vendredi 7 février 2014

Les confidences inconvenantes des exilés d'Ixelles



Le numéro du magazine français Le Point paru ce jeudi consacre cinq pages aux "exilés d'Ixelles", ces fameux exilés fiscaux français, qui ont accepté de témoigner... sous couvert de l'anonymat.

 

Avec 11.500 ressortissants français pour quelque 83.000 habitants, Ixelles est décrite dans Le Point comme "la plus française des dix-neuf communes" de la Région de Bruxelles-Capitale. Les jolies artères ixelloises auraient des faux airs d'avenue Foch, d'avenue Victor Higo ou de villa Montmorency.

L'hebdomadaire, qui se permet le jeu de mots éculé "taille Ixelles" (XL, soit extra large), révèle notamment que dans la tribu des exilés fiscaux, il est du dernier chic d'acquérir l'hôtel particulier à côté du sien, et courant de collectionner les oeuvres d'art contemporain. Outre l'évocation des astuces d'invisibilité pour ne pas être repérés, l'article de l'envoyée spéciale Anna Cabana vaut surtout le détour pour les quelques confidences recueillies, au ton parfois provocateur. Libre à chacun d'en juger... même si normalement, les Belges ne jugent pas.

 

Ils l'ont dit:

- "Paris manque toujours à mon mari, il n'arrête pas de dire qu'à Bruxelles, il y a plus de pluie, moins de luminosité, que c'est embouteillé."
- "Les Parisiens qui viennent ont déjà leurs copains ici, en deux mois ils sont intégrés. De toute façon, ils vont tous finir par rappliquer, la France chasse ses riches."
- "Pour un immeuble de très grand standing au-dessus des étangs d'Ixelles comme le mien, le mètre carré coûte au maximum 5.000 euros, contre 15.000 à Paris."
- "Si j'étais pauvre, si j'étais un petit cadre français, je viendrais vivre à Bruxelles."
- "Dans la rue d'à côté, j'ai plusieurs amis qui ont 100 millions d'euros d'oeuvres d'art."
- "Bruxelles est une ville globalement assez moche, mais la vie y est agréable."
- "Les Belges sont lents. Mais ils sont tellement accueillants et tellement chaleureux. Et ils ne jugent pas."

 

"Une insulte aux Français d'Ixelles"



La conseillère communale ixelloise Caroline Laporte (MR), citoyenne française, a adressé un droit de réponse à l'attention de la rédaction du magazine français Le Point, suite à l'article "Les sanglots longs des exilés d'Ixelles" publié il y a deux semaines et évoquant les exilés fiscaux français, a rapporté mercredi L'Avenir.

"Les propos que tiennent (sic) Mme Cabana (l'envoyée spéciale de l'hebdomadaire, ndlr) ne reflètent que ses préjugés et sont une insulte aux Français d'Ixelles, et plus largement à la communauté française dans son ensemble", s'indigne la conseillère communale Laporte dans son droit de réponse, mis en ligne sur son site internet. "Nombre de mes administrés ont vivement réagi à la suite de la parution de votre article, soulignant combien leurs conditions de vie et leur insertion dans la société belge sont en décalage avec la caricature que votre magazine en donne", poursuit-elle.

"Confondre tous les expatriés français (dont la situation en Belgique est tout à fait régulière) avec des fraudeurs fiscaux montre le peu de considération que Mme Cabana fait des acquis de la construction et de la citoyenneté européenne qui consacrent la libre circulation des personnes dans l'espace Schengen", note Caroline Laporte. "Par ailleurs, réduire la population française installée à Ixelles, à Bruxelles ou dans l'ensemble du pays à quelques vivaces clichés occulte sciemment la réalité de l'existence des Français en Belgique", estime la cofondatrice de l'UFE (Union des Français de l'Etranger) Avenir Belgique. "L'expatriation est un choix et non un exil, l'expatriation incarne un droit et une liberté d'esprit", insiste-t-elle.

"Je serais heureuse de vous accueillir pour une visite de notre charmante commune", conclut la conseillère ixelloise, installée depuis 2000 en Belgique.

 

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LES NOUVEAUX EMIGRES DE COBLENCE

 

Pas de quoi susciter un buzz, puisque voilà le mot à la mode pour exprimer que quelque chose  déclenche une tempête médiatique. L’article très spirituel de madame Cabana qui a suscité l’ire et l’indignation d’une échevine prude, de la majorité besogneuse et sans vision, de la commune d’Ixelles est un concentré d’ironie et de sarcasme. C’est ainsi du moins que je l’ai compris et autant dire qu’il m’a beaucoup amusé. Il  décrit une réserve d’indiens friqués obsédés par leur seul bien-être matériel, qui vivent entre eux comme des blaireaux exportés qu’ils sont, serrés dans un terrier d’emprunt collectif et luxueux ne se frottant pas aux blaireaux autochtones. C’est le degré zéro de l’interculturel, l’exportation d’un parisianisme chic et cher qui fait monter les loyers avenue Lepoutre et exploser le prix des maisons de maître de la somptueuse avenue Molière et celui du café-croissant à la terrasse chauffée de Gaudron.

De quoi donc se plaint cette échevine puisque le marché immobilier cartonne dans sa commune, tellement « parisienne ». Le couple De Decker-Reynders qui règne sur Uccle fait moins d’histoires et se flatte bien, au contraire, de l’arrivée des nouveaux Emigrés, ces hyper privilégiés venus de France chassés par l’ISF -ce qui valut au beau Didier la cravate de la légion d’honneur, remise en main propre par son fringant ami, le ci-devant maire de Neuilly et président de tous Français, enfin pas vraiment tous puisque Hollande est celui de l’autre France. C’est que, pas plus que les émigrés de Coblence d’autrefois, ces aristocrates du flouze ne se frottent aux immigrés venus du Kossovo, du Maghreb ou du Sud Sahara.

 

MG

 

 

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