dimanche 9 mars 2014

LA CRIMÉE VAUT-ELLE UNE MESSE ?

PHILIPPE PAQUET  La Libre



 

Le coup de force est évidemment inacceptable au regard du droit international.

En annonçant un référendum pour le 16 mars, mais en faisant comme si celui-ci avait déjà livré ses résultats (par exemple en qualifiant de "forces d’occupation" les troupes ukrainiennes présentes dans la péninsule), les autorités prorusses de Crimée ont franchi un pas de plus dans ce qui semble être un processus inexorable : l’annulation du cadeau fait à l’Ukraine par Khrouchtchev en 1954 et la réintégration du territoire dans la Fédération de Russie.

Le coup de force est évidemment inacceptable au regard du droit international. Il est tellement grossier qu’il met mal à l’aise jusqu’aux Chinois, déchirés entre leur solidarité habituelle avec la Russie et leur attachement obsessionnel à l’intégrité territoriale.

On voit mal, cependant, ce qui pourrait encore faire reculer Vladimir Poutine, en dehors d’une réaction militaire en bonne et due forme - en restant hors jeu, l’Otan court d’ailleurs le risque d’une perte de crédibilité qui pourrait lui être fatale. Paradoxalement, la riposte viendra peut-être de l’intérieur, avec une éventuelle guerre de partisans menée par les Tatars ou d’autres insoumis qui transformeront la Crimée en nouvel Afghanistan, ou en nouvelle Tchétchénie.

Les autres options font en effet figure de pétards mouillés. Les sanctions économiques feront autant, sinon plus, de mal à ceux qui les prendront - et qui, de Berlin à Londres, sont au demeurant réticents à les prendre. Quant à l’UE, avec ses onze milliards d’euros d’aide annoncée, quel dérisoire levier espère-t-elle avoir sur un pays qui fut corrompu sous tous ses gouvernements, et qui, pour son malheur, est condamné à rester écartelé entre l’Europe et la Russie ?

Reste la vraie question : quelle est la légitimité du gouvernement provisoire autoproclamé de Kiev ? Qui le compose et quel est son programme ?

En mai, la question ne se posera plus puisque l’Ukraine  organisera de nouvelles élections mais en attendant, tout peut arriver.


 

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

TEST THE WEST

 


Il y eut il y a une quinzaine d’années en Allemagne une publicité originale pour les cigarettes West. Il s’agissait de variations assez drôles sur le thème « Test the West ». C’est exactement ce que fait Poutine en ce moment en se rejouant la scène du chantage aux missiles que fit Nikita Sergueïevitch Khrouchtchev au jeune John Fitzgerald Kennedy lequel riposta avec talent faisant preuve de nerfs d’acier et d’un caractère trempé par ses années de guerre en qualité de commandant de frégate.



Cela m’a donné l’envie de (re)visiter cette crise.  ( wikipédia : «  La crise des missiles de Cuba est un enchaînement d'événements survenus du 14 octobre au 28 octobre 1962 et qui ont opposé les États-Unis et l'Union soviétique au sujet des missiles nucléaires soviétiques pointés sur le territoire des États-Unis depuis l'île de Cuba, qui ont amené les deux blocs au bord de la guerre nucléaire. »)

J’y ai appris notamment ceci qui paraît essentiel : « L'ambassadeur d'URSS à Washington, Anatoli Dobrynine, joua un rôle déterminant pour la sortie de crise : il activa tous ses réseaux informels constitués depuis son arrivée, quelques mois plus tôt ; il permit ainsi au président du KGB de rencontrer un informateur du FBI, qu'il connaissait déjà, et qui était en contact direct avec Robert Kennedy pour faire passer des messages informels qui permettraient de résoudre la crise. »

Bref, si la troisième guerre mondiale fut évitée de justesse, c’est fondamentalement grâce au dialogue d’homme à homme, inter idéologique pour ne pas dire interculturel. C’est une immense leçon.

Et encore ceci : « L'accord Robert Kennedy-Anatole Dobrynine fut révélé à simple titre d'information par Robert Kennedy en 1968, et ses caractéristiques furent détaillées par Arthur Schlesinger Jr. en 1978 : le retrait des missiles fut décidé par Khrouchtchev le 26 octobre après engagement écrit de non-invasion de Cuba par le président Kennedy. Cette clause de non-engagement est vue aujourd'hui comme un point très important de la négociation : il aurait accéléré la sortie de crise en permettant aux Soviétiques d'éviter l'humiliation. »

Comme le dit la sagesse asiatique, ne jamais acculer l’ennemi dans un coin de peur qu’il vous saute au visage comme font les félins, mais lui laisser une porte de sortie lui épargnant l’humiliation. Poutine réagit aujourd’hui en « tsar »  humilié cherchant à prendre sa revanche.

Certes, la négociation et le dialogue fondés sur le respect du point de vue de l’autre ne garantissent pas forcément une issue favorable de la médiation mais, en tout état de cause, le maintien d'une communication ouverte freinant l’escalade fatale.

Wikipedia nous apprend également que : « la crise des missiles est régulièrement utilisée comme jeu de simulation modèle pour former à la négociation ».

Il se pourrait que la crise ukrainienne en soit demain un autre. Nul autre pays ne semble mieux positionné que la Suisse -qui préside cette année l'OSCE-, pour jouer les médiateurs.

Mais voilà que les observateurs militaires de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) qui tentaient de pénétrer en Crimée ont été bloqués et menacés par des hommes armés tirant des salves en guise de sommation. Ils auraient fait demi-tour devant l’impossibilité de pénétrer en Crimée. Explication de Moscou : "ils ont contourné le principe fondamental pour l'OSCE du consensus en négligeant de prendre en compte les avis et recommandations de la Russie et sans attendre d'invitation officielle des autorités de Crimée. » Par ailleurs, la sécurité des journalistes en Crimée devient un sujet d’inquiétude : plusieurs reporters ukrainiens ont été battus par des militants pro-russes et l’équipement d’un team de l’agence Associated Press a été saisi.

On en vient à se demander, aujourd’hui, qui pilote l’avion Occident. Je ne puis me départir de l’impression gênante qu’il n’y a pas de patron à bord du vaisseau « West ».

Dommage que la secrétaire d’Etat Hilary Clinton ait été remplacée –à sa propre demande- par le  peu crédible Kerry. En attendant Obama et Hollande envisagent de nouvelles mesures visant la Russie.



Après avoir insisté sur "la nécessité pour la Russie de retirer les forces envoyées en Crimée dès la fin février et de tout faire pour permettre le déploiement d'observateurs internationaux", les présidents français et américain ont souligné que, "faute de progrès en ce sens, de nouvelles mesures seraient prises, qui affecteraient sensiblement les relations entre la communauté internationale et la Russie, ce qui n'est dans l'intérêt de personne", a indiqué la présidence française dans un communiqué. Tigres en papier aurait dit Mao…

Au vrai, il nous manque un nouveau Kissinger pour débrouiller cet écheveau.

Mais que se passerait-il si on donnait, par référendum une voix à chaque Ukrainien pour décider de l’avenir de son pays ? Assurément aucun dirigeant européen ne retiendra cette option de peur d’exacerber les tensions intérieures déjà vives chez chacun d'entre eux.

La Crimée -ce « cadeau que Nikita Khrouchtchev  fit, imprudemment,  en 1954 à l’Ukraine-. semble de facto déjà avoir "voté" ou du moins opté en faveur d’unere annexion à la Russie! »

Bien sûr qu’elle est russe, la Crimée : les tsars y passaient leurs vacances et Staline y organisa la fameuse conférence de Yalta qui découpa l’Europe en deux camps, séparés par un rideau de fer (Winston).

L’Ukraine c’est autre chose : « un pays qui fut corrompu sous tous ses gouvernements, et qui, pour son malheur, est condamné à rester écartelé entre l’Europe et la Russie »

Et si c’était cela, la vraie vocation de l’Ukraine : être un trait d’union, une passerelle entre l’Est et l’Ouest ?

Reste cette question que les commentateurs répugnent à poser : quelle est la légitimité d’un gouvernement provisoire installé par la rue et comprenant des éléments carrément fascistes comme le laisse supposer le commentateur du « Causeur ».

Certes, les Ukrainiens éliront en mai un nouveau parlement d’où sortira un nouveau gouvernement légitime et la désignation d’un nouveau président. En attendant tout peut arriver et Poutine fera tout ce qui est en son pouvoir pour renforcer la position des russophones. Quant à Sarah l’enragée- Palin rime avec Poutine- une petite phrase assassine lui a valu une standing ovation des Tea Parties, la voici : «  La seule chose qui puisse arrêter un méchant avec une arme nucléaire, c’est un gentil avec une arme nucléaire  »

MG

 

 

BESCHERMEN VAN ALLE OEKRAÏNERS

De Morgen

Doel is dat Rusland in direct overleg gaat met de nieuwe (interim)regering vanOekraïnedat kan worden gefaciliteerd door de internationale gemeenschap,bijvoorbeeld een bemiddelaarDuitsland heeft zich eerder al aangeboden alsbemiddelaar.
Volgens het voorstel zullen tegelijkertijd internationale waarnemers erop moetentoezien dat de rechten van alle Oekraïnersinclusief de etnische RussenwordenbeschermdDe Russische troepen moeten zich terugtrekken op de bases opschiereiland de Krim en in de regio. De internationale gemeenschap zalvervolgens de Oekraïners helpen in het opzetten van vrije verkiezingen in mei.


 

SARAH PALIN SORT L’ARME NUCLÉAIRE CONTRE VLADIMIR POUTINE

 Avec AFP et Le Vif

Elle s’est moquée de Barack Obama, qui « menace Poutine avec un téléphone et un stylo ».

Candidate à la vice-présidence des États-Unis et vedette de télévision Sarah Palin a conseillé samedi, à sa façon, au président Barack Obama d’adopter une stratégie plus ferme face à son homologue russe Vladimir Poutine dans la crise ukrainienne. «  La seule chose qui puisse arrêter un méchant avec une arme nucléaire, c’est un gentil avec une arme nucléaire  », a-t-elle déclaré en clôture de la grande conférence du mouvement conservateur américain (CPAC), près de Washington. 



« UN TÉLÉPHONE ET UN STYLO »

La phrase est calquée sur le fameux slogan du lobby des armes à feu aux États-Unis, la National Rifle Association (NRA) : «  la seule chose qui puisse arrêter un méchant avec une arme à feu, c’est un gentil avec une arme à feu  ». La sortie, prononcée au milieu d’un discours émaillé de jeux de mots, d’imitations et de blagues, a déclenché une standing ovation des milliers de participants. Sarah Palin a raillé l’administration de Barack Obama pour avoir menacé le président russe avec «  un téléphone et un stylo  ».

L’ancienne gouverneure de l’Alaska, sans responsabilité politique depuis 2009, avait été choisie à la surprise générale par John McCain comme candidate républicaine à la vice-présidence en 2008.

 

UKRAINE : LES NAZIS, CES GRANDS DÉMOCRATES

Causeur

On a beaucoup glosé sur les nazis ukrainiens qui ont contribué à renverser le tigre en papier Ianoukovitch. Les plus rationalistes d’entre nous croient rêver en entendant Vladimir Poutine dénoncer des « néo-fascistes antisémites » pendant que Bernard Henri-Lévy porte aux nues les libéraux alliés de l’Occident placeMaïdan. On a beau avoir conscience de vivre dans un monde renversé, cette coalition euro-libéro-facho nous met cul par-dessus tête.

Difficile de juger in abstracto lorsqu’on crie au loup nazi tous les quatre matins dans notre République de France. Il n’empêche, en dehors de tout parti prispoutinien, les faits sont têtus : Secteur droit et Svoboda (« Liberté ») rassemblent une bonne partie des opposants ukrainiens qui ont pris le pouvoir à Kiev. Secteur droit, la roue solaire sur ses boucliers, affiche clairement la couleur : il faut « nettoyer » ou « éliminer » les Russes de Crimée, région où ils sont majoritaires. D’un coup d’un seul, les justifications du Kremlin à la protection de la Crimée prennent tout leur sens : protéger les populations russes de ces zigs n’est sans doute pas du luxe. Imprécations, esthétique crypto-nazi, appels à la déportation ou au meurtre, SD ne fait pas vraiment dans la dentelle…

Mais que dire de son rival et néanmoins proche partenaire Svoboda, réputé moins extrémiste ? Ce parti identitaire, qui entend également remettre la main sur la Crimée, n’avance pas franchement masqué. Ses membres montrent une nostalgie certaine pour ce qu’ils estiment être les heures les plus glorieuses de l’histoire ukrainienne. Comprenez les années 1940 durant lesquelles, alliés du Reich hitlérien, les nervis du nationaliste ukrainien Stepan Bandera constituaient la division SS-Galicie pour faire la nique aux troupes soviétiques . Les vétérans de cette petite unité combattante ne s’y trompent d’ailleurs pas : en mai 2010, ils ont décerné une croix d’or à Oleh Tiahnybok, le chef charismatique de Svoboda.  Vous me direz, le port d’insignes militaires est un loisir comme un autre… Mais leurs excentricités folklos ne s’arrêtent pas là : à la nuit tombée, bombers, Doc et symboles SS ponctuent les défilés des gros bras de Svoboda.

Le cocasse, c’est que ces musclés se piquent aussi de penser, flanqués de YuriiMykhal’chyshyn, la petite trentaine, député et ancien candidat à la mairie de Lvov.  En 2005, ce petit prodige, qui se rêve en intellectuel organique de l’extrême droite ukrainienne, avait créé le « Joseph Goebbels Political Researchcenter » pour régénérer la pensée « nationale-socialiste » ukrainienne. N’allez surtout pas croire qu’il s’agit d’un énième nazillon négationniste :Mykhal’chyshyn admet l’existence de la Shoah comme… « l’un des épisodes les plus éclatants de la civilisation européenne » qui « réchauffe le cœur des Palestiniens, lesquels espèrent qu’il se reproduise » (sic). Dans le lobby pro-Maïdan de Paris, il ne s’est pour l’instant pas trouvé grand monde pour juger ce discours « nauséabond »…

 

 

Des miliciens pro-russes à Simféropol. ©Reuters

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