lundi 3 février 2014

Bart De Wever : " L'heure de la N-VA a sonné "


Le Vif

Source: Belga

"L'heure de la N-VA a sonné", s'est exclamé dimanche le président du parti nationaliste flamand, Bart De Wever, en conclusion du congrès que son parti a organisé durant trois jours à Anvers. L'homme fort des nationalistes flamands a comparé son mouvement à celui de Martin Luther qui a révolutionné les idées son temps au 16ème siècle.


Bart De Wever. © Reuters

Le président a exalté le changement que promet son parti en matière d'emploi, de sécurité sociale, d'enseignement, d'esprit d'entreprise, etc. A l'heure d'adopter le programme nationaliste en vue des élections du 25 mai, il s'est montré sûr du succès de ses propositions.

"Car chaque réforme que notre mouvement a demandée s'est finalement réalisée. Et les autres ont toujours dit neen ou non, que c'était impossible, que ça ne marcherait jamais. De cette manière, nous avons souvent écrit ensemble l'histoire. Aujourd'hui, nous avons écrit l'avenir. L'avenir de notre pays. Je suis convaincu que cela nous réussira à nouveau. Car rien ne peut arrêter une idée dont l'heure est venue", a-t-il souligné.

M. De Wever voit son mouvement comme celui des "hérétiques" de l'actuel gouvernement dirigé par le socialiste francophone Elio Di Rupo. Il n'a cure de tous ceux qui, d'Elio Di Rupo à Melchior Wathelet(cdH) en passant par Karel De Gucht (Open Vld) ou Bruno Tobback (sp.a), ont traité son parti de "dangereux".

"Nous nous sommes bien sûr des hérétiques, nous sommes bien sûr dangereux. Nous sommes dangereux pour ceux qui veulent faire payer aux Flamands qui travaillent les impôts les plus élevés du monde de manière à ce qu'ils perdent leur emploi. Nous sommes dangereux pour les partis qui trouvent on ne peut plus normal de soutenir un gouvernement PS sans majorité en Flandre".

Le président du congrès, Ben Weyts, a ciblé plus clairement encore le PS. "A chaque fois, l'appel au changement s'est heurté à un 'non' opiniâtre, venant surtout du PS. Mais à chaque fois, les partisflamands traditionnels sont quand même entrés dans un gouvernement fédéral, qui faisait précisément le contraire de ce que voulait l'électeur flamand", a-t-il dit.

Le congrès a fait salle comble: quelque 4.000 personnes se sont réunies à l'Antwerp Expo pour écouter les discours.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

ET VOILA QU’IL SE PREND POUR LUTHER .

Nous sommes à un moment historique qui décidera du destin de ce pays pour les cinquante ans qui viennent.  La N-VA a beau clouer ses thèses sur les portes de la cathédrale d’Anvers, elle n’apporte aucune solution, seulement le chaos. Simplifions : il veut être le maître en Flandre, comme il est maître à Anvers, où il ne s’en sort pas mieux que les municipalistes N-VA qui partout cafouillent où ils ont pris le pouvoir.

Un très grand nombre de flamands voteront néanmoins pour son parti.   « Foertstemmen van de malcontenten. » Les voix de protestation des éternels mécontents, allergiques à l’homme au nœud pap. Et voilà qu’ils se prennent pour les gueux calvinistes en révolte contre l’autorité espagnole!

Certes, il y a de bonnes raisons d’être mécontent. Mécontents, nous le sommes tous à un degré ou à un autre. Admettons que nous soyons débarrassés de Bart et aussi de Elio ; est-ce pour cela que tout irait mieux dans ce pays de Cocagne où nous avons eu la chance de naître ?

Hormis Guy Verhofstadt le passionné, Daniel Reynders le cérébral ou Vande Lanotte le pragmatique, Vervoort l’homme de bons sens, je ne vois vraiment aucun homme, aucune femme politique qui suscite un vrai enthousiasme.

MG

 

 

LA N-VA EST PRÊTE POUR LE POUVOIR

Véronique Lamquin Le Soir

Le 25 mai, mère de toutes les batailles ? Moins pour la survie du pays, sans doute, que pour l’importance que ce scrutin revêt pour les partis. A priori, les futurs partenaires des majorités signeront pour cinq ans, renvoyant donc certaines formations dans l’opposition pour le même bail. Une éternité en politique. Un cauchemar pour la N-VA. Pour l’éviter, Bart De Wever sait qu’il doit se rendre incontournable, donc progresser par rapport à 2010. Son principal ennemi ? La peur qu’il suscite.

Le patron de la N-VA convoque donc l’histoire pour dire que l’angoisse se trompe de cible : en 1521, le pouvoir avait mis Martin Luther au ban de l’Empire pour garder ses privilèges. Mais, surtout, Bart De Wever a tenté, tout le week-end, de rassurer les six millions de citoyens flamands. Ses troupes sont invitées à faire pareil, sans relâche, les 111 prochains jours.

Les discours du congrès étaient clairement inspirés par cette priorité. Pour ceux qui redoutent l’éclatement du pays, on insiste : il n’y a pas de lien entre le projet confédéral et l’indépendance de la Flandre. Mieux, le modèle proposé par la N-VA favoriserait la collaboration entre la Flandre et la Wallonie, et renforcerait Bruxelles, qu’il n’est pas question d’abandonner. A ceux qui s’inquiètent d’un programme socio-économique trop à droite, on sert des accents nouveaux. Le gel des dépenses publiques reste au programme, mais moins brutal donc. La réforme fiscale que l’on disait réservée aux riches a désormais pour cible principale les revenus faibles et moyens.

Autre élément, glissé en filigrane des interventions : la N-VA semble seule contre tous... Mais, sur le plan des idées, elle n’est pas isolée. Même le confédéralisme est « quasiment le même que celui que le CD&V ou le VLD prône ou a prôné ». Conclusion : oui, la N-VA se trouvera des partenaires le 26 mai 2014.

Enfin, à destination des électeurs qui redouteraient le syndrome 2010, celui d’une N-VA qui refuse le pouvoir, le congrès d’Anvers se veut l’éclatante démonstration du contraire. Bart De Wever a du reste ressorti les photos de la fondation du parti, voici 14 ans, devant une assistance clairsemée. Ce week-end, les nationalistes flamands ont réussi leur congrès. Sur le fond : ce délicat exercice de démocratie interne a montré que la direction maîtrise parfaitement ses troupes. Sur la forme, 4.000 personnes, gonflées à bloc, ont lancé la campagne. De quoi forger l’image d’un parti qui a grandi et mûri, et est donc prêt à prendre ses responsabilités.

Reste cette question majeure : quelle est la part non négociable du programme institutionnel de la N-VA ? Aussi longtemps qu’elle ne sera pas résolue, Bart De Wever ne pourra rassurer cette majorité de Flamands qui ne veulent ni le séparatisme ni le blocage du pays.

 

LA N-VA DOIT LA CLARTÉ TOTALE À L’ÉLECTEUR

ÉDitorialiste en chef Le Soir
Béatrice Delvaux

Les deux jours qui viennent de se dérouler ont donné toute la mesure de la place que la N-VA a prise dans le paysage politique flamand, et donc belge. Le congrès d’Anvers a des objectifs de contenu – la définition finale du programme – mais aussi de communication : le parti veut montrer au monde extérieur qu’il est prêt, par sa force, son organisation et son contenu, à assumer le pouvoir et à ses militants, en interne, qu’il est en mesure de prendre ce pouvoir, dès lors qu’il n’est plus ce petit parti dont les fidèles tenaient dans une arrière-salle de café. Les deux objectifs sont fondamentaux dans la marche en avant de Bart De Wever vers le 25 mai 2014 : primo, pour rassurer et séduire d’autres électeurs potentiels, secundo pour convaincre les fundis du parti qu’il faudra y réfléchir à deux fois avant de refuser de faire des compromis sur leur but ultime – la fin de la Belgique – et doncde gouverner, si l’occasion s’en présente. Ce congrès doit donner aux membres du parti, pour la première fois, le sentiment collectif et quasi charnel d’être puissants et capables de dicter la marche de la Flandre et donc de ce pays dont ils veulent l’éclatement. Bart De Wever leur dit implicitement à Anvers : « Faites très attention, pesez bien tout, avant de renoncer à ce que vous voyez ici. »

Ce que l’on est en droit d’attendre de cette communication politique du parti dont le score en mai pourrait déterminer le devenir du pays, est autre chose que de la publicité maison ou de la propagande auprès de l’électeur. C’est au contraire une clarté totale sur son programme et ses intentionsLa N-VA peut-elle gouverner sur du socio-économique, sans institutionnel ? Ou ce fameux confédéralisme tel que la N-VA l’a défini il y a quelques semaines (scission de la sécurité sociale et de Bruxelles, réduction de l’Etat fédéral à la défense et aux affaires étrangères) sera-t-il une condition sine qua non ? Hier Ben Weyts évoquait surtout un programme économique de centre droit, dans une alliance avec le nouvel « axe » MR-CD&V. Mais il y ajoutait dans la foulée le « bétonnage des futures institutions en accélérant le transfert de compétences vers les entités fédérées » : qu’est-ce que cela veut dire exactement ?

Quel est le pas-de-porte institutionnel que la N-VA exigera de ses partenaires pour entrer dans un gouvernement fédéral ? Quels éléments de son programme, le parti nationaliste et indépendantiste est-il prêt à laisser tomber pour former un gouvernement ? Une éminence francophone nous faisait remarquer qu’aucun parti n’exécute jamais la totalité de son programme électoral. C’est vrai mais ici, vu l’enjeu – le sort d’un pays, de sa sécurité sociale, de sa capitale –, il est indispensable que l’électeur sache très précisément, sans ambiguïté avant de voter, ce que la N-VA revendiquera en son nom, à une table de négociation.



COMMENTAIRES DE LECTEURS du Soir

« La NV-A est claire : elle prône, à terme relativement court, l'indépendance de la Flandre. L'étape confédérale est une supercherie sémantique dans cette stratégie, mais les autruches francophones s'y soumettront, question de reporter les échéances cruciales pour les Wallons et les Bruxellois et de prolonger le parasitisme des élus. Je souhaite un triomphe de cette NV-A car c'est la voie la plus directe vers un séparatisme qui est préférable pour les Wallons à une colonisation par la Flandre. Il n'y a aucun avenir pour la Wallonie au sein d'une Belgique dominée par cette Flandre qui la méprise et n'y voit que source de matières premières (eau, bois, bétail), dépôt de déchets, terrain de jeux, main d'oeuvre exploitable et (paradoxe ?) cofinancement imposé des pensions.



« Il est d'ailleurs amusant de noter l'acharnement de la Flandre à faire de BXL sa capitale: une grande majorité de flamands est en effet allergique à la notion même de cosmopolitisme, n'apprécie guère les francophones et encore moins les "immigrés", surtout s'ils sont basanés, et rêve de vivre dans une société où tout le monde parle le flamand, et rien d'autre que le flamand. Evidemment, pour conserver l'emploi de centaines de milliers de navetteurs flamands et une présence digne de ce nom dans la vitrine internationale qu'est la Capitale de l'Europe, ça peut se comprendre. Mais ne serait-il pas plus facile, s'ils veulent avoir une capitale flamande "pure", de choisir une ville peuplée de flamands, et située sur le territoire de LEUR région? Mais bien sûr, ce sont les francophones qui ont un "complexe de supériorité", et qui sont de vilains impérialistes,

Aucun commentaire: