mardi 21 janvier 2014

Mission en Arabie saoudite: toutes voilées sauf Astrid


FRÉDÉRIC CHARDON 



Les participantes à la mission économique revêtiront une "abaya".

Du 14 au 21 mars prochain, la princesse Astrid va accomplir en Arabie saoudite et au Sultanat d’Oman sa troisième mission économique à la tête de la délégation belge. Les inscriptions sont encore ouvertes mais il y a actuellement déjà 250 personnes inscrites pour ce périple : des chefs d’entreprise, des représentants des autorités publiques fédérales, régionales, etc.

Naturellement, au sein de cette délégation, on retrouve plusieurs dizaines de femmes. Mais vu les règles locales en vigueur en Arabie saoudite, les participantes qui accompagneront Astrid lors de la mission économique vont recevoir sous peu un dossier préparatif où il leur sera demandé de se voiler et, en outre, de revêtir l’"abaya". Cela fait partie des exigences saoudiennes (à Oman, par contre, pas d’obligation de cet ordre pour la délégation belge). L’abaya est en quelque sorte la burqa saoudienne : il s’agit d’une longue robe, noire en principe, qui couvre le corps mais sans couvrir le visage, ni les pieds ni les mains. Cette robe s’enfile par-dessus les vêtements "classiques" et elle est obligatoire pour les femmes en général en Arabie saoudite et dans la péninsule arabique. En ce qui concerne la tête, les femmes présentes au sein de la mission économique princière devront se couvrir les cheveux d’un simple voile ou d’un foulard.

Vraiment toutes ? Non, les autorités saoudiennes tolèrent une exception : la princesse Astrid ne devra pas porter l’abaya obligatoirement ni se voiler. En effet, en tant que représentante d’un Etat, elle est dispensée de ces exigences.

"Comme lors de missions menées en 2002 et en 2009, les femmes devront en effet porter l’abaya en Arabie saoudite, confirme Marc Bogaerts, le directeur général de l’Agence fédérale pour le commerce extérieur (ACE) qui chapeaute les missions princières. Mais la princesse Astrid ne sera pas concernée par les exigences locales car elle représente les autorités publiques". Il pourrait toutefois y avoir des exceptions évidentes, telle que la visite d’une mosquée ou d’un lieu saint de l’Islam.

PRIORITÉ AU BUSINESS

Par ailleurs, l’abaya et le voile ne seront pas de rigueur partout, tout le temps. Par exemple, au sein des hôtels internationaux qui accueilleront les membres de la mission économique, les femmes ne seront pas tenues de porter la robe couvrante ni de foulard. Il s’agira surtout de respecter les codes vestimentaires saoudiens lors des différentes réunions et lors des événements publics.

Pour les milieux économiques belges, le respect de ces quelques règles vise à ne pas heurter les sensibilités locales, bien entendu, et surtout à ne froisser personne vu les éventuels contrats ou partenariats économiques en jeu. Cette mission en Arabie saoudite vise des secteurs importants pour l’économie belge : la logistique et la chaîne du froid ; les énergies renouvelables et les technologies environnementales ; les soins de santé ; les produits de luxe, y compris la gastronomie, etc.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

WHEN IN ROME DO AS THE ROMANS DO


Les Anglo Saxons ne disent-ils pas aussi  that you have to be flexible, adaptable and adjustable…

Mais jusqu’où? Jusqu’à se déculotter devant le client potentiel ou l’inverse, cacher les corps de femme sous une burka ou un machin du même genre (vous avez dit abaya ?)

Si la princesse qui dirige la mission devait ne pas se conformer aux dogmes locaux, la mission serait compromise et les premières victimes en seraient les femmes voilées de chez nous qui sont dans la précarité. Effet pervers…Un dialogue interculturel franc et sincère n’exige pas ce genre de simagrées : on respecte l’autre dans sa différence et on attend de lui la réciproque.

Autre solution : envoyer le prince Laurent.

MG

 

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