mercredi 12 mars 2014

Pléonasmes et oxymores


Ruquier : Polony s’en va et Caron reste. La vie est mal faite



L’un des marqueurs les plus sûrs de l’art tout français de la dissertation est la capacité à transformer une question (tout sujet invite au questionnement) en problématique. C’est la pierre de touche de la maîtrise dissertative. Ceux qui y parviennent, et ceux qui n’y parviennent pas, et reposent inlassablement la question du sujet — réponse univoque — en croyant avoir affaire à un problème — réponse dialectique, et, en fait, questionnement infini.
Il y a un truc, que j’essaie d’enseigner à mes propres élèves : réduire le sujet à deux termes dont on se demandera s’ils sont pléonastiques ou oxymoriques. Leur alliance va-t-elle de soi ? Leur incompatibilité est-elle évidente ?
Un bon moyen pour y parvenir : traquer les poncifs qui gisent, forcément, sous le sujet, et envisager froidement le contraire. Essayez, par exemple, avec les couples suivants :
- Fiction autobiographique (ou autobiographie fictive) ;
- Femme intelligente ;
- Élève attentif ;
- Prof compétent ;
- Journaliste arrogant ;
- Socialiste de gauche ;
- Droite la plus bête du monde…
- Végétarien aimable et tolérant ;
Etc.

Je pensais à cela l’autre soir en regardant Natacha Polony et Aymeric Caron se dire des amabilités par-dessus la tête de Frigide Bardot, qui n’en revenait pas. Ils avaient déjà échangé des gentillesses du même acabit lors de la visite d’Alain Finkielkraut, qui avait fini par proposer de les laisser ensemble afin qu’ils vident leur sac ; Sauf que depuis deux ou trois ans qu’ils se haïssent (version Caron — un homme de gauche aime ou hait, dans tous les cas il est dans l’invective, quand on crie, cela évite d’écouter les autres) ou se méprisent (côté Polony — une femme intelligente méprise ou apprécie, les deux termes étant quasi synonymes dans l’usage de l’humour et du second degré, tout est dans la gestion de la canine) avec constance, ils ont visiblement rayé le vernis de civilisation qui permettait à l’émission un fonctionnement aléatoire. Le duel étant improbable, parce qu’on ne se bat qu’avec des égaux, comme disait Athos, reste l’escarmouche finale, la baffe brutale, l’éparpillement façon puzzle.

De là à faire de ce choc de personnalités et de civilisations le principal motif du départ annoncé dePolony de l’émission de Ruquier, il y a un abîme : je remarque avec un certain amusement que les commentateurs (les journalistes entre autres) n’imaginent pas un instant que l’on puisse se lasser ou se passer des jeux du cirque télévisuel (pléonasme, de toute évidence, sauf pour les animaux qui y sont montrés et qui se croient Monsieur Loyal). Ma foi, c’est qu’ils n’ont rien de mieux à faire.
Polony est juste assez jeune pour rebondir ailleurs — dans la littérature si elle veut, le jour où elle comprendra qu’il n’y a pas de honte à ne pas écrire aussi bien que Flaubert. Ou dans le vrai journalisme, celui qui prend le temps de dire des choses intelligentes sur des sujets fouillés : encore faudrait-il qu’un patron de presse sensé (pléonasme ou oxymore ?) lui confie les rênes d’une institution attirante. Et j’ai dans l’idée que…
Je sais bien que cela supposerait — pour éviter les conflits d’intérêt — qu’elle cesse de rendre compte, chaque matin, de la presse déchaînée. Ce serait bien dommage, ce n’est pas par hasard qu’elle a fait remonter le taux d’audience d’Europe sur le coup de 8h1/2. Et pas parce qu’elle serait « de droite » – il n’y a que Télérama, cette autre Pravda (avec Le Monde) de la pensée bobo (oxymore indubitablement), qui la croit de droite alors qu’elle est seulement réactionnaire (en réaction à ce qu’elle voit et entend, et comment pourrait-on ne pas s’en enrager ? Y a-t-il une autre définition de l’intelligence que sa capacité à réagir face à la Bêtise ?). Et qu’elle sait lire (elle n’est pas agrégée des Lettres pour rien), ce qui est loin d’être le cas de ses confrères (sujet : en ce qui concerne le journalisme, « confrère » doit-il s’écrire en un ou deux mots ? — vous avez quatre heures, et vous illustrerez votre devoir d’exemples précis empruntés au PAF contemporain comme à la presse d’autrefois, Audrey Pulvar et Henri Rochefort par exemple).
Vous voyez, ce n’est pas bien compliqué de bâtir une problématique : il suffit de trouver un pôle d’intelligence, et de le confronter à la Bêtise à front de taureau — et vice versa. Et de s’en évader, dans la troisième partie, en proposant un autre éclairage que celui de la pensée binaire. Reprenons quelques-uns des sujets posés au tout début de cette note, et envisageons le meilleur moyen de sortir de l’ambiguïté constitutive d’un Problème :
- Fiction autobiographique (ou autobiographie fictive) : aucune importance, on n’écrit jamais qu’avec des livres, et toute fiction, toute autobiographie, ne sont jamais, l’une et l’autre, que des bibliographies.
- Femme intelligente : mais on s’en fiche qu’elle soit une femme, ce qui compte, c’est d’être intelligent, et on ne l’est qu’en dépassant les strictes déterminations du genre — à moins que d’aucunes et d’aucuns soient persuadés que l’on pense avec son vagin ou avec sa queue.
- Élève attentif (et Prof compétent : c’est le même sujet, au fond) : ma foi, la question ne se poserait pas, ni par conséquent le problème, si l’Ecole avait persisté à enseigner — et à former.
- Journaliste arrogant : le problème du Quatrième pouvoir, c’est le problème du Pouvoir, qui devrait de temps en temps se mettre à la fenêtre, pour voir le monde réel, ou se regarder dans le miroir, et rire, rire, rire… Que cela ait ou non à voir avec Aymeric est une autre histoire.
- Socialiste de gauche : c’est un concept historique — mais depuis que l’histoire est terminée (cetteaffirmation de Francis Fukuyama est l’une des plus belles mystifications des trente dernières années), Gauche et Droite se sont entendues pour mettre le monde en coupe réglée, au service d’une finance qui a l’air de penser que faire de l’argent avec de l’argent et mépriser les pauvres que l’on fabrique à la chaîne, surtout depuis qu’il n’y a plus de chaînes (dans les usines au moins) est un grand miracle — ils devraient se renseigner, la lutte des classes a commencé il y a un certain temps.
- Droite la plus bête du monde : oui, Copé (j’ai triché, ce n’était pas un problème).

- Végétarien aimable et tolérant : voilà que j’en reviens à Aymeric Caron. « Les carottes, ça ne rend pas aimable », lui a lancé Polony.
Le problème, en définitive, est tout entier pour Ruquier. Après avoir essayé les larrons en foire (Zemmour l’hyperactif et Naulleau le gros paresseux), puis le couple chien et chat, peut-être devrait-il tenter le couple de bonne compagnie. Garder Caron, qu’Europe n’a pas gardé jadis, serait une faute — on ne privilégie pas la thèse ou l’antithèse, et on ne garde pas le chien de garde quand la chatte est partie : on va voir ailleurs si la dialectique est plus fraîche.
Ce qui m’amuse le plus, c’est que Polony, bourrée de talent comme elle est, a bien mis trois ou quatre mois à s’imposer dans cette émission — aux yeux de celles et ceux qui ne connaissaient que les deuxEric, et le téléspectateur est effroyablement attaché à son paysage. Et aujourd’hui, ce sont, sur certains réseaux, les mêmes qui la vilipendaient qui entonnent le chœur des pleureuses — ah, Natacha (au nom de quoi l’appellent-ils par son prénom ?), reste, tu es si…
Ben justement, quand on est « si », on se casse. Et on met son talent au service d’autres causes. Le vrai talent consiste aussi à ne pas rester, jamais, là où les autres voudraient vous enfermer.

 *Photo : Huffington Post.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

VOUS AVEZ DIT REACTIONNAIRE ?

Non je n’aime pas cet article de prof qui se prend pour un prof et étale sa confiture en guise de culture.

Force est de reconnaitre qu’ il soulève un vrai problème, celui du débat interculturel fondamental entre une gauche intolérante et une droite arrogante (oxymores ?)

Ne boudons pas notre plaisir ; souvent j’ai regardé l’émission de Ruquier-ce sorcier du direct-et savouré les joutes Polony-Caron. Force est de constater que l’arrogance du mec constamment fut mise en échec par la subtilité de la nana. Ce duo-duel en prime time, à défaut d’être un oxymore constitue pourtant la métaphore de notre mentalité actuelle : le combat entre le politiquement correct et le dialectiquement pertinent. Et c’est le dialectiquement pertinent qui tire élégamment sa révérence nous laissant en compagnie de l’insupportable Aymeric. Oui Ruquier a un solide problème pour sortir son émission de cette ornière.  Oui  la France a un problème et l’Europe tout entière fatiguée par les excès langagiers d’une gauche inféodée au politiquement correct qui irrite le peuple et gangrène les medias et une droite de plus en plus nationale populiste et insupportable.

Oui, il est temps de rejoindre, comme l’exquise Natacha le bastion réactionnaire, le camp qui réagit avec esprit critique et totale liberté de pensée. Ni à droite ni à gauche mais en réaction, tout le temps contre sa majesté la connerie et la dictature de la bien « pensense ».

C’est le part pris par « Causeur », dont cet article est issu, une  initiative médiatique qui ne manque pas de panache. Vous avez dit parti pris ? Pas du tout nous avons pris le parti de la réaction permanente et nous nous y tiendrons désormais.

 

MG




BLESSÉ PAR LE "COUP DE POIGNARD" DE MONTAY, MAROY NE COMPREND PAS LA SUSPICION




Invité matinal de Bel RTL, le nouveau candidat du MR est revenu sur les déclarations de son ancienne cheffe de service, et sur les suspicions qui entourent ses onze années de direction "neutre" de débats dominicaux.

Au lendemain de son coming-out politique qui lui offrira la quatrième place de la liste brabançonne du MR lors des prochaines élections régionales, Olivier Maroy était l'Invité politique de nos confrères de Bel RTL pour répondre aux questions de Fabrice Grosfiley. Un interlocuteur qui n'a pas manqué de le faire réagir sur les propos très durs de JohanneMontay à l'encontre de son désormais ex-collègue.

"Je n'ai pas envie de rentrer dans une polémique, a déclaré Olivier Maroy, avant d'ajouterque"franchement oui, ça me touche, parce que c'était ma cheffe. J'ai mouillé mon maillot dimanche après dimanche, et avoir l'impression que le coup de poignard, il vient de l'intérieur de la maison pour laquelle vous avez tant donné..."

Et quitte à répondre aux critiques, le néo-candidat du MR a tenu à s'exprimer sur les suspicions qui entourent a posteriori ses onze années de débats dominicaux sur la chaine publique: "Franchement, je ne comprends pas. Et je le dis dans le blanc des yeux des téléspectateurs. [...] Je pense vraiment avoir fait mon boulot le plus loyalement possible" a-t-il ainsi affirmé. Avant d'illustrer son propos par deux exemples.

Le premier concerne son nouveau patron: "Pas plus tard qu'il y a trois mois, je me suis fait engueuler par Charles Michel qui m'avait trouvé trop agressif." Pas convaincus? Argument numéro deux: "J'ai reçu régulièrement des réactions de téléspectateurs disant que j'étais encore 'un de ces journalistes gauchistes' de la RTBF." Imparable.

Démission ou congé?

Enfin, Fabrice Grosfiley a interrogé Olivier Maroy sur son éventuel avenir à la RTBF, et sur sa décision quant à son départ qui, dans les couloirs de la chaine publique, peut se traduire par un congé politique ou une démission.

"Je dois voir Jean-Paul Philippot cette semaine, a répondu l'intéressé, visiblement enclin à opter pour le congé. Et de préciser: "Une chose est certaine, c'est que le journalisme politique, ça c'est terminé."



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

CONFUSION DES GENRES



 

En attaquant durement Olivier Maroy, son ancienne cheffe de service annonce la couleur c’est-à-dire la sienne de couleur 

Tout est dit. Quand les dégoûtés s’en vont…

Ce qui est sûr, c’est que les journalistes ont grand tort de profiter de leur notoriété toute passagère pour entrer en politique comme on entrait jadis en religion. L’exemple de Siegfried Bracke est éclairant :ce grand journaliste flamand passé à la N-VA y a perdu non seulement son âme mais surtout son talent. « Wie gelooft er die mensen nog » ?

Et surtout, que dire des magistrats qui soudain tombent le masque qui a toujours caché leur vraie couleur ? Quid de la séparation du pouvoir politique et du pouvoir judiciaire ?

MG



L'EX-PROCUREUR MICHEL BOURLET CANDIDAT ECOLO AUX EUROPÉENNES

Le Vif

Source: Belga

Plus de quatre mois après la désignation de Philippe Lamberts aux dépens d'Isabelle Durant comme tête de liste Ecolo aux élections européennes, le parti vert a dévoilé lundi sa liste complète pour ce scrutin, où figureront notamment l'ancien procureur du roi de Neufchâteau, Michel Bourlet, et l'ex-président de la CSC wallonne, Jean-Marie Constant.


L'ex-procureur Michel Bourlet. © Belga Image

Même si les derniers sondages sont plutôt mitigés pour les écologistes, ceux-ci ont néanmoins bon espoir de conserver après le 25 mai les deux sièges qu'ils occupent aujourd'hui au Parlement européen, et même rafler l'unique strapontin dévolu à la Communauté germanophone à Strasbourg.

"C'est une très belle liste faite avec de l'enthousiasme et des profils complémentaires derrière lesquels il y a un très beau projet pour l'Europe. Les jeunes y tiennent une place vraiment importante car ils sont notre présent et notre avenir", a salué lundi la co-présidente des Verts, Emily Hoyos, lors d'une conférence de presse.

La deuxième candidate effective, Saskia Bricmont, ainsi que le deux premiers suppléants, CarolineSaal et Hajib El Hajjaji, les trois derniers à avoir été désignés à l'automne déjà, ont en effet 28, 26 et 32 ans respectivement.

La troisième place effective sera occupée par le député wallon sortant Christian Noiret. Pierre Scieur, directeur d'école dans la région de Charleroi et président de la Ligue des familles figure, lui, en 5e place, tandis que l'ancien procureur du roi Michel Bourlet, le doyen de la liste, est 7e.

La députée fédérale sortante Thérèse Snoy poussera cette liste européenne depuis la 8e place.

Le dernier suppléant est Jean-Marie Constant, l'ancien président de la CSC wallonne retraité depuis peu.

Il sera peut-être amené au cours de cette campagne à débattre avec l'ancien secrétaire général de la CSC, Claude Rolin, passé le mois dernier au cdH où il a été préféré à Anne Delvaux pour tirer la liste européenne.

En Communauté germanophone, les Verts ont confié leur tête de liste à un candidat d'ouverture en la personne d'Erwin Schöpges, un producteur laitier des cantons de l'Est très actif lors de la dernière crise du lait, ce qui lui avait valu une certaine attention médiatique en tant qu'administrateur de l'European Milk Board.

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