mardi 25 mars 2014

Geert Bourgeois, francophobe de service

Marcel Sel



Johan Swinnen, spécialiste de la photo avait organisé une expo sur La Flandre en 175 photos au Musée de la Photographie de Charleroi. Suite à la défection de 20 photographes néerlandophones (ou flamands) — ce qui rendait l'expo impossible — le directeur du musée, Xavier Canonne a annulé l'événement. L'éditeur flamand qui devait réaliser un recueil des 175 clichés a fait de même. Les 20 photographes en question ont refusé de participer parce que JohanSwinnen n'est pas uniquement professeur, il est aussi secrétaire de la fraction N-VA à la Chambre. Le refus est motivé parce que cela pourrait amener ces artistes à travailler involontairement au profit d'un parti politique.

Le problème, c'est que la nouvelle s'était à peine répandue que Geert Bourgeois, vice-ministre-président flamand, chargé des affaires intérieures, de l'intégration et de la périphérie twittait «Après la levée de boucliers contre Hendrik Vuye, voilà le boycott de l'expo de l'historien de la photographie JohanSwinnen, francophonie intolérante» avec un lien vers l'article du Standaard.

Lejournaliste Eric Donckier, du Belang van Limburg, qu'un journaliste d'une chainenationale m'a un jour présenté comme «un vrai modéré (sic)», a surenchéri ;«L'expo photo à Charleroi est annulée parce que le curateur Johan Swinnen est, non seulement professeur expert, mais aussi N-VA. Ça se passe comme ça en Wallonie». J'ai retwitté les deux messages le premier en ajoutant «xénophobie», le second en préfaçant «ceci n'est pas un journaliste». Le premier cas me paraît le plus grave, et révélateur. il s'agit d'un vice-ministre-président flamand et N-VA. À ce titre, il n'hésite pas à abuser d'une défection artistique (flamande en l'occurrence) pour fustiger "la francophonie", faisant un amalgame qui ne peut être qualifié autrement que de «xénophobe» et attribuant au fait d'être francophone une tare — l'intolérance — naturelle. J'attends les protestations de la ministre de la culture francophone, si prompte à organiser un concours antiquatremer, à moins qu'elle ne devienne lâche quand l'attaque vient de plus près. 

Le twit d'Eric Donckier est plus ou moins de la même nature, sauf qu'il apris soin de parler de «Wallonie», ce qui peut être interprétécomme «l'administration wallonne». Techniquement, on n'est plus dans la xénophobie, sauf bien sûr s'il pense «les Wallons», mais ça, c'est entre lui et sa conscience. J'estime par ailleurs que le journaliste a un droit d'opinion. Encore faut-il qu'elle soit réaliste. Or, je le répète, le directeur du musée n'a tiré cette conclusion inévitable que suite à la défection de photographes qui n'étaient ni francophones, ni wallons ! Sa réaction n'est donc pas d'un journaliste.

À tout le moins, on attendait des deux sieurs un correctif lorsqu'il est apparu que Xavier (que je croise de temps en temps à CQFD sur La Première et que j'apprécie — comme ça, c'est clair) n'était pour rien dans l'annulation de l'événement. D'autant qu'il savait qui était Johan Swinnen avant de lancer le projet et qu'il s'agissait tout de même d'une expo destinée à montrer la Flandre autrement, aux nombreux visiteurs de ce musée renommé. Le procès d'un ministre et d'un journaliste (mais les commentaires de bien d'autres nationalistes flamands sont plus violents encore) est donc tout à fait à-côté de la plaque. Scandaleux. Révélateur.

Oui, révélateur. Car ceci montre que, quoi que les Francophones ou les Wallons fassent, aux yeux des N-VA et de leurs soutiens journalistiques, ce ne sera jamais bon, pour paraphraser Stromae. On m'a déjà quelquefois accusé d'alimenter la N-VA (le pouvoir astronomique attribué à ce petit blog me flatte presque) parce que je la critiquais avec virulence (mais toujours avec des arguments et des faits). On a souvent crié haro sur tel(le) ou tel(le) commentateur ou ministre parce que ses déclarations faisait «grossir la N-VA», allant jusqu'à les (me) qualifier d'«antiflamand». On le voit ici, ce que disent ou font les Francophones n'a aucune espèce d'importance, c'est la manière dont ces choses sont interprétées et l'ampleur qui leur est donnée par une partie (de moins en moins importante, heureusement) de la presse néerlandophone qui sert de haut-parleur récolteur de voix pour les nationalistes. Ah oui, une remarque. Quand un professeur en photographe artistique  s'engage dans un parti politique si prompt à fustiger la Wallonie, il est très, très mal placé pour critiquer les artistes qui décident, par liberté de conscience, de ne pas vouloir collaborer avec lui. Quand on mêle art et politique, on n'a pas le droit de reprocher aux artistes de faire de la politique à leur tour ou de au contraire, de ne pas vouloir y être mêlé, de près ou de loin. 

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

TOUS PERDANTS

Comme toujours la vérité est des deux côtés.

Xavier Canone, conservateur dynamique et brillant est un polémiste cinglant qui défend son musée avec un bel acharnement. Ses démêlés avec la ministre Laanan ont souvent défrayé la chronique. Johan Swinnen, professeur d’histoire de l’art à la VUB et spécialiste de la photographie est un excellent connaisseur de l’histoire de la photo mais il se trouve qu’il a choisi de défendre les couleurs de la N-VA et cela a fâché 20 des photographes flamands qui se retirent du projet « Portrait imaginé de la Flandre ».  C’est leur droit le plus strict.

Fallait-il pour autant saborder cette exposition ?

Marcel Sel, polémiste invétéré pense que oui.

Guido Fonteyn, flamand modéré de Bruxelles, et grand connaisseur de la Wallonie pense que non. DiverCity est assez d’accord avec lui.

Pourquoi ?

Parce que-je traduis librement- « le climat culturel de ce pays n’a jamais été aussi positif et prometteur depuis quarante ans.

De fait, la Communauté flamande et la communauté française viennent de signer, enfin, un accord de coopération culturelle. Pourquoi donc ne pas envisager ce beau projet d’expo comme un projet phare dans le cadre de cet accord bilatéral ? Le dialogue interculturel et la coopération ont enfin pris le pas sur la confrontation.

Constatonavec Guido Fonteyne la fin des manifestations communautaires récurrentes sur les thèmes des Fourons, de la périphérie bruxelloise, de la frontière linguistique, de BHV, du corridor Wallobrux réclamé par le FDF. Ici il est question d’une manifestation culturelle sympa, une passerelle interculturelle intitulée Portrait imaginé de la Flandre. » On sait que le KVS et le Théâtre national ont pris l’habitude de collaborer à des projets communs sous-titrés dans les deux langues » Oui tout cela est de bon aloi et dépasse les tensions exaspérées par les pandas montois et le panda anversois.

Ce qui est sûr c’est que l’annulation de cette expo a créé une onde de chaque médiatique, un gros coup de pub dont n’avait pas vraiment besoin le dynamique conservateur du merveilleux musée de Mont-sur-Marchienne, sans doute le plus original d’Europe.

Cela dit, l’idée de cette exposition était extrêmement séduisante, elle permettait en effet aux Wallons de découvrir 175 aspects d’une Flandre qui d’année en année s’éloigne d’elle à la vitesse de la lumière.

Les contestataires ont eu le dernier mot et Geert Bourgeois, flamingant plus borné que borné malgré son nom français d’en tirer les dividendes. C’est franchement agaçant !

Surtout, c’est oublier, précise Fonteyn, que si 70% des wallons ne votent pas PS, 70% des Flamands se détournent de la N-VA n’en déplaise à Bart et Elio.

Gageons et espérons qu’on n’en restera pas là et qu’une solution-à la belge- sera trouvée et souvenons-nous que nos artistes et nos agitateurs culturels flamands et wallons ont « fait de nous  une terre d’exception ».

« L’art ne nous réconcilie pas avec la vie, il nous aide à mieux y faire face. » (Mortier)

A quand le portrait imaginé de la Wallonie et celui de Bruxelles. Les trois volets réunis en une seule expo belge constitueraient un excellent produit d’exportation culturelle vers l’Europe entière et le monde. Un investissement en quelque sorte.

MG


MORTIER A FAIT DE NOUS UNE TERRE D’EXCEPTION

Béatrice Delvaux Éditorialiste en chef (Le Soir 10/3/14)

Les politiciens considèrent les artistes et les intellectuels comme quantité négligeable, comme un cadre décoratif. Si tout allait bien, nous n’aurions pas besoin des artistes. Mais les grandes révolutions que nous devons affronter font peur aux gens. Elles les font fuir vers le matérialisme. Alors, j’ai au moins la conviction que cette peur-là peut être comblée par l’art, la science et la philosophie. (…) L’art ne nous réconcilie pas avec la vie, il nous aide à mieux y faire face. » L’auteur de ces mots est mort dans la nuit de samedi à dimanche. Ilétait flamand, belge, il était de Gand, de Flandre, de Belgique mais surtout d’Europe et du Monde. Le réseau Twitter comme le New York Times célébraient ainsi hier Gerard Mortier, fantastique homme de culture mais surtout, comme nous le dit l’écrivain et dramaturge belge, Tom Lanoye, «  un homme de la Renaissance moderne  ».

Aujourd’hui, la tristesse est immense, mais la crainte aussi nous envahit. Dans une Belgique qui voit croître le nationalisme, dans une Europe qui voit s’étendre le populisme, l’extrême droite, la précarité, qui entend des bruits de bottes, sur fond de montée d’ego et des jeux de puissance, nous nous sentons un peu moins bien protégés, après le départ de ce combattant magnifique car vibrant, têtu, culotté, cultivé, inventif, et qui jamais n’a baissé les armes, même pas devant le cancer.

Les citoyens de ce monde sont en deuil de Gerard Mortier. Parce qu’il a osé l’art comme lien avec le grand public. Parce qu’il a refusé la beauté médiocre et doucereuse, pour privilégier la force révolutionnaire d’œuvres transcendées. Parce qu’il a provoqué la bourgeoise espagnole en lui livrant un Verdi mettant en scène les Indignados. Parce qu’il a dénoncé à Anvers les mensonges du discours qui voudrait qu’on puisse être nationaliste et européen à la fois. Parce qu’il a refusé la marchandisation de l’art à Salzbourg, rendant à Mozart la dignité de sa ville natale. Parce qu’il a poursuivi l’héritage des Van Eyck et Memling en donnant aux artistes belges, flamands et francophones, dans la foulée des Hugo Claus et Jan Hoet, l’audace de l’audace, celle de croire en son talent, de s’appuyer sur son identité pour mieux la dépasser et franchir les frontières. Il était flamboyant ? La belle affaire ! L’homme était surtout gourmand.

Mortier a sorti la Belgique de sa torpeur artistique, lui redonnant l’envie d’en découdre et de croire qu’elle pouvait être une terre d’« exception ». Il a mis l’art devant sa responsabilité sociétale et politique. «  L’homme doit vouloir construire des cathédrales. Notre mission est d’oser rêver.  » Nous lui devons un infini merci de nous avoir autorisés, forcés, incités à le penser. Le tout sera désormais, sans lui, d’y participer.

 

DWAAS SCHUILEN ACHTER BERLIJNSE MUREN

Guido Fonteyn De Standaard

 


Fotografe An Van Daele maakte dit beeld van het fotomuseum in Charleroi: ‘Ik heb het gevoel dat er vooral rond de communicatie heel wat misgelopen is’, zegt ze. ‘Toch is het belangrijk dat Belgische fotografen een platform in eigen landhouden en dat hoeft niet alleen om Vlaamse fotografie te gaanDoor die expo rond de geschiedenis van Belgische fotografie te organiserenviel een en ander misschien te voorkomen.’ FotoAn Van Daele

 

Op een moment dat in België woorden als ‘Voeren’ of ‘corridor’ nauwelijksnog opduiken, is het verbijsterend dat een Vlaamse foto-expo in Charleroi moet worden afgelastvindt Guido Fonteyn.

WieVoormalig journalistWallonië- en Brussel-kenner.

WatNet zoals 70 procent van de Walen niet socialistisch stemtis 70 procentvan de Vlamingen niet N-VA-gezind. Dat uitgerekend de culturele sector datniet heeft willen zienis te gek voor woorden.

Dat in het bekende en vermaarde Musée de la Photographie in Charleroi degeplande tentoonstelling over 175 jaar fotografie in Vlaanderen – in 175 beelden– moest worden afgelastis om zowel culturele als politieke redenenonaanvaardbaar. De persoon van de curator mocht daarbij geen rol spelenookal is Johan Swinnen sinds vorig jaar secretaris van de N-VA-fractie in de Kamer.

Er is de algemene culturele context, die sinds decennia nooit beter is geweest, en die nieuwe mogelijkheden biedtVlaanderen en de Franse Gemeenschap hebbennu zelfs eindelijk een samenwerkingsakkoord, en misschien kan dit heleinitiatief opnieuw worden opgenomen als een modelproject binnen dit akkoord.We zijn nu allen in dit land ver verwijderd van betogingen langs de taalgrens ofrond Brussel – waar is Voerenwaar is het geschreeuw in de Vlaamse Rand,waar is de ‘corridor’ van het FDF? Nu zijn we toe aan manifestaties als dezePortrait imaginé de la Flandre.

Er zijn al precedenten, in Brussel bijvoorbeeldwaar de KVS en het Théâtre National op een voorbeeldige manier samenwerkenén door uitwisseling vanproductiesén door boventiteling in de andere landstaal van de eigen producties.Die weg moet verder worden bewandeld, en die moet van officiële zijde metenige kracht worden ondersteundDit is een suggestie voor de respectieveregeringsverklaringen van de Vlaamse en de anderstalige gewest- engemeenschapsregeringen in dit land, na de verkiezingen van 25 meiEenconcrete paragraafmeer dan een vage intentie, over de samenwerking metdiegenen die in alle hypothesen onze buren blijvenzowel in dit land als in Europa, zou daarin niet misstaanDat uitgerekend de culturele sector nuopnieuw achter Berlijnse muren gaat staanis contraproductief.

FOUTEN TEGEN DE LOGICA

Natuurlijk moet deze beslissing om 175 foto’s over Vlaanderen in Wallonië niet te laten zien ook in een meer algemene politieke context worden geplaatst, en dan botsen we voor de zoveelste keer op een toepassing van de wet van deonterechte veralgemening – een van de zwaarste fouten die tegen de regels van de logica kunnen worden gemaakt. In dit geval wordt immers weergesuggereerd dat als de curator van deze tentoonstelling met de N-VA te makenheeftalle Vlamingen wel wat met de N-VA te maken zullen hebbenZo wordtVlaanderen in de openbare opinie in Wallonië – en de regionale Waalse persheeft nogal wat belangstelling voor dit incident – onterecht herleid tot de N-VA. Die zit in de peilingen boven de 30 procentdaar kijken ze in Wallonië metverbijstering naar, en ze zijn er bang van. Ze’ – alle Vlamingen – zijn dan allenzoallemaal separatistenzo wordt gedachtook al zullen minstens 70 procentvan de Vlaamse kiezers straks voor andere partijen stemmen.

Op dezelfde wijze kijken wij naar Walloniënaar de ‘PS-staat’, ook al haalt die in de peilingen zelfs geen 30 procent meer‘Dé Walen’ zijn socialist, en ‘déVlamingen’ zijn N-VA-nationalistMet de mening van twee keer 70 procent van de inwoners in Vlaanderen en in Wallonië wordt in dit soort simplistischebeschouwingen geen rekening gehouden. Wij moeten dus opnieuw naar de nuances leren kijken, al is 70 procent geen nuance meer, maar een meerderheid,zowel in Vlaanderen als in WalloniëDat uitgerekend de culturele sector dat nietheeft gezien, of niet heeft willen zienkan op geen enkele wijze wordenaanvaard.

NIEUWE BESTEMMING

Los daarvan is het Musée de la Photographie in Charleroi een bijzonderaangename plek, gelegen in een interessante stad, die op zoek is naar een nieuwe, post-industriële bestemming, en die ook zonder een of ander ‘Vlaamsaanbod een bezoek verdientCharleroi heeft daar recht op.

 

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