samedi 15 février 2014

Grève à la Stib: un millier d'agents ont manifesté devant le Palais de justice


J.-C.M., BELGA 



 Le réseau de transports en commun bruxellois était fortement perturbé vendredi matin.

Un millier de personnes, selon l'estimation de la police de la zone Bruxelles Capitale Ixelles, ont manifesté, vendredi, de 10h à 12h15, devant le Palais de justice, pour protester contre la décision du tribunal correctionnel concernant l'agression mortelle du superviseur de la Stib Iliaz Tahiraj, en avril 2012. Les agents de la Stib ont procédé à une minute de silence. Elle a été suivie par des applaudissements pour féliciter ironiquement "le laxisme de la justice". Les manifestants ont également levé des cartons jaunes pour émettre leur jugement sur le traitement de cette affaire. Ils ont ensuite quitté les lieux à bord de bus de la Stib.

"Il ne faut quand même pas oublier qu'il y a eu mort d'homme", souligne Robert Timmermans, permanent à la CSC pour la Stib. "C'est un mauvais signal pour la population. Cette condamnation est incompréhensible pour les chauffeurs et pour la famille d'Iliaz".

Les manifestants évoquent par ailleurs les discussions sur la sécurité des agents avec les représentants des ministères de la Justice et de l'Intérieur à la suite de l'agression commise en avril 2012. "On nous avait promis une double peine si on touchait à nos agents et là c'est un double zéro", s'indigne Bouazza Abdelhak.

Le frère de la victime Ali Tahiraj, interrogé par le journal Le Soir, ne cautionne pas l'action de la Stib. "Je comprends le désarroi des agents et les raisons qui les ont poussés à entamer cette action. Mais je ne suis pas en accord avec eux sur la manière de le faire. Stopper le trafic cinq minutes ou même une heure aurait déjà été un beau symbole. Mais perturber toutes les lignes toute une journée, je ne pense pas que ce soit porteur. On pénalise le citoyen", estime-t-il.

Le parquet mis en cause

Le conseil de la famille, Me Sven Mary s’étonnait, jeudi, du silence du parquet. "Le ministère public a requis quatre ans de prison ferme. Le tribunal a prononcé une peine de 40 mois avec sursis. C’est donc le parquet qui devrait être mécontent et ç’aurait été à lui d’interjeter appel du jugement. Il ne lefera pourtant pas. Selon moi, il aurait pu s’expliquer sur son attitude, cela aurait peut-être permis de calmer le jeu."

Et Me Mary d’ajouter: "La partie civile n’a aucun intérêt légal à faire appel. Dans le débat sur la peine, elle n’a pas son mot à dire. En outre, les dommages et intérêts obtenus par mes clients sont supérieurs à ceux qui sont traditionnellement accordés, sur la base d’un tableau indicatif, aux proches d’une victime d’un tel acte." La porte-parole du parquet de Bruxelles a confirmé à La Libre que son office n’interjettera pas appel mais elle n’a pas tenu à commenter ce choix.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

EMOCRATIE


Le tribunal a pris une décision, il est habilité à le faire. Le reste n'est qu'émotion.
Les grèves émotionnelles sont indignes et complètement déplacées.
Les grèves "contre une décision de Justice" sont un crime de lèse-démocratie.

La justice se doit d'empêcher la récidive. C'est sa mission première. Ensuite elle peut punir, dans le sens de réparer la faute, au moins envers la société. Si toute faute, un tant soit peu grave, était sanctionnée par une peine d'incarcération, où mettrait-on les délinquants?

La modération et la lucidité de la famille forcent le respect. Les « justiciers » de la stib pénalisent les usagers. La rue n’a pas à faire la loi.

On a troqué ce vendredi la démocratie pour l'émocratie. Le personnel a le droit d’être en désaccord avec les décisions de la justice, il n’a pas à se substituer à elle.

Les éléments obscurantistes parmi le personnel de le STIB se croient, bien à tort au-dessus des lois .

Il eût été plus "noble" et sans doute plus apprécié par les usagers de porter ce vendredi un brassard noir à la mémoire de leur collègue décédé.

MG

 

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