vendredi 28 février 2014

Urbanisme : «Il y a toujours des gens qui précèdent les territoires»


par Agnès Thouveno




Émiettement, perte de citoyenneté, «clubbisation», victoire des flux sur les lieux… la ville mondialisée n’est pas belle à voir. Le monstre tentaculaireaura-t-il raison de l’homme qui y vit ? Pas si les élus réinvestissent l’urbain, nous dit le philosophe Olivier Mongin, pour faire une ville qui «réagglomère» et s’inscrive dans la durée.

VOUS DÉCRIVEZ LA FORCE ATTRACTIVE DES VILLES, L’ÉNERGIE QUI S’EN DÉGAGE TOUT EN SOULIGNANT LEUR IMMENSE DIVERSITÉ. QU’EST-CE QUI CARACTÉRISE LE PHÉNOMÈNE URBAIN AUJOURD’HUI?

La mondialisation urbaine touche incontestablement l’ensemble des continents: en 2050, près de 70% de la population mondiale vivra dans un ensemble urbain, et on compte 22 villes de plus de 10millions d’habitants. La progression a été très rapide depuis le début du XXe siècle où moins de dix pour cent de la population étaient urbanisée. C’est en cela qu’on peut parler d’une Révolution anthropologique. Or celle-ci a été amplifiée par la révolution numérique qui, devenue structurelle et irréversible, modifie notre relation au temps et à l’espace.

Dans toutes les parties du monde, on observe des phénomènes analogues qui correspondent à trois tendances lourdes: les flux de tous ordres (matériels et immatériels) deviennent plus importants que les lieux physiques quils contribuent à restructurer. Cela ne veut pas dire que le local disparaît, mais qu’il devient dépendant du global.

La mondialisation urbaine se caractérise également par un recul de la mixité urbaine et un accroissement des types de démarcation: les espaces se spécialisent et les limites sont moins intégratrices. On oscille entre l’absence de limites (les villes pieuvres style Johannesburg ou Sao Paulo) et la limite séparatrice (les ghettos de riches ou de pauvres) et non plus intégratrice, comme ce fut le cas avec la ville européenne à l’époque de l’émancipation communale. Enfin, la privatisation de la vie publique s’accroît au fur et à mesure que l’espace commun se réduit.

Mais attention: ces trois tendances se déclinent de manière singulière dans le monde, lune des caractéristiques étant plus forte dans telle ou telle ville, ce qui nest pas sans lien avec le poids des cultures politiques. La France est un pays à État fort qui doit désormais trouver une place nouvelle pour ses villes. C’est l’inverse qui se passe en Italie où l’État est faible. Et comment comparer la petite Cité-État globalisée de Dubaï et des pays-continents comme le Brésil ou la Chine? Il faut se méfier de l’idée d’une homogénéisation ou d’un chaos généralisés. C’est pourquoi je propose de distinguer huit scénarios urbains différents qui vont de la ville globalisée (Singapour/Dubaï) hors contexte à la ville soucieuse de son contexte.

QUELLES SONT LES CONSÉQUENCES DE CES TENDANCES SUR L’URBANISATION?

La mondialisation urbaine a des conséquences très fortes sur l’urbanisme. Alors que l’urbanisme européen, porté par Cerdà à Barcelone en 1867, a produit des villes qui se préoccupaient de mutualiser les services urbains et de partager les risques, alors que l’urbanisme européen faisait des villes de petits États-providence jouant un rôle de régulateur et d’unificateur, on assiste aujourd’hui à un éclatement et à un morcellement des ensembles urbains. En dépit de ce que laissent croire les politiques de communication, projet urbain et projet politique sont rares, et l’imaginaire de moins en moins le fait des habitants mais de professionnels. Ce processus d’édification de la ville se retrouve partout dans le monde aujourd’hui. Les villes sont prises dans des politiques d’image où les représentations des villes globalisées rivalisent entre elles. On assiste à une véritable concurrence des villes de la réussite, conçues et décidées par des élites politiques, culturelles, économiques. Certes, les expositions universelles ne datent pas d’aujourd’hui mais l’urbain est devenu une affaire que traite le marché des villes.

CE CONSTAT INVITE À REPOSER LA QUESTION DU POLITIQUE: SAIT-ON ENCORE CONSTRUIRE DES VILLES?

La question de l’habiter, comme celle de l’urbanité, est au cœur de la condition urbaine comme je l’ai souligné dans mon livre précédent, «La condition urbaine- La ville à l’heure de la mondialisation», (Seuil). Qu’est-ce qui est habitable et qu’est-ce qui ne l’est pas? Lhabitation dépasse en effet lhabitacle qui protège des maux du dehors. Habiter est un verbe daction qui renvoie à une pratique qui, elle, ne se résume pas à un intérieur, à un logis, à une résidence, à une adresse personnelle. L’abri devient «demeure» s’il permet d’inscrire la mobilité dans un espace et une durée, s’il n’est pas hostile à tout rapport au dehors, un dehors qui est toujours préexistant, un préalable, une enveloppe commune où s’exprime le collectif, où s’éprouve l’urbanité. Or aujourd’hui, notamment en France, en raison même du manque de logement, la vision de l’habitat est souvent réduite au seul logement, ce qui revient à oublier «l’obligation morale du parvis» comme l’écrit l’architecte Henri Gaudin, l’exigence de lier un dedans et un dehors. Cet espace arrimé à la ville signifie que la collectivité est plus importante que les individus. Habiter engage un dehors, un commun qui dépasse le domicile privé. C’est un geste qui implique une appartenance à un ensemble qui mobilise plusieurs niveaux, plusieurs registres où s’entrecroisent le local et le global.

VOUS PARLEZ DE VILLE DES FLUX. COMMENT, DANS LE QUOTIDIEN DES URBAINS, CETTE RÉVOLUTION DU GLOBAL, DE LA CONNEXION AFFECTE-T-ELLE L’URBAIN?

La vitesse exponentielle, la simulation, l’instantanéité, le pur virtuel, les écrans qui ne font plus écran entre le dedans et le dehors troublent notre relation à l’espace et au temps et donc à l’habiter. La ville se retrouve donc sous la pression des flux et de la vitesse, c’est pourquoi la mobilité est désormais décisive. Ce n’est plus une ville, mais des morceaux de villes que les diverses modalités de transport (la plus lente et la plus rapide) viennent connecter entre eux. On passe d’un quartier à un autre sans continuité par le biais d’un branchement – échangeur autoroutier, aéroport, hub, rond-point, pôle multimodal.

La conception de l’urbanisme s’en trouve modifiée avec d’une part un hyper-urbanisme, celui des connexions branchées sur les flux mondialisés dans une logique de vitesse accélérée: le hub aéroportuaire en est lillustration par excellence. Cette ville globalisée est un territoire de connexion qui se désolidarise de ce qui l’entoure. À l’image des architectures des aéroports, elle est hors sol. Et d’autre part, s’impose ce qu’on peut appeler l’hypo-urbanisme qui prend comme à rebours cette logique globalisée, en recourant à la voiture pour se débrancher. La ville y est sectorisée, entre espace commercial, espace résidentiel et ville historique plus ou moins patrimonialisée. Si l’hyperurbanismeest déconnecté de son environnement proche, l’hypo-urbanisme fait le lien entre l’espace de proximité – résidentiel, familial, et domestique et les autres échelles spatiales.

PARADOXALEMENT, VOUS METTEZ EN ÉVIDENCE QU’À CÔTÉ D’UNE VILLE DE FLUX OÙ TOUT EST INTERCONNECTÉ, SUBSISTE, VOIRE SE RÉAFFIRME UNE VILLE DE LIMITE. COMMENT EXPLIQUEZ-VOUS CELA?

La ville oscille désormais entre le réel et le virtuel. Elle reconfigure les territoires et les paysages. Elle invente des limites liées à la vitesse et au virtuel qui contribue au morcellement de son territoire. Les frontières ne sont plus celles imposées par l’État et les enceintes de la ville médiévale, mais des limites inédites. Reste que cet urbanisme des flux a pour constante le rejet de la rue, comme si la ville devenait une «succession de camps privatisés» comme le souligne l’architecte Christian de Portzamparc à propos de Tijuca, un quartier du sud de Rio.

En France, l’émiettement urbain entraîne trois formes d’émiettement: unémiettement paysager lié à la fragmentation du bâti, un émiettement social et enfin un émiettement politique. Ces trois émiettements constituent le terreau de la «clubbisation» dans le périurbain où les habitants choisissent leur situation sans la subir. Ces formes urbaines ont pour conséquence de mettre en retrait les habitants et de conforter un repli social qui ne va pas sans conséquences politiques.

CETTE FORME D’URBANISME EST-ELLE INÉLUCTABLE? PEUT-ON QUAND MÊME HABITER LA VILLE DES FLUX?

Il n’est pas trop tard, et c’est l’objet de ce livre que de montrer qu’il existe des ressorts pour sortir de ces urbanismes qui n’intègrent plus les habitants et ne créent pas de sens politique. D’où les réactions et mouvements urbains aussi bien au Brésil qu’en Turquie. Les élus doivent réinvestir un projet urbain qui donne sens à l’habiter, qui inscrive la ville dans la durée, qui puisseréagglomérer plutôt que morceler. Il faut aller contre la disjonction qui s’opère entre urbanisation et urbanité, il faut aller à contre-courant de l’urbanisation mondialisée en cours et recréer de l’urbanité.

Il est urgent de concevoir un urbanisme «émergent» que ne soit pas une réplique en plus grand de l’urbanisme industriel d’hier, un urbanisme qui ait le souci de la mise en synergie et en solidarité des différentes parties d’une agglomération. Mais il faut aussi réintroduire de l’espace public dans la cité: nous avons besoin de places, de rues et despaces publics qui ne réduisent pas à des connexions. Un espace public, ce n’est pas une gare, une connexion, c’est aussi une bibliothèque, un musée ouvert, mais pourquoi pas une bibliothèque dans une gare?

PARMI LES FORMES URBAINES QUE VOUS DÉCRIVEZ, LA MÉTROPOLE SEMBLE L’IDÉAL TYPE DE LA VILLE CONNECTÉE ET POLITIQUE. LA LOI INSTAURANT PAR LES MÉTROPOLES A ÉTÉ VALIDÉE PAR LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL. CE CADRE LÉGISLATIF ET RÉGLEMENTAIRE EST-IL À LA HAUTEUR DES ENJEUX SELON VOUS?

L’élection au suffrage universel des élus qui siégeront dans les intercommunalités est la condition première pour redonner du souffle politique. La métropole, comme instance territoriale, peut également avoir un impact sur l’atténuation des inégalités, à condition toutefois d’intégrer dans la réflexion politique les marges qui se créent entre la ville attractive et celle qui est à la dérive. La croissance rapide et endogène de l’urbain a des conséquences sur le développement de l’urbanisme informel (celui qui ne relève ni de la puissance publique, ni du marché), d’une part en raison du prix trop élevé des loyers mais aussi du fait de la démission politique des municipalités ou de l’État.

En France, l’habitat informel est déjà dans les centres urbains démantelés, dans les squats évincés, mais on le voit surtout apparaître aux lisières ou dans les marges de la ville. Il y a des populations qu’on ne voit pas, ou qu’on ne souhaite pas voir. Il suffit de regarder le long des voies de chemins de fer. La prise en compte de la mondialisation urbaine impose de réfléchir à la place de l’informel, beaucoup plus visible au Brésil qu’ici bien sûr, et à ne pas se contenter de vouloir le supprimer en le faisant disparaître purement et simplement! Sinon, la croissance des inégalités urbaines continuera à augmenter immanquablement au seul profit de «cités-État» repliées sur elles-mêmes.

VOUS PARLEZ DE PROJET URBAIN, D’IMAGINAIRE QUI PERMETTE DE REFAIRE LA CITOYENNETÉ PAR LE BAS. QU’ENTENDEZ-VOUSPAR LÀ ?

La ville peut être l’assise d’une démocratie à la fois participative et délibérative. Les gouvernements qui ne doivent pas se contenter de la seule gestion technocratique doivent réinventer la fonction délibérative des cités, celle de l’agora et de place publique dont les résonances historiques, souvent malheureuses, sont nombreuses aujourd’hui, de Maïdan à Kiev, à Tahrir, auCaire.

Refaire la citoyenneté par le bas est un moyen de raccorder ce que j’appelle dans le livre «l’hyperurbanisme» (celui des connexions globalisées) et «l’hypo-urbanisme » (celui qui est aliéné à la voiture), d’articuler le local et le global. D’où l’importance de la parole urbaine, celle qui permet le débat, mais aussi celle qui raconte la ville, celle qui rend visibles les récits de «la ville invisible» chers à l’écrivain Italo Calvino qui montre que toutes les villes ont des histoires communes. À ces conditions, la ville sera habitable. Il ne faut pas oublier: il y a toujours des gens qui précèdent les territoires.

Olivier Mongin, Philosophe, ancien directeur de la rédaction de «Esprit»

À lire: « La ville des flux » chez Fayard, un ouvrage sur la mondialisation urbaine et l’impact des connexions sur les habitants. Il constitue également un appel aux responsables publics pour redonner du sens politique aux projets urbains.

Source : http://www.lettreducadre.fr/8163/urbanisme-%e2%80%afil-y-a-toujours-des-gens-qui-precedent-les-territoires%e2%80%af/?utm_source=newsletter-ldc&utm_medium=email&utm_campaign=newsletter-25-02-2014


 



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

INVENTER L’URBANITE BRUXELLOISE

FAIRE DE LA CAPITALE DE LEUROPE UNE METROPOLE A VISAGE HUMAIN 

 « La question de l’habiter, comme celle de l’urbanité, est au cœur de la condition urbaine » 

L’Urbanité participe de « l’art de vivre en ville » comme la politesse du reste (polis, la ville) à l’opposé de la courtoisie (l’art de vivre et surtout de survivre à la cour). Quid donc de l’urbanité bruxelloise ? C’est une vraie question à laquelle les politiciens bruxellois n’apportent, jusqu’ici pas la moindre esquisse de réponse quand elle devrait être -avec l’enseignement- au cœur du débat sur l’avenir bruxellois au-delà du multiculturelLe débat interculturel et la dynamique cosmopolite est, selon nous, au cœur même du concept d’urbanité bruxelloise. Un concept à inventer et à mettre en pratique d’urgence avant que des chocs socio-culturels ne le rendent impraticable. Cela exige de la hardiesse et un engagement volontaire, nous ne cessons de l’écrire ici.  

« Habiter est un verbe d’action qui renvoie à une pratique qui, ne se résume pas à un intérieur, à un logis, à une résidence, à une adresse personnelle. » Demeurer dans le plus confortable et le plus exquis de intérieurs ce n’est pas forcément vivre bien, si l’environnement, le quartier, la commune est hostile ou médiocre.

« L’abri » devient «demeure» s’il n’est pas hostile à tout rapport au dehors, une enveloppe commune où s’exprime le collectif, où s’éprouve l’urbanité. »

Le concept d’urbanité renvoie aux rassemblements événementiels dans l’espace public qui sont par définition de nature éphémère. Leur multiplication et leur prise en main par le politique depuis 1990 révèlent l’importance croissante que revêt l’animation des espaces, l’image de l’urbanité et la maîtrise temporelle des usages dans l’évolution des villes. Dès lors, faire advenir le rassemblement devient un mode d’intervention temporaire.

L’édification de lieux-moments collectifs, conduite par les autorités urbaines débouche sur un « urbanisme temporaire » modifiant périodiquement l’attractivité de morceaux du tissu urbain. Il participe de fait à l’attractivité des villes centres. Parce qu’il met en scène le cadre de vie quotidien, change les modalités des interactions sociales et culturelles dans les espaces publics et travaille leur appropriation par l’usage collectif. Il contribue donc à modelerl’urbanité métropolitaine et ce, de préférence, dans le cadre d’une dynamique interculturelle. On en est vraiment très loin !

« Aujourd’hui, en raison même du manque de logement, la vision de l’habitat est souvent réduite au seul logement, ce qui revient à oublier «l’obligation morale du parvis» comme l’écrit l’architecte Henri Gaudin, l’exigence de lier un dedans et un dehors. Cet espace arrimé à la ville signifie que la collectivité est plus importante que les individus. Habiter engage un dehors, un commun qui dépasse le domicile privé. C’est un geste qui implique une appartenance à un ensemble qui mobilise plusieurs niveaux, plusieurs registres où s’entrecroisent le local et le global. »

Le mot « parvis » nous renvoie d’emblée au plus célèbre des parvis bruxellois, celui de Saint-Gilles, véritable incubateur d’urbanité interculturelle. Flagey tente de jouer également ce rôle avec un certain bonheur, Wolubilis pareillement, bien que dans un tout autre style. Le parc Josaphat pourrait leur emboiter le pas s’il existait la moindre volonté dans ce sens.

De toute évidence nos dirigeants bruxellois ne semblent pas vraiment conscients de la nécessité de prendre des initiatives dans ce domaine. A l’évidence, les marchés populaires participent spontanément et depuis toujours à une dynamique d’urbanité.

« La ville y est sectorisée, entre espace commercial, espace résidentiel et ville historique plus ou moins « patrimonialisée »L’hypo-urbanisme fait le lien entre l’espace de proximité – résidentiel, familial, et domestique et les autres échelles spatiales. » 

On n’a que faire des « urbanismes qui n’intègrent plus les habitants et ne créent pas de sens »

Il convient donc de réintroduire très vite de l’espace public dans la cité. A cette fin, nous aurons besoin de places, de parcs, de rues et despaces publics qui ne se réduisent pas à des connexionsUne connexion, c’est aussi une bibliothèque, un musée ouvert, mais pourquoi pas une bibliothèque dans une gare, dans une église, ou dans une école, comme autrefois?

« Les gouvernements ne doivent pas se contenter de la seule gestion technocratique urbaine. Ils doivent réinventer la fonction délibérative des cités, celle de l’agora et de place publique dont les résonances historiques, souvent malheureuses, sont nombreuses aujourd’hui, de Maïdan à Kiev, à Tahrir, auCaire. »

Il est urgent de rendre la ville habitableDiverCity cherche à être un incubateur virtuel d’urbanité .

« Il ne faudrait pas l’oublierles gens précèdent les territoires. » 

Autrement dit, il est de plus en plus nécessaire de (re) faire de Bruxelles une ville à visage humain.

MG

 

 

jeudi 27 février 2014

Voici la carte des places créées dans les écoles à Bruxelles


Pierre Bouillon 

Au moins 3.200 places seront créées dans des pavillons modulaires.



Arrêté en novembre par le gouvernement Olivier, le plan urgences avait été conçu pour permettre aux écoles de résister à la poussée démographique et de créer (à l’œil !…) de nouvelles places dans les plus brefs délais.

Pourquoi le plan urgences a fonctionné ?

On a pu prendre connaissance des chiffres pour le fondamental à Bruxelles – soit le niveau scolaire et le lieu les plus affectés par la tension démographique. Pas moins de 3.200 places seront créées (800 via les modulaires mobiles, 2.400 via les modulaires fixes).

Tous les réseaux ont joué le jeu, en proportion de leur gabarit. La Communauté créera 525 places. Le libre, 850. Et le subventionné officiel (on parle des communes, ici, surtout), 1.825.

L’infographie montre que les communes sous forte tension (Molenbeek, Anderlecht, etc.) ont évidemment exploité le plan d’urgence.



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

POUR UN ENSEIGNEMENT INTERCULTUREL


On le savait, ce sont les communes qui portent le plus gros du  poids de l’enseignement sur leurs seules épaules.

Mais à quoi bon créer des écoles si on ne change pas de pédagogie, de manière à sensibiliser les enseignants à la précarité des élèves. « Le groupe de travail recommande donc, aux Hautes écoles, wdes formations spécifiques sur les inégalités sociales, la diversité, l'interculturalité, la communication école-familles, etc. Les Hautes écoles se sont toutes engagées dans un projet sur ces questions. »

Il est, selon nous, prioritaire de penser un enseignement de type interculturel où la langue maternelle des enfants ait une place à côté de la langue de l’école.

De plus, Luc Colles a montré qu’il était indispensable d’enseigner le français autrement : comme une langue étrangère.

On aimerait que les ou à tout le moins une commune prenne une initiative allant dans ce sens.

On songe évidemment à Schaerbeek qui se proclama autrefois Cité des Ecoles.

MG

 

"LES INSTITUTEURS DOIVENT ÊTRE MIEUX PRÉPARÉS À LA PRÉCARITÉ DES ENFANTS"

BELGA  et La Libre Belgique



BELGIQUE

Les étudiants désireux d'enseigner en maternelle doivent être mieux formés aux défis de la pauvreté et de la diversité culturelle des enfants, et notamment maîtriser parfaitement le français à l'oral et à l'écrit, recommande la Fondation Roi Baudouin dans un rapport présenté mardi au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Ces étudiantes et étudiants doivent avoir une connaissance plus fine des effets potentiels des inégalités socio-économiques sur le développement des enfants de 2,5 ans et à 6 ans et sur les apprentissages de base, souligne un groupe de travail mis sur pied par la Fondation avec 27 acteurs institutionnels et de terrain.

Environ 25% des enfants wallons et 40% des enfants bruxellois grandissent dans un ménage dont le revenu est inférieur au seuil de pauvreté, rappelle la Fondation dans un communiqué.

Les défis ne manquent pas pour le futur instituteur maternel: gérer l'hétérogénéité des rythmes d'apprentissage, développer les compétences langagières d'enfants élevés dans un contexte multilingue, communiquer avec les familles moins familiarisées aux codes scolaires, etc.

Le groupe de travail recommande donc aux Hautes écoles des formations spécifiques sur les inégalités sociales, la diversité, l'interculturalité, la communication école-familles, etc. Les Hautes écoles se sont toutes engagées dans un projet sur ces questions.

Le groupes de travail insiste aussi sur la nécessité d'une "maîtrise parfaite" du français par les enseignants, tant orale qu'écrite. "Les formateurs des Hautes écoles constatent à cet égard une forte hétérogénéité du public qui entre en section préscolaire". Un test systématique des compétences en français en début de formation est dès lors préconisé, avec remédiation à la clé.

Le ministre de l'Enseignement supérieur, Jean-Claude Marcourt, a dit partager le vœu de la Fondation de voir les propositions du rapport nourrir la réflexion des acteurs impliqués dans les travaux qui concrétiseront la réforme de la formation initiale des enseignants.



 

LUC COLLES – POUR UN DIALOGUE INTERCULTUREL ENTRE L’EUROPE DE L’OUEST ET L’EUROPE DE L’EST A TRAVERS UNE TYPOLOGIE DES CULTURES EUROPEENNES




Professeur à l’Université catholique de Louvain, Luc Collèsest spécialiste en pédagogie de l’interculturel et en didactique du français langue étrangère. Depuis de nombreuses années, il conduit des recherches qui visent à tisser des ponts entre les différentes cultures amenées à cohabiter en Europe de l’Ouest à la suite des migrations et des choix de vie des nouvelles générations.

Sa conférence portera sur l’articulation des valeurs humanistes et universelles aux normes culturelles propres à chaque communauté. En particulier, Luc Collès nous proposera une comparaison des cultures européennes (Europe de l’Ouest et Europe de l’Est) basée sur des enquêtes qualitatives auprès des consultants internationaux familiers avec les questions interculturelles dans les différents pays européens.

Auteur des livres comme : Interculturel: des questions vives pour le temps présent (Editions Modulaires Européennes, 2007) et Islam-Occident : pour un dialogue interculturel à travers des littératures francophones (Editions Modulaires Européennes, 2010), Luc Collès nous parlera de la façon dont on peut acquérir des connaissances et des habiletés en communication interculturelle tout en développant notre compréhension de l’autre et de soi-même. Cette démarche nous concerne tous, dans la mesure où nous désirons apporter notre contribution personnelle à l’établissement de relations harmonieuses dans l’environnement multiculturel qui est le nôtre aujourd’hui.

 

 

Ukraine : des hommes armés s’emparent du parlement de Crimée


Le Soir

Des hommes non identifiés ont pris le contrôle du siège du gouvernement et du Parlement de Crimée, péninsule russophone du sud de l’Ukraine.



La Crimée, une péninsule dans le sud de l’Ukraine



La Crimée a le statut de république autonome au sein de l’Ukraine. La Crimée, d’abord appartenant, au sein de l’URSS, à la Russie, a été rattachée à l’Ukraine en 1954. Elle continue d’héberger la flotte russe de la mer Noire dans ses quartiers historiques, la ville portuaire de Sébastopol.

Les pro-russes réclament la tenue d’un référendum sur le statut de la Crimée, dans le sud de l’Ukraine, en proie à des tensions séparatistes qui se sont accrues depuis la destitution la semaine dernière du président ViktorIanoukovitch. Une hypothèse rejetée par le président du parlement de Crimée, Volodymyr Konstantinov.

Les Tatars, une communauté de tradition musulmane installée depuis le XIIIe siècle en Crimée, ont été déportés en Sibérie et en Asie centrale sous Staline, puis sont revenus en Crimée après la chute de l’URSS en 1991. Ilsconstituent aujourd’hui 12 % des 2 millions d’habitants de la péninsule. Ils ont activement soutenu la contestation anti-Ianoukovitch en Ukraine.

LES ENJEUX EN CRIMÉE

Rétrocédée à l'Ukraine par l'URSS en 1954, la Crimée est la seule région du pays où les Russes sont majoritaires, représentant 68% de la population. La province reste un bastion pro-Ianoukovitch. La flotte russe et ses 14.000 hommes y sont basés . Depuis la révolution de Maïdan, nombreux sont ceux qui aimeraient voir la Crimée à nouveau dans les mains du Kremlin. Il n'y a que la minorité tatare -12% de la population- pour soutenir les révolutionnaires de Kiev. Musulmane, cette population a été déportée en masse par Staline en 1941, qui la soupçonnait de collaborer avec les Allemands. La Crimée était jusqu'au 18e siècle territoire de l'empire ottoman.

Les Tatars craignent une intervention militaire russe en Crimée. Vladimir Poutine a fait placer mercredi les troupes de l'Ouest du pays en état d'alerte.



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

IMPRÉVISIBILITÉ

Deux commentaires d’internautes ont retenu toute mon attention : « Les Russes préparent-ils un remake de ce qui s'est passé naguère avec la Hongrie en 1956 ou en Tchecoslovaquie en 1968? »

« Si l'Ukraine devait entrer dans l'Europe, elle deviendrait donc un partenaire à part entière et cela pourrait mener loin en cas de conflit ! »

Franchement je crois que ces internautes ont tort de céder à la panique, ceci dit, de toute évidence nous sommes confrontés à une poussée d’imprévisibilité. Tout peut arriver et son contraire.

Dans tous les cas de figure, il est assez difficile d’imaginer que tout ce ramadam débouche sur une relation harmonieuse entre l’Est et l’Ouest. Selon Mykhailo Mishchenko : L’idéal serait que l’Ukraine intègre l’Union européenne, et garde des relations proches et stables avec son voisin, la Russie. Le pays est au bord de la faillite, il y a menace d’un défaut de paiement. »

In me semble  que cela se jouera au niveau d’un dialogue Poutine-Merkel avec l’ex-chancelier Schröder dans la coulisse. 

MG

 

"JE NE CROIS PAS EN UNE PARTITION DE L'UKRAINE"

PROPOS RECUEILLIS PAR CORINE CHABAUD LE MONDE


Un piano peint aux couleurs du drapeau ukrainien, à Kiev le 26 février © BULENT DORUK / ANADOLU AGENCY / AFP

Le sociologue Mykhailo Mishchenko fait le point sur la situation en Ukraine, quelques jours après les jours sombres de la révolution et le départ du président Viktor Ianoukovitch.

Directeur adjoint du Centre Razumkov, un think tank (laboratoire d’idées) ukrainien réputé, créé il y a 20 ans, le sociologue Mykhailo Mishchenko, 52 ans, décrypte l’évolution de la situation et envisage l’avenir… avec optimisme. Malgré les signes dangereux de séparatisme et les fortes tensions dans la péninsule de Crimée, bastion pro-russe où Moscou possède une base navale.

QUE PENSER DE LA FORMIDABLE ACCÉLÉRATION DE L’HISTOIRE QUE VIENT DE CONNAÎTRE VOTRE PAYS ?

La destitution de Viktor Ianoukovitch par la Rada (le Parlement) résout de grands problèmes politiques. Ce leader au passé criminel avait été emprisonné au temps de l’URSS. Peut-être a-t-il collaboré avec le KGB, et la Russie doit détenir sur lui des dossiers compromettants. Son régime était une dictature. Lesgens le savaient, mais c’est devenu une évidence avec toutes ces personnes tombées sous les balles de « snipers » et de mercenaires à ses ordres, russes pour certains. Les fusillades à Maïdan le 20 février resteront l’image la plus marquante de cette révolution. Même le Parti des régions, la formation politique jusqu’ici au pouvoir, a dit que le Président était un assassin, responsable de ces morts. Les oligarques ukrainiens semblent donc l’avoir lâché. Et le ministre de l’Intérieur par intérim a lancé contre lui, une fois déchu, un mandat d’arrêt pour « meurtres en masse de civils ».

POURQUOI LA SITUATION A-T-ELLE BASCULÉ ?

L’Union européenne et les États-Unis ont enfin adopté un ton plus ferme vis-à-vis du président ukrainien et l’ont menacé de sanctions. Beaucoup pensent que s’ils avaient agi plus tôt, on aurait évité ce bain de sang. Récemment,Ianoukovitch a compris qu’il ne bénéficiait plus du soutien de l’Occident. Cependant, le plus important est la résistance sans faille du peuple ukrainien. Viktor Ianoukovitch, conseillé par Vladimir Poutine, a cru que la répression ferait céder les opposants. Mais, loin de faiblir, la protestation est devenue plus radicale après chaque escalade de violence. Les Ukrainiens ont donné leur vie non pas pour l’Europe, mais pour réclamer davantage de démocratie. Les gens se sont battus contre la dictature et la corruption.

QUE VA-T-IL ADVENIR À PRÉSENT ?

La situation est calme à Kiev. Elle est plus tendue dans le sud, notamment en Crimée, dont la population est russe à 60 %. Dans sa « capitale » Sébastopol, des militants pro-russes se sont emparés de la mairie. Mais je ne pense pas que cette réaction négative durera. Ceux qui affirment que Sébastopol appartient à la Russie finiront par se calmer. Je ne crois pas à une évolution vers un conflit plus grave. Reste à savoir comment l’ex-opposition, désormais au pouvoir, va réussir à satisfaire les attentes du peuple ukrainien, sans se discréditer. Car la situation économique est très difficile. Le pays est au bord de la faillite, il y a menaced’un défaut de paiement.

VLADIMIR POUTINE EST-IL PRÊT À ACCEPTER QUE L’UKRAINE SORTE DE SON GIRON ?

La Russie a rappelé son ambassadeur à Kiev sous prétexte que la situation était devenue dangereuse pour ses citoyens dans notre pays ! Peut-être est-il trop tard pour que la Russie puisse agir, même si elle se montre profondément hostile aunouveau gouvernement. Le Kremlin va sans doute tenter de déstabiliser le régime, et de créer du désordre dans les régions de l’est et du sud. L’influence de la Russie sera d’autant plus forte que l’Union européenne et les États-Unis s’impliqueront peu en Ukraine, notamment sur le plan financier. La Russie va sans doute poursuivre sa guerre économique et de l’information. Les médias russes ont fait beaucoup de propagande anti-Europe et anti-Maïdan ces derniers mois, en assimilant les opposants ukrainiens à des nazis ! Or, même si parmi les membres du groupement d’extrême droite Secteur droit et du parti Svoboda beaucoup sont nationalistes, il n’y a pas de fascistes !

COMMENT VOYEZ-VOUS LE LIEN AVEC L’UNION EUROPÉENNE À L’AVENIR ?

L’Ukraine va se rapprocher de l’Europe. Kiev espère recevoir une aide financière et devrait parapher l’accord d’association avec l’Union européenne, que Viktor Ianoukovitch avait brusquement refusé de signer en novembre.
Fin janvier, une des enquêtes du Centre Razumkov a montré que 48 % des Ukrainiens étaient favorables à cet accord de partenariat. Mais ce ne sera peut-être pas facile. Pour épouser les standards européens, il faudra entreprendre des réformes économiques et sociales, mais aussi démocratiques, même si l’Ukraine a déjà fait un grand pas vers la démocratie avec le départ de Ianoukovitch. Personne ne peut savoir ce que sera le pays dans dix ans. Personnellement, je suis optimiste. Ainsi, je ne crois pas au risque de partition entre l’est russophone et l’ouest ukrainophone et nationaliste, brandi par certains. L’idéal serait que l’Ukraine intègre l’Union européenne, et garde des relations proches et stables avec son voisin, la Russie.

 

L'UKRAINE S'INQUIÈTE : POUTINE PLACE DES TROUPES RUSSES EN ÉTAT D'ALERTE


Vincent Genot Le vif

Selon Reuters, le Président Vladimir Poutine a mis les troupes de combats russes en alerte pour un exercice militaire le long de la frontière ukrainienne. Il s'agit du geste politique le plus fort posé par le Kremlin depuis la chute et la fuite de ViktorIanoukovitch.



© Image Globe

Le président russe Vladimir Poutine a ordonné mercredi une inspection surprise des troupes des districts militaires de l'Ouest, non loin de l'Ukraine, et du Centre pour vérifier leur aptitude au combat, a indiqué 

"Le commandant en chef a été chargé de vérifier l'aptitude des troupes à agir pour faire face à des situations de crise menaçant la sécurité militaire du pays", a déclaré le ministre de la Défense, Sergueï Choïgou, cité par l'agence Interfax.

L'opération durera jusqu'au 3 mars, a-t-il précisé. Cette annonce intervient en pleine crise en Ukraine, qui inquiète les autorités russes. Toutefois, M. Poutine a déjà ordonné à plusieurs reprises des inspections surprise des troupes russes depuis son retour au Kremlin en 2012, la dernière, visant les troupes d'Extrême-Orient, avait eu lieu en juillet dernier. Mardi, le président avait dirigé une réunion du Conseil de sécurité russe consacrée à la situation en Ukraine. M. Poutine ne s'est pour l'heure pas exprimé publiquement sur la destitution en Ukraine du président Viktor Ianoukovitch et l'arrivée d'un nouveau pouvoir à Kiev. Le Premier ministre Dmitri Medvedev a jugé lundi que c'était "une aberration de considérer comme légitime ce qui est en fait le résultat d'une révolte". "Il nous sera difficile de travailler avec un tel gouvernement", a-t-il dit.

LA RUSSIE RENFORCE LA PROTECTION DE SA FLOTTE EN CRIMÉE

La Russie a décidé de renforcer la protection de sa flotte basée en Crimée, république autonome russophone dans le sud de l'Ukraine en proie à des tensions séparatistes, a annoncé mercredi le ministre russe de la Défense.

"Nous étudions attentivement ce qui se passe en Crimée et autour de la flotte de la mer Noire", a déclaré le ministre, Sergueï Choïgou, cité par les agences russes. "Nous prenons des mesures pour garantir la sécurité de nos installations, nos infrastructures et notre arsenal sur la mer Noire", a-t-ilajouté, sans donner plus de détails sur ces mesures.

L'OTAN PRÔNE "UNE UKRAINE SOUVERAINE, INDÉPENDANTE ET STABLE"

Le Vif

Les 28 pays de l'Otan sont attachés à la souveraineté et à l'indépendance de l'Ukraine, ainsi qu'au respect de son intégrité territoriale et à son développement démocratique, ont indiqué les ministres de la Défense alliés dans une déclaration publiée mercredi et qui apparaît comme une discrète mise en garde aux tentations séparatistes que pourrait soutenir la Russie.



Place de l'Independance à Kiev, 24 février 2014 © Reuters

"Une Ukraine souveraine, indépendante et stable, fermement engagée en faveur de la démocratie et de l'état de droit, est essentielle à la sécurité (de la région) euro-atlantique (...). Les alliés de l'Otan continuent à soutenir la souveraineté et l'indépendance de l'Ukraine, son intégrité territoriale, son développement démocratique et le principe d'inviolabilité des frontières comme facteurs clés de la stabilité et de la sécurité en Europe centrale et orientale et sur le continent dans son ensemble", précise cette déclaration.

Sa publication par les ministres de la Défense des 28, réunis pour deux jours à Bruxelles, intervient alors que les autorités provisoires au pouvoir à Kiev après la destitution la semaine dernière du président Viktor Ianoukovitch - un allié de Moscou - luttent pour prévenir une faillite du pays et faire obstacle aux tentations séparatistes dans le sud et l'est de l'Ukraine, des régions russophones et russophiles.

L'Otan rappelle encore qu'elle a depuis 2007 un partenariat distinct avec l'Ukraine, par le biais de la Commission Otan-Ukraine, dont une réunion a été inscrite en dernière minute au programme de la ministérielle de Bruxelles. Elle aura lieu jeudi matin.

L'Alliance atlantique insiste également sur "l'importance d'un dialogue politique" fondé sur "les valeurs démocratiques, le respect des droits de l'homme et des minorités" pour "répondre aux aspirations démocratiques de l'ensemble du peuple ukrainien".

A son arrivée à la réunion, mercredi midi, le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, avait assuré que l'Alliance était prête à "continuer à soutenir dans ses réformes démocratiques"l'Ukraine.

"Il revient au peuple ukrainien de déterminer ce que devrait être l'avenir de son pays. Nous considérons comme acquis que tous les pays respectent la souveraineté, l'indépendance et l'intégrité territoriale de l'Ukraine. C'est un message que nous avons également transmis à toutes les parties qui pourraient être concernées", avait-il ajouté, sans citer nommément la Russie.

La Commission Otan-Ukraine existe depuis 1997 et l'Alliance a déclaré l'année suivante que l'Ukraine pouvait être considérée comme candidate à l'adhésion si elle le souhaitait, même si cette perspective reste très éloignée.

 

 

lundi 24 février 2014

Ukraine : la Russie refuse de reconnaître les nouvelles autorités


Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 


Réagissant pour la première fois, lundi 24 février, au basculement du pouvoirukrainien, deux jours après la destitution du président ViktorIanoukovitch par le Parlement, le premier ministre russe, partenaire stratégique historique de Kiev, a vivement critiqué les nouvelles autorités au pouvoir en Ukraine.

Dmitri Medvedev a estimé que la légitimité des organes du pouvoir en Ukraine suscitait « de sérieux doutes »« Si on considère que des gens qui se baladent dans Kiev en masques noirs et avec des kalachnikovs sont le gouvernement, alors il nous sera difficile de travailler avec un tel gouvernement »a-t-il ajouté.

« Certains de nos partenaires occidentaux considèrent qu'il est légitime. Je ne sais pas quelle Constitution ils ont lue, mais il me semble que c'est une aberration de considérer comme légitime ce qui est en fait le résultat d'une révolte. »

AIDE FINANCIÈRE ET DROITS DE DOUANE

Le nouveau pouvoir ukrainien a tendu la main à ses partenaires occidentaux, dimanche, pour avancer dans le règlement des difficultés économiques qui traversent le pays. Le ministre des finances par intérim, Iouri Kolobov, a annoncé que l'Ukraine aurait besoin d'une aide de « 35 milliards de dollars en 2014-2015 ».« Nous avons demandé à nos partenaires occidentaux (Pologne, Etats-Unis) l'octroi d'un crédit d'ici à une semaine ou deux » et suggéré l'organisation d'une« grande conférence internationale de donateurs ».

Quelques heures plus tôt, dans un entretien avec un journal allemand, le ministre de l'économie russe, Alexeï Oulioukaev, avait menacé l'Ukraine d'augmentation de ses droits de douane à l'importation en cas de rapprochement avec l'UE.

IANOUKOVITCH RECHERCHÉ POUR « MEURTRES DE MASSE »


Par ailleurs, lundi matin, le ministre ukrainien de l'intérieur, Arsen Avakov, avait annoncé que le président déchu faisait à présent l'objet d'un mandat d'arrêt pour« meurtres de masse » de civils. D'après M. Avakov « une enquête criminelle a été ouverte », visant l'ancien président ainsi que « plusieurs autres fonctionnaires »soupçonnés d'avoir encouragé les violences qui ont conduit à la mort d'au moins quatre-vingt-deux personnes la semaine dernière.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

THE E.U. SHOULD OFFER FULL MEMBERSHIP TO UKRAINE, AND GERMANY MUST TAKE THE LEAD.

La solution du problème, nous l’avons dit déjà, se trouve évidemment à Berlin.Dans la dernière décennie du XXème siècle c’est Helmut Kohl, qui dans la foulée de la Ostpolitik (Brandt, Schmidt) a poussé à la unification de l’Allemagne. La France était contre, François Mitterrand a exigé, en compensation, la suppression du puissant DM et l’instauration de l’Euro. Kohl a cédé mais il a plaidé pour une réunification de l’Europe, laquelle eut lieu effectivement. Il s’agissait de renforcer la position de l’Allemagne en la faisant renouer avec son hinterland naturel : la Mitteleuropa et l’Est. Gerhard Schröder, successeur de Kohl a poursuivi dans la même voie.

Angela Merkel qui est aux commandes depuis 2005 semblait moins emballée par cette option politique. Elle est en train de changer de cap.

La chancelière de fer semble avoir compris en effet qu’une fragilisation éventuelle de l’Est européen risque d’être très préjudiciable au boom économique allemand. Elle semble avoir toutes les cartes en mains, en revanche, pour débloquer la situation en Ukraine sans trop heurter Vladimir Poutine. Mais il lui faudra convaincre François Hollande de l’accompagner dans cette voie pour donner un nouvel élan à la politique européenne.

Berlin, est en train de tirer parti de ses liens économiques privilégiés avec Moscou et ses ancrages atlantiques pour renforcer un axe et une stratégie transatlantiques.

On a pu observer au cours des dernières semaines à quelle vitesse le climat peut se détériorer rapidement à l’Est. La République fédérale allemande et l’Union européenne ont tout intérêt à s’engager plus franchement en Europe de l’Est.

Cela implique des risques, surtout celui de réussir.

MG


 


Launch media viewer

BRUSSELS — Thanks in part to the coordinated efforts of Germany, Poland, France and the United States, irrevocable change has finally come to Ukraine, with President Viktor F.Yanukovych’s flight from Kiev and Parliament’s vote to call for new elections in May.

But the powers still have urgent work to do. Ukraine could either descend into chaos or right itself on a path toward a new democratic stability. The European powers and the United States must offer the country all possible support to move toward the latter.

The first and most urgent step for Western leaders is to send unequivocal messages to Moscow that any support by Russia for the southern and eastern regions of Ukraine to break away from the rest of the country would be met harshly, and result in a general reconsideration of relations with Russia on all levels.

In parallel, they must make sure that their own resources, and those of the European Union institutions in Brussels, are available to political leaders in Kiev to assist them in their transition to a new regime.

Moreover, Ukraine’s crisis isn’t just political: The country faces economic default without support. It had been relying on Russia for that help, and now Europeans and Americans must quickly work with the International Monetary Fund to provide a financial lifeline to Kiev and to prepare longer-term economic-assistance programs; they must also be ready to give direct emergency aid by themselves, if needed.

Simply by announcing a readiness to commit to these steps, they would be providing enormous help to the forces committed to change in Ukraine.

Besides getting through the first days and weeks, there are two great political risks the West must help Ukraine to address. One is the inevitable attempt to undermine an emerging order. The protest movement that began last November, centered in Kiev’s Independence Square, has won. But it is quite possible that the forces that supported the former regime, especially in the east and south of the country, are going to contest the new order.

And it is questionable whether the Kremlin will accept a loss of influence in Ukraine. Mr. Putin had high hopes of making Ukraine a key ally in his planned Eurasian Union. He may have decided that Mr. Yanukovych was too unreliable an ally, but that does not mean he will accept a revolution against him. (Mr. Yanukovych, who reportedly fled to the eastern city ofKharkiv, near the border with Russia, said he had been forced to leave the capital because of an illegal “coup d’état.”)

The second risk is that the new regime will look like the one installed after the Orange Revolution in 2004: years of painful stalemate, political institutions blocking each other, permanent infighting and no clear separation between political and economic power.

It is primarily up to the Ukrainian people to put their still-young country on a new path. Many have demonstrated incredible courage over the last weeks. But a post-Yanukovych Ukraine will still be a fragile state with weak institutions.

Since it declared independence from the collapsing Soviet Union in 1991, Ukraine has lived uncomfortably between the European Union and Russia. Despite some progress, it failed to build stable and trustworthy institutions. That’s why so much of the country has put its hopes in the European Union; Ukrainians saw that their neighbors who had joined it — Hungary, Poland, Romania, Slovakia — were doing very well.All the bloc offered last year was an “association,” which does not include the promise of membership, and a free-trade agreement.

Because the offer was so weak, the door was open for Mr. Putin to sabotage it and for Mr. Yanukovych to reject it. Now the European Union needs to come back with a better offer — not just association, but membership.

Doing so would unleash a new dynamic. It would embolden a new leadership in Kiev and give them enough authority to push through painful but necessary economic and government reforms. A process of transformation would kick off. Urgently needed foreign investment would rush in. It would signal to the entire country that a better future is possible.

Ulrich Speck, a foreign policy expert, is a visiting scholar at Carnegie Europe, the European center of the Carnegie Endowment for International Peace.



CE QUE LE PEUPLE VEUT

Béatrice Delvaux éditorialiste en chef (Le Soir)

A cette heure, nul ne peut jurer de la mise en place d’un pouvoir démocratique et légitime en Ukraine. Nul ne peut garantir que le territoire restera uni. Mais il est une vérité qui s’est affirmée ce samedi sur Maïdan, inscrivant les Ukrainiens dans cette chaîne qui va de 1789 aux révolutions arabes, roumaines, à la chute du Mur de Berlin : la volonté du peuple est irrépressible, le peuple est souverain.

A deux reprises, le politique en Ukraine a tenté de dompter les désirs d’une population qui voulait farouchement son rattachement à l’Europe, considéré comme le seul moyen d’être enfin protégée, à défaut d’être débarrassée, d’un pouvoir dictatorial et prédateur. A deux reprises, le politique a échoué. Fin décembre dernier, le président Ianoukovitch avait fait volte-face, repoussant le rapprochement avec l’Union européenne pour lui préférer un deal avec la Russie voisine. Une partie de la population, hommes, femmes, jeunes, ouvriers, paysans, en colère et trompée, a refusé de se résigner, au prix de sa liberté, de son intégrité physique. Jeudi dernier, c’est un nouveau « non » que ce peupleproeuropéen a opposé aux accords qui permettaient au pouvoir en place de sauver sa tête. L’accord arraché par les trois ministres européens venus à Kiev, n’a vécu que quelques heures. Ce peuple-là avait décidé qu’un président qui avait tué les siens, était illégitime et devait partir. Seul le peuple pouvait l’exiger.

«  Tenez bon : les peuples gagnent toujours sur les dictateurs  », avait lancé jeudi le parlementaire européen belge Guy Verhofstadt dans un appel vibrant et très ému à la foule de Maïdan. Il ne croyait sans doute pas avoir raison si vite : deux jours plus tard, le président honni est en fuite. L’Europe se doit aujourd’hui d’être à la hauteur du défi de ce moment historique. Défi lancé par une partie du peuple ukrainien à ses dirigeants corrompus et fantoches, mais aussi à la Russie, dont la toute-puissance déployée à Sotchi, était mise en berne ce dimanche par Kiev.

L’Europe se doit d’autant plus d’aider la démocratie qui va tenter de se mettre en place, qu’en se battant pour leur liberté, c’est aussi l’Europe que les Ukrainiens ont défendue. Au moment précis où tant de citoyens de l’UE ne croient plus aux vertus de l’Union, à Kiev, pour la première fois de l’histoire, des hommes et des femmes sont morts en brandissant le drapeau européen ! Comme pour signifier à ceux qui voudraient briser le projet européen, qu’ils feraient une grande erreur, oublieux des bienfaits démocratiques et économiques qu’ils ont dû, eux, reconquérir ces derniers jours, au prix de leur vie, sous nos yeux.

 

 

 Moscou hausse le ton contre Kiev et l'UE





La Russie ne reconnaît pas les nouvelles autorités ukrainiennes et juge l'attitude européenne «aberrante».

Après avoir gardé le silence dimanche sur la crise ukrainienne, Moscou s'est rattrapé lundi en attaquant à la fois la communauté occidentale et les nouvelles autorités.

La diplomatie russe s'en est prise aux «terroristes» dont elle exige la liquidation ainsi qu'aux «calculs géopolitiques unilatéraux» échafaudés par l'Occident. «Si on considère que des gens qui se baladent dans Kiev avec des masques noirs et des kalachnikovs sont le gouvernement, alors il nous sera difficile de travailler avec un tel gouvernement», a lancé le premier ministre, Dmitri Medvedev. Dans la foulée, le chef du gouvernement russe a jugé «aberrante» la reconnaissance, par l'UE, la Pologne, la France, l'Allemagne et les États-Unis, du nouveau pouvoir exécutif. «Nous ne comprenons pas ce qui se passe là-bas, il y a une véritable menace pour nos intérêts, la vie et la santé de nos citoyens», a encore affirmé Medvedev. L'ambassadeur russe en Ukraine a été rappelé à Moscou.

La diatribe intervient au moment où, sur la place Maïdan, les drapeaux européens, qui s'étaient repliés ces dernières semaines, sous les couleurs de l'insurrection anti-Ianoukovitchrefont leur apparition. Comme si le sens originel de la révolution ukrainienne reprenait peu à peu droit de cité. La mise en garde russe coïncide aussi avec la visite à Kiev du chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, qui s'est vue contrainte, face à l‘offensive du grand voisin oriental, d'ajuster son discours et ses actes. Alors que les nouvelles autorités ont chiffré à près de 25 milliards d'euros pour 2014 et 2015 les besoins de financement du pays, les Vingt-Huit ne sont officiellement prêts, en accord avec le FMI, qu'à apporter 2 à 3 milliards. Sans compter la contrepartie exigée de réformes douloureuses. Pour sa part, la Russie a gelé le versement de la deuxième tranche d'un crédit total de 15 milliards de dollars. «Nous ne voulons que l'argent de l'Europe et nous sommes prêts pour cela à des sacrifices», affirme Bogdan, l'un des manifestants. Dans les chancelleries européennes, l'idée d'une conférence des donateurs tend plutôt à se cristalliser, dans un partenariat souhaité avec la Chine, le Japon, le Canada, la Turquie et les États-Unis. Cependant, aucun programme massif d'assistance ne devrait voir le jour avant l'élection présidentielle prévue le 25 mai.

Le russe banni comme deuxième langue officielle

Face à la Russie, qui ne reconnaît pas plus le nouveau calendrier électoral que les autorités de Kiev, Bruxelles a renvoyé à l'après-présidentielle, la possible signature d'un accord bilatéral de «commerce et d'investissement». La Commission européenne n'a même pas utilisé le terme «accord d'association», celui-là même qui avait cristallisé le conflit de la place Maïdan, après que la Russie eut opposé un «niet» aux plans initiaux de Viktor Ianoukovitch.

La capacité de l'UE à maintenir Moscou dans ce futur marathon diplomatique dépendra de la transition politique qui s'opère dans le pays. Or, surveillée sur sa gauche par la rue, la Rada s'est engagée dans un grand nettoyage propre à braquer la Russie, notamment en votant un texte bannissant le russe comme deuxième langue officielle dans les régions russophones de la Crimée et de l'Est. Elle envisage également de lancer un processus de «lustration» dans le secteur de la justice, identique à celui qu'avait conduit l'ancien président géorgien Mikhaïl Saakachvili, après la «révolution des roses» de 2003, de sinistre mémoire pour Moscou.

Sur le terrain, néanmoins, «on assiste à une normalisation», veut croire un diplomate occidental. Progressivement, les régions de l'Est, dont les dirigeants craignent d'être embastillés, font allégeance au pouvoir de Kiev. Des mouvements qui, s'ils se confirmaient, réduiraient la capacité d'influence du pouvoir russe.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

PRINTEMPS UKRAINIEN ?

Pas sûr du tout ! Des internautes s’interrogent :

«L'Ukraine est un cadeau empoisonné pour l'UE» observe un commentateur.


« Après des mois de contestations, l'opposition Ukrainienne s'installe au pouvoir. Depuis novembre 2013, les contestations de l'opposition pro-européenne se sont intensifiées en Ukraine, et ont abouti à la destitution du président. »

« Belle leçon de démocratie d'un peuple souvent asservi par le joug russe de la Russie. » 

Un forumeur y voit «un épisode de la décolonisation russe du pays» au nom du«droit des peuples à disposer d'eux-mêmes».

«Aux Ukrainiens de continuer à bâtir leur démocratie, au monde libre de s'assurer qu'ils le font sans entrave extérieure, et à nous Européens de les accueillir décemment.»

Mais «Kiev n'est pas l'Ukraine»

Certains  commentateurs s'interrogent sur la légitimité démocratique du mouvement du Maïdan.

Quant à Ioula Timochenko, «elle ne vaut pas mieux que ceux qui sont partis…» «L'égérie traîne beaucoup de casseroles», «la moitié de la population veut rester russe». Solution ? «Séparer l'Ukraine au niveau du Dniepr», former un Etat fédéral, alors même que François Hollande en appelle à conserver l'unité de l'Ukraine ?

«La France ferait bien mieux de s'occuper de ses propres affaires car elle pourrait se faire un ennemi de taille» en fâchant PoutineCette révolte est un «beau cadeau empoisonné pour l'Europe» «Finalement, Poutine a de quoi être satisfait, ironise GDRA 18 , il va garder la partie rentable de l'Ukraine et nous laisser ramer avec le reste.»

Bref, rien n’est résolu et les semaines, les mois qui viennent et nous rapprochent du scrutin européen risquent de faire monter la tension électorale et internationale. Un épisode se termine sans que personne ne puisse dire «  la guerre de et pour l’Ukraine n’aura pas lieu »

La solution semble se situer dans l’issue du dialogue Merkel Poutine qui est de nature à décrédibiliser la lamentable diplomatie européenne au profit d’un supplément de prestige de l’Allemagne fédérale.