jeudi 6 février 2014

PLAIDOYER POUR UNE SOCIETE INTERCULTURELLE





Certains Etats se sont construits autour du principe « un peuple, une religion, une langue.» C’est, notamment, le rêve éveillé de la N-VA de Bart de Wever. C’est aussi celui des partisans salafistes de la république islamiste gouvernée par la sharia.  

Ce modèle n'est pas précisément celui autour duquel s'est structuré notre société car il ne permet plus à l'heure actuelle de répondre aux défis inhérents à la nouvelle composition des Etats contemporains.  L'accélération des mouvements sociaux et migratoires, de même que l'intégration toujours accrue de nos sociétés dans un monde globalisé, condamne sans réserve l’Etat « monoculturel » au profit d’un modèle au sein duquel coexistent plusieurs cultures, plusieurs langues et plusieurs religions. 

L« vivre ensemble » n’est possible qu’autour de valeurs communes respectées par tous et scellées dans la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme (droit personnel de tout individu à décider de son propre projet et trajet de vie, droit inaliénable à l'émancipation, de l'égalité entre la femme et l'homme, de l'effectivité démocratique via des élections libres et régulières, ...) et du principe essentiel de la séparation des Eglises et de l'Etat.

Ces valeurs ont une portée universelle. L'Etat démocratique en sera le premier garant.

L’'école jouera en cela un rôle majeur, une fonction émancipatrice, une mission de passeuse de valeurs.

Le choix est désormais entre le modèle du multiculturalisme d’inspiration anglo-saxonne (il favorise la création de ghettos et induit le communautarisme) et celui de l'interculturalisme.

L'interculturalisme présuppose l'égalité des droits et des devoirs.  Loin de négliger la richesse culturelle des citoyens, ce modèle replace l’individu au centre de la société et réaffirme le postulat des Lumières selon lequel ce n’est pas la société qui lui confère les droits fondamentaux : c'est la qualité d’être humain qui l’en dote naturellement.

Dans le système interculturel, la place centrale est réservée au sujet en tant qu'individu. Une distinction nette est opérée entre le sujet et la société: il n'est plus considéré uniquement comme le produit de sa culture, et de son groupe.  C'est la relation à l'autre qui prime, pas sa culture.  Nous sommes ici dans un réseau d'intersubjectivités et d'interactions recoupant les sujets, dont les rapports ne sont pas prédéfinis. Ils sont au contraire en interaction dynamique permanente. 

L'interculturalisme appréhende la société en référence à un socle commun universel, dégagé de toute conception religieuse.  Plutôt que de les opposer, il convient d'allier la richesse de la diversité culturelle et la constitution d'un patrimoine de valeurs fondamentales.  Tel est le défi interculturel.

Notre avenir sera cosmopolite ou il ne sera pas.


DIVERCITY

 



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