mardi 11 février 2014

Action syndicale attendue ce vendredi à la Stib

Marc MetdpenningenB.Dn

Le Soir


La direction et les syndicats doivent encore se concerter sur les modalités pratiques du mouvement mis sur pied en réponse au jugement de l’agresseur d’un superviseur.



Cette action de protestation sera menée par les syndicats de la Stib vendredi à 10 heures devant le palais de Justice de Bruxelles. « Nous voulons montrer le mécontentement du personnel et dire que la justice a donné un mauvais signal, indique Robert Timmermans, délégué CSC. Nous ne voulons pas pénaliser les usagers. Tous les agents sont invités à participer à cette manifestation. Il n’y a pas d’appel à une grève mais il est possible que des perturbations aient lieu sur certaines lignes en raison de la présence des agents de conduite à la manifestation ».

Les syndicats, ajoute Timmermans, « ne demandent pas que l’auteur des faits soit pendu. Mais il faut quand même respecter une certaine proportionnalité. Quand on entend qu’en France, des maltraitances à un chat ontété punies d’un an de prison ferme, il y a de quoi s’étonner de 40 mois avec sursis pour la mort d’un homme. La ministre de l’Intérieur Joelle Milquet avait dit qu’il fallait une double peine pour ceux qui s’attaque à des agents publics. Donc 40 mois fois deux, ça devrait faire 80 mois…. »

« UNE RÉACTION DIGNE ET MATURE DES SYNDICATS »

De son côté, Françoise Ledune, porte-parole de la Société des Transports intercommunaux de Bruxelles, souligne la « réaction digne et mature des syndicats qui réagiront de manière coordonnée ». L’ampleur du mouvement n’est, pour l’heure, pas encore connue. Des concertations entre syndicats et direction, dont on ne sait pas encore si elle soutiendra l’action, doivent encore se tenir.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

MAUVAIS SIGNAL

Le personnel n’est pas d’accord avec le verdict de la justice, et donc il enclenche une action. Mauvais signal. Cela peut se comprendre mais c’est inacceptable et dangereux.

La victime est d’origine immigrée, l’agresseur est d’origine belge et apparemment sous influence quand l’incident tragique eut lieu. La stib, c’est bien connu, est un bastion marocain. Deux perceptions de la justice se heurtent. Les juges ont plaidé la clémence, la famille et la grande famille de la STIB auraient voulu un exemple.

Qu’on le veuille ou non, c’est un cas typique de clash interculturel.

Il eût fallu un jugement de Salomon, mais lequel ? Personne ne peut répondre.

Aux Etats-Unis existe une justice très défavorable aux gens de couleur. Chez nous, en principe, rien de pareil.

Un internaute conclut avec beaucoup de sagesse : « tuer avec un revolver cela montre clairement une volonté, une intention. L'accident triste et révoltant qui est arrivé à ce contrôleur reste accidentel..; Et pas prémédité.. Une grande tristesse, certes un vrai drame, assurément mais si le coupable a vraiment des regrets et prend conscience de ses actes, il  a droit à une chance? Ceux qui tuent avec un revolver le font dans l’intention de tuer... C'est fort différent... »

On est assez d’accord avec cela et donc avec la décision du juge.

La STIB s’oriente vers une justice de rue et de lynchage. C’est indéfendable mais on peut comprendre l’exaspération du personnel confronté à la violence au quotidien.

« La question en droit est de savoir s'il y avait intention de tuer, et il apparaît qu'il ait été considéré que non. Cela peut paraître anodin du point de vue des conséquences mais la différence en droit est capitale parce qu'elle déterminera la qualification des faits, qui elle-même conduira à une échelle de peine. Ce qui importe donc est que la peine soit conforme au droit et qu'il n'est pas question d'aménager celui-ci parce que médias, parce que vindicte, parce que peu importe. Le tribunal juge sur base d'un dossier - à charge et à décharge - que, jusqu'à preuve du contraire, aucun lecteur n'a lu.
En outre, l'auteur est bien considéré comme un meurtrier. Il n'y a pas eu acquittement ou non lieu mais condamnation. »

Dans un Etat de droit, la décision judiciaire se doit d’être respectée.

Ceci est un vrai test pour une démocratie interculturelle. La STIB joue sa crédibilité dans les jours qui viennent.

MG

 

 

 

 

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