samedi 15 février 2014

Grand Baromètre: le PTB fait mal au PS


Véronique Lamquin, Pierre Bouillon et David Coppi

A cent jours des élections, le sondage RTL Ipsos Le Soir marque la percée de l’extrême gauche : 6,7 % en Wallonie, 6,8 % à Bruxelles.




Raoul Hedebouw incarne le nouveau PTB qui réalise une percée, selon notre Grand Baromètre. © Michel Tonneau.

 

Le Grand Baromètre RTL Ipsos Le Soir a été réalisé du 6 au 10 février 2014 par Ipsos. Il a été effectué auprès de 2.747 répondants, formant des échantillons représentatifs des Belges de 18 ans et plus. L’échantillon est constitué comme suit : 1.113 en Wallonie, 1.122 en Flandre et 512 dans les 19 communes de la Région de Bruxelles-Capitale. Les interviews ont eu lieu via l’Ipsos On Line Panel. La marge d’erreur maximale, pour un pourcentage de 50 % et un taux de confiance de 95 %, est de +/- 2,9 en Wallonie, +/- 2,9 en Flandre et de +/-4,3 à Bruxelles.

Les socialistes paient cash la progression du PTB. En Wallonie, le PP progresse également, avec un score de 5,6 %. Le PS est en recul dans les deux Régions, le MR en progression. En Flandre, la N-VA progresse encore.

BRUXELLES : LE MR REPREND DES POINTS

A Bruxelles, la grande leçon se situe à l’extrême gauche de l’échiquier : le PTB passe de 2,6 % à 6,8 %. C’est tout à la fois l’évolution la plus marquante de notre sondage, mais aussi le score le plus élevé jamais réalisé dans la capitale.

Principale « victime » de cette progression appuyée : le PS de Laurette Onkelinx et RudiVervoort. Les socialistes gardent certes le leadership, mais de toute justesse (1,2 point d’avance, seulement, sur les libéraux). Et, surtout, ils sont, de nouveau en recul : avec 21,2 %, ils encaissent une perte de 2,9 points.

Les libéraux progressent de 1,3 point, et affichent un score de 20 %. La course à la troisième place s’annonce, elle, très serrée. Cette fois, c’est le CDH, en légère progression, qui décroche la timbale, le FDF et Ecolo sont ex aqueo.

Côté néerlandophone, le VLD affiche sa forme, la N-VA ne réussit pas à percer.



WALLONIE : LE PS PERD 10 % PAR RAPPORT À 2010

En grande méforme depuis quelques mois, le PS est désormais crédité de 28,4 %. Soit (quasi) 10 points sous son score électoral des législatives de 2010.

Aux dernières législatives, 15,4 points séparaient encore le PS du MR. Là, l’écart s’est réduit à 5,1 points.

Les autres partis traditionnels ne profitent pas du recul du PS. Le MR ne progresse que très légèrement par rapport au dernier sondage (1,6 point) et stagne globalement depuis les élections de 2010. De leur côté, CDH et Ecolo ne parvient pas quitter la zone des 11-13 %.

 


FLANDRE : LA N-VA PROGRESSE ENCORE

Celles et ceux qui s’attendaient à un début de commencement de reflux de la N-VA déchanteront voire déprimeront : la formation politique de Bart De Wever obtient 32,3 % des intentions de vote, soit 1,1 % de plus que dans notre enquête Ipsos de novembre 2013 et 3,9 % de plus qu’aux élections législatives de juin 2010. Autant dire qu’à un tel niveau, la N-VA est in-con-tour-nable. Et que le 25 mai débouchera sur un enfer politique. Façon 2010 en pire, si l’on peut.

Derrière la N-VA, les chrétiens-démocrates flamands (re) font leur nid : 18,5 % dans notre sondage, 17,4 % en novembre dernier, 17,6 % aux élections de juin 2010… Doucement mais sûrement, le CD&V s’impose comme le « parti-pivot » pour l’après 25 mai : quoi qu’il arrive, centre-droit ou centre-gauche, il sera très vraisemblablement dans la majorité fédérale… Confortable.

Pour le reste : le Vlaams Belang fait les frais de la vigueur nationaliste (la N-VA siphonne l’extrême droite), le SP.A et le VLD vivotent, Groen revit, enfin le PTB local (PVDA+) ne perce pas, contrairement aux camarades francophones





COMMENTAIRE DE DIVERCITY

« FAITES VOS JEUX »



Il est temps, sinon de faire son choix, du moins de le réfléchir, de soupeser ses arguments et d’affiner sa décision car elle pèsera lourd, très lourd. Pas d’aventure donc, il s’agira de ne pas se tromper. Toutes les voix vont compter. Il serait franchement indécent de voter par habitude ou inspiré par sa seule humeur.

Nous aurons trois voix à faire valoir et il nous est libre de panacher et sur plan linguistique, et sur la plan politique. C’est un privilège, soyons en conscients.

Il nous est même possible de voter contre la N-VA, à Bruxelles, en renforçant ses adversaires : Spa, GroenVld, CD&V en sachant qu’une voix sur le rôle linguistique flamand pèse près de double qu’une voix sur le rôle francophone.

N’attendez pas que le grand croupier hurle le 26 mai : « Rien ne va plus ! »

MG

 

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