le modèle de ce qu’on peut observer aux Etats-Unis d’Amérique ou les Etats les plus prospères  (le Texas par exemple) ne renâclent pas à renflouer des Etats en détresse (comme la Louisiane saccagée par de dramatiques inondations il y a quelques années).

Autrement dit : « Les politiques devraient avoir une idée, une vision, un projet, et essayer d’en convaincre le public. L’opinion publique ça se crée.  Aujourd’hui la démocratie se réduit trop souvent au populisme. (p. 152 )

Verhofstadt a raison il n’y a pas à proprement parler d’opinion publique européenne pas plus que de peuple européen. Est-ce une fatalité ? Certes pas, mais cela veut dire qu’il faut créer cette opinion publique. Comment ? Par la mise en place de medias et d’un enseignement européen commun avec des programmes communs, avec un contenu commun au 28 Etats. Utopie ?

Non : dessein volontariste qui exige la volonté de l’optimisme, soit le contraire de l’ivresse du déclin à la  française, l’égocentrisme ventripotent à l’allemande ou le désenchantement à la belge.

Assurément, Guy Verhofstadt est un des seuls politiciens résolument européens à pratiquer ce volontarisme, animé par une foi aveugle en une Europe unie, chevillée au corps et au coeur. Gageons qu’une fois de plus, les Anglais, ces empêcheurs de fédérer l’Europe lui mettront les bâtons dans les roues.

MG

 

 

 

 

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