jeudi 27 février 2014

Ukraine : des hommes armés s’emparent du parlement de Crimée


Le Soir

Des hommes non identifiés ont pris le contrôle du siège du gouvernement et du Parlement de Crimée, péninsule russophone du sud de l’Ukraine.



La Crimée, une péninsule dans le sud de l’Ukraine



La Crimée a le statut de république autonome au sein de l’Ukraine. La Crimée, d’abord appartenant, au sein de l’URSS, à la Russie, a été rattachée à l’Ukraine en 1954. Elle continue d’héberger la flotte russe de la mer Noire dans ses quartiers historiques, la ville portuaire de Sébastopol.

Les pro-russes réclament la tenue d’un référendum sur le statut de la Crimée, dans le sud de l’Ukraine, en proie à des tensions séparatistes qui se sont accrues depuis la destitution la semaine dernière du président ViktorIanoukovitch. Une hypothèse rejetée par le président du parlement de Crimée, Volodymyr Konstantinov.

Les Tatars, une communauté de tradition musulmane installée depuis le XIIIe siècle en Crimée, ont été déportés en Sibérie et en Asie centrale sous Staline, puis sont revenus en Crimée après la chute de l’URSS en 1991. Ilsconstituent aujourd’hui 12 % des 2 millions d’habitants de la péninsule. Ils ont activement soutenu la contestation anti-Ianoukovitch en Ukraine.

LES ENJEUX EN CRIMÉE

Rétrocédée à l'Ukraine par l'URSS en 1954, la Crimée est la seule région du pays où les Russes sont majoritaires, représentant 68% de la population. La province reste un bastion pro-Ianoukovitch. La flotte russe et ses 14.000 hommes y sont basés . Depuis la révolution de Maïdan, nombreux sont ceux qui aimeraient voir la Crimée à nouveau dans les mains du Kremlin. Il n'y a que la minorité tatare -12% de la population- pour soutenir les révolutionnaires de Kiev. Musulmane, cette population a été déportée en masse par Staline en 1941, qui la soupçonnait de collaborer avec les Allemands. La Crimée était jusqu'au 18e siècle territoire de l'empire ottoman.

Les Tatars craignent une intervention militaire russe en Crimée. Vladimir Poutine a fait placer mercredi les troupes de l'Ouest du pays en état d'alerte.



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

IMPRÉVISIBILITÉ

Deux commentaires d’internautes ont retenu toute mon attention : « Les Russes préparent-ils un remake de ce qui s'est passé naguère avec la Hongrie en 1956 ou en Tchecoslovaquie en 1968? »

« Si l'Ukraine devait entrer dans l'Europe, elle deviendrait donc un partenaire à part entière et cela pourrait mener loin en cas de conflit ! »

Franchement je crois que ces internautes ont tort de céder à la panique, ceci dit, de toute évidence nous sommes confrontés à une poussée d’imprévisibilité. Tout peut arriver et son contraire.

Dans tous les cas de figure, il est assez difficile d’imaginer que tout ce ramadam débouche sur une relation harmonieuse entre l’Est et l’Ouest. Selon Mykhailo Mishchenko : L’idéal serait que l’Ukraine intègre l’Union européenne, et garde des relations proches et stables avec son voisin, la Russie. Le pays est au bord de la faillite, il y a menace d’un défaut de paiement. »

In me semble  que cela se jouera au niveau d’un dialogue Poutine-Merkel avec l’ex-chancelier Schröder dans la coulisse. 

MG

 

"JE NE CROIS PAS EN UNE PARTITION DE L'UKRAINE"

PROPOS RECUEILLIS PAR CORINE CHABAUD LE MONDE


Un piano peint aux couleurs du drapeau ukrainien, à Kiev le 26 février © BULENT DORUK / ANADOLU AGENCY / AFP

Le sociologue Mykhailo Mishchenko fait le point sur la situation en Ukraine, quelques jours après les jours sombres de la révolution et le départ du président Viktor Ianoukovitch.

Directeur adjoint du Centre Razumkov, un think tank (laboratoire d’idées) ukrainien réputé, créé il y a 20 ans, le sociologue Mykhailo Mishchenko, 52 ans, décrypte l’évolution de la situation et envisage l’avenir… avec optimisme. Malgré les signes dangereux de séparatisme et les fortes tensions dans la péninsule de Crimée, bastion pro-russe où Moscou possède une base navale.

QUE PENSER DE LA FORMIDABLE ACCÉLÉRATION DE L’HISTOIRE QUE VIENT DE CONNAÎTRE VOTRE PAYS ?

La destitution de Viktor Ianoukovitch par la Rada (le Parlement) résout de grands problèmes politiques. Ce leader au passé criminel avait été emprisonné au temps de l’URSS. Peut-être a-t-il collaboré avec le KGB, et la Russie doit détenir sur lui des dossiers compromettants. Son régime était une dictature. Lesgens le savaient, mais c’est devenu une évidence avec toutes ces personnes tombées sous les balles de « snipers » et de mercenaires à ses ordres, russes pour certains. Les fusillades à Maïdan le 20 février resteront l’image la plus marquante de cette révolution. Même le Parti des régions, la formation politique jusqu’ici au pouvoir, a dit que le Président était un assassin, responsable de ces morts. Les oligarques ukrainiens semblent donc l’avoir lâché. Et le ministre de l’Intérieur par intérim a lancé contre lui, une fois déchu, un mandat d’arrêt pour « meurtres en masse de civils ».

POURQUOI LA SITUATION A-T-ELLE BASCULÉ ?

L’Union européenne et les États-Unis ont enfin adopté un ton plus ferme vis-à-vis du président ukrainien et l’ont menacé de sanctions. Beaucoup pensent que s’ils avaient agi plus tôt, on aurait évité ce bain de sang. Récemment,Ianoukovitch a compris qu’il ne bénéficiait plus du soutien de l’Occident. Cependant, le plus important est la résistance sans faille du peuple ukrainien. Viktor Ianoukovitch, conseillé par Vladimir Poutine, a cru que la répression ferait céder les opposants. Mais, loin de faiblir, la protestation est devenue plus radicale après chaque escalade de violence. Les Ukrainiens ont donné leur vie non pas pour l’Europe, mais pour réclamer davantage de démocratie. Les gens se sont battus contre la dictature et la corruption.

QUE VA-T-IL ADVENIR À PRÉSENT ?

La situation est calme à Kiev. Elle est plus tendue dans le sud, notamment en Crimée, dont la population est russe à 60 %. Dans sa « capitale » Sébastopol, des militants pro-russes se sont emparés de la mairie. Mais je ne pense pas que cette réaction négative durera. Ceux qui affirment que Sébastopol appartient à la Russie finiront par se calmer. Je ne crois pas à une évolution vers un conflit plus grave. Reste à savoir comment l’ex-opposition, désormais au pouvoir, va réussir à satisfaire les attentes du peuple ukrainien, sans se discréditer. Car la situation économique est très difficile. Le pays est au bord de la faillite, il y a menaced’un défaut de paiement.

VLADIMIR POUTINE EST-IL PRÊT À ACCEPTER QUE L’UKRAINE SORTE DE SON GIRON ?

La Russie a rappelé son ambassadeur à Kiev sous prétexte que la situation était devenue dangereuse pour ses citoyens dans notre pays ! Peut-être est-il trop tard pour que la Russie puisse agir, même si elle se montre profondément hostile aunouveau gouvernement. Le Kremlin va sans doute tenter de déstabiliser le régime, et de créer du désordre dans les régions de l’est et du sud. L’influence de la Russie sera d’autant plus forte que l’Union européenne et les États-Unis s’impliqueront peu en Ukraine, notamment sur le plan financier. La Russie va sans doute poursuivre sa guerre économique et de l’information. Les médias russes ont fait beaucoup de propagande anti-Europe et anti-Maïdan ces derniers mois, en assimilant les opposants ukrainiens à des nazis ! Or, même si parmi les membres du groupement d’extrême droite Secteur droit et du parti Svoboda beaucoup sont nationalistes, il n’y a pas de fascistes !

COMMENT VOYEZ-VOUS LE LIEN AVEC L’UNION EUROPÉENNE À L’AVENIR ?

L’Ukraine va se rapprocher de l’Europe. Kiev espère recevoir une aide financière et devrait parapher l’accord d’association avec l’Union européenne, que Viktor Ianoukovitch avait brusquement refusé de signer en novembre.
Fin janvier, une des enquêtes du Centre Razumkov a montré que 48 % des Ukrainiens étaient favorables à cet accord de partenariat. Mais ce ne sera peut-être pas facile. Pour épouser les standards européens, il faudra entreprendre des réformes économiques et sociales, mais aussi démocratiques, même si l’Ukraine a déjà fait un grand pas vers la démocratie avec le départ de Ianoukovitch. Personne ne peut savoir ce que sera le pays dans dix ans. Personnellement, je suis optimiste. Ainsi, je ne crois pas au risque de partition entre l’est russophone et l’ouest ukrainophone et nationaliste, brandi par certains. L’idéal serait que l’Ukraine intègre l’Union européenne, et garde des relations proches et stables avec son voisin, la Russie.

 

L'UKRAINE S'INQUIÈTE : POUTINE PLACE DES TROUPES RUSSES EN ÉTAT D'ALERTE


Vincent Genot Le vif

Selon Reuters, le Président Vladimir Poutine a mis les troupes de combats russes en alerte pour un exercice militaire le long de la frontière ukrainienne. Il s'agit du geste politique le plus fort posé par le Kremlin depuis la chute et la fuite de ViktorIanoukovitch.



© Image Globe

Le président russe Vladimir Poutine a ordonné mercredi une inspection surprise des troupes des districts militaires de l'Ouest, non loin de l'Ukraine, et du Centre pour vérifier leur aptitude au combat, a indiqué 

"Le commandant en chef a été chargé de vérifier l'aptitude des troupes à agir pour faire face à des situations de crise menaçant la sécurité militaire du pays", a déclaré le ministre de la Défense, Sergueï Choïgou, cité par l'agence Interfax.

L'opération durera jusqu'au 3 mars, a-t-il précisé. Cette annonce intervient en pleine crise en Ukraine, qui inquiète les autorités russes. Toutefois, M. Poutine a déjà ordonné à plusieurs reprises des inspections surprise des troupes russes depuis son retour au Kremlin en 2012, la dernière, visant les troupes d'Extrême-Orient, avait eu lieu en juillet dernier. Mardi, le président avait dirigé une réunion du Conseil de sécurité russe consacrée à la situation en Ukraine. M. Poutine ne s'est pour l'heure pas exprimé publiquement sur la destitution en Ukraine du président Viktor Ianoukovitch et l'arrivée d'un nouveau pouvoir à Kiev. Le Premier ministre Dmitri Medvedev a jugé lundi que c'était "une aberration de considérer comme légitime ce qui est en fait le résultat d'une révolte". "Il nous sera difficile de travailler avec un tel gouvernement", a-t-il dit.

LA RUSSIE RENFORCE LA PROTECTION DE SA FLOTTE EN CRIMÉE

La Russie a décidé de renforcer la protection de sa flotte basée en Crimée, république autonome russophone dans le sud de l'Ukraine en proie à des tensions séparatistes, a annoncé mercredi le ministre russe de la Défense.

"Nous étudions attentivement ce qui se passe en Crimée et autour de la flotte de la mer Noire", a déclaré le ministre, Sergueï Choïgou, cité par les agences russes. "Nous prenons des mesures pour garantir la sécurité de nos installations, nos infrastructures et notre arsenal sur la mer Noire", a-t-ilajouté, sans donner plus de détails sur ces mesures.

L'OTAN PRÔNE "UNE UKRAINE SOUVERAINE, INDÉPENDANTE ET STABLE"

Le Vif

Les 28 pays de l'Otan sont attachés à la souveraineté et à l'indépendance de l'Ukraine, ainsi qu'au respect de son intégrité territoriale et à son développement démocratique, ont indiqué les ministres de la Défense alliés dans une déclaration publiée mercredi et qui apparaît comme une discrète mise en garde aux tentations séparatistes que pourrait soutenir la Russie.



Place de l'Independance à Kiev, 24 février 2014 © Reuters

"Une Ukraine souveraine, indépendante et stable, fermement engagée en faveur de la démocratie et de l'état de droit, est essentielle à la sécurité (de la région) euro-atlantique (...). Les alliés de l'Otan continuent à soutenir la souveraineté et l'indépendance de l'Ukraine, son intégrité territoriale, son développement démocratique et le principe d'inviolabilité des frontières comme facteurs clés de la stabilité et de la sécurité en Europe centrale et orientale et sur le continent dans son ensemble", précise cette déclaration.

Sa publication par les ministres de la Défense des 28, réunis pour deux jours à Bruxelles, intervient alors que les autorités provisoires au pouvoir à Kiev après la destitution la semaine dernière du président Viktor Ianoukovitch - un allié de Moscou - luttent pour prévenir une faillite du pays et faire obstacle aux tentations séparatistes dans le sud et l'est de l'Ukraine, des régions russophones et russophiles.

L'Otan rappelle encore qu'elle a depuis 2007 un partenariat distinct avec l'Ukraine, par le biais de la Commission Otan-Ukraine, dont une réunion a été inscrite en dernière minute au programme de la ministérielle de Bruxelles. Elle aura lieu jeudi matin.

L'Alliance atlantique insiste également sur "l'importance d'un dialogue politique" fondé sur "les valeurs démocratiques, le respect des droits de l'homme et des minorités" pour "répondre aux aspirations démocratiques de l'ensemble du peuple ukrainien".

A son arrivée à la réunion, mercredi midi, le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, avait assuré que l'Alliance était prête à "continuer à soutenir dans ses réformes démocratiques"l'Ukraine.

"Il revient au peuple ukrainien de déterminer ce que devrait être l'avenir de son pays. Nous considérons comme acquis que tous les pays respectent la souveraineté, l'indépendance et l'intégrité territoriale de l'Ukraine. C'est un message que nous avons également transmis à toutes les parties qui pourraient être concernées", avait-il ajouté, sans citer nommément la Russie.

La Commission Otan-Ukraine existe depuis 1997 et l'Alliance a déclaré l'année suivante que l'Ukraine pouvait être considérée comme candidate à l'adhésion si elle le souhaitait, même si cette perspective reste très éloignée.

 

 

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