mardi 4 février 2014

Politiques, redonnez espoir en bâtissant des villes

UNE OPINION DE JEAN-LOUIS MALOUX ET ANDRÉ MERTENS.  La Libre




Les élections sont proches, les débats préélectoraux s’enlisent dans les clichés habituels. Nombreux sont ceux qui n’attendent plus rien du monde politique tant leur situation est précaire. La montée des partis politiques extrémistes en Europe est sans doute le signe d’un grand désarroi.

Des familles entières sont au chômage et n’ont connu que ça. Les petits indépendants et les patrons de PME estiment qu’ils sont lésés par des charges de plus en plus lourdes, les ouvriers sont plongés dans la détresse face aux restructurations ordonnées par les grands maîtres de la mondialisation, les enseignants ne sont pas toujours respectés, leur statut est souvent précaire, les employés sont stressés par la rentabilité qui leur est imposée.

Les aînés cherchent leur place dans une société en mutation constante et les enfants n’ont plus le temps d’être des enfants, ils sont projetés dès leur plus jeune âge dans le monde des adultes, ils sont exposés aux médias multi présents et à leurs déviances. Les médias privés et publics sont mortifères pour les esprits libres, les intellectuels irréductibles et les artistes créateurs.

Aujourd’hui, notre société occidentale est triste. Les écarts entre les très riches et les très pauvres se creusent de manière honteuse. Des sportifs de moins de vingt ans sont vendus d’un club à un autre pour des dizaines de millions d’euros pour être ensuite exhibés dans les arènes sous les hourras de la foule en délire. Les politiques se prêtent au jeu comme autant de Jules César qui s’exhiberaient les week-ends dans des Colisées de province.

La veille des jeux du week-end, une jeune institutrice de 22 ans a pris congé de sa classe de première primaire. Enfin, les congés de Noël, les élèves sont fatigués, les enseignants épuisés ! Cette semaine, elle a pu terminer sa série de leçons sur l’apprentissage des voyelles et des consonnes, elle attendra que son dossier soit en ordre pour recevoir les 1200 euros de salaire que la société veut bien lui accorder comme une aumône. En échange, elle formera les femmes et les hommes de demain. Son ami peine à terminer une formation professionnelle en menuiserie. Ils espèrent acheter un jour une maison mais pour l’instant c’est tout à fait impossible, mettre des enfants au monde, ils verront plus tard….

Dans ce contexte gris, quasi sordide mais combien proche du quotidien de bon nombre d’électeurs, pourquoi ne pas en profiter pour mettre sur la table des projets fédérateurs au travers desquels les partis pourraient exprimer leurs conceptions de la société mais surtout prendre des engagements très concrets à travers la construction de sept villes nouvelles en Brabant wallon.

Sept nouvelles villes dans le Brabant wallon, conçues pour le bien-être des habitants, aux caractères et services spécifiques, situées à des distances stratégiques de Bruxelles et reliées par des moyens de transport performants.

Au travers de ce projet, chaque parti pourrait exprimer concrètement sa vision de l’avenir, de la société, et du pays. Les bavardages stériles et les crêpages de chignons seraient abandonnés au profit de propositions concrètes. On pourrait même imaginer une ville sur un modèle proposé par le MR, une par le CDH, une autre par Ecolo et une quatrième par le PS. Dites-nous concrètement, montrez-nous vos plans, vos maquettes, vos projections, sondez les citoyens ! Les trois villes restantes seraient conçues par des collectifs de citoyens sur une base consensuelle. Le Brabant wallon serait choisi comme la jeune province pilote mais bien entendu, les provinces de Hainaut, Namur, Liège et de Luxembourg emboîteraient le pas.

Créer des villes nouvelles impliquerait de répondre à une série de questions qui sont l’essence même de la vie en société (et les sous-entendus qui en découlent concernent les fondements même de notre société).

Prenons tout d’abord l’autorité désignée pour cette tâche, ses pouvoirs et les modes de décisions, réfléchissons ensemble : notre système de gouvernance est-il capable de faire progresser notre monde ou est il seulement capable de le gérer ?

Ensuite, l’organisation du territoire, la disposition et la forme des espaces urbains susceptibles de satisfaire les générations actuelles et à venir, réfléchissons ensemble : l’espace urbain peut-il être défini et faire l’objet d’un consensus ou être imposé ?

Pour réaliser la ville, pensons aux modes de construction. Mettons ces modes de construction en relation avec l’emploi et la formation de la main-d’œuvre : l’entreprise, l’industrie peut-elle se mettre au service de la société et non seulement l’exploiter ?

Une question très actuelle : la mobilité. Quelles priorités accordées aux différents modes de déplacement, mais aussi et surtout les proximités entre logement, entre les services et les lieux detravail ? Peut-on inciter ou contraindre les gens à adopter des habitudes de mobilité bénéfiques pour la société ?

L’utilisation optimale des sources d’énergie, la production, le stockage et le transport de celles-ci induit une question essentielle : l’Etat est-il capable de faire face aux intérêts pécuniaires des grands groupes qui dominent ces domaines ?

Construire des villes nouvelles c’est aussi penser à de nouvelles politiques quant à la gestion de la toxicomanie et de la délinquance urbaine; c’est mieux combattre les destructions sauvages des biens publics, les agressions sur les personnes; c’est penser aux moyens d’assurer la sécurité la nuit; c’est inventer de nouvelles techniques de gestion des eaux usées; c’est rendre disponibles gratuitement l’accès à tous les réseaux des technologies de la communication; c’est relier les villes entre elles par un réseau express régional très rapide, bon marché et sécurisé; c’est partager les fonctions de services publics pour diminuer les coûts.

Comment financer ce projet ambitieux ? En faisant appel à l’épargne privée des Belges : plus de 2000 milliards d’euros. Investir une partie de cette épargne dans un ambitieux projet immobilier en Belgique, c’est garantir aux épargnants un placement sûr et un rapport raisonnable et constant pour ouvrir l’accès au logement au plus grand nombre.

Dernière question fondamentale : les banques accepteraient-elles de ne plus être les maîtres incontestés de la finance ?

Madame et Messieurs les Présidents des partis, la brique est dans votre camp.

 

Jean-Louis Maloux, Réalisateur Ciné-TV

André Mertens,  I.R. Architecte et urbaniste


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

VIDER BRUXELLES


Ces deux messieurs ne veulent rien moins que de vider Bruxelles de sa classe moyenne et y réduire encore la mixité sociale.

Louvain-la-Neuve est l’exemple type d’une opération de ce genre qui a réussi, entraînant un exode de population bruxelloise aisée et très instruite vers le Brabant wallon, au détriment de Bruxelles.  Cette réussite était fondée sur un projet, celui de trouver un nouveau siège sur sol wallon pour l’Université chassée de Leuven en terre flamande.  Ces sept (pourquoi sept ?) nouvelles cités vont dénaturer la belle campagne brabançonne avec pour seul bénéfice de grossir de plusieurs centaines de milliers de voitures, le flot de navetteurs. Où est le projet ?  Autre chose serait d’élever verticalement le bâti de Bruxelles qui rarement dépasse deux étages, par exemple en remplaçant le parc de maisons unifamiliales inconfortables et délabrées construites autour de 19OO, lors du boom immobilier qui bétonna la campagne autour de Schaerbeek, Anderlecht, Saint-Gilles, Laeken, plus tard les deux Woluwé et autres communes de la première Ceinture.

Veux-t-on que Bruxelles tentaculaire étende ses bras jusqu’aux limites du Brabant ?

Et pourquoi, tant qu’à faire, ne pas construire la moitié de ces villes dans le Brabant flamand ? Parce qu’il est défiguré par les innombrables lotissements qui défigurent les campagnes et créent des îlots d’inculture où on vote N-VA et où on se parle un sabir appelé « verkavelingsvlaams » (Geert  Van Istendael) ?

Ce qui est certain c’est que nos politiciens qui se querellent comme des chiens de rue n’ont ni projets ni vision pour le développement de Bruxelles. Picqué mit plusieurs plans à l’étude mais n’en exécuta aucun, ce qui lui valut le sobriquet bien mérité de Rantanplan.

Vervoort rêve de construire un stade de foot, quant à Reynders, Milquet, De Wolf il ne rêvent que de prendre la place de Vervoort, sans proposer la moindre vision, le moindre projet de ville. C’est franchement affligeant. Quel est le politicien bruxellois qui nous fera rêver un peu ? Une femme peut-être ?

MG

 

 

 

À BRUXELLES, IL N'EST PLUS TROP PERMIS DE BÂTIR

BELGA  et La Libre

À l'exception d'une année 2010 atypique, les constructions dans la capitale sont en chute libre depuis 2007.

Depuis 2007, le nombre de permis de bâtir est en baisse de plus de 25% à Bruxelles, d'après des statistiques de l'Observatoire des permis logement, relayées mardi par le quotidien l'Echo.

Si l'on fait la balance des logements autorisés et des logements supprimés, on arrive à un solde net de 3.200 logements neufs rénovés ou réaffectés en 2012, contre 4.400 environ en 2007, année la plus faste de la décennie passée pour la construction bruxelloise. Le recul est donc d'environ 27%. Un constat étonnant quand on sait que la capitale attend 150 à 200.000 nouveaux habitants d'ici 2020 au plus tard, indique l'Echo.

Depuis 2007, la baisse a été constante, à l'exception d'une année 2010 atypique, grâce aux permis accordés cette année-là pour les sites de Tour & Taxis et d'Up-Site. En regardant les chiffres de plus près, on constate deux choses : la part des appartements est écrasante, le marché des unifamiliales neuves étant réduits à sa plus simple expression, et la part des appartements d'une à trois chambres domine largement (90% des permis), le solde allant aux studios et aux grands appartements.

 

 

 

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