mercredi 26 mars 2014

EUROPE- ÉTATS-UNIS, LES COMPAGNONS DE ROUTE


Béatrice Delvaux Éditorialiste en chef  Le Soir


C’est un Obama affaibli qui pose enfin un pied à Bruxelles et vient, cinq ans après le début de sa présidence, rendre visite au siège des institutions européennes. Ce président américain n’est en tout cas plus auréolé de cette victoire terriblement symbolique qui avait ravi le monde et de ce statut d’icône que l’exercice du pouvoir, son attitude d’homme « à distance » et son bilan composé de nombre de victoires à la Pyrrhus (comme sa réforme de santé), ont écorné. Reste que ce démocrate, noir, devenu président américain, demeure aujourd’hui le meilleur allié de l’Europe à travers les turbulences géopolitiques multiples de ce monde.

D’autres forces économiques, devenues puissances politiques, ont vu le jour. La Belgique déroulera ainsi le tapis rouge au président chinois après avoir fait ses adieux à son homologue américain. Mais il ne faudrait pas se tromper ou s’illusionner : si jamais l’Europe se trouvait en grand embarras, ce sont les Etats-Unis et ce genre de président qui seraient son premier interlocuteur et sans doute l’appui le plus sûr avec lequel construire une réponse à l’adversité. Face à Poutine et à la Chine d’aujourd’hui, les États-Unis restent « le » partenaire démocrate, qui partage avec les Européens nombre de valeurs puisées à la même source de l’histoire. Il y avait comme un clin d’œil à ces racines communes, un raccourci dans le temps, dans ce portrait pris hier d’Obama devant La ronde de nuit de Rembrandt au Rijksmuseum d’Amsterdam.




Les Américains n’ont pas un casier démocratique vierge – Guantánamo, la NSA sont autant de rappels récents démontrant que même ce président qui paraissait au-dessus de tout soupçon, n’est pas immaculé. Mais la trame des valeurs qui gouverne nos destins et nos gouvernements, s’enracine dans les mêmes principes, légitimés par la même volonté des peuples. On ne peut en dire autant de nombre de ces endroits qui, sur cette planète, nous fascinent pour leur puissance surtout économique.

L’avantage avec ce voyage qui a pris cinq ans, c’est qu’à Bruxelles ces mardi et mercredi, il n’y a pas que les Européens qui seront convaincus de cette « proximité naturelle ».

Le président Obama l’est désormais tout autant. La Russie et la Chine que Barack Obama se faisait fort de séduire et de convaincre, ont refusé de participer à cette coorganisation du monde qu’il leur a été proposée. La bonne vieille Europe reste encore, dans un monde pavé soit de mauvaises intentions soit de grands intérêts, le plus fidèle compagnon de route des Américains. Obama a dû le penser très fort en se retrouvant lundi soir, à la table du G7, avec Angela Merkel, François Hollande, David Cameron et compagnie .


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

CESSONS DE DIABOLISER MOSCOU

Un internaute commente : « Les Etats-Unis n'ont pas d'alliés, ils ont des clients ou des vassaux. Non, nous n'avons pas les mêmes valeurs puisées aux mêmes sources. Derrière tout ce que font les Etats-Unis, il faut chercher le profit qu'ils en tirent. Or, semer la zizanie entre l'Europe et la Russie, c'est du pain bénit pour eux, ils affaiblissent deux rivaux en même temps. Les Russes sont aussi Européens que je sache, bien plus que les Américains. Et nous avons les mêmes intérêts économiques, qui devraient passer avant ceux des Etats-Unis. Quelle naïveté de croire qu'il y a les "bons cow-boys" et les "méchants Indiens". »

Et un autre de surenchérir : « Encore un éditorial à  l'eau de rose. Mais surtout un bourrage de crâne anti russe histoire de préparer la populace à aller se faire casser la G....avec l'aide des USA et de l'Otan.»

Et un troisième : « Il y a peu de pays au monde qui ait , ces dernières années, cause plus de tort à l'Europe que les USA : guerre mensongère en Irak et inutile en Afghanistan créant le chaos dans une région vitale ( pétrole ) pour nos économies, crise économique sans précédent semant le chômage et la misère provoquée par les financiers sans scrupules de Wall Street, violations de nos droits élémentaires par la NSA , impositions à l'Europe de donner nos données privées aux compagnies aériennes, soutien total du gouvernement américain aux entreprises américaines en concurrence avec des entreprises européennes, domination totale des américains sur l'OTAN, provocations dangereuses des russes ( nos voisins et fournisseurs d 'énergie ) en Europe de l'est... et malgré tout cela et le reste, pour certains, ils sont nos meilleurs amis et alliés ? »


En cas d’escalade militaire, les Américains seront hors d’atteinte des missilestrès loin des champs de bataille tous situés en terre d’Europe.

Le communisme soviétique a certes menacé l’Europe dans les années cinquante, mais si on regarde les choses par la lorgnette du temps long, jamais la Russie n’a menacé l’Europe quand le contraire fut très souvent vrai.

L’Europe de l’Est et la Russie offrent un immense débouché pour des produits made in Europe et pas seulement made in Germany. La Russie est solvable mais moins en roubles qu’en gaz et en pétrole. Cela fait un demi-siècle que l’Allemagne l’a compris et elle s’en porte fort bien. Une Ostpolitik européenne est la meilleure assurance avenir qu’une Europe Unie puisse contracter. La Russie veut s’adosser à l’Europe pour résister à la poussée asiatique. Relisez donc l’interview de Stevie Davignon Que l’Europe serre les rangs et apprenne à parler d’une seule voix, celle d’une politique étrangère commune. C’est le moment de mobiliser la fibre européenne de tous ceux qui refusent l’option nationaliste. LesAnglo Saxons ont un objectif obsessionnel : casser l’Europe.  C’est le moment de mobiliser celles et ceux qui la veulent vraiment.

MG

 

 

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