vendredi 28 mars 2014

L’offensive de charme

LE BUSSY OLIVIER  LE SOIR 



 La diplomatie pour les nuls, de Olivier Le Bussy.

Attendue depuis cinq ans, la visite du président Obama en Belgique a été menée comme une opération (éclair) de séduction. Le moment de cette visite était opportun, à plus d’un titre. Américains et Européens se devaient d’afficher leur indéfectible unité face à la démonstration de force russe. La visite d’Obama pouvait aussi être lue comme une carte d’excuses (sans verser dans la contrition, pas le genre de la maison) des Etats-Unis, pris en flagrant délit d’espionnage de leurs alliés du Vieux Continent. L’occupant de la Maison-Blanche devait, enfin, donner à l’Union européenne des gages que Washington ne la tient pas pour quantité négligeable.

Si le Président a dégusté une revue de la presse belge jeudi matin, en même temps que son ristretto romain, il a dû en conclure qu’en termes de relations publiques, la mission bruxelloise est un succès. Il faut convenir que Barack Obama reste un flamboyant VRP des Etats-Unis, quand bien même les espoirs - qui a dit : les illusions ? - suscités par son élection ont-ils été déçus. Sans faire injure aux dirigeants européens, il n’en est pas un qui possède la moitié de son charisme. Barack Obama est de ces leaders politiques qui parviendraient à subjuguer leur auditoire en lisant le mode d’emploi d’une machine à laver. Sa prestance, son entregent, son aisance oratoire sont tels qu’ils peuvent produire un écran de fumée autour de son discours.

Car, à y regarder de plus près, Barack Obama ne s’est pas privé de faire la leçon à ses hôtes européens. Il les a priés de presser le pas pour assurer la sécurité de leur approvisionnement énergétique - glissant au passage que la conclusion de l’accord de libre-échange UE-Etats-Unis faciliterait l’exportation de gaz de schiste américain (polluant, faut-il le rappeler ?) vers l’Europe. Il a rappelé que "la liberté a un prix", soulignant qu’"Oncle Sam" entendait que les Européens partagent ce sentiment et investissent davantage dans le domaine militaire.

Tout cela a été dit avec le sourire et la courtoise de l’ami bienveillant, mais exigeant. Dans l’expression "offensive de charme", tous les mots ont leur importance.



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

L’OFFENSE FAITE À L’EUROPE


Dans offensive de charme, il y a offensive, dans offensive il y a offense, l’offense faite à l’Europe par le charmeur du serpent Poutine.

On a eu tort de lui donner le Nobel de la paix comme si on lui avait donné le bon Dieu, sans confession.

Ce sourire soudain me fait très peur.

MG

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