mercredi 26 mars 2014

Ils ont eu 120 minutes pour convaincre les jeunes Bruxellois, pari gagné ?

  

« Le Soir » et l’Ihecs ont organisé un grand débat avec les têtes de liste bruxelloises. Laurette Onkelinx (PS), Joëlle Milquet (CDH), Didier Reynders (MR), Christos Doulkeridis (Ecolo) et Didier Gosuin (FDF) ont répondu aux questions de la salle et des internautes sur trois thèmes. L’emploi, la mobilité, la pauvreté. Voici le résumé de leurs réponses.




Premier thème: l’emploi Didier Gosuin. “Il faut d’abord revoir l’enseignement technique et ne plus laisser les jeunes “glander”. Les politiques doivent travailler avec les entreprises pour qu’elles offrent des stages et des formations. Mais nous avons une économie tertiaire, il faudra donc, pour cela, créer des partenariats avec d’autres Régions. Enfin, les jeunes doivent aussi faire des efforts, notamment pour apprendre une autre langue.” Joëlle Milquet. “Les 5 prochaines années doivent être consacrées à l’investissement pour les 0-25 ans.” Le CDH propose un contrat d’avenir pour les 0-25 ans, de sa naissance au premier emploi. Il faut l’accompagner tout au long de son parcours. Il faut un pacte d’excellence pour l’école, améliorer les partenariats entre les écoles et les entreprises, il faut revoir les socles de compétences, imaginer un BAC en fin d’année, améliorer la remédiation… L’objectif étant de tirer tout le monde vers le haut.” Didier Reynders. “Il faut, à Bruxelles, beaucoup plus inciter les jeunes à créer son emploi. L’esprit d’entreprendre doit être présent dans le débat. Beaucoup de jeunes chômeurs n’ont pas de qualifications. Il faut faire un effort en matière de formation professionnelle et un pacte avec les entreprises, les encourager à prendre des jeunes en formation. Les entreprises doivent pouvoir leur proposer un emploi. Il faut arrêter de former des jeunes sur des machines du 19e siècle, la formation doit se faire en entreprise. Pour terminer, la Garantie Jeunes a pour but de réduire les cotisations patronales pour offrir aux jeunes des contrats à durée indéterminéepour les trois premières années.”Laurette Onkelinx. “Il faut créer de nouveaux emplois. Le PS propose donc de mettre sur pied 13 pôles de développement. Il y a 6.000 jeunes qui sortent chaque année des études. Nous voulons que la Garantie jeunes soit opérationnelle en 2015. Chaque jeune se verra proposer une formation, un emploi, un stage. Est-ce que ça marche? Oui ! 76% des personnes qui passent par Bruxelles Formation trouvent un emploi. Il faut lutter contre la discrimination à l’embauche et créer des pôles, avec les entreprises, pour que les jeunes apprennent vraiment les métiers, pour lesquels il y a des postes disponibles. Des mesures pour viser le plein emploi, bien sûr ce n’est pas encore pour cette législature.” Christos Doulkeridis. “L’emploi, c’est un défi qui ne concerne pas que les jeunes, cela concerne toute notre société. Si on veut parvenir à payer la pension de tout le monde, on ne peut pas se permettre de laisser de côté une partie de notre jeunesse. C’est un enjeu qui concerne d’abord les jeunes, mais c’est aussi un enjeu de société. La priorité: la formation. Il faut donner un signal clair. Pour Ecolo, il faut créer des écoles bilingues, précisément dans les quartiers qui souffrent de la qualité de l’enseignement.” 


Deuxième thème: la pauvreté Christos Doulkeridis. “Si on ne travaille pas à une meilleure intégration de toutes les formes d’intelligence dans l’enseignement, cela n’ira pas.” Ecolo plaide pour un tronc commun jusqu’à 14 ans. Il ne faut pas intégrer des filières de relégation trop tôt dans l’enseignement, selon eux. Si on ne met pas le paquet sur l’enseignement, on restera dans les mêmes constats face auxquels nous sommes confrontés sur la pauvreté. Autre souci: le coût du logement, trop élevé à Bruxelles. Du côté néerlandophone, ils ont mis en place une structure qui aide à trouver des kots à un prix abordable. “Je viens de mettre en place une structure qui devrait évoluer en agence immobilière sociale pour les étudiants. Quand une personne doit dépenser plus de 50% de ses revenus pour se loger, cela devient très difficile.” Laurette Onkelinx.  “Le meilleur bouclier contre la pauvreté, c’est la Sécurité sociale. Elle pèse 90 milliards d’euros pour Bruxelles. Ce qui coûte, pour les étudiants, c’est notamment le transport. “Pour les étudiants au CPAS ou boursiers, nous préconisons la gratuité des transports en commun. Pour les étudiants qui ont besoin de kots, nous proposons de créer aux casernes d’Etterbeek une cité étudiante, avec une part de logements modestes.” Didier Reynders.  ”Pour les étudiants, c’est surtout à travers les bourses qu’il faut réfléchir. On peut aussi trouver des formules pour le transport, mais la priorité, ce sont les bourses. Il faut réévaluer la manière et l’ampleur avec lesquelles elles sont attribuées. Concrètement, nous proposons notamment d’utiliser une partie de l’enveloppe bien-être pour les minima des plus faibles. Il faut aussi éviter les pièges à l’emploi et le MR propose une réforme fiscale sur ce point. On ne veut pas taxer quelqu’un qui travaille tant qu’il n’a pas gagné sur une année ce que l’on donne comme revenu d’insertion à quelqu’un qui n’a pas d’autre revenu. Enfin, en matière de logement, on a déjà déposé des textes pour créer l’allocation-loyer.” Joëlle Milquet. “Concrètement, le CDH propose que la gratuité des transports soit étendue aux étudiants. Un tiers des personnes dépendant des CPAS sont des jeunes. Nous proposons de relever les plafonds de revenus pour les jeunes afin qu’ils bénéficient d’une aide financière.” Didier Gosuin. “Les bourses pour les étudiants ne sont pas adaptées à l’évolution du coût de la vie, en particulier le coût de l’immobilier. A Bruxelles, il y a trop peu de logements mais il y a une inadéquation entre l’offre et la demande. Le FDF propose une allocation-loyer encadrée pour que ce ne soit pas une aubaine pour les propriétaires. Il faut un produit ciblé pour intervenir dans le coût du kot. Autre élément: il y a trop de restrictions, aujourd’hui, pour lesjobs étudiants. Certains étudiants n’optent pas pour cette formule parce qu’elle est synonyme de réduction de bourse ou de l’aide du CPAS. Pour les transports, il faut élargir le spectre de la gratuité en permettant aux étudiants en difficulté d’en bénéficier.”


Troisième thème: la mobilité DidierGosuin. “C’est infaisable, impayable en réalité d’offrir la gratuité à tout le monde. C’est démagogique de dire le contraire. Bien sûr, il faut des tarifs adaptés aux jeunes. Et oui, il faut revoir la fiscalité automobile et encourager les deux-roues. Nous proposons de supprimer toute taxe sur les deux-roues de moins de 125CC.” Joëlle Milquet. “La gratuité, oui, mais de manière ciblée. Les enfants jusqu’à 12 ans ont déjà droit à la gratuité. Je laisse rarement mes petites-filles aller seules dans le métro avant 12 ans.” Le CDH propose donc des mesures pour les jeunes jusqu’à 24 ans, peut-être pas la gratuité mais en tout cas des tarifs réduits. “Je suis pour les vélos électriques, Bruxelles a un certain relief. Et puis, quand on donne des avantages pour une voiture de société, pourquoi ne pas donner aussi des avantages pour les vélos … Il faut un vrai changement et cela passe aussi par des parkings à vélos …” Didier Reynders. “On peut revaloriser les bourses d’études. Mais la gratuité, cela n’existe pas. Il y a toujours quelqu’un qui paie. On ne fait pas circuler des trains, des métros, des trams gratuitement. Si ce n’est pas l’utilisateur qui paie, c’est le contribuable. La politique de la gratuité, ce n’est pas une solution. Pour le vélo, j’aimerais bien qu’on soit pionnier, à Bruxelles, en “Villo électrique”. Regardez la topographie de Bruxelles: vous prenez une douche chaque fois que vous prenez le vélo. Enfin, il faut adapter l’infrastructure routière aux vélos. Rue de la Loi, voulait-on en fait tuer les cyclistes? Vous avez vu comment elle est tracée ?” Laurette Onkelinx.Vous payez votre abonnement 120 euros par an, 80 pour le suivant. Pour les étudiants au CPAS ou boursiers, il faut trouver des formules adéquates. Il faut rendre la ville aux vélos et aux piétons. Moi, je ne fais pas des propositions, comme Didier, pour l’an 2150. On pourra boucler pour la prochaine législature les itinéraires cyclables. Mais moins de voitures, cela suppose aussi plus d’offres en matière de transports en commun. “ChristosDoulkeridis.  ”La gratuité coûterait beaucoup à tous les contribuables, cela n’a pas beaucoup de sens. Les choses ont évolué. La part des transports en commun est passée de 14% à 26%. La part de la voiture est en diminution, celle des piétons augmente. Le vélo est en légère augmentation. C’est vrai, il y a un problème de sécurité. Mais, c’est vrai, il y a également un problème de répartition des différents modes de transpor4Et sur la voirie. Plus de place pour le tram, ça veut dire moins de place pour la voiture. Nous devons assumer ça.” 

Le débat a été résumé par Véronique Lamquin et Laura Lieu.



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

A CHACUN SA VÉRITÉ


Quelques idées intéressantes sur l’enseignement (qui n’est pas une compétence régionale) des banalités affligeantes sur la mobilité, pas un mot sur l’interculturel. Bref aucun(e) visionnaire à qui on donnerait volontiers sa voix...

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